Page d'accueil
Page précédente
Page suivante
FORUM 17
Page 2

TRIBUNES LIBRES

Pour consulter
le dernier article
publié dans cette page
CLIQUER ICI
Pour consulter
le sommaire
de l'année 2006
CLIQUER ICI
Pour consulter
l'avant-dernier article
publié dans cette page
CLIQUER ICI
Si vous avez des suggestions ou des critiques à formuler concernant la facilité
de navigation au sein de cette page, veuillez nous en faire part en cliquant ICI
Election Présidentielle
Programme utopique pour le futur
Formulation qui a vocation à être remaniée selon l'évolution des événements.

Sommaire année 2007

13 janvier 2007
Programme électoral utopique: pour les élections présidentielles du futur.

Sommaire année 2006

18 janvier 2006
Demain la mer sera basse: article à propos de l'après pétrole suivi d'un commentaire de M.DURAND.

3 juin 2006
Déchets nucléaires et mondialisation: des problèmes bien actuels évoqués par M.DURAND.

14 mars 2006.
Désemblablons pour réensabler: de la coursière des Lézards à la plage de la Cèpe: un article de Thierry PROUST (paru dans le Littoral) suivi d'une chronique sur les enquêtes publiques puis d'un compte-rendu succinct de l'enquête publique de la coursière des Lézards.

Novembre 2006.
Election Présidentielle: essai de synthèse des programmes électoraux.

Sommaire année 2005

17 septembre 2005.
Enquête publique pour le port en centre-ville: essai de synthèse du registre d'enquête, en attendant le rapport officiel
du commissaire-enquêteur. (A Rouyé)

31 octobre 2005.
Réseau routier dangereux: un plaidoyer de Jacques Chardonnet pour la déviation routière de Ronce,
tant attendue et toujours repoussée.

1er novembre 2005.
Réponse de Guy Borie à Jacques Chardonnet: polémique au sujet de la politique de l'Association pour la Sauvegarde
de la Région de la Coubre.

13 décembre 2005.
Jacques CHARDONNET répond à Guy BORIE: une réponse sarcastique qui n'ouvre pas le dialogue!

23 novembre 2005.
Les sept piliers de ma sagesse: du principe de Peter à l'alternative "C-C".

22 décembre 2005.
Protégeons le marais doux d'Arvert-Les Mathes: projet de carrière de sable à Portebroc, attention, danger! Cri d'alarme de l'association pour la sécurité routière et la défense du cadre de vie à Dirée, lancé par son vice-président M. DURAND, suivi, sur le même sujet, d'un communiqué de la Section Régionale Ostréicole et de commentaires (Forum 17 et HD Gaudin).

Sommaire année 2004

7 mars 2004.
La civilisation de la panne: description ironique de notre civilisation technologique. (A R)

20 juillet 2004.
Parking expertisé: ce qui paraissait un prix exorbitant en 2004 devient une peccadille en 2005 comparé au coût
des expertises du port en centre-ville...(A R)

Août 2004.
L'assemblée générale de l'Association Port 2005.

Sommaire année 2003

23 décembre 2001.
Le bassin de Marennes condamné à la ruine: un article de Jacques Chardonnet mettant en garde contre l'érosion de la côte.

10 octobre 2003.
Cri d'alarme à l'invasion marine: article du même auteur sur le même sujet mis à jour.

14 décembre 2003.
Commentaire de Michel BOVE: concernant l'article ci-dessus.

15 octobre 2003.
Ports propres: un article de Alain Rouyé sur les conditions de faisabilité d'un port "zéro pollution" à Mus de Loup.

25 janvier 2004.
Port 2005. Port zéro pollution: commentaire de Michel BOVE au sujet du projet de port à Mus de Loup.

14 novembre 2003.
Plan de prévention des risques: réflexions sur le PPR et ses conséquences pour l'avenir de La Tremblade. (AR)

15 décembre 2003.
PPR trembladais: quelques propositions pour contrer des risques rééls. (AR)

15 octobre 2003.
Sécurité à Ronce: des propositions pour améliorer la sécurité de Ronce en été. (A R)

15 octobre 2003.
Ronce les pins: pour que vivent les pins! (A R)

3 août 2001.
Un accès routier vers les plages: un article de Jacques Chardonnet prônant la construction d'une rocade d'accès direct
vers les plages du Galon d'Or, de l'Embellie et de la côte sauvage.

10 décembre 2003.
Commentaires de Michel BOVE: concernant le projet de déviation de Ronce.

3 décembre 2003.
Trottoirs campagnards: protestation contre l'installation de trottoirs dangereux dans certains virages de nos routes secondaires. (A R)

11 décembre 2003.
Idées pour projets futurs: idées dont le financement futur s'évanouira si le projet de port en centre-ville voit le jour à La Tremblade (A R)

A N N E E 2003

LE BASSIN DE MARENNES CONDAMNE A LA RUINE


Rappel d'un article publié dans le Littoral du 23/11/2001 par M. Jacques CHARDONNET -

"Les Français ont la mémoire courte", dit-on. Cette espèce de proverbe est amplement vérifié en Charente Maritime. Non pas que les habitants aient oublié l'ouragan du 28 décembre 1999, loin de là. Nous vivons quotidiennement dans un paysage dégradé où les forêts n'offrent plus que des cadavres brisés et des squelettes cassés et défeuillés. Il faudra 25 ans au moins pour panser les plaies d'un tel sinistre.

Mais le problème est ailleurs, sur la ligne de côte. Voilà plus de 30 ans que le Sud-Ouest de l'île d'Oléron et la côte de la presqu'île d'Arvert subissent des modifications qui, en moyenne, vont davantage dans le sens de l'érosion que dans celui de l'engraissement. S'est-on préoccupé de cette situation? On vous répond que "des études sont en cours", que "des audits ont été confiés à des cabinets spécialisés", etc...Toujours est-il que l'anonymat joint à la confidentialité se conjuguent avec la lenteur.

Pendant ce temps, la mer ronge. Elle ronge entre la Palmyre et la Grande Côte, elle ronge sur la Grande Plage entre Vertbois et Gatseau, elle ronge sur la côte Sud du Pertuis de Maumusson, elle ronge la plage de Ronce; et ceci est l'action visuelle la plus évidente. Mais il en est d'autres: le comblement de la baie de l'Embellie dans les années 1970 n'a apparemment ameuté personne. Pourtant cette baie d'eaux calmes et chaudes avait son cachet.

Depuis 1995, une plage se forme en avant du brise-lames de Ronce, ce qui, en soi, n'est nullement un malheur, ni esthétiquement ni pour le tourisme. La plage de la Cèpe s'élargit d'ailleurs devant le club Mickey ce qui, à priori , ne gêne personne, mais tend à supprimer la courbe harmonieuse de l'anse de la Cèpe. Mais aussi - les ostréiculteurs le savent - le sable monte sur certains bancs, en particulier devant Ronce, et bien du sable pénètre en Seudre.

Quels enseignements tirer de ces constatations? Essentiellement deux, d'ailleurs en sens contraires, dont rien ne permet de dire s'ils concerneront des actions successives ou concomitantes, et même laquelle des deux actions précédera l'autre. Mais la vérité est là: les choses vont très vite et, si l'apathie des pouvoirs publics demeure, on va tout droit vers la mort économique du bassin de Marennes.

L'érosion d'abord:

Elle concerne 3 secteurs:

La plage de la Cèpe à Ronce où les grandes dunes situées entre la fin du bourg et la "cabane à Isabelle" sont mangées lentement mais sûrement depuis la guerre; le brise-lames de Ronce, parce que le sable arraché plus à l'Ouest tend à créer une ligne de côte continue, en ligne droite, supprimant l'anse de la Cèpe et guidant les vagues qui vont le percuter de plein fouet. La conséquence à terme d'une telle évolution, c'est la destruction des villas du bord de mer, dont beaucoup sont le fleuron "belle époque" de Ronce. Quel paysage lorsqu'il n'y aura plus là que des maisons abandonnées, déséquilibrées, risquant l'effondrement sur les passants, bientôt éventrées et en ruines! Qui osera encore vendre un tel spectacle sur les dépliants touristiques de La Tremblade - Ronce les Bains?(les maisons effondrées ne sont pas pour demain, d'autant plus qu'il est probable que des défenses contre la mer seraient érigées. Le site de la Cèpe, comme prévu par M. Chardonnet, serait tout de même défiguré si toute la côte était couverte de digues en épi (NDLR)

Le second secteur en cours d'érosion est le sud de l'île d'Oléron. Que la Grande Plage d'Oléron recule ne paraît gêner en fin de compte que les impersonnelles finances communales contraintes de reconstruire périodiquement leurs parkings d'accès! Mais en réalité les contribuables de Dolus, de Grand-Village et de Saint-Trojan doivent être conscients qu'ils vont littéralement jeter à la mer leurs impôts locaux. Que la pointe de Gatseau recule ne gêne apparemment que la socièté du petit train de St-Trojan: certes, mais que son directeur écoeuré abandonne, voilà une activité très porteuse et originale de l'île qui aura vécu.

Le troisième secteur enfin: au delà de la mort du petit train, il est inscrit dans le relief de la région, dont les altitudes sont très modestes, passée la dernière dune bordière aujourd'hui très entamée, que l'océan se déversera dans la baie de Gatseau: outre que cet endroit joli disparaîtra, alors on peut tout craindre d'un océan en furie, élargissant ainsi considérablement le Pertuis de Maumusson et faisant pénétrer des masses d'eau bien plus importantes qu'actuellement dans le bassin de Marennes, y accroissant le phénomène des raz de marée et faisant percuter sur les côtes de Saint-Trojan, de Ronce et de Marennes, des vagues plus fortes et dévastatrices que le clapotis de jadis: les bancs d'huîtres seront dérangés par de tels courants et vagues et les côtes, devenues instables, cesseront d'être touristiques pour n'offrir que le spectacle désolé de littoraux urbains dévastés.

L'ensablement:

L'ensablement du bassin est aussi à la clef de cette évolution. Déjà réalisé à l'Embellie, en cours dans l'anse de Gatseau et dans l'anse de la Cèpe, cet ensablement généralisé, provenant des énormes masses que la mer arrache à la côte oléronaise et à Maumusson, va ruiner l'ostréiculture d'abord: ce sera l'estuaire de la Seudre, la zone la plus à l'abri, qui sera peu à peu comblée alors que c'est l'une des zones les meilleures de collectage des naissains et d'alimentation des claires. Mais l'actuelle tendance à l'ensablement des bancs dans le bassin, devant Ronce, devant Saint-Trojan, devant Marennes et Bourcefranc, se généralisera aussi: l'élevage des huîtres ne disposera plus progressivement que d'un recouvrement insuffisant par les eaux. L'ostréiculture mourra et, à terme, l'émersion des bancs transformera le bassin en un immense cloaque marécageux à moustiques et le tourisme mourra.(cette perspective est encore lointaine...mais pensez à vos descendants!NDLR)

Les deux piliers de l'activité économique de la région sont menacés et, en face de cette situation, qu'ont fait les pouvoirs publics? Que je sache, M. le Maire de La Tremblade fut à peu près le seul à réagir de façon pratique au printemps 2000 en faisant remonter le sable au bulldozer sur la plage de la Cèpe. M. le Maire de Dolus veut reconstruire un parking: travaux nécessaires mais localisés, qui ne contrarient pas les causes des actions ravageuses de la mer et ne sont donc que des solutions provisoires mais inefficaces à court terme. Que je sache, M. le Maire de La Tremblade s'est battu pour obtenir une subvention de 4 millions de francs pour réensabler la plage de la Cèpe grâce aux sables dragués dans la "coursière des Lézards", solution présentant davantage d'ampleur; mais les travaux ne viennent pas parce que, quelque part, il y a blocage.

J'ai, pour ma part, en tant que géomorphologue, analysé et expliqué la situation et proposé des solutions dès Juin 2000, demandant que des travaux soient programmés dès Septembre-Octobre 2000. Pour ce faire, j'ai adressé mes recherches et mes conclusions à tous les responsables administratifs, élus et professionnels concernés. Le moins que l'on puisse dire est que j'ai récolté au mieux une écoute polie; la plupart du temps, il n'y a pas eu de réponse du tout. Le silence permet de ne pas se mouiller, sans doute en ayant toujours la possibilité de se réfugier dans l'argument que l'on n'a rien reçu...

L'accusé:

L'accusé: les lenteurs, l'absence de responsabité et de compétence, l'incurie généralisée. Depuis l'ouragan, la mer a été gentille, mais les mois qui ont passé ont permis aux responsables de s'endormir dans la fausse certitude du caractère exceptionnel de cet événement. Un tel silence est coupable.

Il ne faut pas des années pour faire des études et des rapports. Il faut aussi utiliser ceux qui peuvent apporter leur concours au bien commun. Il ne faut pas être tétanisés par des règlements sclérosants et inadaptés qui ne deviennent alors que de faux prétextes pour justifier qu'on ne fait rien: on se retrouvera bientôt devant la réalité définitive d'un bassin de Marennes, ce vrai lagon polynésien en terre saintongeaise, transformé en ruine.

Je prends date par cet article car, de même qu'une catastrophe (avalanche, inondation, effondrement de gradins...) conduit la justice à rechercher les responsables qui ont donné les autorisations, de même elle pourrait, le moment venu, rechercher ceux qui, pourvus de l'autorité, ne l'ont exercée que dans la fréquentation des cocktails officiels sans prendre au moment opportun les décisions qui eussent été nécessaires. On peut aussi être responsable et coupable.

Page d'accueil

Jacques CHARDONNET
Agrégé de géographie
Docteur en Sorbonne

CRI D'ALARME A L'INVASION MARINE

10 Octobre 2003 - Voilà bientôt quatre ans que l'ouragan a eu lieu. Un an et demi avant, nous avertissions déjà un fonctionnaire de la DDE et un maire des inquiétudes que nous nourrissions concernant la plage de la Cèpe à Ronce. Puis, l'ouragan passé, nous élargimes le champ de nos investigations à l'ensemble du bassin de Marennes et à la côte sud-ouest de l'île d'Oléron, comprenant l'interférence des phénomènes et la nécessité d'une gestion globale de la côte.

Car tout vient de là : le sable arraché à la grande plage de Verbois-La Giraudière vient perturber les fonds dans le pertuis de Maumusson, les côtes y changent d'emplacement et, de ce fait, les courants viennent attaquer les côtes du bassin de Marennes ou remblayer selon les lieux et les moments.

Mais nous n'en sommes plus à l'an 2000. Nos prévisions, hélas, se sont révélées exactes. La deuxième grande dune de la côte sud-ouest d'Oléron a été enlevée : attaquée par l'ouragan, elle a été mangée à grande vitesse parce que rien n'a été fait pour la préserver.

A présent l'océan n'a plus devant lui que des espaces de basse altitude, presque à son niveau : dans la forêt de Saint-Trojan, entre le terminus du train touristique et l'anse de Gatseau. Il peut aller très vite dans sa progression quand on se rend compte qu'il a avalé 30 mètres d'épaisseur au moins de bourrelet sableux dunaire, rien qu'entre la Toussaint 2002 et le 31 août 2003. La morsure érosive , calculée par mes soins de façon mathématique, a été de 4 mètres en 2 jours, du 28 au 30 août 2003, par grande marée ordinaire non accompagnée de vent particulièrement fort, donc sans que les vagues fussent attisées par lui! Que serait-ce en cas de tempête? Que sera la vitesse de morsure érosive maintenant qu'il n'y a plus de dune véritable pour faire rempart contre l'océan?

Nous avons averti dès l'été 2000 les autorités diverses, tant responsables techniques et fonctionnaires d'Etat qu'élus locaux : les fonctionnaires et responsables attendent les décisions des élus locaux et ceux-ci - quand ils sont conscients de la gravité de la situation - ne veulent pas engager de crédits en vain. Ce souci de ne pas dilapider l'argent public s'explique évidemment par la crainte des accusations des éternels sceptiques et critiqueurs, toujours à l'affût dès qu'il s'agit de pouvoir lancer un couteau dans le dos. Alors, depuis bientôt quatre ans, on vit dans l'attentisme en attendant les conclusions des commissions et des rapports commandés, dit-on, à des experts qui se font payer fort cher leurs "prestations". Mais l'océan, lui, n'attend pas.

Qu'il est loin le temps où l'ingénieur des Eaux & Forêts Vasselot de Régné défendait la forêt par un opiniâtre travail, utilisant l'huile de coude, la brouette, la pelle et les mulets! C'était un bâtisseur. Mais on travaillait vers 1870, tandis qu'à présent on croit gagner du temps en ne s'engageant pas trop, sauf dans le clinquant des flonflons du tourisme de masse . On ronronne dans les bureaux ou en coupant les rubans des inaugurations : c'était le rôle du Président de la République sous la IIIème, dont on disait qu'il inaugurait les chrysanthèmes.

En fait, il ne reste plus guère de temps si l'on ne veut pas inaugurer les chrysanthèmes du bassin de Marennes, c'est-à-dire, je le répète, la mort de l'ostréiculture dont les parcs seront déstabilisés si l'océan doit s'engouffrer dedans par l'anse de Gatseau; et la mort du tourisme si les vagues viennent détruire la côte à Ronce les Bains, mais aussi à Marennes Plage, et sans doute dans la zone sud de Saint-Trojan, de part et d'autre du marais des Bris, emportant brise-lames, villas et autres installations.

Louis XIV disait :"gouverner c'est prévoir". Attendre n'est pas prévoir mais aboutirait, si l'on devait continuer à ne rien faire, à la ruine des habitants d'une région entière et à la disparition du paysage qui nous est cher.

Des solutions existent, connues depuis longtemps. Qu'on reprenne les travaux de Vasselot de Régné et d'autres, avec des moyens mécaniques plus puissants et plus rapides, pour regagner le temps perdu.

Je ne suis pas un partisan du catastrophisme dans lequel se complaisent certains tenants d'un prétendu angélisme naturel, dont les arrière-pensées sont aisément décryptées. Mais, cette fois-ci, l'affaire est très grave, il faut réagir. Faute de quoi, comme à Vaison-la-Romaine, comme à Bastia (Furiani) ou comme à Nîmes, on n'aura plus que les yeux pour pleurer et des procès pour se défouler et obtenir quelques dédommagements financiers et moraux.

Il faut se mettre au travail tout de suite, au moyen des solutions connues depuis 150 ans et compatibles avec l'écologie et l'esthétique des paysages. Quant à moi, je suis prêt à apporter mon concours aux uns et aux autres, élus et fonctionnaires, administrateurs et ingénieurs, mais le temps n'est plus à atermoyer : c'est dans les semaines qui viennent, avant novembre, qu'il faut engager des travaux.

Veut-on sauver la région de l'invasion des eaux (et des sables)?



Page d'accueil

Jacques CHARDONNET
Agrégé de géographie
Docteur en Sorbonne

14 Décembre 2003 -Voici le commentaire de M. BOVE.

Ces quelques réflexions suite à l'article de Monsieur Chardonnet concernant le danger que court notre littoral. Techniquement le problème semble être bien cerné et je pense qu'il doit en être de même pour les solutions à mettre en oeuvre. Est-ce que l'enveloppe financière des travaux correspondants est également bien cernée? C'est à mon avis aussi important si l'on veut que les choses avancent. Mais je pense qu'il a tout à fait raison quand il pointe le doigt sur "L'ACCUSE : les lenteurs, l'absence de responsabilité et de compétence, l'incurie généralisée". Je pense en effet que le problème est là : qui sera le maître d'oeuvre de ces futurs travaux, donc qui est concerné maintenant par les cris d'alarmes de Monsieur Chardonnet et probablement d'autres?

Jusqu'à il y a une dizaine d'années environ notre structure administrative était articulée sur les "Départements" avec une coordination centralisée par "l'Etat", et cela depuis près de 200 ans. Cela "marchait" bien, mais les problèmes ayant pris d'autres dimensions on est venu "plaquer" sur cette structure départementale une structure "Régionale", supposée probablement assurer une coordination "Décentralisée", sans bien sûr toucher à la première, en se contentant d'arrondir les interfaces Département-Région afin de ménager les susceptibilités des divers intéressés. L'effet secondaire de ce système est qu'il permet de dépenser un argent considérable en "missions" et réunions diverses, dites de coordination mais qui ne coordonnent rien, puisqu'il n'y a pas d'organisme pour mettre en oeuvre ces recommandations coordonnées! C'est du moins le sentiment que j'en ai. Résultat : dans bien des cas plus personne ne sait qui fait quoi et surtout, personne ne veut être "responsable" quand il s'agit "de Bâtons Mer...." comme ces questions difficiles de protection du littoral, donc surtout personne ne veut se sentir concerné. Et je pense que, malheureusement, Monsieur Chardonnet pourra adresser ses recherches et ses conclusions à tous les responsables administratifs, élus et professionnels "qu'il pense concernés" en vain, car aucun de ces responsables ne se sent réellement concerné. Alors quoi faire? Laisser tomber? C'est sûrement ce qu'il ne faut pas faire. Je pense qu'il faut arriver à faire désigner, mais par qui?, un organisme qui soit vraiment chargé du problème, avec l'objectif d'aboutir dans un temps défini, et avec à la fois la bénédiction "réelle" du Département et de la Région. Facile à dire .......mais bien plus difficile à faire! pourtant c'est d'abord par là, à mon avis, que passe la solution si l'on veut que quelquechose se fasse avant qu'il ne soit trop tard.

Michel BOVE

Page d'accueil

PORTS PROPRES

photo d'un tableau représentant le chenal de la Grève

AVERTISSEMENT

20 Novembre 2003 - Au fur et à mesure des commentaires que je reçois, je peux être conduit à apporter quelques modifications à mon texte. Pour qu'il n'y ait aucune équivoque, je ferai apparaître ces ajouts en lettres vertes. Tant pis pour l'esthétique! Bien entendu, je ne modifierai que mes propres articles et je ne toucherai jamais, sauf demande de l'auteur, aux articles qui me sont confiés.


15 Octobre 2003 -
La lecture du compte rendu de la réunion d'information de l'association PORT 2005 qui s'est tenue le 12 Août 2003 à La Tremblade (publiée dans le journal Le Littoral), montre que l'objectif de cette association reste la création d'un PORT ZERO POLLUTION. D'ailleurs, hors le facteur économique lui aussi mis en exergue, l'argumentation qu'elle a privilégiée pour faire accepter ce projet de port si longtemps refusé pour raison écologique, repose sur ce principe de zéro pollution. Il en résulte que la conception d'ensemble du projet doit s'organiser à partir de ce principe et lui être subordonnée, y compris l'aspect économique, sans qu'aucune dérogation à cette règle ne soit autorisée et avec les garanties juridiques nécessaires. S'il apparaissait que, dans les conditions actuelles, la clause de zéro pollution s'avérait impossible à réaliser de manière satisfaisante, il faudrait que le projet soit ajourné, tout en gardant à l'esprit que les études en cours serviraient plus tard, lors de la reprise inévitable du projet. En revanche, si les travaux commençaient, lorsque les dirigeants de l'association passeront le relais aux constructeurs, il faudra veiller à ce que toutes les précautions soient prises pour que la logique financière ne puisse pas entraver le choix écologique initial et que le projet ne soit pas dénaturé. Il faudra que toute tentative en vue d'obtenir, pour raison économique, l'assouplissement des normes prévues, soit, par contrat, impossible. Je précise que je n'ai reçu aucun mandat de quiconque concernant la teneur de cet article et que je n'exprime ici qu'un avis personnel uniquement basé sur une analyse objective et sans à priori de la situation. Mon intention n'est pas de m'immiscer dans la gestion du projet de port dont la responsabilité n'incombe qu'aux dirigeants de l'association. Mon objectif est de réfléchir aux conditions qu'il est nécessaire de respecter pour créer un port véritablement propre. Cette approche théorique n'a qu'un but : permettre d'évaluer, lorsqu'il nous sera soumis, la pertinence du projet élaboré par l'association PORT 2005, par rapport au principe zéro pollution.

Avant d'étudier les techniques à mettre en oeuvre pour construire un port propre, il est nécessaire de définir le contenu exact du concept "zéro pollution". L'objectif d'une pollution totalement nulle n'est pas réaliste. Il faut donc mettre au point un cahier des charges où seront mentionnées, entre autres, les limites supérieures admissibles des taux de pollution, au-dessus desquelles le "label zéro pollution" ne sera plus valide. Il faut espérer que ces limites seront suffisamment basses pour que ce label reste crédible. A mon avis, il ne saurait être question de se contenter d'appliquer les normes existantes (il y a, m'a-t-on dit, des normes européennes) mais d'aller bien au delà, de se rapprocher de l'optimum et d'atteindre l'excellence. Je suppose que ce problème est déjà traité et résolu au sein de l'association, sans doute en coopération avec les principaux intéressés: la section régionale conchylicole, l'IFREMER, les instances dirigeantes du tourisme et les membres d'une commission municipale ad hoc, si elle existe.

Une fois le cahier des charges élaboré et chiffrées les limites du niveau de pollution maximum acceptable, il devient possible d'examiner les conditions nécessaires pour la réalisation d'un port propre.

Certaines de ces conditions sont faciles à mettre en oeuvre:

- Récupérer les eaux de carénage, les eaux polluées sur l'ensemble du site, les eaux de pluie. Il n'y a là aucun problème majeur, technique ou financier.

- Collecter les déchets solides et liquides générés par les activités portuaires et les stocker dans un"point propre" (terminologie adoptée dans les études en cours concernant les"ports propres", en Languedoc-Roussillon notamment). Ce point propre est un espace fermé, couvert et étanche, géré et surveillé par un personnel qualifié. Pas de problème technique mais un problème de coût, généré par la présence permanente de personnel spécialisé.

- Présence dans les locaux du port de barrages flottants, de matériel absorbant etc...pour contrer les pollutions accidentelles. Pas de problème particulier.

Examinons maintenant les problèmes plus difficiles à résoudre.
Tout d'abord: les bateaux habitables.


-1ère option: l'accès du port leur est interdit et le problème est réglé. Dans ce cas de figure, le port serait ouvert aux pêcheurs, aux ostréiculteurs et aux plaisanciers n'habitant pas dans leur bateau mais fermé aux bateaux de croisière désirant faire escale.

- 2ème option: cas le plus probable étant donné la vocation du port: ces bateaux de croisière sont acceptés. Il faut donc récupérer les eaux domestiques de ces bateaux.
- Notons que l'on ne peut récupérer ces eaux qu'à bord de bateaux équipés de réservoirs adéquats. Il faut ensuite un système de pompage et de stockage à terre des eaux usées, voire leur traitement puis leur renvoi dans le tout-à-l'égoût. Pour que ce système soit fiable il faut que les pompes soient en double, sinon, lors des pannes inévitables, les bateaux devraient vidanger dans les eaux du port. En outre, pour pallier à toute panne du réseau électrique, un groupe électrogène puissant est nécessaire.
- Une réglementation n'est appliquée que s'il y a contrôle et, en cas de non application, sanction. Il faut donc un corps de surveillants à plein temps. Dans le compte-rendu de l'association paru dans le Littoral il est écrit qu'il faudra "informer pour sensibiliser les usagers à changer leur pratique quotidienne". En théorie c'est parfait mais il est illusoire de penser que ces derniers adopteront un comportement civique dès lors qu'ils seront "informés". Les surveillants sont donc indispensables.

- Reste le point le plus délicat : lorsque se présentera un bateau habitable ne possédant pas de cuve de récupération des eaux usées, il faudra lui interdire l'accès du port, sinon tout le concept de zéro pollution serait réduit à néant. J'imagine qu'il existe encore beaucoup de tels bateaux et qu'il y a là une source potentielle de conflits avec les usagers. Cela représente donc un problème grave auquel il faut réfléchir.

- la présence de capteurs surveillant en continu le niveau de pollution est impérative et doit, non seulement être intégrée dans le corps du projet, mais en être une des pièces maîtresses, au même titre que la récupération des déchets et des effluents. Ces capteurs seront le garant d'une pollution maîtrisée et permettront une intervention immédiate en cas d'incident.

- Il faut que la vocation écologique du port soit solennellement proclamée dans une charte où le principe zéro pollution sera central et juridiquement défini afin que toute dérive éventuelle soit susceptible d'être attaquée en justice.

CONCLUSION : la gestion du port entraînera, par rapport à un port classique, des contraintes spécifiques. Seront nécessaires :

1- Des agents spécialisés dans la surveillance du "point propre" et dans la gestion des déchets ainsi que dans la surveillance des bateaux habitables afin que leurs équipages respectent les conditions de vidange des réservoirs d'eau usée. Leur statut devra les habiliter à prendre des sanctions contre les contrevenants et les autoriser à visiter les bateaux demandant l'accès au port afin de vérifier leur conformité aux normes. Ils devront avoir le pouvoir de refuser l'entrée aux bateaux non conformes.

2- Un système de pompage des eaux usées qui devra être fiable et redondant pour prévenir les conséquences catastrophiques d'une panne. Il devra être desservi par du personnel spécialisé apte à prendre en charge, en outre, la maintenance des capteurs de pollution et la gestion d'éventuelles pollutions accidentelles.

3- Un groupe électrogène puissant.

4- Des capteurs de pollution fonctionnant en continu.

5 -Le réglement du problème des bateaux non conformes aux normes sanitaires qui ne devront pas être acceptés dans le port. Il faudra que les normes draconiennes du port fassent l'objet d'une publicité suffisante (qui s'accordera d'ailleurs avec son image de port propre) pour éviter que des bateaux non conformes, attirés par la présence d'un nouveau site, n'arrivent en nombre et soient ensuite contraints à un mouillage "sauvage" qui ne ferait qu'aggraver la pollution, allant ainsi à l'encontre du but recherché.

