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LA PAGE DES ASSOCIATIONS
Associations à but humanitaire et de réflexion sociale
Associations d'intérêt général

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PLAN DE LA PAGE


Sommaire année 2005

6 novembre 2005.
Les éditoriaux de Forum 17:cette rubrique, comme le reste du site, est ouverte à tous ceux qui voudront y participer.

6 novembre 2005.
Agronomes et vétérinaires sans frontières: une association qui aide les agriculteurs du tiers monde à vivre décemment de leur travail.7 novembre 2005
L'appel de huit vieux en colère: l'expérience au service de la société.

Le mouvement des seniors

Clubs des libertés


Sommaire année 2006

15 juin 2006
SOS Sahel: une association pour l'aide à l'Afrique sub-saharienne.
17 juin 2006
Agronomes et Vétérinaires sans frontières: plaidoyer pour le commerce équitable.


LES EDITORIAUX DE FORUM 17

6 novembre 2005.
En groupant les contenus des pages 3 et 4 sur la seule page 4, se libère un espace dédié aux associations à but humanitaire et de réflexion sociale.
Cette idée m'est venue en lisant divers articles dont les sujets m'ont paru particulièrement dignes d'intérêt.
Si, au modeste niveau où se place Forum 17, quelques lecteurs y trouvaient des informations susceptibles d'attirer leur attention, l'objectif de l'ouverture de cette page serait atteint.

17 octobre 2006.
La page 8 du site abritait jusqu'à aujourd'hui les communiqués que me confiait l'association PORT-SEUDRE, alors qu'elle n'avait pas encore ouvert son site web. Depuis que ce site est créé, les visites de la page 8 se font plus rares, ce qui est tout à fait logique. J'ai donc décidé d'incorporer la documentation de Port-Seudre à la page 3 qui regroupait déjà ce qui a trait aux associations.
La page 8 ainsi libérée est dorénavant consacrée à l'Opération RESUR, document exceptionnel présenté par Claude GOULEVANT et relatant l'histoire de l'implantation des huîtres GIGAS (dites huîtres "japonaises" bien que natives du Canada!) dans le bassin de Marennes-Oléron dans les années 1970.


PROJET DE PORT A MUS DE LOUP


COMMUNIQUES DE L'ASSOCIATION PORT 2005

Devenue Port-Seudre en 2005


PLAN DE LA PAGE

I) Communiqués de l'association Port-Seudre.

Port "zero pollution".
Réflexions sur le concept "zéro pollution".
Précisions sur la démarche "port propre"
Port zéro pollution: quelle solutions pour quelles pollutions?
Compte-rendu de l'élection du nouveau bureau de Port-Seudre en 2005.

II) Tribunes libres (Rappel de la page 2).
Ports propres.
Port 2005. Port "zéro pollution".

Port « zéro pollution  »

31 Mars 2004.
La volonté affichée de ‘Port 2005’ de réaliser un port « zéro pollution » correspond à l’application très stricte des nouvelles normes européennes en vigueur, qui s’appliquent davantage à des extensions de structures existantes. Ainsi, le projet proposé à LA TREMBLADE constitue un défi, une avant-première dans la mise en place d’infrastructures portuaires.

Port de Saint Denis d'Oléron

La première étude à mener, concernant le site à l’embouchure de la Seudre, est l’évaluation de l’impact d’activités portuaires sur le milieu, dans une zone très importante pour la production de naissain d’huîtres. Les facteurs à prendre en compte sont la courantologie, la géologie; toute extraction et toute évacuation de sédiments, pendant la construction ou au cours d’opérations de dragage, ne sont autorisées qu’après des analyses chimiques et bactériologiques réglementaires.

Les critères à respecter pour prétendre à l’appellation "zéro pollution" peuvent être appréhendés à différents niveaux:
- dispositifs visant à préserver le milieu, à l’intérieur de l’espace portuaire,
- systèmes de collecte des déchets,
- informations sur les équipements du site,
- sensibilisation au respect de l’environnement pour les usagers du port et le public.

Aire de carénage (ST-DENIS)

Les aménagements portuaires doivent être conçus pour éviter toute forme de pollution:
- collecte et traitement des eaux pluviales, des eaux de carénage, des eaux de cale, des eaux noires, des eaux issues des installations sanitaires, des bacs à vaisselle,
- collecte des ordures ménagères et conteneurs pour les produits triés et recyclables (papier, verre, plastique, boîte de conserve…)
- collecte sélective des produits spéciaux (huiles, solvants, peintures, batteries…),
- surveillance particulière de la zone d’avitaillement,
- présence de matériel de lutte contre les pollutions accidentelles (par exemple, par les hydrocarbures): barrage flottant.
- contrôles réguliers des eaux du port et des sédiments.
- système de pompage des eaux de cale – eaux noires.

Système de pompage
(port de ST-DENIS)

La démarche environnementale peut également revêtir d’autres aspects:
- mise en place d’un éclairage public fonctionnant à l’énergie solaire,
- utilisation d’interrupteurs électriques à temporisation,
- préservation de la ressource en eau grâce à des robinets à arrêt automatique…

Le personnel doit faire des efforts de communication, à destination des usagers du port et du public, afin que chacun puisse se comporter en écocitoyen


Réflexions sur le concept: port « Zéro pollution »


31 Mars 2004.

1) Etat initial et suivi
- inventaire des peuplements végétaux et animaux, terrestres et marins (benthiques et pélagiques)
- analyse des sédiments: granulométrie, densité, métaux lourds, microbiologie…
- analyse de l’eau: turbidité, salinité, oxygène dissous, pesticides, métaux lourds, microbiologie…
- étude des mouvements de houle, des courants marins
- suivi de l’évolution de la flore et de la faune
- contrôles réguliers de l’état des sédiments et de l’eau, certains paramètres pouvant être mesurés en continu par le biais de stations automatiques placées à des endroits stratégiques, en faisant appel à l’expérience des services de l’I.F.R.E.M.E.R.
remarque: une information à l’attention des usagers du port est indispensable, dans le cadre de la démarche adoptée concernant la « qualité environnementale »

2) Prévisions avant construction

- étude, avec l‘aide de modèles informatiques, des phénomènes d’érosion-sédimentation liés à l’implantation de digues
- recherche des zones de rejet des matériaux de dragage, sachant qu’une partie des sédiments peut être utilisée, par exemple, pour le comblement d’une aire de « port à sec » destinée aux bateaux ne sortant que de façon occasionnelle:
Avantages du « port à sec »:
- les « salissures marines », ne se déposent plus sur la coque, ce qui permet d’éviter, voire de supprimer l’application de peintures « antifouling »; dans le but de rendre les « antifouling » non polluants, I.F.R.E.M.E.R. essaye de développer des produits à base de bio-films.
- des subventions sont accordées pour la création d’un port à sec


- création en amont du port, d’une réserve d’eau alimentée, comme les claires, par les marées, et permettant des « lâchers » dans les bassins portuaires dans le but de chasser les particules sédimentaires en suspension dans l’estuaire:
Avantage des « lâchers d’eau »: - éviter la sédimentation dans les bassins, et réduire ainsi les coûts liés au dragage

- collecte des eaux des aires de carénage, des eaux pluviales lessivant les quais et les parking, des pertes d’hydrocarbures de la station d’avitaillement, et transfert vers des unités de traitement.

remarques:
- une partie des contaminants (polluants des voitures, déjections canines riches en germes bactériens) peut être piégée dans les espaces verts aménagés, par exemple, autour des parking,
- le nombre de places de parking, déterminé en fonction du nombre d’emplacements portuaires, ne doit pas dépasser 1 voiture pour 3  bateaux


3) Pendant l’exploitation
- pour les unités séjournant dans le bassin, nettoyer régulièrement les coques, en place avec un robot utilisant l’eau de mer sous haute pression (actuellement expérimenté à Granville)

Objectif: éviter l’application des peintures « antifouling »

- être prêt à intervenir en cas de pollution accidentelle: barrage anti-hydrocarbure...

- recueillir, par pompage, les eaux noires et les eaux de cale
remarque: pour les eaux noires, ainsi que pour les eaux des sanitaires et des bacs à vaisselle, il serait souhaitable que les installations soient branchées sur le réseau d’assainissement communal

- collecter les déchets spéciaux (chiffons souillés par la graisse, pots de peintures vides…), et les déchets ménagers recyclables (papiers, cartons, verre, conserves, plastiques, piles)
- installer un conteneur par ponton pour les déchets ménagers non recyclables

- dans le cadre de la démarche « qualité environnementale »:

- informer par affichage les usagers du port, sur les actions mises en place et sur le comportement à adopter,
- privilégier l’énergie photovoltaïque pour l’éclairage et pour l’eau chaude sanitaire
- créer des espaces verts arborés, en utilisant des essences locales…
- informer les plaisanciers, ainsi que les pêcheurs et ostréiculteurs que les motoristes font des études pour réduire les nuisances; il faut savoir qu’un moteur fonctionnant au G.P.L. produit deux fois moins d’imbrûlés qu’un moteur essence, et qu’il ne libère ni soufre ni plomb.

L'association Port 2005

PRECISIONS SUR LA DEMARCHE "PORT PROPRE"

En réponse au scepticisme de certains et face à la virulence des attaques d’autres personnes, une mise au point s’impose concernant l’objectif "zéro pollution" de l’Association ’Port Seudre’; le but étant de proposer des solutions à tous les problèmes que peuvent poser la construction et le fonctionnement d’un port en eau profonde.

Le site prévu, à Mus de Loup sur la commune de La Tremblade - Ronce les Bains, se trouve à l’embouchure de l’estuaire de la Seudre, rivière apportant les éléments nutritifs indispensables au développement du phytoplancton dont se nourrissent les huîtres. Les rives de l’estuaire, soumises aux marées, représentent une zone importante pour le captage du naissain. Le secteur est donc écologiquement et économiquement sensible, et c’est pour ces raisons qu’il faut s’entourer d’un maximum de précautions.

Des techniques existent déjà pour supprimer certaines pollutions (eaux grises et noires, eaux de cales, zone d’avitaillement, aire de carénage), et nous avons le temps, d’ici au montage du dossier d’enquête publique, de peaufiner les recherches, avec l’aide de scientifiques, allant dans le sens de la réduction ou de la suppression des nuisances générées par l’activité portuaire. Des opérations menées à différents niveaux, en de nombreux points du littoral français (Ports propres en Languedoc-Roussillon, Ligue Corse de voile, Pavillons Bleus des ports de plaisance), servent de support à notre phase initiale d’investigation, mais nous désirons être les porteurs d’un projet pilote allant au-delà des normes environnementales préconisées au niveau européen.
Vous trouverez nos premières propositions dans la rubrique "pollution zéro" de notre site Internet.

En dehors de la pollution, une des principales préoccupations est liée à l’envasement, phénomène accentué par la position même du port, à l’embouchure de la Seudre. Avant toute chose, des analyses sédimentaires sont à réaliser (granulométrie, densité,…) et les mouvements de la houle et des courants marins sont à prendre en compte. En complément, des modèles informatiques permettront de mettre en évidence les phénomènes d’érosion - sédimentation dus à l’implantation des ouvrages portuaires (digues et quais). Après ces études, il sera alors possible d’envisager l’utilisation de techniques visant à éviter au maximum le recours aux opérations de dragage fort coûteuses (voir "pollution zéro").

Même si le projet n’est pas encore chiffré, la prise en compte, dès le départ, des normes environnementales, n’entraînera, au pire, qu’un surcoût limité mais justifié, rapidement amorti par la fréquentation de plaisanciers de plus en plus conscients de préserver le milieu marin dans lequel ils évoluent. A ce titre, ils s’engageront, ainsi que le gestionnaire du port, par la signature d’une Charte, à respecter scrupuleusement les normes en vigueur.

Dans le cadre de notre démarche, nous prenons en compte également : les bâtiments, l’infrastructure routière, les parkings (prévoir un véhicule pour 4 bateaux), l’impact paysager.

Nous vous tiendrons informés, le plus régulièrement possible, de l’état de nos recherches, et nous souhaitons, par l’intermédiaire de cette lettre, établir un dialogue. La balle est donc dans votre camp: à vous de nous soumettre vos suggestions, vos critiques.

(extrait de la Newsletter n°1 par E. B.)

En conclusion, Éric Bahuon a réaffirmé que le concept "port Zéro Pol" n'était pas une utopie, que les moyens existaient pour créer ce type d'infrastructure, et plutôt plus facile à réaliser en partant d'un site vierge qu'en essayant d'améliorer un port ancien.

PORT ZÉRO POLLUTION: QUELLES SOLUTIONS POUR QUELLES POLLUTIONS ?

On a souvent reproché à l'association d'utiliser le slogan de "port zéro pollution" sans se pencher concrètement sur le problème. Faux, c'est même notre principal sujet d'études, bien avant le financement, la gestion ou les démarches administratives. Notre responsable dans ce domaine, Eric Bahuon, a réalisé un petit tableau simplifié " problèmes/Solutions " pour comprendre ce concept de "Zéropol".
  1. Pollution chimique

    - Métaux lourds (cuivre, cadmium, plomb...
    Solutions : Prévoir la récupération, dans des cuves, des eaux puis leur transport vers des unités spécialisées, utiliser des peintures " antifouling " sans cuivre, ni étain, à base de biofilm (en cours d'étude à IFREMER), éviter l'application des "antifouling" en nettoyant régulièrement les coques, à flot, avec un robot utilisant l'eau de mer sous haute pression, ou en réalisant, à sec, un nettoyage par gommage Haute Vitesse, basse pression, sans sable.

    - hydrocarbures, pesticides, nitrates, solvant ...
    Solutions : Récupération des eaux de cale, puis traitement spécial, prévoir l'utilisation d'indicateurs de pollution comme la moule, réaliser des analyses régulières des sédiments et eau des bassins, certains paramètres pouvant être contrôlés continu grâce à des stations automatisées.

    - Accidentelle par les hydrocarbures
    Solutions : Etre équipé d'un kit d'intervention:
    + 50 mètres de barrages flottants,+ 800 feuilles et 2 rouleaux absorbants,+ 18 mètres de barrage solidifiant, permettant d'absorber + de 4800 L d'hydrocarbures.

    - Eaux de pluies lessivant les quais et les parking
    Solution : Récupération dans des cuves puis traitement spécial.

    - Produits contenus dans du matériel usagé (batteries, piles, filtres souillés, fusées périmées etc...)
    Solution : Récupération dans les conteneurs de la déchetterie portuaire.

  2. Pollution biologique

    - Rejet des eaux noires (eaux des toilettes des bateaux) et des eaux grises (eaux des éviers et des douches de bateaux dans le bassin portuaire.
    Solutions : Les eaux noires et grises, après pompage dans les réservoirs des bateaux, sont acheminées par le tout-à-l'égout vers la station d'épuration.

    - Bactéries (escherichia coli, streptocoques) ou par prolifération algale.
    Solution : Surveiller en renforçant les analyses des eaux bassins.

  3. Pollution mécanique

    - Dépôt et accumulation des sédiments dans les bassins.
    Solutions : Récupération par dragage et rejet des matériaux par dragage au large, pour le comblement d'une aire de " port à sec ". En préventif, pour éviter l'accumulation, on peut chasser les particules sédimentaires grâce à des lâchers d'eau provenant d'une réserve située en amont et alimentée comme les claires. Il faudra aussi étudier la courantologie sur des modèles informatiques pour déterminer l'orientation des digues, quais et leur caractéristiques (sur poteaux, laissant passer le courant, pleines et étanches, semi-étanches etc.); L'intérêt d'un port situé à l'embouchure d'une rivière est qu'il reçoit un courant inversé toutes les 6 heures. Un auto curage des bassins en utilisant ce courant naturel devrait y être réalisable.

Eric BAHUON


COMPTE RENDU DE L'ELECTION DU NOUVEAU BUREAU DE PORT SEUDRE (ex Port 2005)

Réunion du Conseil d'Administration du 28 septembre 2005

Mercredi soir 28 septembre 2005, le conseil d'administration de "Port Seudre" s'est réuni pour élire le nouveau bureau comme annoncé lors de la dernière Assemblée Générale. Comme il est de coutume pour les associations "normales", elle communique les membres du bureau en charge d'une responsabilité particulière.

Nouveau bureau:

Président d'Honneur, Jean Bernard.
Président Fondateur, Guy Borie.
Vice Président chargé de la communication, Thierry Proust.
Secrétaire Général, Yves Charles.
Secrétaires adjoints, Valérie Chaillé et Claude Vermersch.
Trésorier, Guy Carnet.
Conseiller Technique, Denis Jauneau.
Les membres des commissions font également partie du bureau.

Le conseil d'administration a aussi été l'occasion de rappeler les objectifs à atteindre pour 2006, la priorité étant de se rapprocher du monde ostréicole qui, à l'évidence, restera le point de passage obligé à tout projet maritime dans le bassin de Marennes Oléron, du moins sur la commune de la Tremblade. Reste à renouer des contacts qui ont peut-être été mal engagés et entamer une réflexion sur l'avenir de la cohabitation entre plaisanciers et professionnels dans notre bassin .

Port en ville.

Il a également était rappelé aux administrateurs la position prise par l'association lors de l'enquête publique close le 16 septembre dernier.
"L'Association Port Seudre* émet un avis favorable au projet de modification du P.L.U. afin de réaliser le port en centre ville, cette infrastructure allant dans le sens du développement communal inscrit dans les statuts de l'Association.
Port à écluse en bout de chenal , pour les bateaux de plaisance et l'amélioration du centre ville et port en eau profonde "mixte" en bas de Seudre ne sont pas incompatibles mais complémentaires, comme l'a toujours affirmé l'association.
Ce projet devra bien sûr tenir compte des soucis du monde ostréicole concernant la qualité des eaux du chenal de la grève qui alimentent les cabanes, mais notre association fait toute confiance à la Mairie et aux organismes socio-professionnels pour qu'une concertation soit menée dans l'intérêt de tous".

*Ex Association "Port 2005", l'Association "Port Seudre", statutairement, vise "à rassembler les personnes physiques et morales qui souhaitent la réalisation d'un port mixte accessible 24 h sur 24 sur la commune de la Tremblade Ronce-les-Bains tel que défini dans le Plan d'Aménagement et de Développement Durable signé à l'unanimité par le Conseil Municipal de la Tremblade. Dans cet esprit, elle s'attache à développer l'économie locale et à valoriser le patrimoine communal".

Depuis sa création en 2002, plus de 800 personnes ont adhéré à la démarche de l'Association.

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TRIBUNES LIBRES
(Rappel de la page 2)


PORTS PROPRES

photo du chenal de la Grèvephoto d'un tableau représentant le chenal de la Grève

AVERTISSEMENT

20 Novembre 2003 - Au fur et à mesure des commentaires que je reçois, je peux être conduit à apporter quelques modifications à mon texte. Pour qu'il n'y ait aucune équivoque, je ferai apparaître ces ajouts en lettres vertes. Tant pis pour l'esthétique! Bien entendu, je ne modifierai que mes propres articles et je ne toucherai jamais, sauf demande de l'auteur, aux articles qui me sont confiés.


15 Octobre 2003 -
La lecture du compte rendu de la réunion d'information de l'association PORT 2005 qui s'est tenue le 12 Août 2003 à La Tremblade (publiée dans le journal Le Littoral), montre que l'objectif de cette association reste la création d'un PORT ZERO POLLUTION. D'ailleurs, hors le facteur économique lui aussi mis en exergue, l'argumentation qu'elle a privilégiée pour faire accepter ce projet de port si longtemps refusé pour raison écologique, repose sur ce principe de zéro pollution. Il en résulte que la conception d'ensemble du projet doit s'organiser à partir de ce principe et lui être subordonnée, y compris l'aspect économique, sans qu'aucune dérogation à cette règle ne soit autorisée et avec les garanties juridiques nécessaires. S'il apparaissait que, dans les conditions actuelles, la clause de zéro pollution s'avérait impossible à réaliser de manière satisfaisante, il faudrait que le projet soit ajourné, tout en gardant à l'esprit que les études en cours serviraient plus tard, lors de la reprise inévitable du projet. En revanche, si les travaux commençaient, lorsque les dirigeants de l'association passeront le relais aux constructeurs, il faudra veiller à ce que toutes les précautions soient prises pour que la logique financière ne puisse pas entraver le choix écologique initial et que le projet ne soit pas dénaturé. Il faudra que toute tentative en vue d'obtenir, pour raison économique, l'assouplissement des normes prévues, soit, par contrat, impossible. Je précise que je n'ai reçu aucun mandat de quiconque concernant la teneur de cet article et que je n'exprime ici qu'un avis personnel uniquement basé sur une analyse objective et sans à priori de la situation. Mon intention n'est pas de m'immiscer dans la gestion du projet de port dont la responsabilité n'incombe qu'aux dirigeants de l'association. Mon objectif est de réfléchir aux conditions qu'il est nécessaire de respecter pour créer un port véritablement propre. Cette approche théorique n'a qu'un but : permettre d'évaluer, lorsqu'il nous sera soumis, la pertinence du projet élaboré par l'association PORT 2005, par rapport au principe zéro pollution.

Avant d'étudier les techniques à mettre en oeuvre pour construire un port propre, il est nécessaire de définir le contenu exact du concept "zéro pollution". L'objectif d'une pollution totalement nulle n'est pas réaliste. Il faut donc mettre au point un cahier des charges où seront mentionnées, entre autres, les limites supérieures admissibles des taux de pollution, au-dessus desquelles le "label zéro pollution" ne sera plus valide. Il faut espérer que ces limites seront suffisamment basses pour que ce label reste crédible. A mon avis, il ne saurait être question de se contenter d'appliquer les normes existantes (il y a, m'a-t-on dit, des normes européennes) mais d'aller bien au delà, de se rapprocher de l'optimum et d'atteindre l'excellence. Je suppose que ce problème est déjà traité et résolu au sein de l'association, sans doute en coopération avec les principaux intéressés: la section régionale conchylicole, l'IFREMER, les instances dirigeantes du tourisme et les membres d'une commission municipale ad hoc, si elle existe.