6- La promulgation d'une "charte zéro pollution", intégrant le cahier des charges défini plus haut et rendant incontestable la gestion écologique du port.

Selon les déclararations de l'association PORT 2005, le principe" zéro pollution" est incontournable puisqu'il constitue le fondement de ce projet de port et la condition sine qua non de son exécution. Celà entraîne , en plus d'un coût de construction plus élevé, une gestion quotidienne beaucoup plus onéreuse que celle d'un port classique. Il est donc sage de bien évaluer les charges financières supplémentaires induites pour éviter des déceptions futures. L'association l'a sans doute déjà fait, mais, à ma connaissance et à mon grand regret, n'a pas beaucoup communiqué sur ce sujet pourtant essentiel. L'association Port 2005 vient de me reprocher d'être injuste sur ce point. Je précise que je n'incrimine que le flou de leur communication sur les modalités pratiques qu'ils envisagent pour créer un port zéro pollution et non leur communication en général qui n'est pas critiquable.
En France, actuellement, c'est apparemment l'association "Ports propres en Languedoc-Roussillon" qui est en pointe pour l'étude de la faisabilité de ports propres. Notons qu'il s'agit de ports anciens que l'on cherche à rendre "moins sales" et aucunement de ports zéro pollution. La création d'un port véritablement propre à La Tremblade serait donc une innovation écologique majeure et ce projet représente un immense défi que l'association PORT 2005 s'honore de relever. En cas de réussite, ce port deviendrait une référence nationale, voire européenne et donc un immense atout pour notre ville dont l'image de marque serait considérablement valorisée. Espérons que l'ambition de créer un projet pilote d'une telle envergure sera récompensée, si elle émerge, par l'obtention de subventions exceptionnelles, au niveau national et européen.

Il est évident que toutes les questions évoquées dans cet article et bien d'autres encore ont été traitées en interne par les responsables de l'association PORT 2005. Je pense que l'opinion publique aimerait connaître les réponses concrètes apportées et les garanties prévues par ces responsables. Il me semble que nombreux sont ceux qui attendent de cette association qu'elle nous informe plus régulièrement, de manière transparente, au fur et à mesure de l'avancée des dossiers. Qu'elle en soit, à l'avance, remerciée.

En m'efforçant d'analyser, le plus objectivement possible, les conditions dans lesquelles un port zéro pollution est réalisable, je n'ai cherché, en dehors de tout esprit polémique, qu'à apporter une pièce au dossier, en espérant l'ouverture d'un débat constructif qui, à mes yeux, n'est pas encore, sur le plan de la pollution, suffisamment engagé. Nous avons beaucoup d'informations ayant trait aux entraves administratives qui paralysent le projet: PPR et autres pièges dont les fonctionnaires de l'Etat ont le secret. Mais, je le répète, l'aspect administratif, bien que crucial, n'est pas le propos de cette étude qui ne concerne que la faisabilité et les conditions techniques de la création d'un port zéro pollution. Si, comme elle le dit dans un récent communiqué dans le Littoral, l'association "jette l'éponge", les problèmes traités dans cet article pourraient sembler dérisoires. Il n'en est rien. En effet,les études générées par la mise en route du projet ne seront pas perdues. Soyez-en sûrs, s'il est repoussé aujourd'hui par l'outrecuidance de l'Administration dont, malgré les simulacres de la "régionalisation", nous souffrons encore, il sera repris un jour et mené à bien. Ce jour-là, sans aucun doute, on utilisera les fruits de vos travaux. Je viens de lire dans le Littoral du 24/10/2003, dans une communication de l'association, que les ostréiculteurs émettent un avis favorable "sous réserve de vraiment appliquer le principe de port zéro pollution". Cette déclaration est un acquis considérable qui demeurera: cette profession était depuis toujours très hostile à tout projet de port à cause des risques de pollution; d'où l'intérêt de traiter le problème zéro pollution avec le maximum de rigueur.

Page d'accueil

Alain ROUYE


25 Janvier 2004. Le site vient de recevoir ce commentaire de M.BOVE au sujet du projet Port 2005.

PORT 2005 - PORT ZERO POLLUTION

J'ai pris connaissance des commentaires de M.ROUYE sur ce projet.
C'est une idée qui, si elle est nouvelle pour moi, est très logique et très ambitieuse; c'est tout à l'honneur de l'association de se battre pour la mettre en œuvre.
Je comprends qu'aucune installation de ce type, c'est à dire qui soit effectivement ZERO POLLUTION, n'a jusqu'ici été réalisée en France ni même en Europe. C'est bien dommage, car l'association aurait pu bénéficier de leur expérience.
Il va donc falloir qu'elle innove.
A mon avis, dans une aventure de ce genre, il y a deux choses bien distinctes à considérer:
- la construction, qui va devoir faire appel à un montage administratif et à des obtentions de crédit de construction.
- le fonctionnement, qui est du seul ressort de l'association, avec probablement des subventions à demander, qui seront fonction des coûts de gestion de ce port.

CONSTRUCTION

Il y a des exemples de groupements constitués par plusieurs partenaires, Conseil Général, Région, Ministères concernés etc... pour la réalisation, par exemple:
- de l'Hermione à Rochefort
- d'un château fort dans la Nièvre
- et bien d'autres sans doute...
Ces projets sont généralement associés à la création locale d'emplois spécifiques, maîtres charpentiers, forgerons, tailleurs de pierre...ainsi que l'emploi des C.E.S.
Chaque partie apporte sa contribution financière en fonction d'un budget prévisionnel établi en commun.
C'est probablement une affaire d'envergure que de trouver des organismes qui seraient d'accord pour mettre la main à la poche. Cependant la qualité de l'objectif "zéro pollution" doit pouvoir toutefois mobiliser les esprits.
Mais ces organismes ne s'y intéresseront que s'ils savent où ils vont financièrement.
Il importe donc que l'association puisse présenter un budget prévisionnel sérieux, précis donc crédible. Cela implique automatiquement le choix et la définition des installations techniques requises qui devront dès ce premier stade convaincre les parties concernées par ce projet, la Section Régionale, IFREMER, etc...
Je ne sais pas si l'association a déjà réalisé cette phase d'études préparatoires, ou sinon, si elle a les moyens et la compétence pour la mener à bien.
Mais c'est, à mon avis, une phase clé qui gagnera ou non la confiance des futurs payeurs et des futurs utilisateurs.
La dimension et la nouveauté du projet justifient certainement des demandes de subventions d'études au plus haut niveau (l'Europe à Bruxelles). Il serait, à mon avis, utopique de penser avoir trouvé du premier coup la meilleure solution technique et financière. Ces études, à conditions qu'elles soient faites par des organismes valables, seront le garant technique de cette qualité "zéro pollution", mais aussi le support indispensable aux demandes ultérieures de crédits.
C'est aussi, sans doute, un bon moyen d'embrayer le projet sur des bases concrètes.

FONCTIONNEMENT

C'est une étape qui découle des études précédentes et qu'il conviendra de chiffrer parallèlement, là encore pour savoir "où l'on va" et pour demander les subventions éventuelles de fonctionnement et définir les créations d'emploi correspondantes.
Cela implique qu'un réglement soit défini, permettant notemment de savoir ce que l'on fait des bateaux non conformes.
C'est un très beau projet qui, je l'espère, arrivera à terme et je souhaite beaucoup de courage et de persévérance à ceux qui le mèneront.

Page d'accueil

Michel Bove


PLAN DE PREVENTION DES RISQUES

14 Novembre 2003 - Après la lecture d'articles dans le journal le Littoral, je constate que l'enlisement administratif du projet "port 2005" se confirme. Le préfet aurait signé un PPR catastrophique pour l'économie de la commune. Je crois comprendre que l'association, après la réunion d'une commission municipale mixte, a pris la décision de ne pas "jeter l'éponge" comme elle l'évoquait dans un récent communiqué et je m'en réjouis. Je suis persuadé que, dans son action, elle obtiendra facilement le soutien de la partie de la population favorable à la construction du port. En ces temps où monsieur Jean Pierre RAFFARIN nous promet une loi de décentralisation laissant le maximum d' initiatives aux pouvoirs locaux, devons-nous croire le premier ministre ou est-ce le préfet qui outrepasse ses droits?

Réfléchissons: tout d'abord au sujet du port. D'après le PPR, Ronce pourrait être submergé par les flots, donc, dans certains quartiers, pas de constructions nouvelles, donc pas de port. Il est pourtant évident, comme l'a déjà fait remarquer le président de l'association Port 2005, que les digues d'un port, conçues dans l'éventualité d'une montée des eaux, seraient une défense contre la mer. De plus, la présence de bateaux, tout de suite opérationnels car stationnés à proximité immédiate de l'agglomération, serait un facteur tout à fait favorable dans le cas ( invraisemblable avant plusieurs générations) où une élévation du niveau de la mer serait véritablement une menace pour les habitants de Ronce. Rappelons que l'élévation de ce niveau est le résultat de la dilatation thermique des eaux de mer et de la fonte des glaces, conséquence de l'augmentation de la température de la Terre due à l'effet de serre. Cette élévation, mesurée par le satellite Topex-Poséidon, est de 2,5 mm par an, soit 25 cm pour un siècle. Même en cas d'accélération dans le temps de cette vitesse d'élévation, évoquer un risque plus ou moins imminent de submersion marine est un argument fallacieux.

L'incendie ensuite: personne ne nie la possibilité qu'un feu en forêt de la Coubre puisse atteindre Ronce. C'est même le seul type d'incendie susceptible de détruire la ville: en effet, si les pompiers ne pouvaient empêcher que la station soit en danger, c'est que le feu ne serait plus maîtrisable, comme c'est déjà arrivé dans le passé, heureusement loin des habitations. En revanche, un feu se déclarant à Ronce serait rapidement enrayé, les moyens nécessaires sont disponibles et seraient rapidement mis en œuvre. Donc, en dernière analyse, puisque le danger mortel ne peut venir que de la forêt de la Coubre, le responsable du risque d'incendie généralisé à Ronce n'est autre que l'Etat, représenté par son agent l'ONF et son délégué le préfet. Si les pare-feu de la forêt sont insuffisants car trop étroits, ce qui est de notorièté publique, c'est la responsabilité de l'Etat qui est en cause. Pourquoi ne pas les élargir jusqu'à la dimension nécessaire pour que le feu ne passe jamais? Dans une forêt gérée par l'Etat, c'est techniquement et administrativement facile à réaliser. Malheureusement pour nous, il est plus facile de signer des papiers que d'agir. Il serait plus logique que l'Etat s'applique à lui-même le PPR qu'il veut imposer à ceux qui subissent les risques provoqués par sa propre incurie, sans avoir le moindre pouvoir pour les minimiser.

La conclusion est simple: il faut réviser un plan qui stérilise la vie économique de toute une région. Il faut mettre l'Etat devant ses responsabilités: c'est à cause de son laxisme qu'un risque d'incendie majeur plane sur nous et c'est lui qui, avec un cynisme désarmant, nous pénalise pour ce risque. La prévention du risque, c'est à l'Etat de la faire en assurant une protection définitive de Ronce par la création d'un pare-feu impossible à franchir et ceinturant entièrement l'agglomération ronçoise. Aux défenseurs de l'environnement (dont je fais d'ailleurs partie) qui s'opposeraient à ce projet à cause du déboisement local qu'il entraînerait( quelques hectares sur des milliers en regard d'une assurance-vie pour la ville), je demanderais si Ronce ravagé par le feu serait plus esthétique que la zone tampon sans arbres que je préconise, zone qui ne serait pas un désert mais une aire plantée d'essences végétales choisies parmi les moins combustibles. Sans parler du coût humain gigantesque entraîné par un tel sinistre.

Depuis l'écriture de cet article, un commentaire de M.Bove concernant le contournement routier de Ronce, (à lire sur cette même page) me fait penser qu'une zone pare-feu ceinturant Ronce intégrerait parfaitement cette nouvelle rocade.

Il est hautement probable que cet article, dont le seul objectif est que les habitants de Ronce ne vivent plus dans la hantise d'un grand incendie destructeur de leur habitat et qui ruinerait leur vie, rencontrera l'indifférence habituelle de l'Administration pour ses "assujettis". Dans un pays où le "sang contaminé" et la "viande folle" n'ont été interdits que tardivement, au mépris de l'intérêt légitime de la population et où l'on peut construire dans le lit des fleuves, dans les zones d'expansion naturelle des crues et dans les couloirs d'avalanches, l'espoir d'une réponse positive et humaine aux demandes des administrés est une vue de l'esprit. Je suggère, dans le cadre de la prévention du risque d'incendie que nous fait subir l'inaction de l'Etat, aux associations qui auraient les compétences nécessaires, de réfléchir d'ores et déjà aux procédures à suivre pour demander des comptes à l'Etat et à ses représentants pour leur responsabilité dans l'éventualité d'un incendie massif venant détruire Ronce et d'étudier quelles juridictions seraient les plus appropriées.(une juridiction européenne, peut-être?)

Page d'accueil

Alain Rouyé


PLAN DE PREVENTION DES RISQUES TREMBLADAIS

15 Décembre 2003 - Je propose que soit élaboré un "PPR Trembladais" qui prenne en compte, plutôt que des risques fallacieux comme la submersion marine à Ronce, les véritables risques potentiels qui planent sur nos têtes au premier rang desquels figurent les risques que nous fait courir l'administration elle-même par son incurie quant à la prévention des feux de forêt. Le plus savoureux de l'histoire est que cette même administration prétend nous protèger grâce à un pseudo " plan de prévention des risques" qui est une imposture (quant à l'inondation) et un abus de pouvoir (quant au risque feu dont l'Etat et son administration sont les vrais et seuls responsables) .

Un vrai plan de prévention devrait obliger l'Etat à protèger la zone urbanisée de la Tremblade/Ronce d'un feu provenant de la forêt de la Coubre par la création d'une zone pare-feu infranchissable ceinturant entièrement l'agglomération. C'est une obligation morale dont l'Etat et son administration ne s'exonèreront pas par la promulgation d'un document qui n'engage et ne brime que les victimes de sa propre inaction: en effet, rien n'est fait pour prévenir l'extension éventuelle de feux en forêt de la Coubre vers Ronce et La Tremblade. C'est une demande qu'il ne faudra jamais cesser de faire connaître et de renouveler jusqu'à ce que l'Etat se décide à agir pour mettre notre ville hors de danger.

Un autre risque important, bien que très incertain quant à la date de son apparition, est le risque sanitaire lié à une épidémie de grippe de type "grippe espagnole" qui, rappelons-le, a tué, dans les années 1918-1919, plus de personnes que la guerre de I4-18. (Dans une récente émission de France-culture, un médecin a donné une estimation moins élevée: 210.000 victimes en France et 6 millions dans le monde.) Dans une émission TV, un médecin a expliqué que la vaccination grippale, qui est en réalité une vaccination contre le virus de l'année précédente et ses mutations présumées, fonctionne parce que le virus varie suffisamment peu d'une année sur l'autre pour que l'immunité conférée soit efficace. Malheureusement, tous les 70 ans environ selon les statistiques, le virus subit une mutation radicale, telle que la vaccination devient inopérante. La période de 70 ans depuis la dernière épidémie est révolue, d'où le risque d'une catastrophe sanitaire si le nouveau mutant est très virulent, d'autant plus qu'il n'y a aucun médicament vraiment efficace agissant sur le virus de la grippe (les antibiotiques ayant une action sur les bacilles et non sur les virus). Ce médecin prévoyait, dans cette éventualité, plus de 15 millions de morts en Europe!
Pour se protéger de la contagion, la seule solution est d'éviter le plus possible les concentrations de population. En ce qui concerne les établissements d'enseignement, où la promiscuité est très grande, la meilleure parade serait la fermeture immédiate des écoles et collèges. Il serait utile de réfléchir à un plan d'urgence pour le cas où une telle épidémie se déclarerait. Ce plan, concerté avec les parents d'élèves, devrait inclure une cellule de veille sanitaire agissant pendant la période cruciale où, en début d'hiver, se déclare l'épidémie de grippe annuelle. Cette action permettrait d'anticiper au maximum la venue de cette grippe exceptionnelle et de mettre en route le plan d'urgence avant qu'il ne soit trop tard. Si l'on ajoute foi aux affirmations de ce médecin, l'arrivée de ce terrible mutant est une certitude, seule la date de sa venue est inconnue. D'après les statistiques, celle-ci devrait être proche. Aux responsables de s'y préparer.

Fin 2005, on parle de plus en plus d'une épidémie qui serait due à une mutation du virus de la grippe aviaire par acquisition de gènes de la grippe humaine. Il en résulterait une épidémie d'une très grande gravité car le système immunitaire des hommes n'a encore jamais rencontré ce type de virus et qu'il n'existe pas de vaccin. Il y a eu des contaminations virales des volailles vers l'homme (SRAS) mais les épidémies ont été circoncrites assez rapidement. Si cette recombinaison virale avait lieu, le virus résultant aurait la virulence du SRAS et le pouvoir de contagion de la grippe. Les scientifiques prévoient dans cette éventualité le risque d'une pandémie universelle foudroyante et mortelle...

Nous craignons plus ou moins consciemment les attentats terroristes. Que se passerait-il si un tel attentat prenait pour cible la centrale nucléaire de Braud et St Louis? Si l'accident prenait l'ampleur d'un cataclysme de type Tchernobyl, une évacuation de notre région pourrait être programmée. Je me sentirais personnellement un peu sécurisé si j'étais renseigné concrètement sur la nature de ce plan d'évacuation. Il existe certainement mais n'est pas l'objet de publicité, probablement pour ne pas inquiéter inutilement les citoyens. Etant donné que le niveau de risque augmente, il serait sans doute judicieux de mieux le faire connaître à la population: en cas de catastrophe, la panique serait sans doute moindre si les gens étaient un peu préparés et mis au courant des procédures. Personnellement, (suis-je le seul dans ce cas?) je ne sais même pas comment il est prévu de nous informer en cas d'urgence majeure: la sirène sans doute. Mais on l'entend souvent pour des feux ou accidents qui ne concernent pas la population entière et personne n'y prête grande attention. Une mise au point est donc nécessaire.

Pour ma part, j'ai réfléchi à ce que je pourrais faire pour être apte à gérer cette terrible éventualité. Très simplement, j'ai fait une liste des choses que je tiendrais absolument à mettre dans le coffre de la voiture de mon épouse et dans le coffre de la mienne. Deuxièmement, je garde toujours chargés nos deux téléphones portables: en cas d'exode, dans la panique nos deux voitures seraient certainement séparées et nous pourrions grâce à eux garder le contact et nous retrouver plus loin. Troisièmement,je m'efforce de maintenir les deux réservoirs de carburant au minimum à moitié plein et j'ai un jerrican de réserve pour chaque voiture. Ainsi nous pourrions partir très vite avec le plein des deux voitures, le minimum de choses indispensables et sans le risque de commettre un oubli irréparable. Prévoir le pire est sans conséquence néfaste et peut au contraire s'avérer utile le moment venu. Bien entendu, comme tout le monde, j'espère qu'un tel cauchemar ne se concrétisera jamais. Par crainte des sarcasmes, j'ai hésité avant de faire part de ces quelques conseils. Puis, je me suis dit que le ridicule tuait moins sûrement que la radio-activité...

Alain Rouyé

Page d'accueil

SECURITE A RONCE

15 Octobre 2003 - L'été dernier, à partir de 2 heures du matin, Ronce et en particulier la Place Brochard, devenaient le lieu de rencontre de bandes peu sympathiques. Ce phénomène, lié à l'afflux touristique estival, semble inévitable. Néanmoins, personne ne souhaite que notre station balnéaire devienne une zone de non-droit. Ce qui est angoissant, c'est le sentiment que les choses empirent d'année en année et que cette dérive ne s'arrêtera pas. Il semblerait même que des individus peu recommandables viennent des villes environnantes, la nuit, s'y défouler. Ronce n'a pas vocation à devenir le rendez-vous nocturne de personnages qui sont peut-être moins bien accueillis ailleurs. En conséquence, je crois que la population peut raisonnablement demander à la municipalité de réfléchir à la possibilité de faire établir, pendant la période cruciale, des rondes policières toute la nuit, jusqu'à l'aube et tant que ces bandes sévissent. Pour cela, il sera nécessaire d'obtenir la venue, pendant tout l'été, d'un contingent supplémentaire de gendarmes affectés à ces patrouilles de nuit. Cette présence policière accrue pourrait être utilement renforcée par la pose de caméras de surveillance, telles celles du rond-point des Brandes.

L'arrivée du nouveau chef de la brigade de gendarmerie de La Tremblade est de bon augure puisque, dans une interview accordée au Littoral, il déclarait notamment vouloir appliquer deux principes qui ne peuvent qu'être approuvés sans réserve et qui correspondent tout à fait au souhait exprimé ci-dessus:
- "prévenir plutôt que réprimer"
- "être physiquement présent"
L'accord avec notre municipalité devrait donc être facile.



Page d'accueil

Alain ROUYE


RONCE LES PINS

15 Octobre 2003 - Depuis la funeste tempête de 1999, la population des pins de Ronce s'est beaucoup amoindrie, les survivants sont affaiblis et beaucoup d'entre eux arrivent en fin de vie. Si nous voulons garder à notre station son aspect traditionnel, il pourrait être utile d'intensifier la politique de plantation de pins dans les jardins de toutes les villas, relançant ainsi les campagnes passées qui, me semble-t-il, n'ont pas eu un effet à la mesure des besoins. Il serait souhaitable, si ce n'est déjà fait, qu'un service de la mairie ou une association de bénévoles évalue, tous les ans, l'évolution de la situation et informe la population des résultats obtenus.

Dans l'allée des Tourterelles où j'habite, il y a quelques très belles villas qui ont de magnifiques jardins, sans un seul pin. Chacune de mes promenades dans ce quartier me rend malheureux. Il est vrai que, les jours de vent, les pins créent quelques nuisances. Mais, lorsque l'on a choisi d'habiter dans une forêt de pins, il semblerait pourtant logique d'assumer les risques inhérents à cette situation. Si, pour des raisons de convenance personnelle, tous les propriétaires appliquaient la même politique de déforestation, Ronce perdrait son âme et, en prime, perdrait son si agréable micro-climat.
Pour contribuer à éviter ce désastre, je propose à la municipalité de réfléchir à la possibilité administrative de changer le nom de Ronce les Bains en Ronce les Pins. Cet acte fort affirmerait la personnalité de la station, encouragerait la préservation de son patrimoine naturel et pourrait dissuader de nombreux propriétaires de remplacer, comme on le voit dans certains jardins, les pins par des plantes décoratives banales dont la présence excessive défigure l'environnement sylvestre qui est si cher aux amoureux de Ronce. J'entends souvent le bruit des tronçonneuses et j'ai le sentiment traumatisant que, avec pour alibi les dégâts causés par les chutes d'arbres pendant la tempête de 1999, le massacre des pins s'intensifie.

Que choisirons-nous : Ronce les Pins ou Ronce les tronçonneuses ?

Page d'accueil

Alain Rouyé

Ce que nous contestons: Ronce les tronçonneuses.

Ce que nous aimons: Ronce les Pins.

Ces deux photos ont été prises allée des Tourterelles à Ronce.


UN ACCES ROUTIER VERS LES PLAGES

Copie d'un article paru dans le journal Le Littoral le 3 Août 2001
La construction de la "route touristique" CD 25 en 1959 a été un non-sens; elle prétendait donner un accès aux plages entre Ronce et La Coubre en desservant au passage la station de Ronce les Bains. Louable pensée qui permettait d'offrir aux Ronçois les plages du Galon d'Or, de l'Embellie et de la Côte Sauvage et d'utiliser l'infrastructure existante de La Tremblade à Ronce, donc, croyait-on, de limiter les frais de construction.

C'était ignorer qu'on allait attirer dans ces parkings proches des plages des milliers d'automobiles venues, non pas seulement de Ronce et de La Tremblade, mais aussi de tout l'arrière-pays; on poussait même d'ailleurs les automobiles à se laisser entraîner à effectuer un parcours circulaire de la presqu'île d'Arvert, immense manège qui fut amplifié lorsque le pont sur la Seudre permit l'évasion des véhicules venant du Nord du département!

Nuisances :

1) Le bruit des véhicules dont certains, assez nombreux, prennent les frêles artères ronçoises pour le circuit des 24 heures du Mans.

2) L'odeur des pots d'échappement, particulièrement tenace lorsque, vers 18 heures, tout le monde revient des plages en même temps et que la circulation, à touche-touche et à vitesse limitée à la première, brûle le carburant en quantité en émettant dans l'air des gaz nauséabonds.

3) Le temps perdu est évident du fait du ralentissement de la circulation dans Ronce, voire de son engorgement généralisé aux heures de pointe. Les trembladais et autres touristes venus d'au-delà ont droit à ne pas affronter la hantise de ces bouchons, fauteurs d'exaspération nerveuse et de détérioration de la santé par suite des gaz d'échappement absorbés d'autant plus que les fenêtres sont baissées en été.

Dangers :

1) Danger d'écrasement pour les piètons, car les rues ronçoises ont été conçues à "la belle époque" pour les charrettes et de rares véhicules très lents; les trottoirs sont peu larges et ne sont pas sûrs si une voiture, ou davantage un autocar ou un camion, passent trop vite et trop près de leurs bords, et les petits enfants ont vite fait de fausser compagnie à leurs aînés.

2) Le piège de l'incendie : chaque voiture est bourrée d'un carburant inflammable et il y en a des milliers dans une forêt elle-même très inflammable; que se passerait-il en cas d'incendie se propageant rapidement dans une forêt sèche un jour de vent? Les voitures s'enflammeraient les unes derrière les autres à la façon d'une traînée de poudre car toutes voudraient au même moment échapper au feu et se retrouveraient bloquées dans les étroites artères de Ronce d'autant que la panique multiplierait les interruptions de trafic ( gens traversant la route n'importe où et n'importe quand, voitures faisant des manoeuvres de demi-tour...)

3) Gêne pour les pompiers à éteindre l'incendie du fait d'un accès par Ronce totalement inadapté du fait de l'étroitesse des routes dans Ronce et de sa saturation de véhicules.

Au moment de la construction de cette route de la forêt, on avait envisagé une déviation de Ronce dont on a encore parlé sporadiquement dans les années 1960, puis elle a été oubliée. Il est temps de reprendre la question et de la faire aboutir.

On se gargarise "d'aménagements"dont certains, pourtant payés par tous, ne servent qu'à quelques-uns. En voici un qui pourtant serait utile à la très grande majorité des gens, utile aux trembladais et autres touristes venus de l'intérieur des terres qui auraient ainsi un accès aux plages direct et aisé, et une possibilité de retour rapide, évitant le piège du feu en cas de sinistre; utile aux ronçois délivrés de l'hypothèque exaspérante et dangereuse d'une circulation totalement inadaptée; utile aux pompiers pour leur permettre un accès rapide en cas d'incendie, donc une bien meilleure efficacité dans la lutte contre le feu; utile aux gendarmes qui pourraient mieux contrôler les flux de circulation et déployer une meilleure efficacité pour la sécurité publique.

Le projet existe. Depuis bientôt deux ans, l'Association pour la Sauvegarde de la Région de la Coubre a mis au point un plan qui, en greffant sur la dérivation de "La Tremblade du côté de la Garde, offrirait par la tranchée des voleurs" un accès direct à la Pointe Espagnole, à l'Embellie et au Galon d'Or; en même temps, cet accès permettrait la reconquête par la nature et le silence de la zone littorale bordière de Ronce au Galon d'Or et au Sud de la tour du Gardour. Il s'agit d'un projet combinant tout à la fois les impératifs de circulation et de prévention et le souci de défense de l'environnement puisque des secteurs seraient reconquis par la qualité et que l'itinéraire proposé ne comporterait pas de destructions d'arbres du fait qu'il est déjà tracé, que la forêt a été récemment exploitée sur ses parages et que l'axe constitue d'ores et déjà une coupure dans le massif forestier.

Le projet a été approuvé par la direction régionale de l'environnement, par l'ONF, par M.Tallieu, maire et conseiller général de La Tremblade. Le temps n'est plus à privilégier je ne sais quel aménagement marginal à intérêt limité. Le moment est venu de soutenir et de promouvoir ce projet parce qu'il constitue un impératif de bon sens du fait de ses implications positives multiples et qu'il intéresse tout le monde.



Page d'accueil

Jacques CHARDONNET
Président de l'Association
pour la Sauvegarde de la
Région de la Coubre

10 Décembre 2003 - Reçu de Monsieur Michel Bove, le commentaire suivant sur la déviation de Ronce:

Je suis surpris de voir que l’on considère que la route touristique est un non-sens. Personnellement je la trouve très agréable. Si je comprends bien on lui reproche deux choses:

- d’une part, d’avoir conduit à la création des parkings du Gallon d’Or, de l’Embellie, de la Pointe Espagnole puis de tous ceux qui donnent accès à la Côte Sauvage, au Vieux Phare et à Bonne Anse où s’entassent des milliers de voitures, ainsi d’ailleurs que tout le long de cette route, puisque manifestement ces parkings s’avèrent être bien trop petits.

- d’autre part, de provoquer un engorgement de Ronce le soir au retour de ces plages.