Une fois le cahier des charges élaboré et chiffrées les limites du niveau de pollution maximum acceptable, il devient possible d'examiner les conditions nécessaires pour la réalisation d'un port propre.

Certaines de ces conditions sont faciles à mettre en oeuvre:

- Récupérer les eaux de carénage, les eaux polluées sur l'ensemble du site, les eaux de pluie. Il n'y a là aucun problème majeur, technique ou financier.

- Collecter les déchets solides et liquides générés par les activités portuaires et les stocker dans un"point propre" (terminologie adoptée dans les études en cours concernant les"ports propres", en Languedoc-Roussillon notamment). Ce point propre est un espace fermé, couvert et étanche, géré et surveillé par un personnel qualifié. Pas de problème technique mais un problème de coût, généré par la présence permanente de personnel spécialisé.

- Présence dans les locaux du port de barrages flottants, de matériel absorbant etc...pour contrer les pollutions accidentelles. Pas de problème particulier.

Examinons maintenant les problèmes plus difficiles à résoudre.
Tout d'abord: les bateaux habitables.

-1ère option: l'accès du port leur est interdit et le problème est réglé. Dans ce cas de figure, le port serait ouvert aux pêcheurs, aux ostréiculteurs et aux plaisanciers n'habitant pas dans leur bateau mais fermé aux bateaux de croisière désirant faire escale.

- 2ème option: cas le plus probable étant donné la vocation du port: ces bateaux de croisière sont acceptés. Il faut donc récupérer les eaux domestiques de ces bateaux.
- Notons que l'on ne peut récupérer ces eaux qu'à bord de bateaux équipés de réservoirs adéquats. Il faut ensuite un système de pompage et de stockage à terre des eaux usées, voire leur traitement puis leur renvoi dans le tout-à-l'égoût. Pour que ce système soit fiable il faut que les pompes soient en double, sinon, lors des pannes inévitables, les bateaux devraient vidanger dans les eaux du port. En outre, pour pallier à toute panne du réseau électrique, un groupe électrogène puissant est nécessaire.
- Une réglementation n'est appliquée que s'il y a contrôle et, en cas de non application, sanction. Il faut donc un corps de surveillants à plein temps. Dans le compte-rendu de l'association paru dans le Littoral il est écrit qu'il faudra "informer pour sensibiliser les usagers à changer leur pratique quotidienne". En théorie c'est parfait mais il est illusoire de penser que ces derniers adopteront un comportement civique dès lors qu'ils seront "informés". Les surveillants sont donc indispensables.

- Reste le point le plus délicat : lorsque se présentera un bateau habitable ne possédant pas de cuve de récupération des eaux usées, il faudra lui interdire l'accès du port, sinon tout le concept de zéro pollution serait réduit à néant. J'imagine qu'il existe encore beaucoup de tels bateaux et qu'il y a là une source potentielle de conflits avec les usagers. Cela représente donc un problème grave auquel il faut réfléchir.

- la présence de capteurs surveillant en continu le niveau de pollution est impérative et doit, non seulement être intégrée dans le corps du projet, mais en être une des pièces maîtresses, au même titre que la récupération des déchets et des effluents. Ces capteurs seront le garant d'une pollution maîtrisée et permettront une intervention immédiate en cas d'incident.

- Il faut que la vocation écologique du port soit solennellement proclamée dans une charte où le principe zéro pollution sera central et juridiquement défini afin que toute dérive éventuelle soit susceptible d'être attaquée en justice.

CONCLUSION : la gestion du port entraînera, par rapport à un port classique, des contraintes spécifiques. Seront nécessaires :

1- Des agents spécialisés dans la surveillance du "point propre" et dans la gestion des déchets ainsi que dans la surveillance des bateaux habitables afin que leurs équipages respectent les conditions de vidange des réservoirs d'eau usée. Leur statut devra les habiliter à prendre des sanctions contre les contrevenants et les autoriser à visiter les bateaux demandant l'accès au port afin de vérifier leur conformité aux normes. Ils devront avoir le pouvoir de refuser l'entrée aux bateaux non conformes.

2- Un système de pompage des eaux usées qui devra être fiable et redondant pour prévenir les conséquences catastrophiques d'une panne. Il devra être desservi par du personnel spécialisé apte à prendre en charge, en outre, la maintenance des capteurs de pollution et la gestion d'éventuelles pollutions accidentelles.

3- Un groupe électrogène puissant.

4- Des capteurs de pollution fonctionnant en continu.

5 -Le réglement du problème des bateaux non conformes aux normes sanitaires qui ne devront pas être acceptés dans le port. Il faudra que les normes draconiennes du port fassent l'objet d'une publicité suffisante (qui s'accordera d'ailleurs avec son image de port propre) pour éviter que des bateaux non conformes, attirés par la présence d'un nouveau site, n'arrivent en nombre et soient ensuite contraints à un mouillage "sauvage" qui ne ferait qu'aggraver la pollution, allant ainsi à l'encontre du but recherché.

6- La promulgation d'une "charte zéro pollution", intégrant le cahier des charges défini plus haut et rendant incontestable la gestion écologique du port.

Selon les déclararations de l'association PORT 2005, le principe" zéro pollution" est incontournable puisqu'il constitue le fondement de ce projet de port et la condition sine qua non de son exécution. Celà entraîne , en plus d'un coût de construction plus élevé, une gestion quotidienne beaucoup plus onéreuse que celle d'un port classique. Il est donc sage de bien évaluer les charges financières supplémentaires induites pour éviter des déceptions futures. L'association l'a sans doute déjà fait, mais, à ma connaissance et à mon grand regret, n'a pas beaucoup communiqué sur ce sujet pourtant essentiel. L'association Port 2005 vient de me reprocher d'être injuste sur ce point. Je précise que je n'incrimine que le flou de leur communication sur les modalités pratiques qu'ils envisagent pour créer un port zéro pollution et non leur communication en général qui n'est pas critiquable.
En France, actuellement, c'est apparemment l'association "Ports propres en Languedoc-Roussillon" qui est en pointe pour l'étude de la faisabilité de ports propres. Notons qu'il s'agit de ports anciens que l'on cherche à rendre "moins sales" et aucunement de ports zéro pollution. La création d'un port véritablement propre à La Tremblade serait donc une innovation écologique majeure et ce projet représente un immense défi que l'association PORT 2005 s'honore de relever. En cas de réussite, ce port deviendrait une référence nationale, voire européenne et donc un immense atout pour notre ville dont l'image de marque serait considérablement valorisée. Espérons que l'ambition de créer un projet pilote d'une telle envergure sera récompensée, si elle émerge, par l'obtention de subventions exceptionnelles, au niveau national et européen.

Il est évident que toutes les questions évoquées dans cet article et bien d'autres encore ont été traitées en interne par les responsables de l'association PORT 2005. Je pense que l'opinion publique aimerait connaître les réponses concrètes apportées et les garanties prévues par ces responsables. Il me semble que nombreux sont ceux qui attendent de cette association qu'elle nous informe plus régulièrement, de manière transparente, au fur et à mesure de l'avancée des dossiers. Qu'elle en soit, à l'avance, remerciée.

En m'efforçant d'analyser, le plus objectivement possible, les conditions dans lesquelles un port zéro pollution est réalisable, je n'ai cherché, en dehors de tout esprit polémique, qu'à apporter une pièce au dossier, en espérant l'ouverture d'un débat constructif qui, à mes yeux, n'est pas encore, sur le plan de la pollution, suffisamment engagé. Nous avons beaucoup d'informations ayant trait aux entraves administratives qui paralysent le projet: PPR et autres pièges dont les fonctionnaires de l'Etat ont le secret. Mais, je le répète, l'aspect administratif, bien que crucial, n'est pas le propos de cette étude qui ne concerne que la faisabilité et les conditions techniques de la création d'un port zéro pollution. Si, comme elle le dit dans un récent communiqué dans le Littoral, l'association "jette l'éponge", les problèmes traités dans cet article pourraient sembler dérisoires. Il n'en est rien. En effet,les études générées par la mise en route du projet ne seront pas perdues. Soyez-en sûrs, s'il est repoussé aujourd'hui par l'outrecuidance de l'Administration dont, malgré les simulacres de la "régionalisation", nous souffrons encore, il sera repris un jour et mené à bien. Ce jour-là, sans aucun doute, on utilisera les fruits de vos travaux. Je viens de lire dans le Littoral du 24/10/2003, dans une communication de l'association, que les ostréiculteurs émettent un avis favorable "sous réserve de vraiment appliquer le principe de port zéro pollution". Cette déclaration est un acquis considérable qui demeurera: cette profession était depuis toujours très hostile à tout projet de port à cause des risques de pollution; d'où l'intérêt de traiter le problème zéro pollution avec le maximum de rigueur.

Page d'accueil

Alain ROUYE


25 Janvier 2004. Le site vient de recevoir ce commentaire de M.BOVE au sujet du projet Port 2005.

PORT 2005 - PORT ZERO POLLUTION

J'ai pris connaissance des commentaires de M.ROUYE sur ce projet.
C'est une idée qui, si elle est nouvelle pour moi, est très logique et très ambitieuse; c'est tout à l'honneur de l'association de se battre pour la mettre en oeuvre.
Je comprends qu'aucune installation de ce type, c'est à dire qui soit effectivement ZERO POLLUTION, n'a jusqu'ici été réalisée en France ni même en Europe. C'est bien dommage, car l'association aurait pu bénéficier de leur expérience.
Il va donc falloir qu'elle innove.
A mon avis, dans une aventure de ce genre, il y a deux choses bien distinctes à considérer:
- la construction, qui va devoir faire appel à un montage administratif et à des obtentions de crédit de construction.
- le fonctionnement, qui est du seul ressort de l'association, avec probablement des subventions à demander, qui seront fonction des coûts de gestion de ce port.