En ce qui concerne le premier point, je ne vois pas du tout en quoi la création d’une nouvelle voie à partir de La Garde par « la tranchée des Voleurs » supprimerait ipso facto tous les parkings de la route touristique qui sont « les » véritables accès directs aux plages, si l’on souhaite toujours offrir ces plages aux touristes. Cette nouvelle voie ne fera, à mon avis, qu’amener des voitures supplémentaires qui se gareront n’importe comment, à moins qu’on ne leur aménage de nouveaux parkings qui, alors, s’ajouteront à ceux existants. Est-ce le but recherché ? Il y a une quarantaine d’années, un livre était paru, « Le Principe de Parkinson » ( je ne suis pas absolument sûr du titre) dont l’auteur, anglais, faisait l’analogie entre le comportement des systèmes créés par les hommes et la propriété physique d’expansion des gaz. Il prenait l’exemple de l’Amirauté anglaise qui avait fonctionné à plein pendant la guerre 39-47. La paix arrive, mais l’Amirauté prépare l’avenir en fonction des enseignements passés. Elle crée des commissions d’étude. On sait qu’une commission, pour être efficace, doit être réduite. On fait ainsi des mécontents qui réussissent, par des manœuvres subtiles, à se faire intégrer à ces commissions qui grossissent, n’arrivent plus à travailler……et créent des ……sous-commissions. Il faut de la place pour abriter tous ces organismes …..le système est en expansion……comme un gaz ! Je crains que la création de la nouvelle voie de la Tranchée des voleurs ne soit l’illustration de ce Principe de Parkinson. Avec le gros inconvénient, à mon point de vue, de perturber encore plus un massif forestier, y compris sa faune, que par ailleurs on veut protéger.

En ce qui concerne le deuxième point, l’engorgement de Ronce, pourquoi ne pas reprendre le projet de sa déviation, puisqu’il avait été envisagé et qui serait moins onéreux que cette nouvelle voie, parce que bien plus court, ce qui peut faciliter sa création.

Michel Bove

Le commentaire de Forum 17: Je crois que les positions de MM.Bove et Chardonnet ne sont finalement pas très éloignées: tous deux préconisent une déviation pour éviter l'engorgement de Ronce qui, comme le dit M.Chardonnet, serait dramatique en cas d'incendie de forêt nécessitant une évacuation rapide. La déviation la plus courte possible, conseillée par M.Bove, semble très rationnelle. D'autant plus qu'un tracé passant au plus près de Ronce s'intégrerait dans la zone pare-feu dont j'ai parlé dans l'article sur le PPR. La parole est aux techniciens et, surtout, aux décideurs. A.R.

Page d'accueil


TROTTOIRS CAMPAGNARDS

3 Décembre 2003 - La pose de bordures de trottoirs dans certains virages des routes de campagne est à la mode. J'ai lu dans la presse des articles dont les auteurs s'insurgeaient contre ce procédé, en particulier pour des raisons de sécurité. En effet ces travaux ne sont pas toujours effectués dans l'optique de la sécurité maximale pour l'usager de la route: pour certains de ces chantiers, au lieu d'utiliser les bordures en biseau conçues pour laisser passer facilement les roues, on s'est contenté de prendre des bordures classiques en les enfonçant un peu plus dans le sol pour obtenir une hauteur rappelant celle des bordures en biseau. Mais, ce faisant, on a négligé le fait que ces bordures, moins bien adaptées, présentent un seuil beaucoup plus marqué et plus difficile à franchir que les bordures biseautées lorsque les roues se présentent tangentiellement, comme c'est le cas dans un virage. En cas de nécessité, les vélos et les automobiles ont beaucoup plus de difficultés qu'auparavant pour "serrer" à droite. Dans les cas limites, il devient risqué, voire impossible, pour les autos, de déborder légèrement sur le bas-côté afin d'éviter l'accrochage lorsque le véhicule arrivant en face prend le virage trop à gauche; pour les vélos, il est dangereux d'essayer de se réfugier sur le bas-côté en cas de besoin. Ces risques existent principalement sur les routes étroites et sinueuses, précisément celles où sont posées ces bordures de trottoirs. Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre sur la route allant de Marennes à Brouage: des bordures y ont été posées il y a longtemps; mais on atteint là une sorte de perfection dans l'aberration: ces bordures ont la même hauteur qu'en ville et présenteraient un obstacle infranchissable si un incident obligeait un automobiliste à se déporter à droite. La stupidité de cet aménagement saute aux yeux et les nombreuses traces noires laissées par les pneus des voitures en difficulté en sont la preuve. Bien plus, les responsables sont tellement conscients de la dangerosité de ces trottoirs qu'ils les ont peints en blanc sur certaines sections! C'est se dédouaner à bon compte alors qu'il serait vital de les supprimer totalement. J'ignore s'il y a déjà eu des accidents directement provoqués par ces trottoirs mais le risque d'éclatement ultérieur pour les pneumatiques dont les flancs ont été ainsi maltraités n'est pas négligeable. Il est malheureusement vraisemblable que l'on attendra qu'il y ait des accidents graves pour mettre fin à cette malfaçon.

Je ne doute pas que la pose de ces trottoirs a des justifications techniques: sans doute, empêcher la terre du bas-côté de s'étaler un peu sur la route, rendant le côté droit de la route plus glissant, surtout en cas de pluie; peut-être économiser du temps d'entretien? Soit. Mais je pense que, ce faisant, principalement dans le cas des bordures non biseautées et trop hautes, le danger ajouté est incomparablement plus élevé que le danger soustrait. Qui donc peut se permettre de mettre, sous prétexte d'amélioration, les usagers de la route en danger, bien entendu sans tenir aucun compte de leur avis?Je suppose que c'est la DDE qui prend ces travaux en charge. Je me suis renseigné et l'on m'a affirmé que les décideurs sont pénalement responsables, en cas d'accident provoqué par des travaux mal étudiés ou mal réalisés et ne répondant pas aux normes en vigueur. Au lieu de prendre le risque d'en arriver à ces extrémités, pourquoi la DDE ne demande-t-elle pas l'avis des usagers, principaux intéressés? Il est probable que la majorité d'entre eux aurait demandé que soit utilisé le type de trottoir biseauté le plus bas existant et que soient proscrits les trottoirs de type ville, réellement très dangereux. Il est navrant de constater qu'il ne vient à l'esprit d'aucun décideur de s'informer sur les demandes et les opinions des utilisateurs finaux. Davantage de dialogue et de transparence vaudrait à coup sûr mieux que des procès futurs en recherche de responsablité.

Alain Rouyé

Page d'accueil

IDEES POUR PROJETS FUTURS

11 Décembre 2003 - Dans le cadre de l'aménagement du port futur de Mus de Loup, l'afflux de nouveaux bateaux nécessitera une voie de passage rapide vers l'Atlantique. L'association Port 2005 préconise le dragage de Maumusson pour créer un chenal sécurisé. Je ne sais pas si cette solution est réaliste. Une autre option pourrait être le creusement d'un canal reliant directement l'estuaire de la Seudre à l'océan. J'ai autrefois entendu parler de ce projet et je n'en connais ni la faisabilité ni la pertinence: on pourrait l'étudier.

Le creusement de ce chenal permettrait la pose concomitante d'une canalisation assurant l'acheminement des effluents de la station d'épuration vers un émissaire se jetant dans l'Atlantique: on ferait ainsi cesser le rejet de ces eaux imparfaitement épurées dans la Seudre qui n'est qu'un pis-aller. Cet émissaire devrait se prolonger suffisamment loin en mer pour ne pas polluer la plage de la Coubre. Les eaux de la station, ne sont, pour des raisons techniques fondamentales, que partiellement épurées. Malgré la présence d'une station de lagunage dont l'efficacité réelle n'est pas, à ma connaissance, rendue publique, les rejeter au cœur du site ostréicole trembladais et tout près des plages de Mus de Loup et de la Cèpe est peu satisfaisant en général et probablement dangereux pendant les périodes, courtes mais inévitables, de dysfonctionnement de la station d'épuration. Un autre intérêt de cet émissaire serait de pouvoir également collecter les eaux du réseau pluvial de Ronce qui, actuellement, s'écoulent sur la côte et polluent les plages. Ainsi, la plage de la Cèpe pourrait retrouver le niveau de salubrité "A" auquel elle a droit.

Il est envisageable, dans l'avenir, de rénover la plage de la Cèpe en supprimant les parcs à huîtres, de l'extrémité ouest du brise-lames jusqu'au galon d'Or. Ces parcs, particulièrement le lieu-dit "La Cosse", face aux dunes de la Cèpe, sont de qualité très médiocre et je pense qu'il n'y aurait pas une très grande opposition de la part de la profession ostréicole. D'autant plus qu'il suffirait, après accord avec les Affaires Maritimes, de ne pas renouveler les concessions pour que, à terme et sans douleur, la côte soit libérée. Dans l'avenir, les ostréiculteurs seront moins nombreux et probablemnt nullement intéressés par des parcs si peu rentables. Une fois cette opération menée à bien et après avoir éliminé par dragage les vases accumulées par la culture des huîtres, il deviendrait possible de reprofiler la plage au bulldozer afin de lui donner une pente légère depuis la "coursière des Lézards" jusqu'au haut de côte, le sable repoussé servant à renforcer le cordon dunaire. Ce sable sera noir, mais je pense que les matières organiques probablement responsables de cette couleur seraient vite dégradées et que le sable reprendrait sa couleur initiale; dans le cas contraire il faudrait un apport de sable propre, facile à draguer dans le secteur. La plage, tout en restant très sûre car la pente ajoutée ne pourrait être que très faible, permettrait alors une baignade plus agréable lors des faibles coefficients de marée. Seul bémol à la sécurité: aux approches de la basse mer, lors de forts coefficients de marée, un courant sans doute important dans le chenal des Lézards (qui deviendrait accessible aux baigneurs), tant que le banc du Sable de Ronce ne serait pas couvert.

Fin 2005, le grand projet de la municipalité de La Tremblade est le port en centre-ville, dont l'enquête publique vient d'être close. Vu l'énorme coût financier de cette entreprise, sa réalisation entraînera probablement le gel de tout autre type d'investissement pour de nombreuses années. L'article ci-dessus aurait dû être intitulé: "Idées pour projets dans un futur lointain".

Alain Rouyé


A N N E E 2 0 0 4

LA CIVILISATION DE LA PANNE

7 Mars 2004- Force est de constater qu'avec l'irruption, dans notre vie quotidienne, de l'électronique et de l'informatique, nous sommes entrés dans la "civilisation de la panne". Le moindre caprice d'une puce électronique, d'un micro-processeur ou d'un logiciel (pour ne point parler de ces ésotériques"pilotes" que mon ordinateur me reproche parfois de ne pas avoir "installé") et nous voila plongés dans les affres des dysfonctionnements divers de nos appareils préférés. La vie est bien agréable quand tout ce petit monde travaille dans l'harmonie. Mais quelle galère quand ces faux amis se livrent à ces caprices dont ils ont le secret!
Au temps enfui où j'étais serein, j'avais une télé et son antenne sur le toit, un magnétoscope facile à programmer, un ensemble radio et tourne-disques et une radio à transistor. Et tout cela marchait sans incidents et me donnait entière satisfaction. J'étais heu-reux!!
Mais le "progrés" m'a rattrapé! Si bien que j'ai maintenant deux télés communiquant, fort mal au demeurant, par radio, toujours la même antenne sur le toit mais en plus une parabole, deux magnétoscopes fort compliqués à programmer, une chaîne hi-fi dont la complexité des menus déroulants fait que je ne trouve pas toujours dans le calme l'émission de radio que je cherche, des stations préprogrammées qui s'évanouissent parfois mystérieusement et, bien entendu, l'ordinateur-roi qui m'a donné quelques insomnies (des pannes de sommeil, en quelque sorte) quand je me suis mis en tête, sans la moindre compétence, d'ouvrir un site web.
Revenant théoriquement tout requinqué d'une "restauration", le roi susnommé vient de me faire une maladie nosocomiale (c'est la mode!): profitant d'un anti-virus mal "restauré", un certain "welchia worm", personnage patibulaire que je n'avais pourtant pas convié à ma table de travail, s'est sournoisement attaqué à ses logiciels. Durement atteint, le roi s'est mis en congé maladie: "il est virusé" m'a dit le spécialiste. Bref, la panne! Pour faire bonne mesure, le magnétoscope dernier cri et la chaîne hi-fi sophistiquée ont également pris quelque repos, du moins je l'imagine puisqu'ils ne marchent plus.
Mon épouse étant réfractaire aux excès techniques, la cuisine se fait toujours au gaz et, sauf explosion, nous ne risquons guère de panne de nourriture; seules nous guettent les pannes de lave-vaisselle, lave-linge, réfrigérateur, machine à café, robot ménager, micro-ondes, j'en oublie sans doute qui se rappeleront un de ces quatre matins à mon bon souvenir. Ouf! la dénutrition n'est pas pour tout de suite; pour courir ce risque il faut attendre la décision d'acheter une plaque à induction. Mais, tout à coup, j'y pense: si le portail télécommandé faisait des siennes, je ne pourrais plus sortir de chez moi. Bah! A défaut d'être relié à La Tremblade je le serai au monde entier via internet...à moins qu'un virus... ou la ligne téléphonique ADSL...
Vous l'avez compris, j'ai la sensation d'être englouti dans la civilisation de la panne.
J'oubliais: j'ai un vélo qui a, c'est bien le moins, 21 vitesses: il y en a bien quelques-unes qui finiront par tomber en panne...Pas de panique, dans ce cas je prendrai ma voiture... à moins que...cette carte qui remplace la clef de contact, ces ABS, anti-patinage, anti-dérapage, correcteur de trajectoire, GPS, airbags de tête, de genoux, rideaux etc. tout cela tellement bourré d'électronique que votre mécanicien change tout avant de savoir si c'est réparable, est-ce bien fiable? Et je n'oublie pas les malheureux possesseurs d'automobiles hauts de gamme qui ont, en plus, des sièges électriques programmables, un ordinateur à synthèse vocale, des fermetures électriques des portes, des radars de recul, des caméras vidéos à la place des rétros, des phares et des essuie-glaces automatiques...j'en passe et des meilleures: par exemple, la clim automatique à réglage séparé droite-gauche et avant-arrière, les sièges chauffants, le téléphone intégré "mains libres" et même, comme dans les avions de chasse, la projection "tête haute", sur le pare-brise, de l'instrumentalisation de bord! Tout cela donne l'impression d'une fuite en avant sans fin et sans vraie justification. Assurément, les mânes de la 2CV Citroën en frémissent!
Finalement, si tout cela tombe en panne ou nous décourage, il restera la marche à pied, les pannes de chaussures sont rares, n'est-ce pas? Bien sûr, mais l'arthrose, se serait-ce pas une sorte de panne? Justement, je commence à avoir mal à un genou et je me pose la question...Tout bien considéré, si je m'alite je vais être enfin tranquille. Mais est-ce si sûr? Peut-être la mésaventure qui m'est déja arrivée se renouvellera-t-elle? Lisant, un soir, bien confortablement installé dans mon lit grâce à son sommier relevable électriquement, il y eut une panne de courant. Cette nuit-là, j'ai dormi assis!

Alain Rouyé

Post-scriptum, quelques jours plus tard: les objets inanimés n'ont peut-être pas d'âme mais ils savent se montrer vindicatifs: aujourd'hui, la fermeture télécommandée de mes portières de voiture vient, sans préavis, de se mettre en panne.

Deuxième post-scriptum, plus sérieux: ce petit article tente d'évoquer, par le biais de l'humour, un sujet d'actualité: la fragilité de nos sociètés hyper techniques et la vulnérabilité des démocraties, illustrée par les sinistres attentats terroristes du 11 Mars 2004 à Madrid.

Troisième post-scriptum, quelques semaines plus tard: la loi des séries continue à me tyranniser. La porte du garage ne s'ouvre plus automatiquement. La carte électronique "en panne" paraît difficile à trouver: retour à la bonne vieille commande manuelle!


PARKING EXPERTISE

20 Juillet 2004: c'est avec stupeur que je viens de lire dans une interview donnée par le maire de La Tremblade au journal "La Côte de Beauté" de Mai-Juin 2004, dans l'article concernant le parking du bout de la Grève, que le coût supplémentaire des malfaçons de ce chantier est de 76.230 €. A cette somme rondelette s'ajoutent les frais d'une expertise dont le montant s'élève à 37.000 € ! Le coût total de cette petite plaisanterie, imputable à l'incompétence des uns et à l'impuissance consternée des autres, est donc de 113.230 € (soit 742.740 F ou, pour les irréductibles, un peu plus de 74 millions d'anciens francs ou, pour d'autres encore, 74 "briques"...), somme qui s'ajoute à un devis initial sans doute excessif puisque, comme nous le verrons plus loin, des travaux inutiles d'extraction de vase ont été programmés.

L'affaire remonte à la mise en œuvre de l'extension de ce parking, ce qui impliquait la construction d'un mur de soutènement, constitué de blocs de roche reposant sur un fond de vase molle. Les ingénieurs de la DDE ont choisi de creuser, dans cette vase molle, une tranchée censée conforter la base de l'enrochement. Cette idée aurait été pertinente si cette excavation avait permis d'atteindre le sol dur. Malheureusement, pour trouver une assise solide, il aurait fallu descendre si bas que ce n'était pas envisageable. Le résultat a donc été l'inverse de l'effet recherché. Le fond de la tranchée étant aussi mou que la surface, cela revenait à remplacer le volume de vase évacué par le même volume de pierres, sans que la base de l'ouvrage repose sur un fond davantage porteur. Un sol instable et non consolidé par des pieux devait donc supporter une construction d'un poids très supérieur à celui qu'elle aurait dû avoir si elle avait été élevée à partir du niveau initial!
Les conséquences de ces errements sont faciles à deviner: tout cet ensemble improbable, dénué de toute fondation solide, n'a guère tardé à s'enfoncer et à glisser vers l'avant.
Bien plus, au cours des travaux de creusement, les pieux autrefois enfoncés dans la vase pour assurer la solidité de l'ancienne cale ont été éliminés, alors qu'ils auraient probablement suffi à assurer la pérennité de l'ouvrage!!
Tous les ostréiculteurs savent par expérience, dignes successeurs des constructeurs de Venise et de Rochefort, que pour construire sur des sols inconsistants, il faut et il suffit de battre des pieux et/ou de disposer horizontalement des fagots et des madriers. C'est ainsi que les cabanes sur pilotis de la Grève, de la Route Neuve et autres lieux ne subissent pas le sort des réalisations de la DDE!
A la différence des ingénieurs de cette administration qui prélèvent un pourcentage sur le montant des travaux qu'ils dirigent, n'importe quel ostréiculteur aurait donné ce conseil gratuitement!
Le bois de pin enfoui dans la vase est indestructible: la forêt de la Coubre, suite à la tempête de 1999, aurait fourni pour pas cher le matériel nécessaire. Or, lors des travaux de restauration des malfaçons, il a été utilisé des pieux de chêne, option sans intérêt pratique quoique bien plus onéreuse. De plus, ces pieux ont été appointés, ce qui ressemble fort à une erreur technique, à moins que quelque mystérieuse raison échappe au commun des mortels. Là encore, il apparaît que les conseils des ostréiculteurs ont manqué: tous savent qu' il faut enfoncer les pieux "à l'envers", le bout le plus gros en premier et surtout sans les tailler en pointe. Ainsi, leur surface porteuse est maximale, ce qui correspond parfaitement à l'objectif recherché.
La pelleteuse qui a creusé la vase pendant des jours et des jours aurait, en une journée ou deux, mis en place suffisemment de pieux pour que l'enrochement soit stabilisé . Quant à la noria de camions qui a transporté, à grands frais, les innombrables mètres cubes de vase inutilement extraits, son coût serait resté dans les caisses municipales pour un emploi plus judicieux, par exemple la diminution de la dette communale.
En prime: pas de chantier bloqué pendant des mois au grand dam des usagers, pas de procès, pas d'astronomique coût supplémentaire des malfaçons, pas d'expert aux honoraires mirobolants...toutes choses qui auraient été évitées si on avait sollicité l'avis des premiers intéressés!
On objectera sans doute que, si le procès en cours est gagné, la municipalité ne supportera pas le coût de la malfaçon: cela revient à dire qu'il sera à la charge de la DDE, donc de l'Etat, donc du contribuable national au lieu du contribuable régional, ce qui ne fait guère de différence.
A moins que l'on fasse payer l'entreprise qui n'y est vraisemblablement pour rien puisqu'elle est censée avoir suivi les spécifications imposées par les ingénieurs de la DDE. Cette dernière décision serait injuste, sans compter que mettre en difficulté des entreprises qui ne le méritent pas est, en dernière analyse, néfaste pour l'économie du pays.
Bref, quel que soit le cas de figure, à part quelques profiteurs, tout le monde y perd...

Encore et toujours, nous devons constater que les décideurs qui dirigent ce pays, n'ont pas pour préoccupation première de gérer au mieux les deniers publics.
Quand comprendront-ils que l'argent qu'ils gaspillent si souvent est, en grande partie, le fruit du travail, souvent difficile, éprouvant, épuisant, de la partie de la population qui n'est pas protégée par un statut mais exposée aux affres d'une compétition toujours plus dure?
Quand comprendront-ils que cette population souffre de ce qu'elle peut considérer à bon droit pour du mépris et de l'indifférence pour ses difficultés?
Quand comprendront-ils que la prise de conscience de dérives dont nous avons un exemple ci-dessus est mal supportée par l'ensemble des contribuables qui voient ainsi dilapidé le produit de leur labeur?
Quand, enfin, comprendront-ils que l'arrogance du "savoir diplômé" envers les "savoirs de l'expérience" de la France industrieuse est, la plupart du temps, contre-productive et qu'un peu de concertation avec ceux "d'en bas" serait souvent bénéfique?

Alain Rouyé


L'ASSEMBLEE GENERALE DE L'ASSOCIATION PORT 2005

Août 2004

Ayant assisté, avec un très nombreux public, à cette assemblée générale, voici la relation des idées-forces qui m'ont le plus frappé:
- Les déclarations de l'Association:

La réflexion sur le zéro pollution est engagée concrètement, grâce au recrutement de M.BAHUON dont le travail à la commission environnement de l'association est remarquable.
Sont notamment prévus:

  • un état des lieux préalable.

  • un suivi ultérieur de l'évolution du milieu, en accord et avec l'appui de l'IFREMER.

  • une étude d'impact, concernant particulièrement les phénomènes d'érosion et de sédimentation consécutifs à la construction du port.

  • la construction d'un port à sec, avec les matériaux extraits lors du creusement des bassins.

  • la mise du port aux normes "0 pollution": les solutions techniques pour la récupération des rejets et déchets de toutes sortes, la surveillance de la qualité des eaux, les interventions en cas de pollution accidentelle etc... sont bien connues et ne posent pas de problèmes autres que financiers.

  • le recrutement de personnel qualifié.

  • le recours à l'énergie photo-voltaïque (panneaux solaires).

  • la construction d'une retenue d'eau permettant des lâchers dans les bassins pour diminuer la sédimentation.

  • une charte imposant au gestionnaire et aux usagers du port un code de " bonne conduite environnemental ".

  • une information des plaisanciers sur les normes "0 pollution" à respecter mais, apparemment, pas de police pour surveiller.

  • un financement EXCLUSIVEMENT PRIVE (bonne nouvelle pour les contribuables locaux!).


- L'intervention du maire :


  • M. Jean-Pierre TALLIEU se déclare en faveur du projet et le soutient.

  • il ne croit cependant pas possible la réalisation globale du projet. Il pense que seule une première tranche portant sur le bassin à usage exclusivement professionnel a des chances de voir le jour dans un premier temps. Le port de plaisance suivrait ultérieurement.


- L'allocution du député Didier QUENTIN:

  • après l'exposé de M. MOREAU sur l'histoire du port de Mus de Loup au 17ème siècle, il pense que faire état de la renaissance d'un port ancien est un argument fort dont il a pris bonne note.

  • il semblerait décidé à intervenir positivement. (existe-t-il un député invité par une association qui ne lui prodigue pas son soutien oral?)
- Le communiqué de la Section Régionale de la conchyliculture:

Le vice-président François PATSOURIS a adressé une lettre, datée du 6 Août 2004, au président de l'Association Port 2005, précisant la position des ostréiculteurs. La copie de cette lettre a été publiée dans le journal LE LITTORAL du vendredi 13 Août 2004.
Il apparaît:

  • que les ostréiculteurs ne sont plus favorables à la création d'un port à Mus de Loup. Ils étaient, à ma connaissance, jusqu'à présent d'accord, à condition que le port soit vraiment 0 pollution.

  • que la section régionale de la conchyliculture Poitou-Charentes va déposer un dossier de demande "d'indication géographique protégée" (IGP) à Bruxelles. Le territoire devrait être bien délimité et très protégé, semble-t-il dans l'optique de l'obtention d'un label européen.

  • que M. PATSOURIS est néanmoins disposé à discuter du port lorsque l'association sera apte à fournir un dossier complet sur tous les aspects économiques, administratifs, scientifiques et environnementaux du projet.

    Je comprends parfaitement que la profession ostréicole, face au projet de port, ne veuille pas se contenter d'un catalogue de bonnes intentions concernant sa gestion, son impact sur le milieu et la mise en œuvre du "0 pollution".
    Mais je ne puis m'empêcher de me poser la question : quelles seront les conséquences exactes de cet "IGP" qui surgit soudain à l'horizon?

    Alain Rouyé




    A N N E E 2005

    ENQUETE PUBLIQUE POUR LE PORT EN CENTRE-VILLE

    17 septembre 2005.

    L'enquête publique pour le port en centre-ville projeté par la municipalité de La Tremblade touche à sa fin. Le lecteur trouvera ci-dessous une synthèse des commentaires que les plus motivés parmi les habitants de la commune ont apposés dans le registre d'enquête. Le vendredi 16 septembre 2005, jour de la fermeture de cette enquête, l'auteur de ces lignes a lu ce registre avec attention, en prenant quelques notes et en s'efforçant de transcrire les idées les plus généralement exprimées. En voici le résumé, classé en plusieurs rubriques. Vous pourrez éventuellement le comparer au rapport officiel que déposera ultérieurement le commissaire-enquêteur.

    • Demandes de complément d'information.
      • Les plaisanciers qui utilisent actuellement un appontement dans le chenal de la Grève veulent savoir s'ils seront obligés de l'abandonner et d'amarrer leur bateau dans le nouveau port. Dans cette éventualité, est-ce que le coût ne serait pas beaucoup plus élevé que les redevances actuelles dans le chenal? Se désintéressera-t-on des usagers peu fortunés qui bénéficient actuellement d'un emplacement à coût modique mais ne pourraient pas payer un loyer trop élevé?
        D'après le commissaire, les plaisanciers qui possèdent actuellement un appontement dans le chenal garderont leur place.
        A suivre, puisque le commissaire n'a pas de pouvoir décisionnaire et qu'il faudra une dérogation au projet qui stipule que le chenal est à vocation ostréicole et que le bassin du port est dédié à la plaisance.
      • Les terrains de "l'îlot Rousselot" ont-ils été achetés par la municipalité, en vue de la construction d'une station de lagunage? Réponse du commissaire enquêteur: "non, les négociations sont en cours; en cas d'échec, il y aurait d'autres possibilités, notamment un accord avec la municipalité d'Arvert pour créer un lagunage commun".
      • Certains désirent savoir où se trouvera le marché qui avait lieu place Faure-Marchand; il leur semble que rien n'est officiellement prévu.
      • D'autres s'inquiètent de la disparition du grand parking de 300 places qui rendait la ville si agréable pour les automobilistes que nous sommes (presque) tous. Le parking prévu à la vinaigrerie paraît à beaucoup d'intervenants trop petit (à peine 150 places) et trop éloigné du centre. Où seront les autres parkings censés remplacer les 150 places manquantes?
        Une dame écrit que si elle devait marcher depuis un parking situé à l'emplacement de l'actuelle vinaigrerie jusqu'au centre pour faire ses courses, elle irait "au Champion à Arvert".
      • Certaines personnes craignent que les terrains pour les parkings soient disponibles trop tard et que la ville soit désorganisée pendant longtemps. Qu'en est-il vraiment?
        Une personne de mon entourage vient de me faire remarquer que les terrains d'emprise de la voie SNCF désaffectée (vers la Grève) seraient propices à la construction d'un parking en épi qui ne serait pas très éloigné du centre.


    • Réactions nostalgiques:
      • Une personne regretterait les cirques qui montent leur chapiteau sur la place Faure-Marchand et "qui font le bonheur de nos enfants".
      • Quelques-uns trouvent que le projet n'apporterait rien mais défigurerait une ville qu'ils apprécient telle qu'elle est actuellement.


    • Mises en garde:
      • Un intervenant prédit que le coût des travaux serait beaucoup plus élevé que ce qui est annoncé. Il y aurait des dérives qui entraîneraient un accroissement de l'endettement de la commune qu'il juge déjà trop élevé. Quelqu'un ajoute: "nos petits-enfants paieront".
      • La prévision d'envasement du port est de 40 cm par an. Certains pensent qu'il serait d'au moins 50 cm par an et que le coût d'entretien serait plus important que prévu.
      • Quelqu'un note que les touristes manquent de civisme et garent leurs voitures à la Grève sans tenir compte des conditions de travail des ostréiculteurs; il pense qu'avec un nouvel afflux de plaisanciers généré par le port, les choses empireraient.
        Des ostréiculteurs présents acquièscent quant à la nuisance créée par le trop grand nombre d'automobiles mais ils semblent s'en accommoder, conscients des côtés positifs de la situation. En revanche, ils précisent que la cohabitation des bateaux des plaisanciers et des ostréiculteurs ne pose aucun problème particulier dans le chenal.
      • Un commerçant retraité prévoit des conséquences négatives pour le commerce local, dues à la disparition du parking. Il pense que les habitants de la périphérie viendraient moins souvent faire leurs courses en centre-ville et que les clients des communes environnantes qui se rendaient auparavant à La Tremblade ne se déplaceraient plus s'ils ne pouvaient plus garer leur voiture au voisinage des halles et des magasins.
      • Le commissaire-enquêteur me confie qu'il est étonné qu'aucun commerçant en activité ne se soit manifesté. Il pense cependant que la perte de chiffre d'affaires évoquée plus haut pourrait être compensée par l'arrivée d'une nouvelle clientèle liée au dynamisme de la zone portuaire. Difficile de trancher...