CONSTRUCTION

Il y a des exemples de groupements constitués par plusieurs partenaires, Conseil Général, Région, Ministères concernés etc... pour la réalisation, par exemple:
- de l'Hermione à Rochefort
- d'un château fort dans la Nièvre
- et bien d'autres sans doute...
Ces projets sont généralement associés à la création locale d'emplois spécifiques, maîtres charpentiers, forgerons, tailleurs de pierre...ainsi que l'emploi des C.E.S.
Chaque partie apporte sa contribution financière en fonction d'un budget prévisionnel établi en commun.
C'est probablement une affaire d'envergure que de trouver des organismes qui seraient d'accord pour mettre la main à la poche. Cependant la qualité de l'objectif "zéro pollution" doit pouvoir toutefois mobiliser les esprits.
Mais ces organismes ne s'y intéresseront que s'ils savent où ils vont financièrement.
Il importe donc que l'association puisse présenter un budget prévisionnel sérieux, précis donc crédible. Cela implique automatiquement le choix et la définition des installations techniques requises qui devront dès ce premier stade convaincre les parties concernées par ce projet, la Section Régionale, IFREMER, etc...
Je ne sais pas si l'association a déjà réalisé cette phase d'études préparatoires, ou sinon, si elle a les moyens et la compétence pour la mener à bien.
Mais c'est, à mon avis, une phase clé qui gagnera ou non la confiance des futurs payeurs et des futurs utilisateurs.
La dimension et la nouveauté du projet justifient certainement des demandes de subventions d'études au plus haut niveau (l'Europe à Bruxelles). Il serait, à mon avis, utopique de penser avoir trouvé du premier coup la meilleure solution technique et financière. Ces études, à conditions qu'elles soient faites par des organismes valables, seront le garant technique de cette qualité "zéro pollution", mais aussi le support indispensable aux demandes ultérieures de crédits.
C'est aussi, sans doute, un bon moyen d'embrayer le projet sur des bases concrètes.

FONCTIONNEMENT

C'est une étape qui découle des études précédentes et qu'il conviendra de chiffrer parallèlement, là encore pour savoir "où l'on va" et pour demander les subventions éventuelles de fonctionnement et définir les créations d'emploi correspondantes.
Cela implique qu'un réglement soit défini, permettant notemment de savoir ce que l'on fait des bateaux non conformes.
C'est un très beau projet qui, je l'espère, arrivera à terme et je souhaite beaucoup de courage et de persévérance à ceux qui le mèneront.

Michel Bove

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AGRONOMES ET VETERINAIRES SANS FRONTIERES
58, rue Raulin
69361 LYON Cedex 07

TEL: 0478697959
FAX: 0478697956
E-mail:
avsf@avsf.org
Site WEB: www.avsf.org


6 novembre 2005.

Après avoir lu la revue de "Agronomes et vétérinaires sans frontières", Habbanae, de Novembre 2005, je suis convaincu que l'activité de cette association est la plus intelligente qui soit: elle va sur le terrain, non pour apporter une aide ponctuelle dans des situations d'urgence, transformant les populations concernées en assistés, mais pour leur apporter les moyens de réussir et de surmonter leurs difficultés.
J'ai déja fait parvenir de petits dons à cette association mais je n'avais pas lu leur revue avec toute l'attention qu'elle mérite. Ce qu'elle réalise devrait inspirer la politique des Etats à une échelle planétaire pour que les agriculteurs des pays en développement puissent vivre du fruit de leur travail, dans les conditions acceptables qui seraient permises par les techniques modernes auxquelles ils n'ont actuellement pas accès.
Il est invraisemblable de mettre les économies du tiers monde, à cause d'une mondialisation sans morale et mal encadrée, en concurrence avec des multinationales!

Voici quelques articles puisés dans la revue de l'association, rendant compte du magnifique travail accompli.

Alain Rouyé

EXTRAITS DE LA REVUE HABBANAE
(N° 78 de novembre 2005)

"Habbanaae": terme peul signifiant le "prêt de l'amitié". C'est un prêt de solidarité pratiqué entre éleveurs chez les Peuls Woodabe du Nord-Niger. Lorsqu'un éleveur perd son troupeau, les autres éleveurs du clan lui offrent chacun une génisse pleine. Trois ans plus tard, l'éleveur restituera à chacun d'eux une génisse pleine de la même lignée. La force du prêt de l'amitié réside dans l'engagement moral à restituer un animal, sans autre garantie que la parole donnée.

La dignité retrouvée

Fin septembre, c'est dans les zones montagneuses du sud du Brésil que j'ai eu la chance de fêter mes déjà nombreux printemps. Des femmes, regroupées en association, nous ont accueillis pour la soirée. Elles nous ont présenté leurs produits: pain, biscuits, pâtes alimentaires, plantes médicinales, vendus sur le marché paysan de Passo Fundo.

"Bio" et "paysan": c'est l'identité qui leur permet de trouver des acquéreurs et d'avoir un revenu monétaire. Celui-ci ne dépasse guère une vingtaine d'euros par mois. C'est peu d'argent, à peine de quoi faire face à des dépenses d'urgence, mais cela représente l'entrée dans le monde du développement, une place enfin trouvée au soleil.

J'ai eu le même sentiment il y a quelques mois en rendant visite, en Haute Casamance (Sénégal), à un groupement féminin qui s'est lancé dans l'élevage amélioré de volailles. Cette douzaine de mères de famille s'occupe de tout: alimentation, soins vétérinaires, vente des poulettes et des œufs. Dans la majorité des cas, elles réinvestissent les revenus ainsi obtenus dans d'autres activités économiques (petit commerce, couture...) Non seulement leurs enfants sont mieux nourris, mais la machine du développement s'est mise en route.

De tels exemples ont en commun la modicité des investissements, l'originalité des choix techniques, l'identification de marchés de proximité e, bien entendu, beaucoup d'opiniâtreté. Ces expériences, qu'Agronomes et Vétérinaires sans frontières et ses partenaires mettent en œuvre, coïncident toutes sur un point essentiel: les paysans et paysannes obtiennent bien plus qu'un revenu additionnel, ils retrouvent une place dans la société, qu'ils n'ont plus besoin de fuir.

C'est la sortie de l'ombre de la marginalité, c'est la dignité retrouvée.

René Billaz
Président de
l'association.




N I G E R

Le point sur la crise alimentaire au Niger

Interview de Florent Cornu, assistant technique du projet
de sécurisation des systèmes pastoraux au Niger

Quelles sont les origines de ce que les média ont appelé la "famine au Niger"?

La crise alimentaire, qui a frappé de plein fouet le Niger cet été, résulte des mauvaises récoltes réalisées fin 2004. La campagne agricole a été médiocre du fait d'un déficit et d'un retard pluviométriques importants, aggravés par une invasion de criquets pèlerins. Ceci s'est traduit par une perte de 11 % de la production céréalière par rapport à la production annuelle des cinq dernières années. Quant au déficit fourrager, il a été estimé à 4,6 millions de tonnes, c'est-à-dire 35 % des besoins. Le manque de pâturage s'est fait cruellement sentir: plus de 10 000 foyers auraient perdu leur troupeau, selon la FAO.

Sur la zone du projet, quels ont été les premiers signes de cette crise?

Au mois d'août 2004, lors d'une de nos premières missions d'identification de la zone, nous avons remarqué une très forte mortalité de dromadaires sur la commune de N'Gourti, à la frontière tchadienne.
Les femelles lactantes, soumises à un déficit de pâturage important et parasitées par ce qu'on appelle le ver rouge (haemoncus) étaient les plus touchées. Lorsque le chamelon tétait, elles n'arrivaient même plus à se relever.
On pouvait repérer les puits à l'odeur à cause des carcasses d'animaux s'y amassant. En effet, les bêtes affamées venaient mourir autour des puits, à l'ombre des quelques arbres.
Certains éleveurs ont perdu presque la totalité de leur troupeau. Au vu de ces signes très inquiétants, nous avons lancé un bulletin d'alerte dès le mois de septembre, que nous avons adressé au SAP (Système d'alerte précoce) et à l'Union européenne.

Comment s'est manifestée la crise pour les populations?

Tout d'abord, il faut savoir que la crise est localisée dans certaines zones pastorales et agro-pastorales des régions nord des départements de Maradi, Tillabery, Zinder et Tahoua. Les images relayées par les média ne sont pas représentatives de l'état de malnutrition sur l'ensemble du pays.
Ensuite, il faut comprendre que pour les populations, la crise s'est manifestée avant tout par une hausse spectaculaire et catastrophique du prix des denrées alimentaires. Entre les dernières récoltes d'octobre 2004 et août 2005, le prix du sac de mil de 100 kg est passé approximativement de 10 000 à 35 000 francs CFA.
Les termes de l'échange se sont considérablement détériorés pour les éleveurs : tandis que le prix des céréales augmentait, celui de leurs animaux amaigris diminuait.

S'agit-il de spéculation?

Effectivement. Les commerçants, voyant que la campagne agricole avait été mauvaise, ont spéculé sur le mil. Ils ont acheté des céréales et ont attendu que les prix grimpent pour vendre leurs stocks. Cela dit, la spéculation n'explique pas à elle seule une telle hausse des prix. L'ampleur du déficit régional a eu un impact important. Les récoltes ont été mauvaises dans tous les pays de la zone sahélienne. Le Niger, qui importe des céréales du Nigeria, du Burkina, du Bénin et du Mali, n'a pas pu s'approvisionner comme de coutume. Par crainte de famine, ces pays ont imposé des restrictions aux exportations, favorisant ainsi la hausse des prix.

Qu'a fait l'équipe d'Agronomes et vétérinaires sans frontières face à cette crise?

Après avoir lancé notre bulletin d'alerte, nous avons fait une demande d'avenant à l'Union européenne, qui finance notre projet au Niger à hauteur de 90 %. En donnant son accord, elle nous a permis d'intervenir de manière ponctuelle en cas d'urgence. Nous avons procédé à des distributions gratuites d'aides alimentaires pour les familles les plus en difficulté.
Nous avons mené des actions de santé humaine, avec une équipe de médecins, couplées à des actions de santé animale (déparasitage, injections de vitamines, compléments d'alimentation...) afin de préserver les troupeaux, seul capital des éleveurs.

Mais l'urgence n'est pas notre métier. Nous sommes là pour mener à bien, sur le long terme, un projet de développement dans un pays qui souffre avant tout d'extrême pauvreté. Une crise comme celle-ci ne se produit pas d'un seul coup. Elle découle d'une accumulation d'événements qui réduisent peu à peu la capacité des ménages à résister aux chocs.
C'est contre la pauvreté qu'il faut lutter si l'on veut que ce genre de crise cesse de se répéter.

Dans le cadre du projet, quelles actions prévoyez-vous de mener pour une meilleure prévention des crises?

Notre projet est intitulé « Sécurisation des systèmes pastoraux ». Comme son nom l'indique, il vise dans sa globalité à une meilleure gestion des risques et prend en compte le caractère structurel des crises dans le pastoralisme sahélien. Nous envisageons de mettre en place un système de stockage du mil juste après la récolte, au moment où le prix du mil est le plus bas et celui des bêtes, ragaillardies par l'herbe verte, le plus haut. Cela permettrait aux familles de résister en cas de crise.
Par ailleurs, la zone est pratiquement dépourvue de tout service en santé animale. Nos équipes forment des auxiliaires vétérinaires à reconnaître les maladies et à les soigner et travaillent à la création de dépôts vétérinaires pour un meilleur accès aux médicaments. Les auxiliaires auront ainsi les capacités de sauver le bétail et les éleveurs éviteront le pire: ils perdront peut-être les deux tiers de leur troupeau, mais avec le tiers restant, ils pourront recommencer.
Actuellement, il n'y a pas de transformation des productions animales dans la zone. Il nous semble important de valoriser ces filières car elles sont source de revenus complémentaires. Ce pourrait être également une façon de répartir les risques. Le projet prévoit aussi des investissements productifs locaux pour créer des mini-laiteries.
Enfin, il faudra renforcer localement les systèmes d'alerte précoce, faire des relevés écologiques réguliers et améliorer les échanges d'information dans la zone.