    • Contestation du projet.
      • Le projet soumis à enquête prévoit le déversement des eaux pluviales de tout le quartier dans le port, ce dernier servant de bassin de décantation! Les ostréiculteurs protestent énergiquement et demandent qu'un lagunage soit opérationnel avant le début des travaux de creusement.
      • Les ostréiculteurs se plaignent avec véhémence de n'avoir pas été consultés par les employés du bureau d'études responsable du projet. L'outrecuidante incompétence de ces derniers sur un sujet qu'ils ne maîtrisaient pas les a conduit à ne pas prévoir de lagunage, ce qui, dans le contexte, est une aberration totale.
        J'en suis, à titre personnel, d'autant plus scandalisé que j'ai lu dans la presse un bilan financier de l'opération montrant que le coût des études est vertigineux (1 million d'euros!): si cette information est véridique, un audit pour savoir s'il n'y a pas d'abus ne serait pas inutile!...malheureusement il faudrait payer l'auditeur et, comme il serait vraisemblablement hors de prix, on serait alors amené à penser qu'il serait judicieux de faire auditer l'auditeur! Passons...
      • La Section Régionale (qui a envoyé une longue lettre au commissaire) demande que la pose de l'assainissement sur la rive gauche du chenal de la Grève et le lagunage des eaux de ruissellement en centre-ville soient intégrés au projet du port.
      • Elle demande également qu'un état des lieux préalable soit établi et qu'un programme de suivi soit mis en place. Elle fait remarquer que les ostréiculteurs de La Grève commercialisent annuellement 10.000 tonnes d'huîtres et que prendre des risques sanitaires n'est pas acceptable.
      • Les ostréiculteurs contestent le plan (ou l'absence de plan, je ne sais trop) de circulation des semi-remorques dans la ville aux abords de la zone de travaux.
      • La Section Régionale demande à être associée plus étroitement au développement du projet.
      • L'association APROMARAIS affiche, dans l'ensemble, des positions proches.
      • En ce qui concerne la non prise en compte du lagunage par le bureau d'études, le commissaire précise qu'une délibération du Conseil Municipal d'Août 2005 a décidé, à l'unanimité, la réalisation d'un lagunage mais que cette décision n'est pas retenue dans le dossier en cours. Elle devra faire l'objet d'une étude ultérieure.
      • Certains s'inquiètent du sort des eaux polluées, lors du déroulement des travaux; ils se demandent, en particulier, où serait évacuée l'eau s'accumulant dans l'excavation?


    • Opposition au projet.
      • Plusieurs ostréiculteurs sont catégoriques: le projet est "irréfléchi" et dangereux pour la profession: les risques de pollution sont grands au cours de travaux qui doivent durer plusieurs années, suffisamment longtemps pour qu'une catastrophe écologique puisse survenir. Dans ce cas les services vétérinaires n'hésiteraient pas à fermer les établissements concernés puis à imposer des stations d'épuration individuelles, éventualité qu'ils jugent inacceptable.
        Question subsidiaire: en cas de fermeture administrative d'entreprises ostréicoles, y aurait-il des indemnités? Qui paierait? A-t-on prévu une procédure?
      • Certains ostréiculteurs craignent que, une fois le port mis en service, sa présence puisse suffire à déclencher le déclassement du chenal de la Grève avec des conséquences économiques incalculables pour les professionnels impliqués.
      • Quelqu'un assure qu'il vaudrait mieux réserver tous les moyens financiers pour le port de Mus de Loup; un autre pense que l'on pourrait se contenter d'un port à sec, où, "comme aux USA", on mettrait les bateaux "sur des étagères".


    • Approbation du projet:
      • L'association Port Seudre émet un avis favorable, considérant que le projet de port à Mus de Loup est complémentaire du projet en cours.
      • Quelqu'un écrit que le port-chenal sera un beau pôle touristique et ajoute: "ne laissons pas passer cette chance". Un certain nombre d'intervenants sont sur cette ligne.
      • Un membre de la municipalité pense que le nouveau port apporterait des perspectives de développement et assurerait l'avenir des jeunes (sans présenter d'arguments concrets pour étayer cette thèse) et améliorerait la qualité des eaux pour l'ostréiculture.
      • Une personnalité influente de la municipalité a écrit (je cite in extenso): "très bon projet" suivi d'une signature imposante. Un projet qui bénéficie au sein des instances dirigeantes municipales d'un appui intellectuellement aussi mirobolant ne peut qu'être sensationnel! Nous voila rassurés: nous savons maintenant que le conseil municipal compte un élu qui a voté pour ce projet parce qu'il le trouve bon (très).

    QUELQUES CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

    - Déblais: 79.000 m3 "foisonnés". Une fois compactés, ces déblais ne devraient plus représenter "que" 72.000 m3.

    - Périmètre de la zone portuaire: 3 ha 49.

    - Profondeur du bassin: 2 mètres; bateau admis d'un tirant d'eau maximum de 1,60m.

    - Le bassin ouvrira 2 heures et demi avant la haute mer jusqu'à 2 heures et demi après la haute mer.

    - La zone technique comprendra une aire de carénage, une déchetterie portuaire et une cale de mise à l'eau.

    - La "démarche port propre" associée au projet soignera particulièrement la collecte des déchets et des effluents divers: eaux noires, eaux grises, eau de pluie et de ruissellement.

    - L'envasement estimé serait de 40 cm par an.

    - Le bassin est prévu pour la plaisance et le chenal pour l'ostréiculture.

    - A la réflexion, une question me vient à l'esprit que je n'ai pas pensé à poser au commissaire-enquêteur: est-ce que les bateaux habités seraient admis dans le port? Dans cette éventualité, il serait impératif de mettre en œuvre une politique draconienne de port "zéro pollution", la "démarche ports propres" retenue dans le projet du bureau d'études devenant notoirement insuffisante. Cette approche "zéro pollution" devrait être encore plus absolue que celle préconisée pour le port à Mus de Loup mais bien difficile à respecter sans failles. Elle impliquerait une surveillance à plein temps par des agents agréés et ayant pouvoir de police. La salubrité de La Grève et sa survie en tant que site ostréicole serait à ce prix.

    L'heure de la fermeture de la Mairie et de la clôture de l'enquête ayant sonné, je ne suis pas allé plus avant dans la consultation des volumineux documents techniques. J'avais prévu quelques heures, il m'aurait fallu quelques jours!

    CONCLUSION

    N'ayant plus en main les documents, je ne puis me livrer aux vérifications et aux approfondissements qui seraient nécessaires. Je dois m'en prendre à ma négligence.
    Mon impression d'ensemble est que les critiques et oppositions sont beaucoup plus nombreuses que les approbations. C'est sans doute inévitable: les partisans du port sont moins motivés que des opposants qui craignent ce projet par dessus tout et, pour certains, le vomissent.

    RECAPITULATION DES POINTS IMPORTANTS DE L'ENQUETE
    LES ARGUMENTS POURLES ARGUMENTS CONTREEN DEBAT
    1. Le quartier du port serait embelli.
    2. Le centre-ville s'ouvrirait sur le port.
    3. Le port serait un pôle touristique attractif.
    4. Des activités nouvelles seraient créées.
    5. Une dynamique nouvelle serait générée.
    6. L'association Port Seudre apporte son soutien et souligne le fait que les deux projets de port sont complémentaires (centre-ville et Mus de Loup).
    7. La Section Régionale de la Conchyliculture dit: "oui mais..." (voir colonne de droite)
    1. Risque de pollution du chenal pendant les travaux.
    2. Risque de pollution si le port accueillait des bateaux habitables.
    3. Risque de pollution en cas de dysfonctionnement des systèmes d'assainissement ou de laxisme dans leur gestion.
    4. La place Faure-Marchand avec ses 300 places de parking est actuellement un atout énorme pour la qualité de vie qui disparaîtrait. La plaie des villes: ne pas pouvoir stationner en centre-ville, n'existe pas à La Tremblade; avec le port, elle serait bien présente.
    5. Les foires, marchés, frairies, cirques qui sont actuellement hébergés en centre-ville seraient déportés en périphérie.
    6. Le commerce souffrirait de l'éloignement des parkings.
    7. L'endettement de la ville et les impôts augmenteraient considérablement.
    1. La Section Régionale demande davantage de concertation et veut être associée au projet et le contrôler.
    2. La cohabitation plaisanciers-ostréiculteurs: bonne dans le chenal; moins bonne devant les cabanes.
      Les plaisanciers possédant des appontements pourraient-ils les garder? Les ostréiculteurs ne s'y opposent pas massivement.
    3. Le financement du port en ville est contesté: certains veulent le lier au projet de port à Mus de Loup; certains ne veulent financer que ce dernier; d'autres enfin ne veulent rien financer du tout.( ils paieront malgré eux les lourdes dépenses d'études déjà engagées!)
    4. Le lagunage serait-t-il opérationnel à temps; serait-t-il totalement efficace?
    5. Il est prévu que le port devrait être "propre"; mais serait-il vraiment "zéro pollution"?
    6. L'assainissement du centre-ville serait amélioré; mais on peut le rénover sans construire un port!
    7. Le salon ostréicole sera logé sur le site ostréamar mais cela n'a rien à voir avec le port.
    8. La nouvelle activité économique générée par le port compenserait-elle les pertes de chiffre d'affaires prévisibles par ailleurs?

    Le commissaire-enquêteur va établir, à partir du dossier et de l'enquête publique, une synthèse exhaustive; il rendra ensuite à la municipalité un rapport (consultatif) motivé et rédigé, m'a-t-il dit, "en son âme et conscience" et en toute indépendance.

    Alain Rouyé

    La position de l'association Port-Seudre

    Association "Port Seudre"
    Siège Social : Mairie de la Tremblade
    BP 6, 17390 La Tremblade.

    La Tremblade, le 16 septembre 2005.

    L'Association Port Seudre* émet un avis favorable au projet de modification du P.L.U. afin de réaliser le port en centre ville, cette infrastructure allant dans le sens du développement communal inscrit dans les statuts de l'Association.

    Port à écluse en bout de chenal , pour les bateaux de plaisance et l'amélioration du centre ville et port en eau profonde "mixte" (pêche, ostréiculture, tourisme, petit cabotage, bateaux de service, bateaux à passager, cales de réparation et de carénage contrôlées etc..) en bas de Seudre ne sont pas incompatibles mais complémentaires, comme l'a toujours affirmé l'association.

    Ce projet devra bien sûr tenir compte des soucis du monde ostréicole concernant la qualité des eaux du chenal de la grève qui alimentent les cabanes, mais notre association fait toute confiance à la Mairie et aux organismes socio-professionnels pour qu'une concertation soit menée dans l'intérêt de tous.

    Pour l'Association
    Yves Charles
    Secrétaire Général

    *Ex Association "Port 2005", l'Association "Port Seudre", "vise à rassembler les personnes physiques et morales qui souhaitent la réalisation d'un port mixte accessible 24 h sur 24 sur la commune de la Tremblade Ronce-les-Bains tel que défini dans le Plan d'Aménagement et de Développement Durable signé à l'unanimité par le Conseil Municipal de la Tremblade.
    Dans cet esprit, elle s'attache à développer l'économie locale et à valoriser le patrimoine communal".

    Depuis sa création en 2002, plus de 800 personnes ont adhéré à la démarche de l'Association.




    RESEAU ROUTIER DANGEREUX

    Il faut programmer une déviation routière de Ronce les Bains




    30 octobre 2005.

    Trois événements de cet été 2005 ont démontré les dangers du statu quo en matière de réseau routier dans le nord-ouest du massif forestier de La Coubre:
    • pour la seconde fois en quelques années une voiture folle a perdu le contrôle de sa direction et défoncé une clôture en dur et son portail;

    • le 14 juillet un début d'incendie provoqué par une fusée de détresse a contraint les services de sécurité à fermer l'avenue de La Cèpe jusqu'à extinction du feu: les riverains auraient pu être piégés si le feu s'était étendu;

    • du 8 au 11 septembre, pendant quatre jours, certaines avenues de Ronce ont été totalement neutralisées, au détriment des riverains ne pouvant plus, pendant plusieurs heures, accéder chez eux ni en sortir, véritables otages du rendez-vous «planétaire» du ski à roulettes...
    Est-ce que ce mépris des Ronçois doublé d'une irresponsabilité chronique, va durer encore longtemps ? De l'entrée de Ronce du côté de La Tremblade à sa sortie du côté de la forêt, le gymkhana presque continuel de la circulation offre des effets extrêmement pénibles.

    1- Au niveau de la sécurité.

    La circulation génère dans Ronce trois effets négatifs récurrents :
    • C'est de jour comme de nuit que des fous de la vitesse se ruent en auto ou à moto à des vitesses fort éloignées des 50km/h réglementaires. Qu'ils renversent un piéton trop lent pour traverser la rue ou un enfant imprudent et c'est le drame.

    • A certaines heures, le flot de la circulation est ininterrompu : traverser la rue, sortir de chez soi en voiture ou y entrer relèvent d'une haute dextérité et provoquent parfois les injures de ceux qui n'admettent pas qu'on puisse interrompre leur progression régulière.

    • Enfin, les trottoirs sont parfois très peu larges, cabossés ou mouvants et les piétons risquent d'être happés par les passages de véhicules, surtout lorsque des autocars ou des camions de billes de bois ajoutent l'appel d'air à la proximité. D'autant que la mode de garer les automobiles à cheval sur le trottoir réduit sa largeur et oblige parfois les piétons à marcher sur la chaussée !
    Mais, ce n'est pas tout à propos de la sécurité.
    Le passage généralisé de toute la circulation par Ronce a deux autres conséquences qui pourraient être dramatiques.
    • Le succès de la piste cyclable détermine, entre Ronce et le Galon d'Or près de la piste pare-feu M-13, un cisaillement dangereux entre automobiles et bicyclettes. Chacun sait que la limitation de vitesse de la route en forêt n'est nullement respectée et que c'est à fond de train que les automobiles surgissent de la dune en venant du Galon d'Or, qui plus est dans un virage, alors que la visibilité est réduite pour les cyclistes qui, obligés pratiquement de s'arrêter pour couper la route, ne la traversent qu'à vitesse très réduite; c'est un miracle qu'aucun accident grave n'ait eu lieu jusqu'à présent, d'autant que les cyclistes sont souvent des enfants dont la capacité de réaction peut être limitée par la peur en face d'une voiture descendant de la dune à tombeau ouvert dans leur direction.

    • Un autre très grave sujet de préoccupation est l'hypothèse d'un incendie. Les rues de Ronce, particulièrement l'avenue de la Cèpe, unique passage est-ouest à la sortie de Ronce, sont un goulot d'étranglement. Les jours de grande presse la circulation, au retour des plages, le soir, y coule à la vitesse de l'escargot. Que serait-ce si l'incendie, supprimant toute échappatoire vers la Bouverie et La Coubre, entraînait un afflux soudain d'automobiles issues des parkings de la Pointe Espagnole, de l'Embellie et du Galon d'Or ? On frémit à l'idée de la panique qui pourrait s'emparer de milliers d'honnêtes gens coincés dans leur voitures et sentant le feu s'approcher, de l'effet que pourrait provoquer cette suite ininterrompue de réservoirs inflammables explosant et se communiquant le feu les uns aux autres, de l'incapacité de la gendarmerie à remonter la cohorte des voitures prises au piège du fait des embouteillages dans Ronce, de l'impossibilité pour les pompiers pour les mêmes raisons d'aller lutter contre l'incendie.
    2 - Au niveau de l'environnement

    Du simple point de vue de l'environnement, la situation actuelle est exécrable pour les riverains des artères concernées.
    Ce ne sont pas les habitants de Ronce qui fournissent le gros des véhicules qui vont vers les plages et en reviennent; en effet, la route de la forêt est, qu'on le veuille ou non, intégrée dans l'esprit des gens à des itinéraires bien plus vastes incluant toute la Côte de Beauté, la Presqu'île d'Arvert et même le pays de Marennes, le pays rochefortais et l'lle d'Oléron, depuis qu'ont été ouvert le viaduc de la Seudre et supprimé le péage.
    Une telle masse de véhicules a d'abord pour effet d'avoir totalement gâché la sérénité de quartiers entiers de Ronce traversés par cet accès routier à la forêt. Jadis réputée pour son calme, Ronce, dans ses secteurs méridional et occidental, subit un bruit de roulement permanent, accentué fréquemment par les nombreux égoïstes qui se croient probablement spirituels de se défouler en faisant ronfler leurs moteurs à tue-tête pour imposer à autrui leur plaisir irrespectueux et décadent de faire du bruit, que ce soient d'ailleurs des automobilistes ou que ce soient des motards.
    Couplée avec des vitesses illégales et exagérées dénoncées plus haut, cette attitude justifierait à elle seule des mesures de rétorsion qui ne relèvent que de la stricte application du code de la route.

    Si le bruit constitue la gêne la plus évidente, les odeurs émises par une telle circulation ne sont pas négligeables : il suffit d'habiter dans l'axe du vent pour être inondé pendant des heures, parfois des jours par les dégagements des pots d'échappement des automobiles, surtout lorsque le soir, au retour des plages, les voitures sont à touche-touche, en prise en première et consomment beaucoup mais aussi lorsque les égoïstes ci-dessus mentionnés font vrombir leurs moteurs sans le moindre égard pour les riverains, dans le seul but d'affirmer leur petit «moi». Qui dit odeur signifie air pollué aspiré par des poumons, c'est-à-dire, en fin de compte une intoxication au compte gouttes dont la répétition peut aboutir à une maladie dont on ne se remet pas.

    Enfin, même s'il s'agit d'une goutte d'eau dans le tonneau des danaïdes, le ralentissement de la circulation aux heures de pointe et des moteurs perpétuellement contraints de redémarrer en première signifie un gaspillage de carburants et, au prix démentiel qu'ils atteignent faute de ressources pétrolières propres à la France depuis la perte du Sahara en 1962, ce gâchis signifie de l'argent perdu pour les automobilistes concernés et l'accroissement du déficit énergétique du pays.

    La conclusion est évidente : il faut dévier la circulation routière pour qu'elle cesse de passer par Ronce; on l'a fait à Marennes, à Saujon, à La Tremblade; on l'a fait pour Saint-Palais, pour Etaules et Arvert. Les Ronçois en ont assez d'être des laissés pour compte et de voir leur tranquillité sacrifiée pour permettre à des automobilistes et motards venus d'ailleurs et qui ne paient pas d'impôt à la commune de venir s'étendre voluptueusement sur les plages.

    Monsieur le Maire-Conseiller Général, une déviation routière de Ronce serait utile à tous, elle soulagerait Ronce des maux incriminés ci-dessus et fournirait aux Trembladais un accès bien plus rapide aux plages. Il s'agit là d'un projet d'intérêt général propre à emporter l'adhésion du plus grand nombre, et non pas seulement de quelques catégories spécifiques, généralement intéressées par des aménagements ponctuels.
    Vous savez que le projet existe, vous l'avez approuvé, vous avez déclaré être prêt à le soutenir. C'est à vous, à présent, à l'engager en haut lieu pour le faire aboutir.

    Vous y gagneriez la reconnaissance de vos concitoyens.

    Jacques Chardonnet
    Président de l'Association
    pour la Sauvegarde de la
    Région de la Coubre.

    REPONSE de Guy BORIE à Jacques CHARDONNET

    1er novembre 2005.

    Vous venez, Monsieur, de faire paraître dans les colonnes du Littoral plusieurs articles vitupérant contre les nuisances subies par les habitants de Ronce-les-Bains qui, à vous entendre, souffriraient du bruit, des mauvaises odeurs, de la peur de l'incendie et autres difficultés.

    J'ai l'impression qu'il s'agit là de récriminations qui vous sont surtout personnelles, compte tenu de la situation de votre résidence de vacances et que l'Association que vous présidez devrait se donner d'autres objectifs pour la protection de l'environnement.
    Certes, les nuisances existent, mais elles ne durent que quelques semaines et il ne faudrait pas que vous perdiez de vue que les "pollueurs et les bruyants" sont tout bonnement les clients qui font vivre la station.
    Mieux ne vaudrait-il pas, avant toute chose, songer à l'avenir de nos petits enfants et réfléchir aux quelques points suivants:

    • Extension des terrains constructibles qui justifierait un accès direct aux plages à partir de la rocade.

    • Extension vers l'est avec notamment la construction au Mus de Loup d'un port mixte en eau profonde, investissement qui serait générateur d'une nouvelle clientèle et qui, chacun le sait, entraînerait l'apparition d'un tourisme permanent en toute saison.

    • Poursuite de la politique engagée par la Municipalité pour des réalisations attrayantes (port chenal, réhabilitation des cabanes, casino, etc...)

    • N'oublions pas, en outre, que dans les décennies à venir, nous assisterons à une évolution de l'activité ostréicole ce qui, en terme de perte d'emplois, n'est pas neutre et doit inciter les pouvoirs publics à développer le plus vite possible une activité touristique complémentaire à l'activité ostréicole.

    Puisque vous semblez attacher une grande importance à la protection de l'environnement, je vous vois bien silencieux sur la nécessité économique majeure de développer les énergies renouvelables. A ce propos, la presqu'Ile d'Arvert était jadis dotée de très nombreux moulins à vent. Les moulins à vent modernes que sont les éoliennes seront indispensables à notre survie énergétique. Pourquoi pas dans la forêt de la Coubre? Et de ceci vous n'en parlez point!

    Monsieur Chardonnet, le monde associatif des défenseurs de l'environnement étant ce qu'il est, pourquoi, dans un souci de concertation et de tolérance bien légitimes, n'avez-vous jamais organisé de réunion publique? De quoi avez-vous peur?

    Guy Borie, trembladais, retraité,
    Directeur Honoraire de la Chambre
    de Commerce et d'Industrie de Paris.






    Jacques CHARDONNET répond à Guy BORIE
    ( Article paru dans les tribunes libres du Littoral
    sous le titre: "Don Quichotte et les moulins à vent" )

    Monsieur le directeur honoraire de la Chambre de Commerce et d'industrie de Paris, votre article du 28 octobre dernier a naturellement retenu toute mon attention, comme l'avait attirée un autre article de vous, il y a plusieurs années, dans lequel vous assuriez vous frotter les mains à l'avance d'un débat contradictoire entre une tierce personne et moi-même. Mais pas plus qu'alors, je n'ai l'intention d'engager la polémique que vous paraissez souhaiter. Je suis bien trop petit par rapport à vous, Monsieur le directeur honoraire, pour oser vous affronter. Voilà la réponse à votre dernière question.

    De fait, Monsieur le directeur honoraire, vous vous exprimez sur des idées autrement plus élevées que celles que j'ai eu l'idiotie de soulever, et je serais bien incapable de m'y hisser, faute de compréhension - car je ne suis qu'un esprit limité : comment voulez-vous que je vous réponde ? Au problème terre à terre d'une déviation routière de Ronce, aux problèmes quotidiens suscités par la circulation routière que je passe en revue, vous n'opposez aucune remarque véritable et vous me conseillez de m'occuper d'éoliennes: nous ne travaillons pas, vous et moi, au même niveau d'altitude ; les éoliennes ayant leurs « ailes » (puisque vous parlez de modernes moulins à vent) en l'air, et une déviation routière étant au sol, comment voulez-vous que nous organisions une « réunion publique » « dans un souci de concertation » ? D'après mon cerveau, un débat ne doit pas sortir d'un sujet annoncé au risque d'être totalement stérile. Je m'incline donc, Monsieur le directeur honoraire, devant votre hauteur de vues qui m'en impose.

    Plus: votre élévation dans la troposphère des éoliennes, peut-être vers le trou de l'ozone, suscite en moi peu à peu une réelle admiration. Pourquoi, finalement, ne pas vous proposer le concours de mes modestes capacités de réflexion pour « songer à l'avenir de nos petits-enfants » ? Devenir votre 36ème lieutement pour faire aboutir votre combat pour un extraordinaire vouloir d'expansion, telle devient, je le sens, mon ambition, mon souhait le plus ardent, que dis-je ? ma prière la plus humble. Aux « quelques points » auxquels vous vouliez me faire réfléchir, je me sens poussé à un ralliement total. Je suis même prêt à venir, en chemise et la corde au cou, comme les bourgeois de Calais, exprimer cette adhésion lors d'une cérémonie publique place Faure-Marchand, où seraient voués à l'autodafé tous mes ridicules écrits passés que j'allumerais moi-même avec une loupe grâce aux rayons du soleil, symbolisant la lumière de la pensée, après que M. le député de la circonscription ait coupé le ruban en me donnant accès au bûcher.

    Puis, à haute et intelligible voix, nous pourrions, vous et moi, main dans la main, tels le chancelier d'Allemagne et le président français, scellant notre réconciliation, proposer aux populations enflammées un vrai programme d'expansion fondé sur vos « quelques points », auxquels je vous propose d'ajouter ces autres projets traduisant le désir de « développer le plus vite possible une activité touristique » qui entraînerait le pays vers le progrès, la joie et le bonheur:

    • Construction d'une usine marémotrice dans le pertuis de Maumusson, profitant des courants de flux et de jusant quatre fois par jour (énergie renouvelable).
    • Sur ce barrage-usine, installation d'une batterie d'éoliennes ainsi parfaitement exposées au courant dominant de l'air (très bonne productivité escomptée de cette autre énergie renouvelable).
    • Construction, entre la Cotinière et Soulac/Mer, d'une digue brise-lames avec une passe pour la navigation en Gironde et une autre devant Maumusson pour alimenter l'usine marémotrice ; cette digue brise-lames permettrait de transformer en lagon d'eaux calme, la côte aujourd'hui quasiment inexploitée, en permettant la baignade sans danger sur les côtes sauvages devenues côtes civilisées; l'estacade au large serait couverte de « planches » comme à Deauville, mais sur une longueur autrement plus conséquente: on y marcherait sur les eaux, on y dégusterait frites et merguez.
    • Installation d'un aérodrome permettant une liaison triangulaire New-York - Ngor les Bains - La Tremblade par Airbus A 380.
    • Creusement d'un chenal de navigation par le pertuis d'Antioche et le pertuis du Chapus, autorisant l'accès aux plus gros paquebots de croisière (type Queen Mary II), avec surélévation du viaduc d'Oléron pour permettre ce passage; ce projet serait évidemment jumelé avec le creusement d'un port en eaux profondes au Mus de Loup qui serait encore davantage mixte que celui envisagé précédemment.
    • Construction d'une usine de dessalement de l'eau de mer pour réceptionner les 5 millions de touristes espérés.
    • Construction d'une usine à chaleur fonctionnant écologiquement avec le bois de la forêt : l'exploitation généralisée du bois permettrait de réchauffer l'air et, entre les éoliennes, seraient suspendus des tuyaux d'eau de mer qu'un système de circulation par pompes permettrait de renvoyer à la mer: ainsi aurait-on une température de l'air et de l'eau exceptionnellement constante et élevée tout au long de l'année en Europe; ainsi serait résolue la question des saisons mortes sur le plan touristique; d'où l'intérêt de la liaison aérienne avec New-York, les touristes américains boudant désormais les Bermudes pour la Floride trembladaise.
    • Extension des terrains constructibles à toute la forêt désormais rasée; on pourrait même compléter le dispositif du nouveau PLU trembladais par l'installation de villas sur pilotis et sur roulettes tournantes: chaque villa serait en effet jumelée avec sa propre éolienne « individuelle et portative »; d'où la nécessité des roulettes afin d'orienter convenablement ces villas, modernes mobil-homes qui se déplaceraient le long de la côte sauvage; ce changement d'emplacement s'effectuerait en toute autonomie grâce à l'énergie renouvelable de leurs éoliennes individuelles leur fournissant l'électricité actionnant un moteur dont le bruit serait couvert par celui de l'océan.
    • Installation d'un téléphérique sur le versant oriental de la dune du Gardour (pour en faciliter l'accès touristique).
    • Des canons à neige et des remonte-pentes sur les dunes aux reliefs les plus accentués, afin d'éviter la fuite des touristes vers les Pyrénées en saison hivernale.
    • Une tour Eiffel en haut du Gardour (avec une éolienne à son sommet) pour permettre d'en admirer le paysage (avec une batterie de jumelles à infra-rouge afin de donner aux touristes américains et sénégalais la possibilité de deviner, par temps clair et après quelques verres de pineau offerts par l'Office de Tourisme, les tours de Manhattan et les palmiers de Ngor).
    • Organisation de concours d'élastiques du haut des viaducs d'Oléron et de la Seudre, etc...

    La place me manque pour écrire tout ce qui peut germer dans l'esprit en guise d'équipements. Ces « quelques points » traduisent en tout cas un souci de développement en « terme » de création « d'emplois ». Je pourrais dissoudre l'inutile et rétrograde association pour la sauvegarde de la région de la Coubre et mettre son avoir financier au service de la Chambre de Commerce et d'industrie de la Coubre dont vous deviendriez le directeur honorable ».

    Jacques CHARDONNET




    LES SEPT PILIERS DE MA SAGESSE

    de Peter à "C-C"

    Ces "piliers", je les ai répertorié sans idées préconçues, confortablement installé dans un fauteuil, un soir de réflexion. Leur sagesse ne doit rien à Lawrence d'Arabie mais ils sont bien sept!
    Ils résument les quelques principes qui m'ont aidé à cheminer, plus ou moins chaotiquement, dans la vie de tous les jours. Ils m'ont, peu ou prou, aidé à surmonter les embûches qui ont jalonné mon existence d'ostréiculteur souvent stressé.
    Si, d'aventure, ces quelques lignes pouvaient aider quelques-uns de mes contemporains à mieux affronter leurs difficultés, soit en s'en inspirant, soit, au contraire, en y identifiant ce qu'il ne faut surtout pas faire, le but de cet article serait atteint.