L'agriculture au Niger en quelques mots

L 'économie du Niger repose essentiellement sur l'agriculture qui représente environ 40 % du PIB et fait vivre près de 90 % de la population.
En termes d'agriculture, ce pays est globalement partagé en deux : la zone agro-pastorale, au sud, où la pluviométrie permet de produire des céréales et la zone pastorale, plus au nord, où l'élevage est prépondérant.
Rappelons, même si c'est évident, que l'agriculture au Niger est très sensible aux aléas climatiques. La production agricole est fondée sur un système de culture pluviale, c'est-à-dire que les céréales ne sont pas irriguées et se développent uniquement grâce aux pluies (moins de 2 % des surfaces cultivées sont irriguées au Niger). Les pluies sont rares et surtout aléatoires. Pour obtenir une récolte correcte, il faut non seulement que les champs soient arrosés de quelques pluies, mais aussi que ces pluies ne soient pas trop espacées dans le temps.
En effet, une période de sécheresse de trois semaines pendant le cycle de production agricole (juin à septembre) peut mettre en péril la production familiale.
Le Niger produit essentiellement du mil, céréale locale de base. Avec une population de 12 millions d'habitants, le volume de céréales pour couvrir les besoins nationaux est estimé à trois millions de tonnes (environ 240 kg par an et par personne). Même si les récoltes 2001, 2002, 2003 ont été bonnes, le Niger n'est pas autosuffisant en céréales puisque la production n'atteint quasiment jamais ce niveau.
Le pays importe ce qui lui manque (300000 tonnes par an en moyenne sur les 10 dernières années, soit 10 % des besoins), ce qui lui permet d'assurer globalement sa sécurité alimentaire.
Les revenus des paysans au Niger sont essentiellement constitués, pour les agriculteurs, de la vente de céréales, mais aussi d'oignons (exportation importante dans la sous région) et de niébé. Pour les éleveurs, les revenus sont constitués par la vente du bétail. Le paysan du Niger se nourrit d'abord de sa propre production. Si sa récolte le lui permet, il stocke dans ses greniers de quoi tenir une année. Quand les greniers sont vides et lorsqu'il en a les moyens financiers, il achète des céréales locales trouvées sur le marché. S'il ne peut acheter, alors les repas sont réduits et complétés avec des plantes sauvages cueillies en brousse. Enfin, la solidarité familiale et villageoise se met en place, ce qui évite le pire. La restriction alimentaire est fréquente au Niger, dans une indifférence internationale quasi généralisée.

Source : Afrique Verte, www.afriqueverte.org


M A D A G A S C A R

Zébus et volailles.

En mars 2004, Agronomes et Vétérinaires sans frontières a démarré un projet à Vohipeno, sur la côte sud de Madagascar. Il s'agit d'améliorer la situation alimentaire et économique des familles paysannes. Pour ce faire, plusieurs types d'actions sont mis en œuvre en agriculture et en élevage. Zoom sur le volet santé animale du projet.

Depuis un an et demi, Agronomes et Vétérinaires sans frontières mène un projet de sécurité alimentaire dans le district de Vohipeno, une des régions les plus pauvres de l'île. Près de 90 % des ménages y vivent en-dessous du seuil de pauvreté.
Cette situation critique s'explique notamment par des conditions naturelles difficiles (cyclones, inondations, etc.), un cours chaotique des cultures de rente (du café notamment) et une récente explosion démographique.

La quasi-totalité des ménages des 19 communes de Vohipeno vit essentiellement de l'agriculture et de l'élevage, pratiqués de façon traditionnelle. Si la riziculture et les cultures de rente constituent les activités principales des agro-éleveurs, l'élevage n'en est pas moins fondamental. Il concerne surtout les zébus et les volailles.
Utilisé pour sa force de travail et son fumier, le zébu est indispensable pour la riziculture. Il peut aussi apporter un complément alimentaire par son lait et occasionnellement sa viande. En outre, il joue un rôle rituel fort, lors des cérémonies traditionnelles (sacrifices).
L'élevage de volailles (poules de races locales et canards) est quant à lui une source de protéines, mais également une trésorerie mobilisable pour l'achat de produits de première nécessité, les frais médicaux, la scolarisation des enfants...

Dans ce climat tropical humide, l'élevage est soumis à des contraintes sanitaires très fortes. C'est le premier frein à son développement, bien avant les problèmes technico-économiques. Les taux de mortalité sont très élevés : 11,6 % pour les zébus et 40,4 % pour les volailles. Pression parasitaire et graves pathologies affaiblissent considérablement le troupeau bovin.
Vulnérables, les zébus ont des capacités de travail diminuées, les femelles une fécondité réduite et les veaux meurent souvent durant la première année.
Deux fois par an, des épidémies déciment le cheptel de volailles et les efforts des éleveurs sont anéantis en quelques jours.

Depuis une dizaine d'années, les services de santé animale à Madagascar sont en cours de privatisation. Le processus s'enlisant, certaines régions se trouvent totalement démunies.
Trop peu rentable, le district de Vohipeno n'intéresse pas les vétérinaires privés et le service public n'a plus les moyens d'offrir des prestations satisfaisantes. Un seul et unique technicien de l'Etat, occupant la fonction de vétérinaire, travaille sur les 19 communes, soit environ 1500 Km2! Il ne dispose que de très peu de médicaments, d'aucun matériel, ni de moyen de locomotion ou de communication.
Ses visites chez les éleveurs restent sporadiques, son périmètre d'action restreint et sa tarification prohibitive. Dans leur grande majorité, les éleveurs n'ont donc aucun moyen de faire soigner leurs animaux.

Dans ce contexte, le volet "Santé animale" du projet a pour objectif la mise en place d'un service de proximité, pouvant bénéficier à tous les éleveurs du district.
La méthodologie retenue et depuis longtemps expérimentée par Agronomes et Vétérinaires sans frontières, consiste à former des agents communautaires de santé animale (ACSA).
18 ACSA ont été choisis par l'équipe du projet, parmi des éleveurs volontaires élus par les villageois dans chaque commune. Ils ont un périmètre de travail bien défini (en général une à deux communes rurales chacun).
Leur cursus de formation comporte six modules dispensés entre décembre 2004 et mars 2006. Après chaque module, les connaissances acquises sont directement appliquées sur le terrain (vaccination des volailles et des zébus, déparasitage...) avec un encadrement rapproché de l'équipe d'Agronomes et Vétérinaires sans frontières.

Une campagne de vaccination des volailles a été organisée en février 2005. Environ 3000 poules appartenant à 332 éleveurs du district en ont bénéficié. Dans les villages, l'effet de démonstration a été très fort: seules les volailles vaccinées ont survécu à l'épidémie qui a sévi aux mois de mars et avril. Des résultats encore meilleurs sont donc attendus pour la deuxième campagne qui a débuté au mois d'août.
Une campagne de vaccination/déparasitage des zébus vient de se terminer. 9000 zébus ont été vaccinés par les ACSA et près de 1500 ont été déparasités. Ces résultats sont encore modestes puisque le cheptel total s'élève à 18 000 têtes.
L'important travail de sensibilisation (chaque ACSA organise plusieurs réunions par commune avant chaque campagne), associé à la diffusion de messages radiophoniques, devrait permettre une prise de conscience sur l'importance de ces prophylaxies (méthode visant à protéger contre une maladie), pratiques peu courantes dans la région.

Les ACSA vont poursuivre leur formation. Les prochains modules aborderont les pathologies et les traitements. Cette étape délicate nécessitera un suivi de terrain très rapproché afin que les ACSA parviennent petit à petit à réaliser le bon diagnostic et à appliquer correctement le traitement.
Au-delà de cette formation technique, Agronomes et Vétérinaires sans frontières travaille à la mobilisation de différents acteurs autour du service de santé animale des ACSA. Ceci se traduit, par exemple, par la demande de mise à disposition des réfrigérateurs des centres de santé de base (dispensaires de brousse), l'appel à la mobilisation des maires et chefs de quartiers pour l'organisation des campagnes de vaccination ou encore la sollicitation des Services de l'élevage pour les modules de formation et le suivi-contrôle des activités des ACSA.
Agronomes et Vétérinaires sans frontières encadrera ensuite les ACSA dans la création d'une association, gage de pérennité des actions. Ils pourront ainsi créer un dépôt de médicaments, s'approvisionner eux-mêmes en produits vétérinaires et négocier les tarifs, organiser les campagnes de vaccination, planifier leur propre formation continue...

Sabine Patricot
Assistante technique du projet


Interview de Madame Randranasolo,
éleveuse de volailles à Andemaka

Pouvez-vous nous décrire votre élevage?

J'ai actuellement six poules. Je n'élève pas de canards car c'est plus compliqué. Comme nous habitons près d'un fleuve, les canards vont dans l'eau et ne retrouvent plus la maison. Avec les poules, il n'y a pas ce problème, elles reviennent toutes seules le soir à la maison.

Cette année, l'agent communautaire de santé animale de votre commune, Monsieur Francis, vous a proposé de vacciner vos poules. Pourquoi avez-vous accepté?

En 2001, j'avais décidé de me lancer dans l'élevage de volailles. J'ai acheté dix poules, au bout d'une année j'en avais 100! Malheureusement l'année suivante une épidémie est survenue et mes poules sont presque toutes mortes. Depuis, j'ai gardé quelques poules mais sans investir car les risques étaient trop grands. Quand j'ai appris que des vaccinateurs avaient été formés et allaient apporter des vaccins dans le village, je me suis tout de suite renseignée pour faire vacciner mes poules. J'ai grand espoir à présent que mon élevage se développe à nouveau.

Est-ce que le résultat des vaccinations a été positif?

Oui. En avril, il y a eu une épidémie dans le village. Beaucoup de poules sont mortes chez mes voisins. Ils sont venus me voir pour me demander ce que j'avais fait pour que les miennes ne meurent pas. Je crois qu'à la prochaine campagne de vaccination, ils vont aussi faire vacciner leurs poules.

Quels autres problèmes rencontrez-vous dans l'élevage de volailles?

Le deuxième problème, après les épidémies, ce sont les voleurs. Mais je crois qu'il n'existe pas de vaccin ! Ensuite, il y a des difficultés avec les poussins qui meurent souvent en saison froide à cause de la variole, des parasites intestinaux et des poux. J'aimerais aussi avoir des conseils pour l'alimentation et construire un poulailler pour dissuader les voleurs.


B O L I V I E




Nous devenons de véritables
entreprises paysannes

Angel Condori Hanca, 35 ans, est producteur de café dans les Yungas de Bolivie (vallées chaudes au pied de la cordillère des Andes). Il a récemment été élu président de la FECAFEB (Fédération d'organisations de producteurs de café exportatrices de Bolivie), fédération qui regroupe vingt-quatre organisations de producteurs dont la majorité exporte sous le label Max Havelaar. Il nous explique qu'au-delà d'un prix juste, le commerce équitable permet de structurer les organisations de producteurs, qui peuvent alors mieux défendre leurs droits et négocier d'égal à égal avec les autres acteurs économiques et politiques.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de la FECAFEB?


Je viens d'une famille de l'altiplano, où les conditions climatiques sont très rudes. Nous avons migré pour produire du café dans les Yungas. Je suis moi-même producteur de café dans la coopérative d'Alto Sajama et je peux vous dire que c'est un travail difficile. En janvier dernier, je me suis présenté aux élections de la FECAFEB pour représenter ma coopérative... et j'ai été élu ! Je dois avouer que j'ai été un peu surpris car généralement, les dirigeants élus à l'échelle nationale sont plus âgés que moi.

Qu'est-ce que les organisations de producteurs attendent de la FECAFEB?

Les coopératives de la FECAFEB exportent aujourd'hui 38 % du café bolivien en volume et 52 % en valeur car elles ont accès à des marchés plus rémunérateurs, par le biais notamment du commerce équitable. C'est une réelle avancée pour les petits producteurs. Il y a quelques années encore, les grandes entreprises avaient la mainmise sur les exportations. Ces parts de marché, nous les avons obtenues progressivement grâce à la qualité de notre café. Nous avons réussi à gagner la confiance des importateurs.
S'unir est essentiel pour être plus forts. Il s'agit d'abord de faire face aux multinationales qui s'accaparent le commerce du café et contrôlent la totalité de la chaîne de production, de la récolte au consommateur. Ensuite, la FECAFEB a un rôle à jouer auprès de l'État afin qu'il mette en place une politique d'appui au secteur du café. Au niveau international, nous souhaitons créer un regroupement des petits producteurs andins, la CANCAFE, qui aura pour but de défendre nos intérêts en Bolivie, en Équateur et au Pérou.

Comment vous êtes-vous insérés dans le commerce équitable?

Tout le monde connaît Max Havelaar, « celui qui paie un prix juste ». Cependant, pour remplir les conditions de labellisation, les organisations paysannes doivent faire preuve de transparence, notamment quant à la redistribution de l'argent provenant des récoltes. En ce sens, Agronomes et Vétérinaires sans frontières nous a beaucoup aidés. Grâce aux formations en gestion et administration, nous fonctionnons de manière plus professionnelle et démocratique; nous devenons de véritables entreprises paysannes.
Des organisations de producteurs alentour ont compris les bénéfices de telles formations et ont demandé à y participer. Ainsi, plus de 500 producteurs reçoivent cet enseignement qui s'étale sur un an et demi.
Maintenant, la dynamique est lancée. Le commerce équitable nous incite à nous mobiliser, à définir des projets de développement économique et social au niveau de notre territoire. Grâce à une relation commerciale sur le long terme et au préfinancement des importateurs (les producteurs peuvent bénéficier d'un préfinancement partiel des récoltes, ce qui leur évite de devoir s'endetter auprès d'usuriers), nous acquerrons une meilleure connaissance des marchés. Nos capacités de négociation avec les acteurs économiques se renforcent, et pas seulement ceux du commerce équitable.

Quel est impact du commerce équitable sur les familles?

Dans ma coopérative, les retombées positives sont multiples. Nous avons capitalisé grâce à la prime de développement jusqu'à atteindre une certaine somme. Ainsi, nous avons pu construire des bureaux pour la coopérative et un dispensaire pour la communauté. De plus, avec un café vendu a un prix juste, les familles peuvent investir dans des maisons solides, s'équiper de panneaux solaires pour l'électricité, envoyer leurs enfants à l'école jusqu'au secondaire...
En outre, grâce au système Max Havelaar, on a réussi à limiter les migrations vers la ville : un producteur de café peut maintenant rester sur sa terre.

Propos recueillis par Isabelle Philippe



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7 novembre 2005.
Le journal hebdomadaire l'Express vient de publier, dans l'édition du 27/10/2005, un appel émanant du Conseil national des personnes âgées, partie prenante de l'association MOUVEMENT DES SENIORS.
Ce texte est capital. Avec l'accord du Mouvement des seniors, Forum 17 le reproduit ci-dessous in extenso.







L'APPEL DE HUIT VIEUX EN COLERE

Pour la première fois, huit personnalités exigent de s'exprimer publiquement et collectivement en tant que « vieux » - et elles tiennent à ce terme. Réunies par le Conseil national pour les personnes âgées, qu'elles n'engagent pas par ce texte, elles revendiquent de faire entendre leur expérience et la sagesse que l'on acquiert avec les années. Non pour défendre la cause des seniors, mais pour secouer la société française. L'Express publie leur appel en exclusivité.


Les auteurs de l'article

  • Françoise Héritier: anthropologue, professeur honoraire au Collège de France, membre du Comité consultatif national d'éthique et de l'Académie universelle des cultures.

  • Abbé Pierre: fondateur d'Emmaüs.

  • Maurice Tubiana: cancérologue, président honoraire de l'Académie nationale de médecine et membre de l'Académie des sciences.

  • Jean Delumeau: historien, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, professeur honoraire au Collège de France.

  • Edgar Morin: sociologue, directeur émérite au CNRS.

  • Albert Memmi: écrivain et sociologue, professeur émérite à Paris X.

  • Albert Jacquard: généticien, professeur à l'Université de Genève, à l'Université de Louvain et à Paris VI.

  • Denis Clair: président du mouvement des seniors.



Les jeunes revendiquent leur âge ou on le revendique pour eux. Pourquoi redouterions-nous de qualifier le nôtre ?
Ce titre n'est donc pas dû à un metteur en page ou à un rédacteur en chef facétieux, mais aux auteurs de ce texte en forme de bouteille à la mer.

Deux idées ont inspiré cette initiative : radio et télévision invitent à participer à leurs débats des représentants de tous les âges de la vie et de tous les milieux sociaux. Jamais des « seniors ». Les radios qui prétendent s'adresser à eux les méprisent souverainement. Leurs fringants animateurs (trices) ignorent et veulent tout ignorer des problèmes des vieux, à qui on permet juste de demander des disques. Sans nous imposer, nous voulons donc faire acte de présence.

Nous avons, pour la plupart, appartenu à des formations politiques différentes, souvent opposées. Sommes-nous capables de nous délester des partis pris que nous avons laissé macérer et de repenser entièrement, sans rien renier, ce qu'on nous a inculqué ? Pouvons-nous faire valoir notre expérience, en privilégiant le bon sens, notre valeur commune après nous être réclamés jusqu'ici de la droite, de la gauche ou du centre ? L âge ne permet-il pas de viser au dépouillement et, de là, à l'objectivité, même si celle-ci n'est jamais entièrement accessible ? C'est un pari difficile que nous pouvons tenter avec ce panorama des préoccupations contemporaines.

La Première Guerre mondiale de 1914 à 1918 devait être la dernière. Tous les ans, quand on la commémore, chacun affirme qu'il s'agit d'une boucherie inutile. La Seconde Guerre mondiale de 1939 à 1945 aussi devait être la dernière et beaucoup se sont sacrifiés pour qu'il en soit ainsi. Mais les foyers de guerre se multiplient, souvent sans qu'on en connaisse l'objet réel. Des dizaines de milliers de morts ont été ensevelis dans les charniers de la guerre du Golfe et du Kosovo parce qu'il fallait éliminer un dictateur et imposer la démocratie aux Etats de la région. Rien n'a changé, les dictateurs pérorent et la démocratie attend sur le seuil de ces Etats totalitaires.

Il est grand temps de proclamer, de hurler si nécessaire, que la guerre est le mal absolu - quels que soient ses prétextes - qu'elle ignore toute morale, tout état de droit, qu'elle ne règle rien à long terme. Elle donne la victoire au plus fort, qui ne représente pas forcément la cause la plus juste : Hitler a remporté la guerre de 1939-1940. Comme nous n'avons plus d'ennemi potentiel, faut-il nous armer plus que tous les pays du monde... à tout hasard ?
Il y a aujourd'hui des méthodes, des moyens techniques de défense refusant autant que possible d'anéantir les personnes, qu'il faut expérimenter et dont la résistance des cheminots durant l'Occupation peut fournir un exemple. Nous ne renions pas pour autant la violence ayant contribué à chasser les nazis et nous respectons profondément ceux qui, sous l'uniforme, se sont sacrifés ou sont prêts à se sacrifier si le pays l'exige. Mais le monde a changé. Il n'y a plus de « guerre froide » ou d'ennemi potentiel. Tous les peuples aspirent à la paix.
Pierre Messmer, Premier ministre du général de Gaulle, affirmait que le service militaire ne servait plus à rien. Jacques Chirac, avec courage, a sanctionné cette évidence. Il faut aller plus loin, avec plus de courage encore, mettre la guerre hors la loi, sinon nous n'aurons pas lieu d'être fiers du monde laissé aux générations futures.

On évoque le « nucléaire » sans discernement. Pour le nucléaire civil, le débat est ouvert, en tenant compte de son économie et de sa non-pollution, comme du problème posé par ses déchets. C'est d'abord un problème politique et, les problèmes politiques, nous laissons les responsables les traiter sans nous en mêler. Ne nous préoccupant ici que des incidences morales, nous disons clairement qu'il faut renoncer au nucléaire militaire. Comme l'ont exprimé les plus hautes autorités morales, religieuses notamment, un pays civilisé ne peut envisager de détruire des populations civiles par millions. Le danger vient aujourd'hui de la prolifération nucléaire et du terrorisme, mais ce n'est pas avec une bombe atomique qu'on peut y faire face.
Le plus solennel imbécile de tous les temps est celui qui imagina le slogan: « Si vis pacem para bellum », « Si tu veux la paix prépare la guerre ». C'est aussi raisonnable que d'affirmer « Si tu veux la justice, multiplie les injustices » ou « Si tu veux l'amour, cultive la haine ». Bien évidemment, « Si tu veux la paix, prépare la paix! » La France avait, il n'y a pas si longtemps, un ministère de la Guerre. Pourquoi ne pas instaurer un ministère de la Paix? Et réunir en un ministère de la Sécurité toutes les forces dépendant aujourd'hui de l'Intérieur et de la Défense, avec des moyens efficaces et modernisés pour maintenir la paix, la paix seulement, avec un minimum d'armement.
Des têtes plombées, pour justifier le superarmement dont elles rêvent, ruineux et inutile, osent encore évoquer notre « rang de grande puissance dans le monde ». Ont-elles oublié ce qu'est réellement la France et pourquoi certains s'obstinent à l'aimer, ici et au-delà des frontières ? L'Allemagne, le Japon, l'Italie, l'Espagne sont-ils des nations négligeables ? Où est leur armement nucléaire ? Et n'est-ce pas justement son absence qui a permis le développement de leur économie ? La justice et la liberté n'ont aucun besoin de la bombe atomique. Au contraire.