    Voici ces sept piliers:

    1. le principe de Peter
    2. la loi de Stanley
    3. le précepte du chat
    4. le processus psy
    5. la méthode normande
    6. l'impératif altruiste
    7. l'alternative C-C


    Dans la vie professionnelle

    Le "principe de Peter" est bien connu: il énonce que, dans toute grande organisation (entreprise, association ou administration de l'Etat), il est fréquent que les responsables, quelle que soit leur place dans la hiérarchie, soient finalement nommés à un poste où ils atteignent leur niveau d'incompétence.
    Certains arrivent même à gravir plusieurs échelons, passant d'un niveau d'incompétence à un niveau d'incompétence plus élevé.
    Le "corollaire de Peter" constate que, avec le temps, tout poste tendra à être occupé par une personne incapable d'en assumer correctement la responsabilité.
    On arrive ainsi inéluctablement à l'aberration suprême, conséquence de la sur-représentation des personnels de peu d'envergure: la super-compétence, par réaction de rejet des gens en place, est plus pénalisée que l'incompétence! En clair, ceux dont le talent est trop remarquable risquent d'être "virés", au lieu d'être utilisés au mieux pour le bien commun...
    Dans les rapports que la vie en société nous impose avec ce type d'organisations, notamment avec les services de l'Etat, la connaissance du principe de Peter, en nous rendant plus lucide et mieux averti, nous aide à supporter les désagréments entraînés par la stupidité souvent avérée du système ( elle-même en partie due à la médiocrité des décideurs qui ne peuvent ou ne veulent pas se donner la peine d'en corriger les tares) ainsi que les tracasseries qui en découlent...

    Cette capacité d'auto-défense peut être interprétée comme un supplément de sagesse; voilà pour le premier pilier.

    La "loi de Stanley" est, en revanche, totalement inconnue sous ce vocable puisque c'est moi qui l'ai ainsi nommée pour ma seule gouverne.
    Elle affirme que, quel que soit le pessimisme avec lequel on envisage la suite d'un événement, la réalité risque de se révéler encore pire que ce que l'on avait prévu. C'était particulièrement adapté à mes activités en ostréiculture mais, heureusement, pas obligatoirement vérifié!
    Le côté bénéfique, c'est, là encore, d'être mieux préparé à affronter ce qui tourne mal et d'être agréablement soulagé quand tout se passe bien.

    Cette cuirasse contre d'adversité (que j'assimile à un gain de sagesse ) constitue le deuxième pilier.

    Dans la vie de tous les jours

    Le "précepte du chat" est une façon de dire, en accord avec la sagesse populaire, qu'il vaut mieux "appeler un chat un chat", ce qui oblige à regarder la réalité en face. Cela permet de considérer les situations avec pragmatisme et honnêteté intellectuelle, en ne mentant ni à soi-même ni aux autres.
    Bien entendu, l'application du "précepte du chat" rend les choses momentanément plus difficiles puisqu'il impose, après analyse des faits, d'en tirer les conséquences, fut-ce-t'elles très désagréables et de prendre les décisions qui en découlent, même si elles sont pénibles. Mais, à terme, les aléas matériels et les relations humaines s'en trouvent mieux gérés.
    Car les faits sont têtus et les nier se retourne souvent contre soi. Le confort intellectuel ressenti lorsque l'on méconnaît les problèmes parce que l'on n'a pas le courage de les affronter risque de ne pas durer: lorsque la réalité se venge et que la vérité éclate, la note à payer peut être fort douloureuse.
    D'autre part je suis persuadé que, finalement, la majorité de nos interlocuteurs nous savent gré de ne pas leur raconter d'histoires, de dire ce que l'on pense et de faire ce que l'on promet.
    Cette attitude intellectuelle implique d'être inflexible dans l'interprétation des faits, de rejeter la "cécité mentale" qui consiste à les ignorer lorsque, au delà des apparences, ce que l'on découvre n'est pas ce que l'on espérait. Dans ce cas il faut en prendre acte puis trancher et ne pas transiger, quoi qu'il en coûte.

    Voici le pilier numéro trois.

    Le "processus psy" est une disposition de l'esprit qui permet de mieux supporter les désagréments, les déceptions, les accidents ou la médiocrité de la vie quotidienne.
    Il est empreint d'un fatalisme discret et consiste à se convaincre, si la tristesse ou le découragement s'installe, que la vie a de bons côtés, qu'il faut l'accepter comme elle se présente en se contentant d'apprécier ce qui va bien, de relativiser ce qu'il est pénible d'affronter et de ne pas se polariser sur ce qui va mal.
    "Le processus psy" met de "l'huile dans les rouages" et permet notamment de surmonter les difficultés créées par l'application du "précepte du chat" lorsque ce dernier contraint à faire face à des "vérités qui fâchent" mais qu'il faut assumer. Il permet aussi de ne pas attendre de la réalité plus qu'elle ne peut apporter et de modérer ses exigences.
    Ainsi les mauvais jours passent avec moins de souffrance; puis les beaux jours reviennent...

    Cette attitude mentale entraîne une certaine forme de sagesse qui mérite assurément le qualificatif de pilier, quatrième du nom.

    La "méthode normande" a quelque chose à voir avec le célèbre "peut-être bien que oui, peut-être bien que non" et pourtant elle ambitionne d'être une méthode pour l'action.
    Elle veut exprimer le fait que la réflexion oblige souvent, vu la complexité de certaines situations, à arbitrer entre des contraintes inconciliables: elle préconise alors de se consacrer à la recherche du juste milieu et cela conduit souvent à "couper la poire en deux".
    Lorsqu'il arrive que la résolution d'un dilemme, étant donné les informations disponibles, est "indécidable" et qu'aucune des solutions envisageables n'est pleinement satisfaisante, cette méthode suggère de choisir une position médiane soit par la mise en œuvre d'une action à mi-chemin entre deux options extrêmes, soit de deux actions différentes, voire antagonistes, évitant ainsi de "mettre tous ses œufs dans le même panier". Elle permet ainsi de prendre des décisions équilibrées et sécurisantes, en limitant les risques et le stress qui les accompagne.

    Ce cinquième pilier n'est sans doute pas le plus enthousiasmant mais caractérise peut-être le commencement de la sagesse.

    "L'impératif altruiste" consiste à adopter comme règle de conduite de ne rien faire, dans la mesure du possible, qui puisse nuire à autrui, de ne pas faire égoïstement passer ses intérêts avant toutes choses sans autre considération que son propre bénéfice et également de ne pas accepter de construire son bonheur ou son bien-être sur le malheur ou la gêne des autres.
    Il s'agit là de banales règles de conduite morale mais serait-ce bien sage d'être immoral et peu généreux?

    Nous en sommes à six piliers.

    Dans la vie sociale et politique

    "L'alternative C-C" caractérise mes pensées lorsque j'écoute certaines interventions de politiques, de journalistes, de syndicalistes ou d' "experts" en tous genres. Ce sentiment est particulièrement présent pendant les périodes électorales bien que, beaucoup plus rarement, cela puisse arriver dans la vie quotidienne, avec "monsieur tout-le-monde".
    Je me dis alors, irrité par leur discours: ce personnage qui, le plus souvent par médias interposés, s'adresse à moi, est-il un cynique ou un crétin? ( dans les cas graves, je me permets même d'employer un terme plus fort bien que plus malséant et qui commence également par un C.)
    Comme je n'ai aucune raison de croire que les leaders sont plus sots que le commun des mortels, je dois avouer que, en général, je suis persuadé qu'ils mentent le plus cyniquement et le plus effrontément du monde; si, dans le lot, il y a quelques authentiques médiocres, faute de les connaître suffisamment, il n'est pas facile de les identifier avec certitude. Mais il est certain que le cynique est majoritaire dans ce milieu.
    Se trouver face à "l'alternative C-C", dont les deux termes sont aussi déplorables l'un que l'autre, devient un problème majeur au moment des élections!
    C'est d'autant plus désolant que les débats entre des personnalités brillantes, compétentes et de bonne foi (par exemple lors de certaines émissions sur France-Culture), bien qu'intellectuellement passionnants, sont beaucoup moins audibles dans notre société que les déclarations tonitruantes des cuistres cathodiques, des cabotins caricaturaux, des critiques complaisants, des commentateurs coupables (d'être "politiquement corrects"), des corporatistes à "cémédroizakis", des cégétistes catastrophiques, des capitalistes crapuleux, des (grands) commerçants cupides, des chinois contrefacteurs, des connards cocardiers, des corses cagoulés, des copains et des coquins au sein des castes et des clans, des califes voulant la place du calife, des compères cumulards et des caciques calculateurs au charabia controuvé...

    Dans un entretien sur les problèmes de la société française, transmis par la radio "France-Culture", Jacques Julliard, brillant intellectuel de gauche, déplorait le double-jeu des hommes politiques conduisant les caciques ci-dessus évoqués, à refuser, dans leurs discours , de regarder la réalité en face et à la travestir sans cesse. J'ajoute pour ma part: est-ce par idéologie, par manque de discernement ou de courage, par électoralisme, par médiocrité ?...que l'on soit confronté à un terme de "l'alternative C-C" ou à l'autre, peu importe, le résultat est le même, catastrophique!
    J.Julliard parlait de la gauche, mais le diagnostic est le même quels que soient les partis.
    Voici quelques citations, tirée de son livre "Le malheur français" (Flammarion):"Ce qui est impardonnable en revanche, c'est l'improvisation permanente, les virages en épingle à cheveux, l'incantation en lieu et place d'une politique et, surtout, la conspiration de tous les partis pour refuser de regarder les réalités en face."
    Plus loin, dans le même essai:"Le malheur français, c'est d'abord cela: le mensonge politique élevé par manque de courage à la hauteur d'une institution et l'incapacité des citoyens d'entretenir un dialogue sincère avec leurs représentants."
    Et encore: "Cette insincérité de la vie politique française n'est pas seulement partie intégrante de notre malheur. A la longue, c'est une malédiction."
    Autre illustration, justiciable de la grille de lecture "alternative C-C", tirée du livre de Eric Le Boucher, ( rédacteur en chef au journal "le Monde"), Economiquement incorrect (Grasset):
    "Il faudra dire et redire que notre classe politique doit être tenue pour responsable de l'état lamentable de la France. Par sa petitesse, par sa cécité, par ses mensonges, par sa lâcheté. Elle n'a jamais fait la pédagogie du monde nouveau, croyant et laissant croire qu'on pouvait s'en protéger, couper aux efforts, préserver le statu quo et les "acquis". "
    Sans commentaires!
    "L'alternative C-C" peut sembler loin de la sagesse. Pourtant, en rendant ses adeptes plus philosophes et dénués d'illusions, cette prise de conscience peut atténuer leur déception à la suite d'engagements non tenus et les protéger de l'exaspération devant les promesses fallacieuses des démagogues ou les impostures utopiques, angéliques ou perverses, des dogmatiques.
    Ce pilier, dont le lecteur contestera peut-être la pertinence, peut aider à supporter le quotidien en immunisant contre les fausses croyances.

    En dernière analyse, je lui décerne le titre de "septième pilier de ma sagesse".

    Alain Rouyé




    ATTENTION, DANGER!
    Protégeons le marais doux d’Arvert-Les Mathes !

    Au Sud-Ouest de Dirée se trouve le marais doux d’Arvert-Les Mathes.
    Si l’on compare l’édition la plus récente de la carte IGN au 25 000ème à l’édition précédente, on constate que de nombreuses excavations y ont été creusées depuis 15 ans sous des prétextes divers, dont certaines de plusieurs hectares. Encore tout n’a-t-il pas été reporté sur cette carte. Et cela continue à l’heure actuelle !
    C’est sur la commune des Mathes que se situent la plupart de ces excavations. L’atteinte la plus importante a eu lieu en 1990-1991, lorsqu’une carrière de sable de 2,5 hectares a été ouverte sans autorisation au lieu-dit Portebroc, sur la commune des Mathes. Ce sable exploité illégalement a entre autres été utilisé pour le chantier du pont du Martrou sur la Charente, à l’entrée de Rochefort. A l’époque, les camions transportant le sable ont traversé à vive allure le bourg de Dirée, même la nuit. Un arrêté préfectoral du 18 Juin 1990 a mis en demeure l’exploitant de cesser son activité et de remettre le site en état dans un délai d’un mois. Cela n’a pas été fait. La justice saisie par la DRIRE n’a pas donné suite, et le ministère n’a pas daigné faire appel comme la DRIRE le lui avait demandé. Mieux encore, l’exploitation a continué illégalement à petit rythme, comme cela a été établi par constat d’huissier en 1999 et 2001. Quinze ans après, l’exploitation a cessé, mais le site n’est toujours pas remis en état.
    Début 2003, nous avons appris à Dirée, presque par hasard car cela n’a pas été crié sur les toits, qu’une enquête publique était ouverte pour l’ouverture d’une carrière de sable d’une emprise de 24 hectares sur le même site!
    Les habitants de Dirée, menacés du passage chaque jour ( et chaque nuit ?) sur la départementale 268 de plus de 40 camions de 38 tonnes pendant 25 ans, se sont constitués en une association de défense, l’Association pour la sécurité routière et la défense du cadre de vie à Dirée.
    Bien qu’il n’y ait eu aucune étude d’impact, le Commissaire-Enquêteur a donné sa bénédiction à ce projet ! Il aura fallu à cette association batailler trois ans, avec l’aide des ostréiculteurs, des campings, du syndicat du Marais Doux, des agriculteurs et des chasseurs, pour obtenir gain de cause, en montrant en particulier le danger qu’un tel projet présenterait pour l’ostréiculture et le tourisme. Finalement, la commission des carrières s’est opposée à ce projet, mais essentiellement parce qu’il ne comportait pas d’étude d’impact.
    Cette affaire est révélatrice des difficultés que peuvent rencontrer dans notre république des citoyens, même constitués en association, pour faire entendre leur point de vue par les institutions.
    Mais cet article n’a pas pour objet de vous raconter dans le détail l’histoire de notre bataille qui n’est d’ailleurs pas encore tout à fait terminée. Il veut surtout attirer votre attention sur l’importance de préserver l’intégrité du marais doux et de focaliser l’intérêt sur ce dossier de tous ceux qui se sentent concernés par la défense de l’environnement et des activités traditionnelles sur la presqu’île d’Arvert, si importantes pour lui garder son identité.

    Tout d’abord, un peu d’histoire « géologique »: il y a 20 000 ans environ, la Terre connaissait une période glaciaire. Les glaces s’étaient étendues depuis les pôles et, en Europe, la calotte glaciaire couvrait l’Angleterre. Le niveau de la mer était 120 mètres plus bas qu’actuellement et l’on traversait la Manche à pied sec. Dans notre région, la ligne de côte était 50 à 100 km plus à l’Ouest.
    Puis le climat s’est réchauffé, les glaces ont fondu et le niveau de la mer est remonté, parfois à raison de 3 à 4 mètres par siècle. Il y a 5000 ans elle est arrivée jusqu’ici et a créé la presqu’île d’ARVERT, qui était beaucoup plus étroite que maintenant. A l’Ouest de la presqu’île se trouvait le Golfe de Barbareu, dont la rue principale de l’Isle-d’Etaules porte le nom. Ce golfe peu profond et très découpé a été progressivement comblé près de ses côtes par des alluvions amenées par les ruisseaux. Des dunes de sable sont apparues et au large se sont créées des barres sableuses, bientôt devenues des îles. Si bien qu’il y a 2000 ans environ un bras de mer s’est créé entre ces îles et la côte de la presqu’île, allant approximativement de l’actuel Marais de Saint-Augustin à l’actuel Mus de Loup. Il débouchait sur l’Océan au niveau du marais de Brégeat à la Palmyre. Puis, les dunes ayant progressé, les communications de ce bras de mer avec l'océan ont été coupées aux Mathes et à La Tremblade. Ainsi s’est créé le Marais d’Arvert–Les Mathes, qui a dû pendant un temps être une lagune d’eau saumâtre avant de devenir un marais d’eau douce puis une tourbière. Il y a 5 siècles environ a été créé le Canal de La Course pour le drainer.
    Actuellement, ce marais est une importante réserve d’eau douce. Il est partagé en parts à peu près égales entre Arvert et Les Mathes. On y pratique côté Arvert des activités respectueuses de l’environnement, élevage extensif et maraîchage. Du côté des Mathes on ne peut malheureusement pas en dire autant, puisque c’est-là que se concentrent les travaux dénoncés ici.
    Le marais a été classé en Zone de Protection Spécialisée par Natura 2000. Mais la partie située la plus à l’Ouest, sur la commune des Mathes, a été classée en zone de loisirs, sans aucune justification géologique ou biologique, puisqu’il s’agit toujours du même marais.
    Mais pourquoi protéger ce marais ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une importante réserve d’eau douce nécessaire à l’ostréiculture et à l’agriculture. C’est aussi une réserve de faune sauvage, en particulier de cistudes, qui sont des tortues d’eau douce menacées de disparition en Europe. Il ne faut absolument pas polluer ce marais, entre autres parce que, via le Canal de La Course, il se situe en amont des installations ostréicoles de La Tremblade. Or des travaux importants ne manqueraient pas de créer une pollution majeure. Un risque particulièrement grand est celui de la salinisation de ce marais par des excavations trop importantes ou trop nombreuses. En effet, sa surface est au niveau de la mer et l’eau douce qu’il contient surmonte probablement des eaux saumâtres. Celles-ci proviennent d’un mélange de l’eau douce avec de l’eau salée circulant dans la formation calcaire sur laquelle il repose, car cette formation est fissurée et communique avec la mer au niveau de la côte sauvage. Attention à ne pas perturber ce délicat équilibre, car cela signifierait la mort du marais.

    Le marais doux est indispensable à l’équilibre écologique de la presqu’île d’Arvert, ainsi qu’à l’ostréiculture et à l’agriculture. Il faut le considérer comme un précieux bien collectif à entretenir et non le détruire par des actions irresponsables. Nous sommes tous concernés. Il faut nous mobiliser pour le défendre, avec l’aide de nos élus.

    B.DURAND, géologue, vice-président
    de l’Association pour la sécurité routière
    et la défense du cadre de vie à Dirée.

    L'avis de Forum 17.
    La lecture de cet article, corroboré par l'appel de François Patsouris paru dans le Littoral en juin 2005 et dont vous trouverez ci-dessous la copie, me suggère les commentaires suivants:
    • les problèmes soulevés par ce projet de carrière ont un impact écologique beaucoup plus important qu'il pouvait apparaître à première vue; il est donc indispensable de sensibiliser la population. Pour atteindre cet objectif, faire circuler une pétition dans la région pourrait être opportun;

    • la municipalité des Mathes semble axer principalement sa politique sur le développement industriel et touristique, sans aucuns égards pour les activités régionales traditionnelles qu'à tort elle doit juger dépassées. Si j'ai bien compris l'article de M.Durand, le projet contesté est soutenu par cette municipalité qui, par ailleurs, a eu assez d'entregent pour faire classer la partie du marais la concernant en une "zone de loisirs" où, apparemment, elle a décidé d'agir à sa guise, sans tenir compte de l'intérêt public. Une concertation accrue ne pourrait-elle pas l'amener à nuancer sa position et à faire preuve de davantage de solidarité avec les communes voisines?

    • si le marais a été classé "Zone de Protection Spécialisée" par Natura 2000, cela ne peut être compatible avec une exploitation industrielle; il y a donc un dysfonctionnement notoire dans les procédures engagées;

    • si les reproches adressés au commissaire-enquêteur sont justifiés, son attitude est très grave: il s'agirait alors d'un expert agréé par l'administration qui rendrait sciemment des avis mensongers, ce qui devrait tomber sous le coup de la loi. Dans ce cas il faudrait le menacer d'un procès, s'il ne révise pas sa position;

    • l'entreprise qui ne respecte pas sa condamnation à remettre le site en état devrait être mise en demeure de le faire, avec menace de procès et de demande de pénalités de retard et de dommages et intérêts;

    • si la justice française ne veut pas donner suite, il deviendrait nécessaire de réfléchir à la possibilité de s'adresser à la justice européenne, sûrement moins laxiste. Le seul fait d'évoquer publiquement cette éventualité ferait peut-être bouger les choses, concernant à la fois l'entreprise non respectueuse de la loi, le détournement de la "zone de protection" et les enquêtes et autres "études d'impact" d'une probité douteuse.

    Alain Rouyé

    COMMUNIQUE DE LA SECTION REGIONALE OSTREICOLE

    ATTENTION ! DANGER !
    Carrière de sable de Portebroc: vous êtes concernés.

    Article paru dans le Littoral du 14 juin 2005, sous la signature de François Patsouris, Président des ostréiculteurs de Marennes-Oléron.

    Le rôle d'un élu politique ou professionnel est bien sûr de rendre compte au cours de son mandat de son travail, mais aussi d'informer les administrés des problèmes du territoire et enfin de les sensibiliser quand il se rend compte que personne n'est au courant de projets qui engagent gravement l'avenir.
    Et là, nous disposons, malheureusement, d'un exemple concret dont personne ne parle et qui va engager l'avenir de la Presqu'île, avec des risques sur les activités primaires.
    Depuis deux ans la carrière de Portebroc (extraction de sable) présentée dans le cadre d'une enquête publique n'est toujours pas interdite...ni acceptée. Il y a pourtant des nombreuses raisons qui justifient l'interdiction pure et simple d'une telle exploitation. Les raisons ont été exposées à de très nombreuses reprises, en particulier par les habitants de Dirée:
    • nuisances considérables, dévalorisation du patrimoine et dangers physiques pour les habitants de Dirée, dus au défilé incessant pendant 25 ans d'une noria de camions de 38 tonnes dans une rue étroite et sinueuse sans trottoirs ni bas-côtés. Nuisances considérables et dangers physiques pour les touristes et en particulier pour les campeurs installés le long de la D 141. Obstruction à l'évacuation des touristes en cas d'incendie en forêt de la Coubre;
    • risques de pollution des installations ostréicoles situées en aval du Canal de la Course;
    • risques d'assèchement, de pollution et de salinisation du marais doux ainsi que de salinisation de la nappe phréatique, préjudiciable aux agriculteurs et aux maraîchers;
    • dégradation de l'environnement dans une zone écologiquement très sensible;
    • risques entraînés par l'absence de compétence du pétitionnaire pour la conduite d'une exploitation en zone sensible.

    En outre, je considère comme tout le collectif des associations qu'il existe bon nombre d'irrégularités dans l'instruction du dossier:
    • le commissaire - enquêteur a minimisé de façon systématique les risques que ferait subir l'exploitation;
    • il a également minimisé à dessein le nombre d'opposants au projet;
    • il a sous-estimé de manière outrageuse l'augmentation du trafic poids lourds;
    • il a feint de croire que l'étude géologique présentée par l'exploitant avait un sens, alors qu'il s'agit d'un recopiage bâclé de la légende de la carte géologique.

    En fait il n'y eu aucune étude d'impact sérieuse.

    Et puis il y a l'après carrière. Aujourd'hui, tous les élus de la Presqu'île jouent "la carte Nature, territoire "... 26 kms de plage, une forêt et deux activités majeures: le tourisme et la conchyliculture d'un côté et de l'autre l'agriculture et les cultures maraîchères. Il faut absolument conserver cet équilibre fragile.
    " Ce trou ", dans un deuxième temps, va devenir " le bassin des jets ski " et permettre à certains de faire une fois de plus du fric... encore et encore plus.

    Je vous invite a rejoindre le collectif des associations, pour nous aider à convaincre Monsieur le Préfet qu'une telle exploitation de carrière est néfaste pour tous, les habitants, les acteurs économiques et les touristes qui viennent chez nous pour la beauté de notre site.
    Les ostréiculteurs de Marennes - Oléron ne peuvent pas laisser détruire la dernière zone humide qui se déverse dans le canal de La Grève. Les apports d'eau douce doivent être de qualité et ne doivent pas être supprimés. Il y va de la survie du bassin.
    L'eau douce est la vie. Protégeons-la.


    Aujourd'hui certains Maires préparent des projets d'aménagement urbain ou touristique. A chaque fois ils proposent à la profession ostréicole d'y intégrer un volet environnemental pour protéger les activités maritimes qui demeurent la carte de visite touristique et économique de leur commune. Ils ont raison, c'est cela le développement durable.
    Là, c'est tout le contraire: on creuse, on fait un immense trou qui se transforme en lac. Après on construira des maisons, des commerces et une nouvelle cité émergera du marais... Pourquoi, pour qui ? Au-delà de tous ces camions qui, tous les jours pendant plusieurs années, seront chargés de sable, avec tous les risques et les nuisances que cela va procurer sur notre petit réseau routier de la Presqu'île, je vous engage, comme moi, à vous projeter dans l'avenir... devons-nous accepter de détruire notre territoire; devons-nous laisser sur notre marais construire une nouvelle ville; avons-nous besoin d'un lac ? N'avons-nous pas assez d'atouts pour valoriser l'existant ?

    Voilà ! Le Président des ostréiculteurs Marennes-Oléron que je suis va transmettre cette lettre à tous les élus du bassin et aux différentes administrations pour les sensibiliser et obtenir leur appui.

    De votre côté, vous devez vous mobilisez et apporter votre soutien au collectif qui regroupe agriculteurs, ostréiculteurs, le Président du marais doux, les représentants des campings, l'Association pour la sécurité routière et de défense du cadre de vie dont Jacques Bailly est le Président et dont le siège est à la mairie d'Arvert.

    N'oubliez pas...
    Vous êtes concerné et cette fois-ci vraiment il y a danger.

    François PATSOURIS
    Président des ostréiculteurs
    du bassin Marennes-Oléron

    COMMENTAIRES DE HD GAUDIN

    26 décembre 2005.
    La messagerie de forum 17 a reçu le courrier suivant:


    Les préoccupations écologiques et les intérêts économiques ont dans le passé rarement fait route ensemble, et les tribunes de forum 17 ont le grand mérite de mettre en lumière leur caractère indissociable et commun.

    En espérant rencontrer quelques contradicteurs dans cet incontournable débat d'idées, j'oserai en énoncer quelques principes fondateurs:

    En effet, l'économie est une science du court terme, du moins lorsqu'elle doit répondre à des préoccupations élémentaires dont le point de départ est bien souvent la survie de l' Espèce, la nôtre s'étant attribué le premier rang .

    L'écologie vise à la transmission, à la perpétuation, et nous rattache à l'ensemble des règnes, animal, végétal, et aux mondes environnants, infiniment petit, espace et biosphère, visibles et invisibles, temporels et intemporels.

    Tout projet écologique s'enrichit à comporter sa propre économie, son évaluation, sa prospective, en termes de court, moyen et long terme, sauf à n'être qu'une inapplicable fiction.

    Tout projet économique doit donc, en vertu du principe de réalité, intégrer sa propre étude de situation, d'impact sur l'environnement et ses méthodes d'analyse dans l'avenir.

    Qu'il s'agisse de port, de route ou de protection du littoral ou de marais doux, la démarche préliminaire se doit d'intégrer les deux indissociables concepts, économique et écologique, dans leur dynamique et leur complémentarité.

    Cette approche implique honnêteté intellectuelle autant que rigueur scientifique, le pragmatisme au regard de l'Histoire ne pouvant en être exclu.

    C'est ce que nous souhaitons aux promoteurs du futur à la veille de l'année 2006...

    HD GAUDIN


    A N N N E E 2006



    DEMAIN LA MER SERA BASSE
    Mondialisation et fin du pétrole
    Suivi d'un commentaire de M.DURAND

    18 janvier 2006

    Dans certains éditoriaux publiés dans l'hebdomadaire le Point, Nicolas Baverez se montre très préoccupé par le recul économique de la France dans la compétition internationale, alors qu'il constate que l'ouverture des frontières aux échanges de marchandises s'est traduite par un accroissement de la richesse mondiale. Il juge très urgent de combattre le déclin du pays en réformant ses institutions, à l'instar de la majorité des autres membres de la Communauté Européenne. Cela lui vaut d'être qualifié de "déclinologue" par nos gouvernants, car il est plus facile, au lieu de s'attaquer aux problèmes cruciaux qui handicapent la société française, de clouer au pilori les commentateurs lucides et de remplacer l'action par l'incantation. De ces problèmes, M. Baverez fait une analyse convaincante dont les arguments ciblant le recul comparatif du pays, ses blocages et sa sclérose, ses déficits chroniques et son endettement massif sont bien documentés.
    Les remèdes qu'il propose pour rendre la France plus compétitive seraient certainement efficaces s'ils étaient appliqués; comme il s'agit principalement de rationaliser la gestion de l'Etat, d'améliorer la productivité de la fonction publique et de desserrer les carcans administratifs et fiscaux qui étouffent l'initiative privée, il est probable que, même en l'absence de toute mondialisation, ces réformes amélioreraient la gestion de notre pays et feraient reculer le chômage, alors qu'actuellement notre système économique est englué dans la gabegie administrative, les réglementations contraignantes, les "droits acquis" abusifs, la perte des valeurs (les citoyens revendiquant souvent des droits mais ne se sentant pas de devoirs), le chômage incompressible, le rejet du travail (le culte des 35 heures face à des concurrents qui n'ont pas la naïveté de croire que l'on puisse indéfiniment obtenir toujours plus en travaillant toujours moins), les déficits publics jamais maîtrisés et la dette colossale qui en découle.
    Malheureusement, dans l'état actuel de la conjoncture nationale, rien ne laisse supposer qu'une remise en ordre pourtant hautement souhaitable ait la moindre chance d'être entreprise. On peut à la fois reprocher à la classe politique son manque de courage et sa démagogie électoraliste et à une large partie du peuple français son irréalisme et sa crispation sur des statuts et des corporatismes déjà réformés dans nombre d'autres pays. L'opinion française devrait pourtant prendre conscience que si les déficits budgétaires actuels ne sont pas sanctionnés par une dévaluation de la monnaie, c'est grâce à la protection de l'euro. Mais cette politique, qui fait payer collectivement aux autres membres de l'Europe nos manquements à l'orthodoxie financière, risque de ne pouvoir durer éternellement. Un pays, pas plus qu'une entreprise ou un ménage, ne peut vivre longtemps au dessus de ses moyens! Tous comptes faits, la France donne l'impression d'être mal gouvernée parce qu'elle est "ingouvernable".

    M. Baverez se réfère au modèle économique libéral dont sont issus la mondialisation, l'Organisation Mondiale du Commerce et le Fond Monétaire International qui règnent actuellement sur les échanges mondiaux; les pays laissés pour compte de ce système sont sommés de s'y conformer et reçoivent des aides dans ce but.
    Le postulat implicite qui structure ce modèle est que le moteur de la croissance mondialisée ne manquera jamais de carburant. Or, ce carburant, c'est principalement un pétrole abondant et bon marché et ce dernier, après être devenu de plus en plus cher, se raréfiera puis s'épuisera dans un avenir proche, alors qu'il est la fondation sur laquelle tout l'édifice repose!
    Curieusement, cet aspect négatif de la situation, bien que parfaitement connu et étudié, n'est guère mentionné par les économistes "officiels" et les tenants du pouvoir politique, comme s'il allait de soi que, le moment venu, le pétrole serait remplacé en douceur et sans problème par une autre source d'énergie tout aussi efficace. Les modalités de cette transition majeure ne sont jamais explicitées, tout au moins en ce qui concerne les informations accessibles au grand public. Les économistes se bornent apparemment à penser que la science trouvera la solution en temps voulu et évoquent volontiers l'hydrogène et les énergies renouvelables, voire le retour du charbon, sans indiquer sur quelles études scientifiques ils basent cette certitude que, semble-t-il, rien de sérieux ne vient étayer. Bien entendu, ces différentes options sont technologiquement possibles, y compris la gazéification du charbon in situ, mais leurs prix de revient sont actuellement incompatibles avec la mondialisation telle qu'elle fonctionne, tributaire des transports au long cours à coût réduit, qu'ils soient maritimes, aériens ou terrestres.
    En particulier, la source d'énergie permettant de produire l'hydrogène n'est pas indentifiée: en effet, le nucléaire, théoriquement parfait pour fournir l'électricité nécessaire à l'électrolyse de l'eau, est exclu par la majorité des pays, car considéré comme trop dangereux à l'échelle où il devrait être déployé, tant à cause des accidents éventuels dans les centrales que de l'insécurité majeure représentée par les résidus hautement radioactifs à longue durée de vie qu'elles produisent et dont les problèmes de stockage ne sont pas résolus.
    D'autre part, les énergies alternatives (solaire, éolien, géothermie, énergie marine etc.), en admettant que soient acceptées les nuisances environnementales induites par le captage à grande échelle d'une énergie diffuse, ne pourront jamais fournir la puissance voulue, tout au moins dans le temps qui est imparti à l'humanité avant la fin du pétrole.
    Le recours massif au charbon dont, il est vrai, les réserves sont importantes, aurait des conséquences ravageuses sur une nature déjà bien malmenée et aggraverait la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique, sans pouvoir remplacer le pétrole dans tous ses usages. Les carburants synthétisés à partir du charbon sont en effet très coûteux en énergie et très onéreux à produire.
    Fonder trop d'espoir sur le succès des recherches sur la fusion des atomes d'hydrogène (projet ITER) semble bien imprudent: ce serait évidemment la panacée, mais la mise au point de telles centrales (produisant un flot d'énergie avec peu de résidus radioactifs) est tellement aléatoire, tellement lointaine et peut-être impossible qu'il est illusoire de compter sur elles pour résoudre à temps le problème posé par la fin inéluctable du règne sans partage des hydrocarbures.
    Quant aux centrales solaires, satellisées en orbite stationnaire, concentrant puis renvoyant l'énergie sur terre par un faisceau d'ondes, c'est encore de la science-fiction bien qu'un tel projet soit technologiquement réalisable et fort séduisant.
    En résumé, dans l'urgence programmée de la fin du pétrole, il semble bien que seul le développement de l'énergie nucléaire à fission classique soit à la hauteur du problème. Or il n'est pas sûr qu'un monde entièrement nucléarisé, cauchemar des écologistes, soit viable et accepté par les peuples qui verraient les centrales pousser sur leur sol comme des champignons et arriver dans leurs ports des navires à propulsion atomique manœuvrés, (mondialisation oblige!), par des équipages sous-payés et pas toujours compétents embauchés dans les pays pauvres.
    Encore faudrait-il rapidement commencer à construire ces nouvelles centrales et ces nouveaux navires, sans omettre les infrastructures indispensables à la "civilisation de l'hydrogène" qui, selon Claude Allègre dans sa chronique de l'hebdomadaire l'Express du 12/01/2006, doit succéder aux "civilisations du charbon et du pétrole". En effet, le temps presse alors que leur mise en service éventuelle demanderait de longs délais.

    Il n'est pas question ici d'annoncer l'extinction prochaine de toute source d'énergie mais de conseiller de se préparer à l'arrivée d'un monde où le scandaleux gaspillage du pétrole en cours actuellement deviendra impossible. La mondialisation porte actuellement à son paroxysme le choix du profit maximum à court-terme, sans frein, sans garde-fous et sans morale, surtout favorable aux sociétés multinationales.
    Est-ce rationnel de faire fabriquer de si nombreuses marchandises à des milliers de kilomètres du lieu de consommation, sous prétexte que leur transport ne coûte pas cher et que cela est, pour le moment, rentable à condition de tenir pour négligeable le chômage induit et d'en mettre le coût à la charge des contribuables?
    Est-il raisonnable d'avoir laissé dépérir le petit commerce en allant faire ses achats en voiture, à la périphérie des villes et pour le plus grand profit de quelques grandes entreprises?
    Est-il indispensable au bonheur de l'humanité d'envoyer sur toute la planète des foules de touristes "chartérisés" qui vont "faire" tel ou tel pays exotique comme ils vont faire leurs courses au supermarché où ils trouvent naturels de trouver des produits provenant de la Terre entière, sans réfléchir aux conséquences futures de toutes ces aberrations?

    Le malaise que je ressens en lisant les innombrables articles économiques qui glorifient sans nuances les aspects positifs - indéniables - de la globalisation des marchés exprime la prise de conscience que les bases de ce type d'organisation ne sont pas pérennes. La théorie est parfaite, la modélisation irréprochable mais leur fondement, reposant sur l'accés au pétrole bon marché, est appelé à disparaître dans un avenir proche alors que rien, hors la controversée énergie nucléaire, ne pourra prendre rapidement et totalement la relève.
    La conclusion qui s'impose à mon esprit est que la mondialisation en cours et le consensus économique qui l'accompagne ne tiennent aucun compte des données objectives et bien documentées d'un futur qui les condamne. Cela laisse l'impression d'une fuite en avant incontôlée et bien imprévoyante dont une autre conséquence redoutable est une immigration non maîtrisée qui tend à atteindre le niveau où son intégration dans les sociétés européennes deviendra impossible et où surgira la violence.
    D'un autre côté, c'est sans doute l'écroulement de cette mondialisation folle, s'il n'intervient pas trop tard, qui sauvera la planète du désastre écologique majeur qui la menace et dont on voit d'ores et déjà émerger les prémices et qui, paradoxalement, préservera les emplois de populations de plus en plus nombreuses à être broyées par un système qui prétend mettre en "concurrence" des économies dont les niveaux de salaires sont incompatibles.
    Dans les guerres pour le pétrole, plausibles dans le courant du XXIème siècle, les transports d'un bout du monde à l'autre pourraient être désorganisés et les états belligérants devront alors s'efforcer de redevenir largement auto-suffisants. Il en sera de même lorsque le pétrole manquera et deviendra très cher et que les transports sur de longues distances ne seront plus rentables. Ce n'est pas ce qu'anticipe actuellement une mondialisation en cours d'accélération: elle délocalise nos industries, à un rythme effréné et de plus en plus rapide, à tel point que l'Europe ne possède plus d'usines capables de vêtir, chausser, fournir en objets usuels sa population et elle s'apprête, avec l'appui de nos "amis" anglais, à casser l'agriculture, la mettant dans l'impossibilité, à terme, d'assurer l'autonomie alimentaire de l'Europe.
    Cette réflexion sur le présent évoque pour moi une expérience ancienne, datant de mes débuts dans l'ostréiculture. En ce temps-là, on allait en bateau pêcher les huîtres dans les claires. La première fois que je dus organiser une opération de pêche, je donnai au personnel les instructions pour le lendemain: départ à telle heure, vers tel lieu, avec tel matériel, etc...Petit détail, j'avais omis de vérifier l'horaire des marées, alors que la condition primordiale était que l'eau soit suffisamment haute pour naviguer jusqu'aux claires.
    Or, à l'heure dite, sous l'œil narquois des ouvriers, la mer était basse et le bateau échoué! La belle ordonnance théorique de mon projet bien planifié s'écroula lamentablement, détruite par le simple oubli du paramètre principal... mésaventure qui guette, je le crains, la politique de promotion sans fin d'une mondialisation insensée dont la base énergétique, qui pourtant commande tout, va en partie s'évaporer à relativement court terme.
    Pour couronner le tout et nous "redonner espoir", les "altermondialistes", après avoir dénoncé à juste titre les aspects néfastes de la mondialisation tout en passant sous silence ses conséquences bénéfiques, proposent des politiques nouvelles dont certaines sont d'un irréalisme tel que l'on se demande ce qu'il faut en penser: angélisme, idéologie, mauvaise foi, dogmatisme, stratégie de prise de pouvoir, conceptions intellectuelles inaccessibles au commun des mortels?...

    Cette article sera complété plus tard par le compte-rendu succinct du livre d'un auteur américain décrivant le destin des USA lorsque se manifesteront les effets de la fin du pétrole: c'est totalement hallucinant!...et, je l'espère pour les habitants des Etats Unis, un peu exagéré. Il est à noter que, les structures étant différentes, les sociétés européennes s'en sortiraient un peu mieux... ou plutôt un peu moins mal!
    Mais, pour reprendre le sous-titre de ce livre, cette fin du pétrole abondant et bon marché sera sans conteste, pour le monde entier, "le vrai défi du XXIe siècle"...

    Alain Rouyé

    COMMENTAIRE SUR L'ARTICLE PRECEDENT

    Par B. Durand, géologue pétrolier

    J'ai trouvé fort utile l'article de Monsieur Rouyé "demain, la mer sera basse" car il attire notre attention sur les risques que comportent pour notre pays certaines des évolutions actuelles à terme relativement bref.
    Il m'inspire trois remarques:
    1. La mesure de la richesse matérielle des nations suppose un inventaire précis de ce qui constitue cette richesse, mais aussi l'existence d'un instrument de mesure et la connaissance des incertitudes qui s'attachent à l'utilisation de cet instrument. Fort peu d'économistes et encore moins de journalistes daignent éclairer l'opinion à ce propos. Or il y aurait beaucoup à dire. Voici quelques exemples:
      • Dans la comptabilité actuelle, la diminution du nombre d'accidents sur les routes ou de la consommation de tabac entraîne une diminution de revenu des garagistes, des buralistes, des médecins etc et donc une diminution de notre croissance et de notre produit intérieur brut (PIB). Est-ce pour autant un mal?
      • L'augmentation du prix des logements en France a augmenté sensiblement la fortune de ceux qui en possédaient un et a également augmenté notre PIB. En sommes-nous pour autant réellement plus riches?
      • L'appréciation de 35% en deux ans de la valeur de l'Euro par rapport au dollar a fait augmenter notre richesse d'autant puisqu'elle est calculée en dollars. A qui cela profite-t-il, hormis ceux qui vont faire leurs courses aux Etats-Unis?
      Il faut aussi réaliser qu'une grande partie de l'économie échappe à la comptabilité: travail au noir, travail réalisé chez eux par les particuliers ( travaux ménagers, aménagements des habitations, jardinage...), échanges informels de produits...
      On voit bien l'irréalisme de ce type de calcul. Dans ces conditions, il y a lieu d'être très méfiant sur les conclusions des dizaines d'ouvrages qui traitent en peu de pages de ces questions, et l'ouvrage de Monsieur Baverez ne fait pas exception. Il s'agit donc plus d'opinion que de raison. Malheureusement, il est impossible à l'heure actuelle de trouver un ouvrage critique vraiment solide pour éclairer notre lanterne.
      D'autre part, il y a dans l'appréciation de la situation d'un pays beaucoup d'éléments autres que le PIB.
      Certains sont objectifs, comme la proportion de pauvres dans la population, la proportion d'illettrés, l'espérance de vie, la santé etc et sont pris en compte par d'autres indices comme par exemple l'indice de développement humain élaboré par les Nations-Unies.
      D'autres sont subjectifs comme la qualité de l'alimentation, le temps libre etc. Je préfère pour ma part de ce point de vue vivre en France qu'aux Etats-Unis ou en Angleterre, même si leur PIB est actuellement déclaré comme supérieur au nôtre.

    2. Le nucléaire est indiqué comme une énergie terriblement dangereuse: certes il y a eu Tchernobyl ( 60 morts directes, y compris les cancers de la thyroïde des enfants, jusqu'à peut-être 4000 morts prématurées par cancer dans les années à venir, et sans doute bien plus du fait de la dégradation des conditions de vie et de l'affolement entretenu par les médias ) mais chacun aura remarqué que rien de tel ne s'est produit dans les pays occidentaux, même s'il y a eu quelques alertes sérieuses, Three Mile Island aux Etats-Unis par exemple.
      Et la presse est curieusement muette au sujet des dégâts infiniment plus importants provoqués par l'utilisation des autres formes d'énergie.
      On estime à 20.000 par an, dont la moitié en Chine, le nombre de morts provoqués par les accidents dans les mines de charbon ( rappelons nous la catastrophe de Courrières en France, la plus importante parmi tant d'autres, 1200 morts en 1906) et environ dix fois plus la mortalité due à la silicose, maladie provoquée par l'inhalation des poussières de silice extrêmement fines dégagées par l'abattage du charbon.
      La pollution atmosphérique due à la combustion du charbon entraîne une mortalité encore bien supérieure ( certains avancent qu'en Chine 10 à 20% de la mortalité actuelle lui serait due!).
      Je commence à dessein par le charbon, car c'est le concurrent direct du nucléaire dans la production d'électricité. Le remplacement du charbon par le nucléaire aurait donc, contrairement à l'opinion générale, un effet extrêmement positif sur la santé publique.
      Mais les autres formes d'énergie méritent aussi quelques commentaires: la mortalité entraînée par l'ensemble pétrole plus gaz naturel est également très importante, environ la moitié de celle entraînée par le charbon du point de vue des accidents ( accidents sur les plate-formes de forage et de production, explosions de raffineries, pipes-lines et canalisations, naufrages..).
      La mortalité due à la pollution atmosphérique est égalemment importante ( rien qu'en France, on estime la mortalité due à la pollution des automobiles entre 10 000 et 30 000 par an pour l'ensemble des grandes villes).
      Quant aux énergies renouvelables, environ 40.000 morts auraient été entraînées par la rupture de barrages au cours des 40 dernières années ( rappelons-nous Malpasset en France, 421 morts et Longarone en Italie, 2000 morts) et les morts dues à l'utilisation mal contrôlée du bois de chauffage sont innombrables ( accidents d'abattage, intoxications par l'oxyde de carbone, incendies, pollution atmosphérique etc.). Et que dire des conséquences à terme de l'augmentation de l'effet de serre dont la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel, mais aussi du bois car à l'échelle mondiale on brûle plus d'arbres qu'on n'en replante, sont responsables. Mais le nucléaire civil est toujours présenté comme "terriblement dangereux"(1) alors que c'est l'énergie qui a de très loin entraîné le moins de dégâts au cours des quarante dernières années et qu'il est très facile de le démontrer.
    3. Le pétrole: c'est effectivement un très gros problème qui n'est pas suffisamment évoqué: on annonce 40 ans de réserves au rythme actuel de consommation, ce qui n'a aucun sens car ce rythme augmente très rapidement en particulier sous l'effet du développement rapide de la Chine et de l'Inde. En fait le problème provient de la faiblesse des découvertes de nouveaux gisements: depuis maintenant 25 ans, on découvre moins de pétrole qu'on en consomme. Or si dans un premier temps après sa première mise en production il est facile d'extraire le pétrole d'un gisement, après dix à quinze ans cela devient de plus en plus difficile et sa production annuelle décline. La profession estime que d'ici une dizaine d'années environ, la production de l'ensemble des gisements mondiaux va commencer à décliner inexorablement. Or la demande continue elle aussi à croître inexorablement. Bien avant que les gisements soient épuisés, la quantité de pétrole qu'il sera physiquement possible de mettre sur le marché va donc commencer à décroître alors que la demande sera très vive si nous ne faisons rien pour la réduire.
    Un choc pétrolier, durable parce qu'il aura des causes physiques et non politiques, est donc à notre porte dans l'indifférence générale, car si le phénomène est bien connu de la profession, les médias, sauf quelques journaux spécialisés s'en désintéressent complètement! Il serait vital de commencer à réduire notre consommation. Mais les constructeurs automobiles n'ont jamais autant vendu de SUV!

    B.DURAND, géologue pétrolier

    (1) cette expression, que M.DURAND juge excessive, a été effectivement employée dans l'article précédent critiqué ici; pour tenir compte de cette critique, j'ai ultérieurement remplacé " la terriblement dangereuse énergie nucléaire" par "la controversée énergie nucléaire": à la lumière des arguments développés ici et compte tenu des oppositions virulentes que suscite le nucléaire dans de nombreux pays, cette terminologie est un reflet plus fidèle de la réalité. (AR)

    DECHETS NUCLEAIRES ET MONDIALISATION

    3 juin 2006

    Le problème des déchets nucléaires à forte radioactivité et à très longue durée de vie est largement un mythe. Savez-vous que la totalité des déchets de cette nature produits jusqu’à présent en France, en y comprenant les déchets des centres de recherches, ceux des services hospitaliers de médecine nucléaire et ceux de l’industrie autre que l’industrie électronucléaire tiendrait dans un cube de 12 mètres de côté, soit 1/2000ème du volume de la cavité qu’il était prévu de creuser à Portebroc?

    Comme les ressources en uranium sont limitées, le volume de ces déchets ne pourra de toutes façons jamais être très considérable. D’autre part la très grande partie de ces déchets est insoluble dans l’eau et ne peut donc se déplacer loin de son site d’enfouissement. Cet enfouissement ne devrait donc pas poser de réel problème, même à terme lointain. Il faut cependant s’en préoccuper. Les enfouir dans les zones de subduction ( 1 ) n’est pas stupide, mais en agissant ainsi on perd le contrôle sur leur devenir: la subduction est un phénomène extrêmement lent à l’échelle humaine et les colis de déchets seraient exposés très longtemps à faible profondeur à de l’eau salée corrosive.

    La meilleure solution est sans doute de diminuer le volume de ces déchets en augmentant le rendement des centrales nucléaires et en en réutilisant une partie pour produire de l’énergie, puis d’enfouir les déchets ultimes dans une cavité souterraine à flanc de coteau ou en profondeur dans des sites très bien étudiés géologiquement.

    L’extrême attention portée aux déchets nucléaires est certes justifiée, mais elle a l’inconvénient de détourner l’attention des autres déchets que nous produisons, ce qui arrange bien du monde. Or le volume de ces autres déchets est bien plus important et une partie d’entre eux est d’une part très dangereuse et d’autre part a une durée de vie bien plus importante que celle des déchets nucléaires puisqu’elle est infinie alors que la radioactivité décroît avec le temps. Que l’on pense par exemple au cadmium provenant des fonderies de zinc ( on importe actuellement de Chine du sulfate de zinc riche en cadmium qui est allègrement répandu dans la nature sans précautions particulières) ou de certains phosphates utilisés pour faire des engrais. Que l’on pense au mercure contenu dans les amalgames dentaires ou dans certaines piles électriques. Que dire de l’amiante dont les dangers étaient connus depuis très longtemps alors qu’aucune précaution n’était prise!

    En ce qui concerne la mondialisation, je pense qu’elle survivra au pétrole. En effet elle trouve selon moi son origine beaucoup plus dans le progrès très rapide des techniques d’information et de communication qui provoque un brassage de cultures différentes et l’alignement de la plupart sur les méthodes occidentales. Par contre l’augmentation du prix du pétrole et plus généralement de l’énergie, en renchérissant le coût du transport, peut provoquer des « relocalisations » en rendant rentables des activités de proximité qui ne le sont plus actuellement.

    Mais la pénurie d’énergie qui nous attend à terme relativement bref si nous continuons sur la lancée actuelle aura des effets très importants car elle entraînera une diminution du niveau de vie moyen de la population « mondialisée » . Cette diminution du niveau de vie sera la plus considérable en valeur relative dans les pays actuellement très consommateurs d’énergie comme le nôtre. Il est donc urgent d’entreprendre d’augmenter notre efficacité énergétique, c’est-à-dire de diminuer la quantité d’énergie nécessaire pour produire une quantité donnée d’un bien matériel, mais aussi d’apprendre une certaine modération qui n’est pas incompatible avec le bien-être.

    B. DURAND
    Géologue pétrolier

    ( 1 ) L'auteur se réfère à une demande de ma part concernant la possibilité de se débarrasser des déchets nucléaires en les déposant dans des zones de subduction où elles seraient entraînées par le mouvement des plaques tectoniques pour être finalement absorbées par le manteau sous-jacent (j'ai lu cette proposition dans un livre de Claude Allègre).

    Commentaire de Forum 17:
    renseignements pris (Sciences et Avenir de mars 2006), vous avez raison concernant les déchets nucléaires de haute activité à vie longue (déchets C, plusieurs centaines de milliers d'années) qui ne représentent que 1% en volume. En revanche, les déchets B à faible et moyenne activité et vie longue représentaient 89918 m3 en 2002 (source: revue "Sciences et avenir"): ils sont abondants et suffisamment radio-actifs pour être dangereux pendant une très longue période. Si l'on accroit significativement la production d'électricité nucléaire, le problème sera réél, ce qui ne veut pas dire qu'il ne sera pas traité avec une efficacité raisonnablement acceptable.

    Comme vous, je suis convaincu que tous les déchets industriels que l'on déverse dans l'environnement sont potentiellement dangereux bien que l'on s'en préoccupe moins que des déchets nucléaires.

    Peut-être sera-ce la fin du pétrole bon marché qui, en entraînant une récession économique mondiale, évitera à la planète une catastrophe de trop grand ampleur. Encore faudra-t-il gérer les conséquences de la diminution du niveau de vie dans les pays riches que vous évoquez dans votre article. Je crains que cela ne se passe pas sans heurts, car je ne vois pas poindre la "modération" que vous appelez de vos vœux ...

    Alain Rouyé


    DESENSABLONS POUR REENSABLER

    Désensablement de la coursière des Lézards
    Réensablement de la plage de la Cèpe à Ronce les Bains

    Article paru dans le Littoral N°5024 du 3 mars 2006




    14 mars 2006.

    Le désensablement de la Coursière des Lézards / Réensablement de la plage de la Cèpe à Ronce les Bains, dossier pourtant on ne peut plus urgent depuis la tempête de 99, a souvent été évoqué dans ces pages (plusieurs conseils municipaux en 2004 et 2005, le dernier en date étant celui du 30 novembre) et l'enquête publique est ouverte en mairie depuis le 13 février dernier.

    L'enquête publique ne fait pas recette

    Le premier dossier a été déposé par la Section Régionale, au titre de la gestion du DPM concédé, le deuxième par le Syndicat des Pertuis au titre de la défense des côtes.

    Vendredi dernier, après trois semaines d'enquête, le commissaire enquêteur nommé par la préfecture, Monsieur Raymond Aupy de Fouras, s'étonnait de n'avoir vu personne, le registre mis à disposition du public étant également vierge de toute annotation. Il s'agit pourtant d'un problème qui touche beaucoup de monde, en particulier les ostréiculteurs qui sont nombreux à ne plus pouvoir exploiter leurs parcs et à réclamer cette opération. Le principe des enquêtes publiques est qu'il faut se manifester sur les registres mis à disposition, qu'on soit contre ou qu'on soit pour le projet mis à l'enquête, faute de quoi, comme ici, l'absence de réaction pourrait être interprétée comme un désintérêt de la part des personnes concernées, ce qui risque, en période de restriction budgétaire, de faire annuler l'opération. L'enquête sera close lundi soir 13 mars à 17h, il reste donc peu de jours pour aller mettre ses observations sur le registre, ou encore lundi, rencontrer le commissaire enquêteur qui sera présent de 14 h à 17h.

    Les enquêtes publiques, à quoi ça sert ?

    A respecter la loi, bien sûr, mais est-ce suffisant pour faire déplacer les administrés ? Ils étaient pourtant venus très nombreux lors de l'enquête publique (*)concernant le Plan de Prévention des Risques, une des dernières grosses enquêtes publiques réalisées sur la commune de La Tremblade, en remplissant consciencieusement des dizaines et des dizaines de pages avec propositions, demandes de rectification et autres avis de toute sorte, en discutant avec le commissaire enquêteur... en vain, comme lors des quelque 20 000 enquêtes publiques annuelles. Dès lors, on peut demander quel crédit accorder à ces procédures. Poser la question, c'est un peu y répondre; peut-on s'étonner alors de ce manque de participation alors que les dossiers sont déjà ficelés ? Entre faire l'effort de se déplacer pour donner son avis, car "Qui ne dit mot consent" et rester bien au chaud à la maison, persuadé que les jeux sont déjà faits, le citoyen a choisi.

    Il attend peut-être une autre forme en participation, en amont des projets, avec commissions extra-municipales et tables rondes entre simples usagers et pouvoirs publics et non pas en aval quand tout est déjà décidé et gravé dans le marbre administratif.

    (*) Sur les dizaines de demandes de modifications de zonage, de reproches divers sur le manque de clarté des plans et de contestations de points de règlement (126 pages et 138 demandes), le commissaire enquêteur n'avait retenu que 7 remarques dans son rapport final rendu au préfet. Le projet « remanié » après enquête publique n'avait finalement pris en compte qu'une seule revendication, celle d'un propriétaire dont quelques prés du côté de Bouffard avaient par erreur été classés en zone risque feu de forêt. Un déclassement partiel de ces terrains a été in fine le seul résultat tangible des quelque cent pages de l'enquête publique.




    Le commentaire de Forum 17: une fois de plus, Thierry PROUST, l'auteur de l'article, cerne un vrai problème: comme il l'écrit, il est patent que les décisions administratives sont déjà prises lors du lancement des enquêtes publiques et que, bien à l'avance, "les dés sont jetés". Il ne reste qu'un simulacre de démocratie, seulement destiné à appliquer la forme de la loi mais non son esprit.
    J'ai évoqué cette évidence devant le commissaire-enquêteur pour expliquer le désintérêt du public pour l'enquête en cours. Il m'a assuré que les enquêtes étaient utiles et que les rapports tenaient compte des avis récoltés. L'article de Th.PROUST semble démontrer le contraire.

    Pour le sujet qui nous occupe, il est évident que l'enquête sur un projet utile et bénéficiant d'un réél consensus ne déplace pas les foules: tout le monde est d'accord, pense que les travaux sont décidés et qu'il est inutile de se déranger. Le public se manifesterait beaucoup plus en cas d'opposition, comme on l'a vu pour le port en ville.

    Cependant Thierry PROUST nous met à juste titre en garde: les pouvoirs publics pourraient prendre prétexte du manque de réaction des administrés pour annuler une opération pourtant approuvée par le plus grand nombre.

    Moralité: il serait prudent de faire preuve d'un peu plus de civisme... (AR)

    COMMENTAIRES SUR LES ENQUETES PUBLIQUES
    Courriel adressé à Forum 17

    L'absence du public dans le cas de l'enquête sur la coursière des Lézards signifie peut-être tout simplement que du point de vue de la majorité des personnes concernées, il n'y avait pas d'enjeu.

    J'ai l'expérience de l'enquête publique faite à l'occasion du projet de carrière de sable à Portebroc sur la commune des Mathes, où l'enjeu était très important, en particulier pour les habitants de Dirée parce qu'ils étaient menacés de voir la rue principale, étroite et sinueuse, empruntés par une noria de camions de 38 tonnes pendant 25 ans.

    Cette enquête a débuté de manière très confidentielle. Certes la loi était respectée puisque l'enquête était annoncée a minima dans les mairies ainsi que sous la forme d'une pancarte située à ras de terre aux environs du site projeté. Mais la loi ne se préoccupe pas de faire vérifier que les personnes concernées ont été réellement mises au courant et les élus ne s'en préoccupent pas non plus.

    Les membres de l'association créée pour représenter les habitants de Dirée ont pu constater que les remarques faites au commissaire-enquêteur qui allaient contre la création de cette carrière étaient passées sous silence ou minimisées dans le rapport d'enquête publique. Ils ont pu également constater qu'aucune étude géologique n'avait été demandée pour contrôler la réalité de la ressource ni aucune étude hydrogéologique pour s'assurer des conséquences de cette carrière sur la pollution de la nappe phréatique et des sites ostréicoles situés en aval.

    Finalement, la commission des carrières, a reconnu l'absence d'étude d'impact et les dangers que représentaient cette carrière pour son environnement proche et plus lointain et n'a pas suivi le commissaire-enquêteur. Le préfet a ensuite refusé d'autoriser cette carrière. La mobilisation du public a été ici rapidement forte et s'est amplifiée avec le temps parce que l'enjeu était important. Tout cela pose évidemment des questions sur les principes qui régissent les enquêtes publiques et la façon dont elles sont menées.