La justice, nous devons, d'abord, l'assurer chez nous. Les dispositions nouvelles - cours d'assises d'appel, contrôle du pouvoir sans partage du juge d'instruction, respect du secret de l'instruction et de la présomption d'innocence - sont judicieuses. Mais personne n'ose encore évoquer l'essentiel. La justice française reste inspirée par la volonté de sauvegarder la société de Napoléon. Elle est devenue une institution de répression, comme si la police n'y suffisait pas. D'où le contraste, dans le prétoire, entre les places assignées au procureur chamarré, juché sur son prétoire et à l'avocat en contrebas. Dans la mesure où, en réalité, l'instruction et l'enquête policière se font à charge, dénichant et exploitant tous les motifs de culpabilité, ne pourrait-on se passer d'un accusateur public à l'audience ?
La vengeance doit, hélas ! l'emporter. Quelle que soit la condamnation des coupables, les victimes se précipitent devant micros et caméras pour en exiger davantage. On les comprend, mais la justice n'a pas à être influencée par la surenchère. La civilisation chrétienne, dont notre nation se réclame, ne suggère-t-elle pas pardon et rédemption ? On ne peut l'espérer tant que les coupables ne sont pas assujettis à la réparation ni au dédommagement des victimes, notamment par le travail. Aujourd'hui, sortant de prison, les truands retrouvent souvent leurs magots.

Il était temps qu'on dénonce nos prisons, indignes d'un pays civilisé. Mais qui en est responsable, sinon l'administration pénitentiaire qui s'en contente sans que ses dirigeants aient jamais protesté et les juges qui embastillent sans se préoccuper de la suite ? Le bracelet électronique permettrait déjà de désencombrer les prisons. Des esprits pointilleux y voient une atteinte aux droits de l'homme, pas moins. Il y a une solution : qu'on donne aux condamnés le choix, prison ou bracelet.

Des débats sans fin visent la fonction publique et l'on se bat, ici encore, à coups d'affirmations abstraites. Trop ou pas assez de fonctionnaires et de services publics ? On ne voit pas pourquoi l'Etat accapare tant d'entreprises que le privé pourrait gérer aussi bien, moyennant un rigoureux cahier des charges. On ne voit pas davantage pourquoi le ministère de l'Agriculture s'enfle de fonctionnaires alors que le nombre d'agriculteurs diminue. Le ministère des Anciens Combattants, attribué lors des formations des gouvernements afin de satisfaire des dosages politiques, ne sert plus à rien. Un office suffirait pour veiller à la distribution équitable des pensions.

Mais les infirmières aussi sont des fonctionnaires, et il en manque. Ce qui nous ramène à la misère des hôpitaux publics. Jusqu'à quand va-t-on exiger que la santé publique et la Sécurité sociale soient rentables, qu'on trie les malades ayant accès à un traitement lourd et onéreux ? Demande-t-on à l'enseignement public, à la défense nationale, aux ponts et chaussées d'être rentables ? Quand l'Etat se consacrera exclusivement à ces tâches essentielles, il fera en sorte que tous les citoyens soient soignés comme ils doivent l'être, sans lésiner. Est-il acceptable que, en un temps de croissance économique, des Français en grand nombre ne puissent renouveler leurs lunettes ou acheter l'indispensable prothèse dentaire ?

Ces problèmes sont parfois abordés par les organisations syndicales. Celles-ci seraient plus crédibles si, après avoir admis le caractère aléatoire de leur représentativité, elles veillaient à ce que les intérêts catégoriels qu'elles défendent n'aillent pas à l'encontre de l'intérêt général. Il est aussi temps de les inviter à un effort d'imagination et de générosité concernant les grèves. Le droit de grève permet de ne pas travailler, non de forcer autrui à cesser son travail. Les grèves des services publics deviennent insupportables. On ne peut accepter plus longtemps qu'un petit nombre interdise à des vieux et à d'autres victimes de se rendre à un examen médical ou de recevoir un mandat salvateur. L'autorité de l'Etat doit ici s'imposer.

Nous savons produire mais nous ne savons pas encore distribuer équitablement. Quand les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, ce sont les fondements de la société qu'il convient de modifier. Mais, nous l'avons dit, nous nous abstenons ici de toute incursion directement politique. Nous sommes convaincus que, dans toutes les formations politiques, il existe des hommes de progrès désireux de doter la société de plus de justice et de liberté. Pour que cela advienne, il faut une vie démocratique où le pouvoir n'est pas imposé aveuglément mais accordé par les collectivités de base. Cela implique l'information et l'éducation de tous les citoyens. Il n'est pas acceptable que la plupart ignorent ce qui fonde la politique nationale : la répartition du budget national.
Il est dommage que les partis se croient obligés de s'injurier pour justifier leur spécificité, leur existence même. Il est tout aussi dommage que, lorsqu'un homme politique obtient une fonction, il consacre ses efforts à atteindre la fonction supérieure.

Il faut revenir à la souveraineté démocratique, aujourd'hui représentée par le Parlement. Comment permettre à quelques hommes nommés, et non élus, de censurer ses décisions ? Si le Conseil constitutionnel les dit anticonstitutionnelles, c'est la Constitution qu'il faut changer ou rendre mobile, non la volonté populaire.
De même, des juges - pas davantage élus - ne devraient pas pouvoir prononcer l'inéligibilité d'hommes politiques. Aux électeurs de dire par leur vote si les faiblesses ou les fautes de leurs représentants doivent être sanctionnées.
L'importance prioritaire donnée au Parlement devrait permettre à celui-ci de préserver sa dignité. Quand va-t-on mettre fin à ces ridicules «questions au gouvernement», transmises avec piété par la télévision ? Que le gouvernement soit de gauche ou de droite, les députés de la majorité n'interviennent que pour lui servir de faire-valoir avec les questions les plus démagogiques ou les plus obséquieuses, évidemment préparées d'un commun accord. Quant aux députés de l'opposition, ils se moquent de la réponse. Seule la question les intéresse, qu'ils n'hésitent pas à reformuler même quand un de leurs collègues l'a déjà posée. Ce qui compte, pour eux, c'est que le journal officiel la rapporte et qu'ils en fassent part à leurs électeurs.

Nous ne sommes pas obnubilés par les problèmes qui nous concernent directement et nous sommes tout aussi préoccupés par ceux qui touchent les jeunes des banlieues. Des voitures flambent, des vols à la tire se multiplient et les racistes invétérés de dénoncer une France «multiculturelle» qui serait incompatible avec... l'«âme de la France». Ils n'y comprennent rien, car ils ignorent la grandeur des civilisations arabe, berbère et asiatique et feignent de ne pas voir que ces jeunes les ignorent tout autant. Ces derniers n'apportent aucune culture puisqu'ils sont entièrement déculturés. Il suffit d'entendre leur langage débile. Et l'on peut se poser des questions sur les enseignants qui les abandonnent dans cet état après de longues années de scolarisation. S'il ne s'agit pas d'incompétence mais d'un manque de moyens, qu'ils le disent.
Les exactions sont à sanctionner sévèrement. Mais la répression sans prévention est sans effet. Ces jeunes désaxés n'ont souvent rien pour se distraire et s'enrichir l'esprit. Depuis Simone Veil, tous les ministres en charge de la Ville annoncent le déblocage de fonds importants pour les banlieues en souffrance. Où et quand ces jeunes ont-ils pu en bénéficier ?

Enfin, il semble nécessaire de guérir la France de sa congestion cérébrale et de faire entendre davantage la province, riche d'innovations trop discrètes, où germent la plupart des initiatives sociales et culturelles les plus aptes à faire sortir notre société de sa torpeur, de son égoïsme et de son manque d'imagination créatrice.
Les convictions que nous espérons faire partager ne peuvent s'accommoder de certitudes. Le doute doit rester au cœur de tout homme de bonne volonté. Les certitudes, nous avons eu hélas l'occasion et le temps de le constater, conduisent à l'intolérance et celle-ci, inéluctablement, au totalitarisme, quelle que soit sa dimension et sa portée.
Sans doute ne verrons-nous pas la société plus cohérente et enfin fraternelle que nous prônons : nous passerons bientôt le relais. Que ceux qui veulent bien participer à notre quête et à notre réflexion nous écrivent : nous avons encore beaucoup à faire. Et si nous suggérons une large alliance, ce n'est pas pour nous enfermer douillettement dans le ghetto du grand âge. Si des jeunes s'associent à notre appel, qu'ils soient les bienvenus et remerciés. Ils nous aideront à admettre que cet appel ne sera pas trop vain ou fugitif. Nous avons seulement proposé des pistes nouvelles ou à régénérer, et tenté de démontrer modestement qu'il est des vieux ne se préoccupant pas uniquement de leur retraite.

Pour s'associer à cet appel ou recevoir une information sur le Conseil national des personnes âgées, envoyer une enveloppe timbrée et libellée à votre adresse à:

CNPA, BP 46, 93163 Noisy-le-Grand.




Voici la teneur des notes explicatives que l'Association adresse aux personnes demandant des renseignements.

MOUVEMENT DES SENIORS

B.P. 46,93163 NOISY LE GRAND CEDEX
Téléphone: 01 45 92 14 30 (de 9h à 12h) Fax: 01 45 92 01 45



Novembre 2005

Madame, Monsieur et (si vous le permettez) Chers amis,

Merci de vous intéresser à notre article de l'Express. Au fur et à mesure que nous prenons connaissance de ces messages, dont la chaleur nous réconforte, nous ressentons bien que les motivations de nos correspondants sont variées. Il nous faudrait, pour les satisfaire, avoir une réponse différente pour chacun de nos correspondants. C'est donc pour simplifier, que nous adressons nous à deux groupes de correspondants différents par leur âge mais que nous tenterons de satisfaire dans le même esprit.
  1. Les retraités et autres seniors que notre Mouvement accueillerait avec joie veut tenter de satisfaire les besoins des aînés refusant de se laisser materner : étudier entre eux les problèmes spécifiques qui les concernent et participer au combat des idées de ce temps. Déjà un site va s'ouvrir sur Internet : vieuxencolere@wanadoo.fr.

    Et si vous désirez susciter un club de notre Mouvement en votre ville, confiez-nous une note vous faisant connaître et nous vous fournirons toutes indications.

  2. Si vous êtes ...plus jeune, le CLUB DES LIBERTES, sur lequel le feuillet joint vous dit l'essentiel, vous accueillera avec tout autant de plaisir.
Le bulletin d'adhésion qui suit peut être utilisé pour l'une ou l'autre des adhésions. Nous vous assurons de notre amical dévouement.