    B.DURAND, vice-président
    de l'Association pour la sécurité routière
    et la défense du cadre de vie à Dirée.

    Commentaire de Forum 17: il ressort de la chronique ci-dessus que, devant une loi respectée "a minima" mais dans des conditions telles que l'on peut penser qu'il était prévu que le projet soumis à l'enquête passerait inaperçu, il a fallu qu'une association créée par quelques personnes dévouées et compétentes prennent les choses en main pour éviter que des décisions soient prises en catimini, contre l'avis et les intérêts de la population.
    Là encore, l'esprit de la loi a été bafoué. C'est inquiétant...(AR)



    Compte-rendu succinct de l'enquête publique
    concernant la coursière des Lézards

    Photos Th.Proust
    L'énorme monticule de sable a entièrement bouché la "Courbe des Lézards", endroit où la coursière des Lézards se jette dans le coureau, entre la pointe du Galon d'Or et le Sable de Ronce, banc occupé par des parcs ostréicoles. Il est bien visible que le sable commence à envahir ces parcs.
    15 mars 2006.

    Lundi 13 mars 2006, à 17 heures, les deux enquêtes publiques en cours à la mairie de La Tremblade, l'une concernant le désensablement de la coursière des Lézards, l'autre le réensablement de la plage de la Cèpe, sont closes.
    Un peu désabusé mais point débordé, le commissaire-enquêteur ne peut que constater un bilan plutôt léger: quatre avis (tous favorables) concernant la coursière des Lézards et deux avis (également favorables et dont l'un préconise la construction d'épis avec des sacs de sable) pour la Cèpe!
    Lorsque je suis parti à 17 heures, le commissaire, sur son ordinateur portable, finalisait son rapport qui ne demandait pas un gros travail de réflexion pour intégrer les remarques des trembladais!
    Il m'avait auparavant fait part de son étonnement de n'avoir pas reçu la visite des écologistes. Lui ayant répondu que leur absence montrait simplement qu'ils n'étaient pas opposés au projet, il m'a détrompé: "c'est étonnant car ils ne sont jamais d'accord sur rien". Une anomalie dont ne se plaignait pas le commissaire et qui lui a simplifié la vie!

    Je n'ai pas consulté les deux volumineux dossiers techniques et je me suis contenté des quelques renseignements suivants, donnés à ma demande par le commissaire:

    • En ce qui concerne la coursière des Lézards

      • Il est prévu d'enlever au maximum 100.000 m3 de sable.

      • Le creusement sera effectué par des pelleteuses et le sable stocké sur place dans un premier temps.

      • Après la saison estivale, 25.000 m3 seront chargés dans des camions, à destination de la plage de la Cèpe. Les camions emprunteront la route touristique.

      • Le sable restant sera utilisé pour renforcer la dune de la pointe du Galon d'Or.

    • En ce qui concerne la plage de la Cèpe:

      Les travaux seront réalisé après la saison estivale, en principe au cours de l'automne prochain.

      • Sur 700 mètres, de la place Brochard à l'extrémité ouest du brise-lames, il sera déposé du sable avec une épaisseur moyenne de 60 centimètres, sur une largeur de 30 mètres, avec une pente de 8,14% (?): c'est ce que m'a annoncé le commissaire après l'avoir lu dans le dossier technique. Un ensablement régulier partant d'une hauteur de 1,20m jusqu'à zéro (correspondant à la hauteur moyenne de 0,60m prévue) sur 30 mètres donnerait une pente de 4%. Il n'est donc pas prévu un profil régulier. Quant à la pente à 14/100e près!...

      • La première partie de la plage, sur 400 mètres à partir du brise-lames, recevra une épaisseur moyenne de sable de 70 centimètres sur une largeur de 40 mètres, avec une pente de 6%.

      • La partie suivante de la plage sera recouverte d'une hauteur moyenne de 80 centimètres de sable sur une largeur de 25 mètres, avec une pente de 12,48%.

      • Le haut de plage sera aménagé pour canaliser le passage des visiteurs (pose de ganivelles ou de barrières en barbelés), comme sur la côte sauvage, délimitant des zones interdites au piétinement pour faciliter la pousse d'une végétation destinée à fixer le sable.

    Il y a tout lieu de penser que cette opération sera une totale réussite, à l'image de la réhabilitation de la Grande Conche à Royan.

    Alain Rouyé

    Election Présidentielle
    Programme utopique pour le futur
    Formulation qui a vocation à être remaniée au cours des campagnes électorales du futur.
    Selon la pratique habituelle du site et pour une meilleure transparence, tous les éventuels ajouts ultérieurs seront inscrits en vert.

    Programme présidentiel pour le futur

    13 janvier 2007 (Mis à jour en 2014).

    En écoutant et lisant ce qui se dit et s'écrit au sujet des programmes politiques en cours d'élaboration en vue de l'élection à la Présidence de la République, je me prends à rêver d'un programme qui ferait la synthèse de tous ceux qui vont être proposés à nos suffrages et ne se plierait pas à des contraintes électoralistes et/ou dogmatiques.
    Dans mon esprit, ce programme devrait allier efficacité économique et justice sociale:
    • efficacité économique nécessaire:
      • pour sortir une France qui vit actuellement au-dessus de ses moyens de l'impasse d'une dette colossale aux conséquences futures dommageables;
      • pour augmenter le niveau de vie des classes les plus modestes et pérenniser le système de protection sociale;
      • pour endiguer le chômage.
    • justice sociale indispensable:
      • pour continuer à aider les plus défavorisés et les chômeurs, à soigner correctement les malades et à payer des retraites décentes aux anciens;
      • pour mettre fin à l'injustice profonde d'une société inégalitaire où la protection absolue d'une partie de la population a pour corollaire la précarisation des agents économiques soumis à la concurrence mondialisée et la prise en otage périodique de l'économie nationale;
      • pour tenter de réussir l'intégration des immigrés d'origine africaine sans se résoudre à la communautarisation qui menace une société dont ce n'est pas la tradition historique.

    L'objectif serait de concilier l'efficacité de l'appareil de production de richesses accompagnée d'un taux de chômage maîtrisé propre au libéralisme à l'anglo-saxonne et le maintien du haut niveau de solidarité nationale qui caractérise notre modèle de société mais qui risque de disparaître à terme si des réformes drastiques ne sont pas mises en œuvre rapidement.
    Le calendrier des réformes, la hiérarchisation de leur urgence et l'ordre de leur priorité serait de la responsabilité du personnel politique. Il va de soi qu'elles devront être étalées dans le temps et qu'il serait sage de n'engager de nouvelles dépenses que lorsque les réformes auront commencé à assainir les finances du pays.

    Efficacité économique

    Il est illusoire de croire, d'une part, que l'on peut travailler (donc produire) moins tout en gagnant plus et, d'autre part, de penser que l'on pourrait renoncer à la semaine de travail de 35 heures qui est maintenant considérée comme un acquit social non négociable.

    • Il faudrait donc, pour que notre pays ne soit plus défavorisé par rapport à ses concurrents étrangers, ne plus interdire à ceux qui le veulent de travailler plus longtemps pour gagner plus.
      Cela suppose de libéraliser totalement le nombre d'heures supplémentaires autorisées ainsi que le travail du dimanche, en laissant le libre choix aux salariés de refuser, sans que cela puisse mettre en cause leur contrat de travail.
      En contre-partie, ces heures supplémentaires devraient être bien dédommagées en revenant à la règle ancienne: 8 heures payées 25% de plus au delà de 35 heures hebdomadaires et 50% de plus pour les suivantes; le travail de nuit et du dimanche devrait être payé double.
      Les heures supplémentaires ne devraient pas être soumises aux cotisations sociales ou, à tout le moins, devraient bénéficier d'un régime allégé.
      Pour éviter les abus, un nombre maximal d'heures supplémentaires, décomptées annuellement (et non hebdomadairement, comme autrefois), devrait être notifié, en accord avec les syndicats.

    • Les réformes indispensables devraient recueillir un large consensus.
      Pour négocier, il faudrait des syndicats forts et ne représentant plus majoritairement les fonctionnaires, comme c'est le cas actuellement, ce qui les conduit à ne défendre, sous prétexte d'un "service public" fallacieux, que les intérêts des plus favorisés, au détriment de la masse des salariés non protégés par un statut. Une obligation d'adhérer à un syndicat choisi par le salarié devrait être liée à toute embauche dans une entreprise, cette dernière étant chargée de déduire du salaire la contribution syndicale.
      Le vote secret devrait y être légalement obligatoire.

    • Le Code du travail, actuellement scandaleusement long et compliqué, devrait être réduit à des règles simples, le moins nombreuses possible et applicables à tous les salariés du public comme du privé. L'auteur de ces lignes a autrefois été traité de "délinquant" par un inspecteur du travail parce qu'il ignorait, de bonne foi, une des règles de licenciement contenues dans le Code du travail, gros comme un dictionnaire, que ce dernier lui brandissait sous les yeux!

    • Un contrat de travail à durée indéterminée devrait être délivré à tout citoyen dès sa majorité, sous la forme d'une carte électronique ou d'un livret, valable pour toute la durée de sa vie active; il deviendrait opérationnel dès la première embauche de son titulaire par une entreprise. Il pourrait être mis en sommeil puis réactivé autant de fois que nécessaire pour s'adapter à la trajectoire de chacun. Il suivrait les salariés (y compris les fonctionnaires dont le statut disparaîtrait) tout au long de leur vie professionnelle, d'entreprise en entreprise (publique ou privée). En période de chômage, ce contrat serait visé par l'ANPE et il suivrait le salarié dans les stages de formation.
      Les cotisations retraites versées par le salarié et l'employeur financeraient un système à points, centralisé dans un organisme unique, en remplacement de l'actuel système par validation d'annuités. L'âge légal de la retraite à 60 ans disparaîtrait et chacun serait libre d'arrêter de travailler quand il jugerait avoir acquis suffisamment de points. L'injustice des cotisations payées et non validées pour insuffisance du nombre de jours travaillés mensuellement n'existerait plus.
      Ainsi, un document unique retracerait l'histoire professionnelle de chacun d'eux et servirait de base au calcul de sa retraite et l'on pourrait même, en accord avec les autres pays, mettre au point un portage des droits acquis entre entreprises européennes.
      Le problème de l'augmentation du salaire liée à l'ancienneté, lors d'une nouvelle embauche, pourrait faire l'objet d'une certaine indemnisation fiscale pour cette entreprise.
      En application des principes de la flexi-sécurité, le licenciement devrait être libre de toute contrainte, pour les entreprises comme pour l'Etat et les travailleurs licenciés devraient être correctement indemnisés et soutenus avec efficacité dans la recherche d'un nouvel emploi, jusqu'à l'âge de leur retraite.

    • Les entreprises nouvelles devraient pouvoir être créées le jour même, en s'adressant à un guichet unique qui délivrerait toutes les autorisations et immatriculations nécessaires. Les pièces justificatives pourraient être envoyées par internet et les frais d'immatriculation payés par carte bancaire. Avec l'informatique et le croisement des fichiers, l'obstacle n'est autre que le manque de volonté politique et l'inertie administrative.
      Ces entreprises nouvelles devraient être exonérées d'impôts et de charges pendant les premières années de leur existence.
      Les entreprises innovantes ("start up" dans les pays anglo-saxons et "gazelles" ou "jeunes pousses" en France) devraient trouver facilement des investisseurs grâce à des aides fiscales adéquates. Des prêts publics à bas taux d'intérêt ainsi que l'accès préférentiel à certains marchés publics devraient leur être réservés. Des crédits d'impôt pour la recherche devraient leur être proposés.
      Un service public de la caution (proposé par la candidate socialiste en 2007), en facilitant l'obtention de prêts pour les PME, serait très bénéfique et pousserait peut-être les banques à prendre des risques, ce qu'elles ne font guère actuellement.
      La défiscalisation des revenus des brevets, limitée dans le temps et réservée aux nouvelles entreprises, ainsi que l'allégement des charges pour les premiers emplois créés, devrait aider ces entreprises à se développer.
      L'important gisement d'emplois représenté par les PME est mal exploité en France, faute d'une législation fortement incitative.

    • La politique d'allégement des charges sur les bas salaires devrait être poursuivie. François BAYROU a proposé en 2007 de permettre aux entreprises de créer deux emplois sans charges, sauf la cotisation pour la retraite. Cette mesure ne devrait être appliquée qu'aux TPE: pour les entreprises plus importantes, on n'obtiendrait qu'un "effet d'aubaine", sans création d'emplois supplémentaires.
      Il propose également d'imposer à l'Etat, dans ses relations avec les entreprises, ce qu'il impose aux autres, notamment pour les conditions de paiement.
      L'un des buts de la réforme administrative devrait être de simplifier au maximum la paperasserie et les formalités imposées aux entreprises: internet devrait y aider ainsi que l'instauration de guichets uniques, par des regroupements de services administratifs.

    • Les seuils de niveau de personnel concernant la représentation syndicale au sein des entreprises devraient être supprimés: à partir de 11 salariés les contraintes commencent, si bien qu'il y a foule d'entreprises de 10 salariés qui auraient les moyens d'embaucher des employés supplémentaires. Le fait de rendre obligatoire l'appartenance syndicale rend ces seuils bien moins nécessaires.

    • La formation professionnelle des adultes devrait être réformée dans le but de renforcer son efficacité et d'évaluer ses performances dans la transparence.
      La France y aurait consacré 23 milliards d'euros en 2005 pour des résultats très insuffisants. (Source: Jacques MARSEILLE, dans un article du Point du 1/02/2007 relatant des extraits de son ouvrage: Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007).
      Actuellement, une foule d'organismes dépendant de très nombreux acteurs délivrent des prestations souvent médiocres dans la plus totale opacité. Il faudrait tout réorganiser, avec pour objectif le meilleur niveau possible d'enseignement, en éliminant les rentes de situation et les mauvaises habitudes acquises, en particulier les détournements de fonds pour financer des syndicats. Quelques grandes filières en concurrence et bien évaluées, vaudraient mieux que l'éclatement actuel des structures dans une opacité permettant toutes les dérives.
      La formation professionnelle devrait être un droit pour chacun tout au long de sa vie active.
      L'apprentissage devrait être réhabilité et assorti de la garantie de pouvoir reprendre plus tard des études en disposant d'un crédit-formation. (François de Closets dans Plus encore (Fayard/Plon), page 222.)

    • La modernisation administrative devrait devenir la règle et toute nouvelle loi, en lieu et place de l'empilement actuel, devrait entraîner obligatoirement l'abrogation ou le toilettage des lois précédentes sur le même sujet. L'Etat devrait être géré comme une entreprise, avec des objectifs précis à atteindre et une évaluation des résultats. C'est théoriquement en cours, dans le cadre de la LOLF (loi organique sur les lois de finance), mais cela devrait être déclaré absolument impératif et prioritaire.
      Des sanctions pécuniaires devraient pénaliser les fonctionnaires récalcitrants, improductifs ou incompétents.
      La simplification des structures devrait être systématique et toutes les commissions, comités, agences et autres organismes inutiles ou faisant double emploi devraient être supprimés. La création d'une nouvelle organisation devrait entraîner l'obligation de démanteler celle qu'elle remplace: je crois savoir que la règle actuelle est plutôt de laisser en place ce qui est devenu obsolète et que cela crée de nombreuses sinécures qui grèvent toujours plus le budget de l'Etat.
      La compléxité devrait être remplacée par la plus grande simplicité pour l'efficacité maximum: il faudrait unifier les organismes comme par exemple l'ANPE et les ASSEDIC, les services des impôts (calcul et collecte), les innombrables caisses de retraite, etc, etc...; il faudrait moins de niveaux dans l'administration du pays, des Régions plus grandes, moins de communes, peut-être supprimer l'échelon du Département... La liste est longue où Kafka et le règne des sinécures et de la gabegie sont la règle!

    • La décentralisation devrait être réformée afin de réduire les sept à huit niveaux d'autorité publique nationale (hors Union européenne) que compte Nicolas BAVEREZ en 2007, dans son livre Que faire? Il faut clarifier la répartition des compétences entre l'Etat et les instances régionales et répartir clairement la charge fiscale et la responsabilité financière afin que, je cite BAVEREZ:"les citoyens sachent qui décide, qui prélève et qui dépense, afin de pouvoir exercer un contrôle éclairé sur les choix et la gestion des détenteurs du pouvoir."
      En 2014, le gouvernement socialiste semble vouloir s'attaquer au "mille-feuilles" qui caractérise la gestion administrative de la France. Il est question de réduire à 11 le nombre des Régions, de supprimer les départements ou tout au moins les conseils généraux, de diminuer le nombre des communes grâce à l'intercommunalité et de supprimer la clause de compétence générale (supprimée par le président SARKOZI et rétablie par le premier ministre AYRAULT en 2013, permettant à nouveau que tous les niveaux administratifs, de la commune à la région, puissent décider de tout, dans tous les domaines, avec les dérives que l'on avait pourtant constatées).

    • La liberté de gestion devrait être concédée aux responsables dans tous les secteurs de l'Etat et la souplesse dans les procédures devrait remplacer la rigidité actuelle. L'évaluation du fonctionnement de ces administrations et organismes sous tutelle (enseignement, recherche, énergie, transports, etc...) par des entreprises indépendantes devrait être systématique et remplacer le contrôle des admistrations par elles-mêmes.
      Le train de vie de l'Etat devrait être réduit et nombre de dépenses indécentes éliminées: sinécures pour les amis politiques à recaser, logements de fonction abusifs, réceptions somptuaires, flottes de voitures à motards, voyages en avion inutiles, services et fonctionnaires en surnombre, etc, etc...
      Le nombre des agents devrait être adapté en permanence à la charge de travail réelle; la disparition des statuts rigides des fonctionnaires le permettrait. On éviterait ainsi des aberrations telles que la pléthore de personnel dans un ministère comme celui de l'Agriculture tandis que diminue le nombre des cultivateurs dans les champs!
      Les règles constantes de gestion devraient être: souplesse et adaptation, responsabilisation, évaluation indépendante et transparence.
      La Constitution devrait interdire que le budget de l'Etat soit en déficit et que l'endettement puisse financer des dépenses de fonctionnement; seules les dépenses d'investissement seraient autorisées à être financées par l'emprunt.

    • La recherche doit être une priorité absolue: l'avenir du pays en tant que puissance économique en dépend.
      La recherche privée devrait être encouragée et aidée.
      Le CNRS et les autres organismes de recherche d'état (INRA, CEA...) ne devraient plus avoir le quasi monopole de la recherche publique: les universités devraient être financées pour y prendre une plus grande part, en coopération avec le privé.
      Les chercheurs des organismes de recherche publique ne devraient plus être des fonctionnaires nommés à vie: seuls les résultats devraient conduire leur carrière et non un statut. ("chercheur fonctionnaire", voilà une expression qui ressemble fort à un oxymore!) Passé le moment d'être imaginatifs et productifs, ils devraient se diriger vers l'enseignement.
      Davantage de transparence et une évaluation systématique des résultats des laboratoires par des organismes indépendants devraient permettre de démanteler les bastilles.
      Des contrats privilégiés devraient être proposés aux chercheurs français de premier plan installés à l'étranger, pour les inciter à revenir travailler en France.

    • L'enseignement devrait rester une priorité budgétaire.
      Dans l'enseignement primaire et secondaire, le nombre d'élèves par classe devrait être mieux adapté à leur niveau réél: dans les établissements à problèmes, ce nombre devrait être fortement diminué.
      L'Université devrait être gérée en coresponsabilité avec le ministère de l'Education. La désaffection des étudiants pour les disciplines scientifiques devrait être traitée. L'orientation devrait être assouplie pour permettre des changements en cas d'échec dans une voie; la terminale pourrait devenir une propédeutique préparant aux études supérieures. (programme de F.BAYROU en 2007)
      L'Université devrait être financièrement mieux dotée. En contre-partie, le coût réel de l'enseignement supérieur devrait être supporté intégralement par les étudiants des familles à haut revenu, comme aux USA. Pour les autres, ce coût devrait être remboursé progressivement, au cours de leur vie professionnelle, si leurs études les ont conduit à une profession lucrative.
      Ceux dont les revenus professionnels seraient insuffisants ne rembourseraient que partiellement ou pas du tout, selon le niveau de ces revenus.
      Les plus démunis devraient recevoir des bourses suffisamment généreuses pour mener, dans de bonnes conditions, leurs études à leur terme. En contre-partie, il leur serait demandé de servir de tuteurs à des élèves du secondaire en difficulté.
      Actuellement, le coût des études supérieures est en partie supporté par les familles à bas revenu, par le biais de la TVA, des taxes et des impôts locaux, alors que leurs enfants ne profitent généralement pas de ces études. C'est très inéquitable!

    • La politique d'aide à l'enfance et à la natalité (crèches, allocations, congés de maternité, congés parentaux, etc.) doit perdurer. La garde des enfants devrait être améliorée: toute personne ayant un emploi devrait être sûre de trouver, pour ses enfants en bas âge, une garderie gratuite et dont les horaires soient compatibles avec les horaires normaux de travail.
      La France a un taux de natalité proche du renouvellement de sa population (hors immigration clandestine) et c'est satisfaisant.

    • L'équilibre des pouvoirs entre le législatif et l'exécutif devrait être rétabli. Le Parlement devrait retrouver un rôle central dans l'élaboration des lois et de la politique à mettre en œuvre: il devrait avoir la maîtrise de son ordre du jour et ses commissions devraient posséder un pouvoir de contrôle et d'enquête effectif (comme aux USA) sur le gouvernement. En instaurant le non-cumul des mandats, (acquis en 2014, au moment de la mise à jour de ce programme) les élus pourraient travailler à temps plein au Parlement, leur indemnité parlementaire étant calculée au prorata de leur temps de présence réél.
      Les fonctionnaires, une fois élus à l'assemblée, devraient choisir entre quitter la fonction publique et abandonner leur nouveau mandat. Il est invraisemblable que l'assemblée soit peuplée d'une armée de fonctionnaires, simplement parce que, à la différence des personnes privées, ils ne prennent aucun risque professionnel. Cette distorsion fait que le pays n'est pas représenté dans sa réalité sociologique et que le statut de la fonction publique est privilégié au détriment des autres couches de la population.
      L'injection d'une dose de proportionnelle dans le scrutin majoritaire (avec des modalités à mettre au point par des spécialistes) devrait se donner pour objectif de rendre la représentation nationale plus équitable, tout en évitant l'écueil d'une majorité introuvable.
      Les électeurs devraient pouvoir obtenir, par l'exercice d'un droit de pétition, l'incription à l'ordre du jour de l'assemblée d'une question relevant de sa compétence.
      Certains sujets obtenant un consensus suffisant pourraient faire l'objet d'un référendum d'initiative populaire, l'initiative citoyenne étant combinée à une initiative parlementaire.
      Le pouvoir exorbitant du Président de la République de nommer à tous les emplois civils et militaires ainsi que le "domaine réservé" en politique étrangère devraient être soumis au contre-pouvoir du parlement. Une procédure "d'empeachment" devrait être mise en place.
      Actuellement, le Président, si son parti est majoritaire, est un souverain quasi absolu; a contrario, en cas de cohabitation, il n'a plus guère de pouvoir. C'est un système bien particulier! Si l'on veut conserver l'élection du président au suffrage universel, autant opter pour un régime présidentiel à l'américaine. Ou, à tout le moins, rendre obligatoire la démisssion du président s'il est désavoué par un vote national. De Gaulle l'a fait, mais pas ses successeurs, bien que cela soit dans l'esprit de la constitution! Une constitution dont le bon fonctionnement repose sur le sens du devoir de l'élu au poste suprême devrait être révisée pour éviter ce type de dérive.
      Le mandat présidentiel de 5 ans ne devrait pouvoir être renouvelé qu'une fois.

    Justice sociale

    La libéralisation indispensable à l'efficacité économique est devenue incontournable dès l'instant où la France, au sein de la Communauté Européenne, est immergée dans la concurrence impitoyable due à la mondialisation des échanges. Les conséquences de cette mondialisation rendent plus précaire la situation des travailleurs français dans les secteurs exposés. Il est donc impératif, dans un souci de justice élémentaire, de préserver "l'Etat providence", pour lui permettre de dispenser les aides rendant supportables les contraintes inévitables.
    Le financement et les prestations de la Sécurité Sociale devraient être équitablement répartis entre toutes les classes de la société. Ce n'est actuellement pas le cas, étant donné les disparités considérables entre les personnels "à statuts" (fonctionnaires et assimilés) et les personnels "exposés" à la concurrence: le système en place, totalement aberrant, consiste à mieux protéger ceux qui travaillent moins et ne risquent rien.

    • Dans les ZEP des banlieues, l'Education Nationale devrait prendre les mesures permettant aux élèves sérieux de travailler dans de bonnes conditions; pour cela, il faudrait mettre les élèves pertubateurs dans des centres spéciaux où ils seraient fortement encadrés et conduits à acquérir un minimum de bases intellectuelles et morales. Dans les classes ainsi rendues à la normalité par le départ des mauvais éléments, l'enseignement pourrait enfin être dispensé efficacement. Dans ces établissements actuellement défavorisés il faudrait mettre en place des filières d'excellence réservées aux bons élèves et tendant vers le niveau des meilleurs lycées.
      Pour tenir compte des astreintes particulières subies par les enseignants en ZEP, il faudrait qu'ils bénéficient d'un bonus financier et d'un déroulement de carrière avantageux. Il devrait être interdit d'y nommer des débutants. Bien au contraire, ces enseignants devraient recevoir une formation particulière, les mettant en situation de transmettre un savoir aux enfants de familles immigrées et pas encore suffisamment intégrés pour recevoir avec profit l'enseignement traditionnel. Les programmes eux-mêmes devraient être adaptés à ce public nouveau pour que leur contenu soit acceptable et assimilable. Lorsque les élèves s'ennuient en classe et rejettent à priori tout ce que l'on tente de leur apprendre, l'échec est certain et son coût, financier et humain, incommensurable.

    • La discrimination positive devrait devenir inutile si les dispositions prévues ci-dessus étaient efficaces. On éviterait ainsi les rancœurs et les frustrations que ce système ne manquerait pas de susciter chez ceux qui se sentiraient injustement dépossédés des emplois que leur promettaient leurs compétences.

    • Le chômage devrait être indemnisé au minimum au niveau du SMIC, sans limite de durée et sans dégressivité, à condition que les intéressés acceptent les stages de reclassement et les travaux conformes à leurs capacités qui leur seraient proposés. En dernier ressort, il leur serait imposé des travaux d'intérêt général, afin que nul ne s'installe définitivement dans l'assistanat sans contrepartie.
      En cas de refus de tout travail, l'indemnité de chômage serait supprimée et remplacée par le RMG (voir ci-dessous).
      Les indemnités de chômage devraient être plafonnées à un niveau qui interdirait les grosses indemnités liées aux hauts salaires, le but n'étant pas de maintenir des niveaux de vie élevés mais seulement de permettre de vivre dans la dignité dans l'attente d'un nouvel emploi.

    • Le RMI pourrait être remplacé par le RMG (revenu minimum garanti), étant donné que l'insertion (le I de RMI) serait assurée par la gestion du chômage par l'Agence pour l'Emploi ou des agences privées. Ce RMG s'adresserait aux individus qui, par choix, malchance ou incapacité, se révéleraient incapables de s'intégrer au monde du travail.
      Les minima sociaux (RMI [ou RMG], SMIC) et les aides diverses (logement, CMU, vieillesse, etc...), en particulier l'aide aux SDF (il est inconcevable que des gens vivent et meurent dans la rue), devraient être confortés puis augmentés aussitôt que la modernisation économique dégagera suffisamment de capitaux pour le permettre.
      La Sécurité Sociale (maladie, allocations familiales, chômage, retraite) doit être préservée à tout prix: les sacrifices sans doute indispensables pour sauver ce merveilleux "modèle" doivent être répartis avec justice. Certaines prestations pourraient être modulées selon le niveau de revenu.
      Il faudrait réformer l'attribution des aides pour que des effets de seuil ne conduisent pas, comme actuellement, à ce que le non-travail rapporte autant qu'un emploi peu qualifié.

    • Les statuts de la fonction publique devraient être supprimés sauf pour les fonctions régaliennes (armée, police, magistrature, diplomatie). Le maintien d'un statut impliquerait l'abandon du droit de grève. Ainsi, tous les travailleurs, du public comme du privé, fonctionnaires et assimilés ou employés des entreprises, seraient embauchés dans des conditions similaires et soumis au même Code du travail modernisé. Dans la fonction publique, l'emploi à vie, quelles que soient les capacités, la compétence et la conscience professionnelle des personnels, serait supprimé et les licenciements y deviendraient possibles au même titre que dans le privé.

    • La Sécurité Sociale devrait être unifiée, et tous les régimes spéciaux devraient être intégrés au régime général. Les cotisations sociales devraient être les mêmes pour tous, de même que les prestations fournies, ce qui n'est pas le cas actuellement: le système de retraites des "régimes spéciaux" est un exemple caricatural de la plus extrême injustice.
      Les niches sociales devraient être démantelées, à l'exemple du régime des intermittents du spectacle (qui sont en majorité des techniciens en surnombre et non des acteurs) dont le déficit est abyssal: 1,151 milliards d'euros de prestations pour 199 millions de cotisations! (source BAVEREZ). Cela ferait sourire si ce n'était prélévé au détriment des autres travailleurs, pas intermittents, eux!
      En revanche, les cas particuliers d'extrême pénibilité et dangerosité de certaines professions (mineurs, marins-pêcheurs, construction, travaux publics, travail à la chaîne, etc...) devraient donner lieu à des bonifications de retraites. Je viens d'apprendre (en 2007) que M. FILLON est contre, au prétexte que la pénibilité est subjective et que cette décision entraînerait des difficultés sans nombre. Soit, mais on pourrait s'en tenir aux cas majeurs, non susceptibles de controverse.

    • Les retraites devraient être calculées de la même façon pour tous et il faudrait mettre fin au scandale des "régimes spéciaux" (EDF, GDF, RATP, SNCF, Banque de France, Poste, etc...). Actuellement, dans la plus grande discrétion, il vient d'être mis ou il est en projet d'être mis, à la charge du régime général de la Sécurité Sociale ces retraites très "spéciales": non contentes de n'être pas entièrement financées par les cotisations des ayant-droits (qui bénéficient d'un taux de cotisation inférieur au taux du privé), elles sont beaucoup plus favorables que celles qui seront servies à ceux que l'on s'apprête à spolier. C'est un défi à la plus élémentaire morale.
      A ce sujet, voici quelques chiffres, tirés d'un article de Jacques MARSEILLE ( le Point du 1/02/2007):"Là où une ouvrière touchera un peu plus de 1 euro pour 1 euro cotisé, là où une infirmière percevra 1,80 euro pour 1 euro cotisé, un cadre d'EDF percevra 2,90 euros pour 1 euro cotisé et un roulant à la SNCF 3,40 euros. Au nom de quoi?" Oui, au nom de quoi? Sûrement pas de la justice...
      Pour le calcul de la retraite par répartition, au lieu de valider des annuités, elles-mêmes constituées de mensualités, validées ou non selon le nombre de jours de travail dans le mois, il vaudrait mieux que les cotisations sur le salaire donnent droit à des points comme pour les retraites des cadres. Ces points pourraient être comptabilisés dans le document faisant déjà fonction de contrat de travail unique dont il a été question précédemment et qui suivrait le salarié toute sa vie. On éviterait ainsi la complexité invraisemblable qui caractérise la liquidation des retraites des salariés ayant eu des activités dans des secteurs différents, gérés par des caisses différentes.
      Pour ne pas imposer aux générations montantes des charges insupportables, l'âge de la mise à la retraite devra, dans un avenir proche, intervenir de plus en plus tardivement pour tenir compte de l'augmentation de la longévité et du rapport du nombre d'actifs au nombre d'inactifs.
      Ces sacrifices devront impérativement être équitablement réparti entre les professions, fonctionnaires et assimilés y compris.
      Dans l'avenir, le montant des retraites par répartition ne pourra que diminuer. En conséquence, un système de fonds de pensions, pourquoi pas dans le cadre de l'assurance-vie, devrait bénéficier d'incitations fiscales, afin de permettre à tous, même les plus modestes, de se constituer un complément de retraite par capitalisation.

    • L'impôt progressif sur le revenu devrait être maintenu, ainsi que le quotient familial; il serait prudent de faire attention à ce que les taux restent dans la moyenne européenne, afin d'éviter un exode fiscal trop pénalisant pour les finances publiques.
      De même, l'impôt sur les sociétés devrait s'établir au taux retenu par nos grands concurrents, sans tendre vers le dumping fiscal en présentant un taux inférieur à tout le monde. Sans rentrées fiscales suffisantes, le pays ne pourrait se moderniser et il ne peut être raisonnablement question d'une diminution systématique des impôts tant que la situation financière du pays n'est pas rétablie.
      Les niches fiscales devraient être supprimées, pour ne garder que celles ayant une utilité immédiate, remises en cause chaque année et annulées dès que cette utilité n'est plus évidente.

    • La justice commence à faire peur aux honnêtes gens. Après l'affaire d'Outreau, ils ont pris conscience qu'ils peuvent faire des années de prison préventive tout en étant innocents, ceci avec la complète impunité du juge d'instruction défaillant qui a commis cette faute gravissime. Il faudrait que les spécialistes réfléchissent aux mesures à mettre en place pour que l'indépendance des juges ait pour contre-partie la mise en cause de leur responsabilité, dans les mêmes conditions juridiques que les autres professions.
      Les juges d'instruction, notamment, qui devraient instruire à charge et à décharge, sont souvent accusés de ne rechercher que les preuves à charge et de considérer que tout citoyen soupçonné par la police est un présumé coupable qu'il est acceptable de mettre en détention préventive pour obtenir plus vite des aveux. La prison préventive n'est pourtant prévue par la loi que pour mettre de dangereux délinquants hors d'état de nuire ou d'agir pour dissimuler des preuves. Pour faire cesser ces dysfonctionnement, il faudrait cesser de nommer à un poste de juge d'instruction de jeunes magistrats dès la sortie de l'école de la magistrature, alors qu'ils n'ont aucune expérience de la vie. Ils devraient impérativement commencer leur cursus professionnel dans des structures collégiales, encadrés par des magistrats chevronnés.
      Il serait à tout le moins nécessaire que l'avocat de la défense soit davantage impliqué dans les décisions du juge d'instruction qui devrait avoir l'obligation de les motiver avec des arguments écrits convainquants et publics.

    • La délinquance des mineurs devrait être traitée de façon plus satisfaisante qu'actuellement: dès le premier délit, une sanction adaptée devrait être appliquée sans délai, par exemple sous forme de travaux d'intérêt général ou de réparation des dégâts causés. La prison ne devrait s'adresser qu'aux cas très graves. Pour tous les autres, la grande majorité, il faudrait des établissements fermés ressemblant plus à des internats qu'à des prisons, le but étant de remettre les gens dans le droit chemin, pas de les martyriser ni de créer des criminels futurs en les mettant en contact avec des professionnels du crime!
      Les peines à domicile, sous surveillance électronique, devraient être privilégiées.
      Les multi-récidivistes devraient être retirés de la société dans ces centres fermés suffisammment longtemps pour qu'ils prennent conscience que si la société leur donne des droits, elle leur impose en échange des devoirs et qu'elle est décidée à se défendre contre leurs exactions.

    • L'ISF pose un vrai problème! Avec le "bouclier fiscal", les hauts revenus sont, de fait, exonérés de cet impôt.
      Avec la hausse du prix de l'immobilier, les personnes à revenus moyens peuvent y être assujetties à cause de la valeur de leur habitation principale, sans qu'elles soient pour autant plus fortunées (à moins de vendre et d'habiter un mobil-home! D'ailleurs, dans ce cas, elles paieraient un impôt sur la plus-value.) Le cas des habitants de l'île de Ré possédant un bout de terrain qui a pris une énorme valeur est emblématique: ils sont redevables de l'ISF alors qu'ils ont des revenus dérisoires! C'est d'autant plus incompréhensible qu'ils paieraient une très grosse plus-value s'ils vendaient. A quoi bon les taxer par avance, alors qu'ils n'ont pas les moyens de payer...
      J'ai tendance à penser que c'est un impôt idéologique, qui devient injuste avec le bouclier fiscal. Or, sans bouclier fiscal, l'impôt devient confiscatoire pour les grandes fortunes et elles quittent la France. Le plus raisonnable semble bien de supprimer l'ISF, en conservant l'impôt sur les plus-values et en l'aménageant pour que ces plus-values ne soient plus défiscalisées au bout d'un certain temps mais que la taxe reste peu élevée. En contre-partie, des droits très élevés seraient perçus sur les grosses successions, à partir d'un niveau de capital très important, afin d'éviter, qu'à terme, la fortune se concentre dans trop peu de mains. En revanche, pour les petites et moyennes successions, où il ne s'agit que de transmettre le fruit d'une vie de travail, les droits devraient être très faibles, même pour les collatéraux.

    • La gestion de l'argent public devrait être plus stricte et les rapports de la Cour des Comptes et des Cours des Comptes régionales devraient être obligatoirement suivis d'effets, voire de sanctions dans les cas notoires d'abus ou d'incompétence. La transparence et la publication des comptes devrait être la règle tout au long de l'année, pour toutes les institutions, du sommet de l'Etat à la plus humble commune.
      Une loi devrait interdire aux industriels jouissant de commandes de l'Etat, de posséder une entreprise de médias.
      Une péréquation financière conséquente entre régions riches et pauvres devrait être la règle.
      Dans tous les secteurs où les entreprises privées et le marché sont inefficaces, il faudrait conserver les services publics de base en les rentabilisant au maximum et en évitant le maximalisme qui, en refusant toute adaptation, creuse exagérément les déficits. Un bon exemple de cette démarche sont les services postaux tenus par un commerçant dans un village trop peu peuplé pour que le bureau de Poste y soit maintenu.

    • La politique du logement devrait continuer à être dynamisée, afin de résoudre, autant que faire se peut, le problème des mal-logés et, surtout, des sans-logis; pour ces derniers, la loi devrait interdire que des personnes puissent vivre dans la rue afin d'obliger les responsables à créer des structures d'accueil.
      La règle du droit au logement "opposable" devrait être fortement encadrée si l'on veut éviter des déceptions et des contentieux sans fin; le législateur serait bien inspiré d'avoir présent à l'esprit qu'un petit pays comme la France ne pourra pas raisonnablement proposer au monde entier de le loger dans les meilleures conditions. Voter une loi matériellement irréalisable n'aurait pas de sens: ce qui est impossible ne se fera tout simplement pas, tout en s'accompagnant d'un cortège de doléances, de frustrations et de troubles qu'il serait judicieux de s'épargner!
      Le service public de la caution envisagé par le parti socialiste devrait avoir des conséquences bénéfiques pour les locataires en les aidant financièrement et pour les propriétaires en les sécurisant. L'option proposée par François BAYROU en 2007 consiste à interdire la caution demandée au locataire et à la remplacer par une assurance pour loyers impayés, mutualisée, obligatoire et peu onéreuse. Après expérimentation, l'un des deux systèmes devrait être appliqué ou, mieux encore, une synthèse du meilleur des deux.

    • Les lois mémorielles devraient rester générales: le législateur ne devrait pas pas s'arroger le droit de décider, à la place des historiens et des enseignants, si la colonisation a eu des effets bénéfiques ou si le génocide arménien a bien eu lieu.
      Il faudrait réviser la loi TAUBIRA: s'il est indéniable que l'esclavage est un crime contre l'humanité, il me semble inquiétant que cette loi permette à des groupes de pression de traîner devant les tribunaux quiconque émet une opinion qui, sans nier la vérité historique, est différente de leur propre analyse. Le cas le plus extraordinaire illustrant cette dérive est le procès intenté à l'historien Olivier PETRE-GRENOUILLEAU qui, disant la vérité sur certains aspect de l'esclavage en Afrique, a eu le malheur d'aller contre la vision tronquée que veulent imposer certaines associations communautaires, en occultant la traite des arabes contre les noirs et des noirs contre d'autres noirs, pour ne considérer que la traite occidentale (Atlantique et Océan Indien): pour ces associations, que cet historien soit compétent et honnête et étudie la réalité des faits n'a aucune importance, l'idéologie le condamne!
      Cette situation amène la France à se trouver sans cesse dans une posture de repentance pour de mauvaises actions datant des siècles précédents et certaines communautés à se présenter comme victimes à la place de leurs ancêtres et à réclamer réparation. Il est vrai que cela est bien dans l'esprit d'une société où beaucoup d'individus revendiquent des droits mais ne se sentent aucun devoir. Je crains qu'une telle société ait un avenir sombre.
      Il est vrai que le gouvernement français a envoyé le porte-avions Charles de Gaulle commémorer Trafalgar et n'a pas cru bon de se souvenir d'Austerlitz! Malgré cela, soyons sûrs que nos "amis" anglais continuerons à présenter la France comme arrogante!

    • Le problème de l'euthanasie n'est pas réglé en France. L'association ADMD (association pour le droit de mourrir dans la dignité) plaide pour une évolution de la législation qui encadrerait ce droit qui est actuellement refusé aux français. Il faudrait que notre pays, à l'image de plusieurs nations européennes, remédie aux carences de la loi en ce qui concerne la fin de la vie: chaque citoyen devrait pouvoir obtenir une aide pour quitter ce monde dans la dignité, sans souffrance ou déchéance insupportables.
      Dans la tribune libre du bulletin de l'association du quatrième trimestre 2006, j'ai noté l'indignation d'un intervenant devant la contradiction qu'il y a, en France, à refuser à des moribonds une mort digne et sans souffrance alors que le pays exporte des armes destinées à tuer en masse des personnes bien portantes! A méditer...
      L'association ADMD fournit à ses membres une documentation complète.

      Site web:http://www.admd.net
      Courriel: infos@adme.net

    Dispositions connexes

    • La biodiversité animale et végétale est menacée: il serait possible d'agir auprès des pays en développement en leur payant à sa juste valeur l'éminent service qu'ils rendraient au monde entier en préservant leurs forêts et en arrêtant leur destruction rapide et irraisonnée.
      Il faudrait intensifier encore la mise sous contrôle de la pêche industrielle: il est suicidaire d'épuiser une ressource aussi primordiale, avec des moyens tellement puissants que nombre d'espèces de poissons vont bientôt disparaître.
      Le sort des animaux de ferme devrait faire l'objet de notre compassion: les traiter industriellement comme ils le sont dans les usines à produire est indigne d'une humanité civilisée. J'ai lu autrefois, sous la plume d'Hubert REEVES, que l'on peut juger le niveau moral d'une société selon la façon dont elle se comporte vis à vis des animaux: à cette aune, la nôtre n'a pas lieu d'être fière d'elle-même.
      La pratique présidant à l'obtention de la viande hallal ajoute un surcroît d'horreur à la condition animale dans notre pays, pourtant déjà bien criticable. Des progrès étaient bien engagés avant que la pratique hallal ne remette tout en question par une régression inouïe, agravée par le cynisme invraisemblable de certains dirigeants d'abattoirs qui appliquent l'abattage rituel à tous les animaux, pour raison de meilleure rentabilté puisque l'étourdissement n'est pas fait alors qu'il est ou devrait être légal. Ainsi les opposants à la barbarie mangent, sans le savoir, de la viande provenant d'animaux inutilement martyrisés!

    • La politique de l'énergie devrait mettre de plus en plus l'accent sur les économies d'énergie et la promotion des énergies renouvelables. En prime, la promotion des éco-activités (isolation, biocarburants, valorisation de la bio-masse, etc.) créera de nouveaux emplois.
      Le transport routier devrait être taxé lourdement, au niveau des nuisances qu'il provoque: pollution et émission de carbone; usure prématurée des routes; embouteillage des itinéraires, etc..., toutes choses qui actuellement sont largement payées par les autres usagers, alors que les camions ne participent aux péages que pour une part très inférieure au véritable coût.
      Les transports ferroviaires, fluviaux et maritimes devraient être privilégiés et faire l'objet d'investissements prioritaires.
      Une taxe carbone devrait être instituée sur tous les processus, industriels et privés, qui dégagent du gaz carbonique.
      Le recyclage des matières premières devrait être obligatoire dès lors qu'il est possible et tous les objets devraient obligatoirement être fabriqués pour permettre un recyclage facile.
      Il est urgent d'interdire la folie des emballages inutiles qui permet aux grandes surfaces de vendre plus cher des marchandises par petites quantités sur-emballées, tout en produisant un monceau de déchets nuisibles.
      La normalisation industrielle et l'interdiction de fabriquer des objets de mauvaise qualité, non démontables et non réparables devrait permettre de limiter le gaspillage éhonté qui consiste actuellement à changer tout un ensemble de pièces d'un objet fabriqué (par exemple une automobile) ou à jeter un objet sans le réparer, alors qu'un seul élément, parfois insignifiant, est défectueux. (Cliquez si vous souhaitez rire avec moi d'un sujet sérieux.)

    • Le pacte écologique proposé par Nicolas Hulot devrait être accepté: grâce à la nomination d'un vice-premier ministre chargé du développement durable, tous les ministères devraient être contraints de passer toutes leurs décisions au crible de l'écologie.
      Ses autres propositions devraient être prises en compte le plus largement possible:
      • Instaurer une taxe carbone en croissance régulière jusqu'à la réduction par quatre des émissions de gaz carbonique.
      • Offrir un marché à l'agriculture de qualité en réorientant progressivement les subventions agricoles vers une restauration collective à base de produits certifiés et de proximité et en négociant une réforme de la PAC qui aille dans ce sens.
      • Soumettre systématiquement les orientations du développement durable au débat public.
      • Promouvoir une grande politique nationale d'éducation et de sensibilisation à l'écologie et au développement durable.

      Il ne faut cependant pas feindre d'ignorer qu'une politique vraiment écologique entraînerait un changement radical dans les modes de vie. Une réforme de la société aussi massive n'a aucune chance d'être mise en œuvre rapidement: il est à craindre que les mesures drastiques indispensables ne seront prises que sous l'empire de l'urgence, quand les nuisances dues au changement climatique et à la pénurie de matières premières et de pétrole deviendront insupportables.

    • La réforme de la Politique agricole commune (PAC) est inéluctable: elle est demandée par les britanniques (par idéologie du tout-marché et du laisser faire, mais ils devront en contre-partie abandonner la totalité de leur "chèque") et nombre de pays en Europe (à cause de son coût) et dans le monde (à cause des distorsions de concurrence).
      Il faudrait que les nouvelles subventions soient conçues pour aider les agriculteurs à vivre de leur travail et non pour enrichir, comme actuellement, les grosses exploitations (y compris de grands propriétaires terriens comme la Couronne d'Angleterre ou le prince de Monaco). Elles devraient être plafonnées pour permettre un revenu décent et rien de plus; en revanche, elles ne devraient pas être réservées à certains secteurs mais étendues à tous les producteurs.

    • La mondialisation devrait être encadrée et réformée pour remédier à ses dysfonctionnements actuels. Joseph E.STIGLITZ (prix Nobel d'économie) explique cela lumineusement dans son livre: Un autre monde. Contre le fanatisme du marché. (Fayard éditeur). A la lecture de ce livre, il apparaît qu'il devrait être possible, entre autres, d'éviter les abus de position dominante des sociétés multinationales de l'agro-alimentaire qui appauvrissent les agriculteurs du tiers-monde, de lutter contre le surendettement des pays sous-développés, de rendre le commerce équitable, de concevoir un régime équilibré de propriété intellectuelle et d'arriver ainsi à mettre en place une mondialisation régulée, dont les profits seraient équitablement répartis entre les pays du monde entier.
      A ce sujet, Joseph E.STIGLITZ fait remarquer que les lois sur la concurrence de l'OMC sont souvent détournées de façon pas toujours évidente. Il prend l'exemple du refus par les USA de ratifier le protocole de Kyoto: cela revient à subventionner massivement les entreprises américaines qui ne subissent pas les mêmes contraintes de réduction d'émission de carbone que leurs concurrentes et c'est en contradiction avec les règles du commerce mondial, bien que non sanctionné!
      Les subventions agricoles dans les pays riches (coton, soja aux USA, PAC en Europe, etc...) ruinent les producteurs du tiers monde. Un équilibre plus juste devrait être recherché.
      Selon STIGLITZ - et le simple bon-sens - si rien n'est fait, le niveau des salaires des pays "riches" tendra vers la moyenne mondiale, autrement dit à peine au dessus du niveau actuel de pays comme la Chine ou l'Inde! En revanche, la richesse des gagnants de la mondialisation s'accroîtra: l'inégalité des revenus explosera au sein de tous les pays occidentaux, raison supplémentaire pour mieux la réguler.
      Il faudrait que l'Europe se protège raisonnablement en édictant des barrières douanières fondées sur les normes sociales (salaires, protection, travail des enfants, etc.) et environnementales qui ne sont pas respectées par nos grands concurrents, en particulier asiatiques. (proposé par Ségolène ROYAL).

    • La BCE (banque centrale européenne) est indépendante et son statut lui donne comme mandat exclusif de contrôler l'inflation. Elle y réussit parfaitement avec, comme conséquence, une croissance plus faible que dans le reste du monde industrialisé et une hausse du taux de change de l'euro qui pénalise nos exportations.
      Il serait souhaitable de changer le statut de la BCE afin qu'elle reçoive pour mission à la fois de contrôler l'inflation ET de promouvoir la croissance économique et la lutte contre le chômage. Cela impliquerait la mise en place d'un gouvernement économique européen qui serait en mesure de se concerter avec la banque centrale pour aboutir à une meilleure gouvernance. Cette réforme ne peut se faire que dans le cadre européen.
      Il faudrait également instituer la transparence de la prise de décision: la BCE devrait publier les comptes-rendus des délibérations et des votes des membres de son Conseil.

    • La laïcité doit être sans cesse réaffirmée et protégée des attaques continuelles qu'elle subit. C'est l'héritage des Lumières, le fondement de notre société démocratique et ce n'est pas négociable.
      De même, le communautarisme qui s'installe dans certains quartiers des villes est en totale contradiction avec notre culture traditionnelle et notre histoire. La réussite de la réforme de l'enseignement dans les quartiers sensibles et du démantèlement (en cours) des grands ensembles immobiliers de ces quartiers pourrait enrayer ce phénomène.(?)
      Il faudrait également que la police reprenne le contrôle des zones de non-droit que constituent certains ghettos urbains. Le rétablissement de la police de proximité, avec des effectifs recrutés sur place, et l'aide accrue aux associations de quartiers devraient permettre d'aller dans ce sens. François BAYROU insiste (lors de la campagne présidentielle de 2007) sur la nécessité de rétablir la présence de l'Etat dans ces quartiers, par de nouvelles implantations de bureaux des administrations et des services sociaux.

    • L'islam en France, par l'entremise du Conseil Français du Culte Musulman et de l'UOIF, structures confortées par Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l'intérieur, peut dialoguer avec le gouvernement. En contre-partie des efforts que fait notre pays pour lui laisser sa place, il faudrait qu'un islam modéré accepte la laïcité et ne demande plus l'infléchissement de nos lois pour les rapprocher de la Charia (acceptation de la polygamie, statut inférieur de la femme, mariages forcés, port du voile à l'école, séparation des sexes dans les lieux publics, viande hallal, ce qui suppose l'abattage des animaux avec le maximum de souffrance alors que nos lois tendent vers des pratiques inverses, etc...). En mettant le doigt dans cet engrenage, on finirait par accepter la pratique de la fatwa et du djihad!
      Il faudrait au contraire que notre fermeté pour défendre nos valeurs fasse perdre tout espoir aux islamistes de prendre le pouvoir dans notre société. Le statut humiliant de la dhimmitude qui en résulterait pour les habitants chrétiens et juifs de France serait inacceptable, alors qu'il est le but final, bien que non officiellement revendiqué par ses représentants en France, de l'islam intégriste.
      Les procès intentés par des associations islamistes en France contre des journeaux ayant publié des caricatures impliquant Mahomet montrent que les tenants de l'islam se servent de nos lois démocratiques pour attaquer la démocratie, ce qui est très angoissant.

    • L'immigration devrait continuer à être le plus possible encadrée, pour rester compatible avec la capacité d'assimilation de la société et de l'économie. Seule une aide massive apportée aux pays d'émigration pourrait, en y promouvant l'essor économique, inciter leur population à travailler au pays. Cela implique d'augmenter cette aide et de réformer la mondialisation (voir plus haut) et ne peut être efficace que dans le cadre de l'Europe.

    • L'Europe devrait renouer avec le grand dessein des fondateurs: créer une union de nations ayant une ambition politique mondiale et qui pourrait traiter d'égal à égal avec les autres grandes puissances.
      Il faut prendre acte de l'échec momentané de ce projet, dû, en grande partie, aux menées néfastes de l'Angleterre, qui n'a adhéré à L'Europe que pour lui faire obstacle et transformer l'Union en un grand marché, sans politique commune possible. Il faut donc proposer aux pays prêts à promouvoir une Europe-puissance, de s'unir pour mettre en œuvre ce chantier qui est seul à la mesure des défis futurs. Dans ce nouveau cadre, il serait consenti à l'Angleterre un partenariat privilégié avec cette nouvelle Union Européenne à laquelle elle n'aurait plus vocation à appartenir. Quant aux pays-membres qui ne voudraient pas rejoindre cette nouvelle Union, ils constituraient un deuxième cercle européen, selon des modalités à négocier.
      Du fait de sa situation géographique et de son appartenance à un monde culturel radicalement différent, la Turquie ne peut pas faire partie intégrante de l'Europe.
      La poursuite des pourparlers pour son adhésion ne devrait avoir lieu qu'après un référendum positif dans tous les pays de l'Union Européenne.
      Elle devrait se voir proposer un partenariat privilégié, au même titre que les pays du pourtour de la Méditerranée et d'Afrique qui y seraient prêts et le demanderaient.

    Rendons à César...

    Fidèle à ma méthode de travail sur ce site, j'ai rédigé cet article (rn 2007) en me référant uniquement à ce que ma mémoire avait enregistré comme correspondant à ma sensibilité et à ma réflexion, au cours de la campagne présidentielle de 2007: par exemple les débats politiques télévisés, les dossiers de l'IFRAP (www.ifrap.org) et quelques livres écrits par des politiques, consultés cependant avec une certaine méfiance car je ne puis m'empêcher de penser à la citation prêtée au Président CHIRAC et à Charles PASQUA disant que les promesses électorales n'engageaient que ceux qui les écoutaient! Une fois ce premier jet réalisé, j'ai ensuite lu deux ouvrages dont je me suis inspiré pour traiter des sujets que je n'avais pas abordés dans la première rédaction: le livre de Joseph E.STIGLITZ, Un autre monde, éditions Fayard, cité plus haut et un livre de Nicolas BAVEREZ, Que faire? (agenda 2007), éditeur Perrin, dont je vous recommande la lecture si vous souhaitez connaître le point de vue décapant d'un économiste libéral doublé d'une analyse sans concession de l'état réél de la France.
    Voici un extrait de la conclusion de ce dernier ouvrage:

    "En 2007, les Français ne devront donc se laisser voler ni la campagne, ni leur suffrage qui ne devra pas se diluer dans la voie sans issue des extrémismes et des populismes, ni le résultat de leur vote qui devra être suivi d'effets. Car cinq année supplémentaires d'erreurs et de non-choix stratégiques donneraient une ampleur telle au retard français qu'il deviendrait difficilement rattrapable à l'horizon d'une génération. De ce fait, comme en 1981, le scrutin marquera un tournant majeur et offrira vraisemblablement la dernière occasion de moderniser la France par la voie de la réforme et non de la révolution, d'enrayer la mécanique de la guerre civile qui point.
    Or, pour l'heure, la clarté du débat et du vote est très loin d'être acquise. La suite de revers enregistrés par le pays déchaîne les inquiétudes de l'opinion et les pulsions irrationnelles, confortant les tentations de nombre de candidats à verser dans la démagogie et à cultiver l'ambiguïté."

    Lors de la remise à jour de 2014, je n'ai pratiquement rien changé au programme, certaines mesures évoquées semblant vouloir se mettre en place. Le discours d'investiture du nouveau premier ministre Manuel VALLS, en avril 2014, promet de très grandes réformes; l'avenir dira si le pays les accepte ou se révolte pour son malheur.

    Conclusion

    Les éléments de cette ébauche non exhaustive de programme proviennent des propositions des partis de droite et de gauche ainsi que d'un certain nombre de publications par des associations et des intellectuels. Les deux premiers paragraphes concernent ce qui a trait à l'efficacité économique et à la justice sociale. Il va sans dire que l'une ne va pas sans l'autre: sauf à continuer la politique d'endettement suicidaire dans laquelle la France est actuellement engagée, les dépenses sociales doivent être financées par des revenus, fruits de l'efficacité économique. Le "yaka mettre des moyens supplémentaires", cher à une certaine gauche irresponsable, est une vue de l'esprit si l'on refuse par ailleurs la politique économique qui permet de créer ces moyens... à moins de reporter la charge du financement sur les générations futures, ce qui serait indigne d'une nation respectable.
    Les partisans des dépenses financées par l'emprunt devraient réfléchir. Avec une inflation maîtrisée, l'érosion de la dette qui avait cours pendant les "Trente Glorieuses" n'existe plus: il s'agit maintenant d'une dette qu'il faudra rembourser à sa vraie valeur et non, comme autrefois, en monnaie dévaluée. A moins qu'intervienne un effondrement total du système financier mondial, ce qui serait vraisemblablement encore pire.
    D'autre part, la zone euro protège actuellement la France des conséquences de ses déficits budgétaires récurrents et de la dérive de sa dette: sans l'euro, le franc serait probablement déjà dévalué et la dette de la France menacée d'être déclassée par les agences mondiales de notation avec, pour conséquence, des intérêts à payer plus élevés. Actuellement, les partenaires de la zone euro qui s'astreignent à une politique monétaire rigoureuse, subissent les frasques de la France et de quelques autres pays. Notre nation, peu sage, rétive aux réformes pourtant indispensables, bénéficie ainsi gratuitement des efforts des autres. Pour combien de temps?
    En avril 2014, sept ans après la première mouture de ce programme, la dette de la France a perdu son AAA et approche des 100% du PIB! Les ministres socialistes au pouvoir et le Président HOLLANDE, élu en 2012, semblent enfin vouloir réformer la France en profondeur. Réussiront-ils à arrêter la course à l'abîme?

    Alain Rouyé
    Mise à jour en 2014

    Après ce pensum,
    pour vous changer les idées

    CLIQUEZ ICI




    Vous pouvez inscrire vos commentaires
    concernant Tribunes libres.
    Cliquez ici pour écrire votre texte
    Merci.
    Vous pouvez inscrire vos commentaires concernant le programme présidentiel.
    Cliquez ici pour écrire votre texte
    Merci.
    Vous pouvez inscrire vos commentaires
    concernant le site en général.
    Cliquez ici pour écrire votre texte
    Merci.
    Haut de page : cliquer ICI
    Page précédente : cliquer ICIPage d'accueil : cliquer ICIPage suivante : cliquer ICI