J. FERBOS
Secrétaire général






COMITE DIRECTEUR DU MOUVEMENT DES SENIORS

  • M. le Professeur Etienne-Emile BAULIEU: Président de l'Académie des Sciences, Professeur au Collège de France.
  • M. le Professeur Sadek BELOUCIF: Chef du Département d'Anesthésie-Réanimation du C.H.U. d'Amiens.
  • M. Pierre BOULEZ: Compositeur et Chef d'Orchestre.
  • M. le Professeur Antoine BOURRILLON : Chef de Pédiatrie de l'Hôpital Robert Debré de Paris.
  • M. Jean BOUSSINESQ: Sociologue, ancien élève de l'E.N.S.
  • Mme Edmonde CHARLES-ROUX: de l'Académie Goncourt.
  • M. Régis DEBRAY: Philosophe et Ecrivain.
  • M. Jean DELUMEAU: de l'institut, Professeur émérite au Collège de France.
  • M. Alain GOLDMANN: Grand Rabbin du Consistoire de Paris.
  • M. le Docteur Gilbert GOUJON: Secrétaire général l'A.M.D. (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.)
  • Monseigneur Paul GUIBERTEAU: Recteur émérite de l'Institut Catholique de Paris.
  • Mme Françoise HERITIER: Professeur émérite au Collège de France.
  • M. Stéphane BESSEL: Ambassadeur de France.
  • M. le professeur François JACOB: de l'Académie Française, de l'Académie des Sciences, Prix Nobel de Médecine.
  • M. le Professeur Albert JACQUARD: Démographe et Généticien.
  • M. Jean-Pierre KAHANE: de l Académie des Sciences. Président d'Honneur de l'Union Rationaliste.
  • Mme Maximilienne LEVET: Professeur Honoraire, Fondatrice de "La Flamboyance".
  • M. Albert MEMMI: Professeur émérite à l'Université Paris X, Sociologue, Ecrivain.
  • M. Khalil MERROUN: Recteur de la Mosquée d'Evry.
  • M. Edgar MORIN: Directeur de l'Ecole des Hautes Etudes des Sciences Sociales.
  • M. Lucien NEUWIRTH: Membre du Conseil Economique et Social, ancien Député et Sénateur, Président d'honneur du Conseil Général de la Loire.
  • M. Jean-François REVEL: de l'Académie Française.
  • M. Jacques ROBERT: Président Honoraire de l' Université Panthéon-Assas, ancien Membre du Conseil Constitutionnel, Président du Centre Français de Droit comparé.
  • M. le Professeur Denis SAFRAN: Chef de Service de l'Hôpital Européen Georges Pompidou.
  • M. Georges SEGUY: ancien Secrétaire Général de la C. G. T.
  • M. Pierre-Christian TAITTINGER: Maire du 16ème Arrondissement, ancien Ministre.
  • M. le Docteur Jean-Pierre TAROT: Unité de traitement de la douleur de l'Hôpital Saint Louis.
  • M. Jean-Pierre VERNANT: Professeur Honoraire au Collège de France.
  • M. le Pasteur Jean-Marc VIOLLET: Conseiller de l'Eglise Réformée de France.
  • M. Kofi YAMGNANE: Conseiller Général, ancien Ministre.
  • M. Germain ZEILIG: Professeur et ancien Doyen de la Faculté de Chirurgie dentaire.
    ainsi que:
  • M. Hugues AUFFRAY: Auteur-Compositeur-Interprète.
  • M. Pierre MONDY: Comédien et Metteur en scène.
  • M. Raoul SANGLA: Cinéaste.
Gage de notre stricte indépendance idéologique, les Membres de notre Comité Directeur appartiennent à toutes les familles de pensées, comme à tous les courants politiques. C'est rare en ces temps d'intolérance et de fanatisme où l'on confond si aisément convictions et certitudes.

CLUBS DES LIBERTES

Ils viennent d'étre suscités par l'Association Française d'Echanges et d'Initiatives, la seule association pouvant se permettre de réunir en son Comité directeur des Ministres en exercice et d'anciens ministres aujourd'hui dans l'opposition ainsi que cinq anciens Premiers Ministres, Edouard BALLADUR, Raymond BARRE, Laurent FABIUS, Pierre MAUROY, Pierre MESSMER et des personnalités sans attache politique.
Chacun conserve ses opinions mais accepte de les confronter à celles des autres.

L'activité de base sera un dîner-débat mensuel, chacun consacré à un grand problème contemporain. Mais chaque club local pourra prendre d'autres initiatives dans l'ordre culturel et des loisirs de qualité.

Le bulletin qui suit vous permet d'adhérer soit au Mouvement des Seniors, soit aux CLUBS DES LIBERTES. Lisez bien avant de remplir, rayez ce qui doit l'être et écrivez très lisiblement ; ce qui est lisible pour l'expéditeur ne l'est pas toujours pour le destinataire...

La cotisation est la même pour l'adhésion au Mouvement des Seniors et au Club. Si vous avez un concours particulier à nous offrir, merci de nous en informer. Tout est à faire et nous sommes démunis, notamment administrativement.

Et si vous désirez créer un club en votre ville, confiez-nous une note vous faisant connaître et nous vous fournirons toutes indications. Merci.




Modèle de bulletin d'adhésion

Remplir en lettres capitales et envoyer à

SENIORS-LIBERTES, B.P. 46, - 93160 NOISY LE GRAND CEDEX.





NOM: ...........................
PRENOM: ..................

DOMICILE: ..............................................
................................................................
...............................................................

TEL:..............
FAX (s'il y a lieu).................

Profession ou ancienne profession pour les retraités :
........................................................
...... .................................................
...................................... .................

  • donne son adhésion au MOUVEMENT DES SENIORS

  • donne son adhésion aux CLUBS DES LIBERTES
Rayer très nettement une des deux mentions qui précèdent.

  • joint pour cotisation la somme de 20 Euros à l'ordre de: LIBERTES (idem pour le MOUVEMENT DES SENIORS)
    C.C.P. Paris 21060 33 x

  • joint une enveloppe timbrée et libellée à ses nom et adresse pour recevoir les prochaines informations.



Fait à ................................
Le:......................................


SIGNATURE:


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Année 2006




SOS SAHEL International Fance
( Association reconnue d'utilité publique )
2, avenue Jeanne
92604 Asnières-sur-Seine Cedex
Tel: 0146889370
Courriel: contact@sossahel.org
Site internet: www.sossahel.org

15 juin 2006

Les textes ci-dessous sont extraits des numéros 94 de février 2006 et 95 de mai 2006 de la revue la lettre du Sahel, éditée par l'association SOS SAHEL International France. Cette ONG, par des actions de long terme, s'efforce d'aider les habitants de l'Afrique sub-saharienne dans leur lutte contre de lourds handicaps: le poids d'une explosion démographique pas encore maîtrisée, la sécheresse et la désertification, les conditions économiques défavorables liées à la mondialisation, le manque de capitaux (aggravé par le détournement d'une partie de l'aide internationale par des élites peu scrupuleuses), une gestion administrative généralement peu efficace, l'insuffisance des infrastructures, les contraintes que font peser des habitudes culturelles peu tournées vers le progrès technique et scientifique, le déficit éducatif etc...
Cette association, qui travaille en liaison avec les cadres locaux, a encore beaucoup de choses à réaliser. Souhaitons-lui de réussir... et aidons-la financièrement par nos dons!

Alain Rouyé

2006, année de la désertification

L'année 2006 a été placée par l'Organisation des Nations-Unies sous le signe des déserts et de la désertification, en commémoration du 10ème anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention internationale de lutte contre la désertification.
La portée de ce thème est universelle, mais son sens n'a pas la même gravité selon les pays où l'on se trouve. En Europe, beaucoup ont un véritable attrait pour le désert, magnifié par les photographes et les scientifiques. Rares sont ceux que ses avancées préoccupent et encore plus rares ceux qui prennent conscience des processus de désertification à l'œuvre sous nos climats.

Au Sahel où les conditions de vie, en ville comme en milieu rural, sont largement tributaires des récoltes et de la prospérité de l'élevage, la désertification hante les esprits et conditionne les comportements. Elle est vécue souvent comme une fatalité et porte à des conduites qui peuvent aller jusqu'à la fuite, exode rural ou émigration, faute d'espoir d'arriver un jour à enrayer un phénomène qui menace l'existence.
Mais la charge qu'elle fait peser sur ces populations est trop présente et lourde de conséquences dramatiques pour que celles-ci ne réagissent pas et cherchent à lutter contre elle. C'est sur cette capacité de réaction que peut s'appuyer notre association.
Pour les agriculteurs ou les éleveurs sahéliens, le soutien venu de l'extérieur est le meilleur encouragement à résister et à s'organiser contre l'adversité. Il faut avoir vécu la chaleur de l'accueil et la reconnaissance des communautés avec lesquelles nous travaillons pour comprendre combien notre démarche est importante aux yeux de ceux qui doivent se battre quotidiennement contre la désertification.
Notre rôle est d'inciter nos interlocuteurs à perpétuer leur attachement à leurs terroirs en apportant des améliorations rapides de leurs conditions de vie : approvisionnement en eau et en bois, couverture des besoins alimentaires, alphabétisation, santé, activités génératrices de revenus, etc...
Mais au delà de ces actions bien sûr prioritaires, il y a lieu de s'intéresser au milieu naturel et à ce qui le dégrade le plus vite et le plus fortement, la désertification. Des techniques existent à cet effet : elle requièrent des modes d'organisation et des ressources que, grâce à vos dons, nous pouvons mobiliser.

L'ONU en faisant de 2006 l'année internationale des déserts et de la désertification nous oblige à davantage d'efficacité. Plus que jamais nous comptons sur votre générosité pour relever ce défi.

Jean-Loïc Baudet
Président de SOS SAHEL
International France

Mali, un pari de 3 ans à tenir

Remplacer progressivement la coupe traditionnelle du bois, qui contribue à la désertification du pays, par des activités telles que la culture de fruits et de légumes, l'élevage, la production et la vente du beurre de karité. Voilà l'enjeu du projet qu'engagent ensemble, en 2006 et pour trois ans, les antennes française et malienne de SOS SAHEL International dans le Cercle de Kati, au sud de Bamako.
A la demande de la population locale. Et avec l'appui de l'Union européenne.

Le 13 octobre 2005, l'Union européenne a donné son agrément à SOS SAHEL International France pour mener à bien, dans les trois ans qui viennent, un important projet d'appui à des activités économiques alternatives à la coupe du bois. Nom de code ? Le "Cercle de Kati", du nom de cette entité administrative - l'équivalent d'un département français - qui entoure l'agglomération de Bamako, la capitale du Mali. Son coût ? 321 000 €. Grâce au levier que représentent les dons, privés et publics, perçus par SOS SAHEL France, l'Union européenne a accepté de financer le projet à hauteur de 75% (soit un peu plus de 240 000 €).

Inspiré directement par la réflexion et l'expérience de groupements de villageois du sud de Bamako, puis validé par SOS SAHEL International Mali, qui en sera, naturellement, le principal acteur au cours des trois années à venir, le projet du Cercle de Kati concerne près de 45 000 personnes, réparties dans une soixantaine de "villages" - on dirait en France des "hameaux" - dépendant de trois communes Sanankoroba, Dialakoroba et Bougoula.
Dès la mi-décembre 2005, SOS SAHEL France a envoyé sur le terrain une mission d'évaluation, conduite par Grégoire Albert, responsable des projets, pour enregistrer les attentes de la population, étudier ses besoins, vérifier la fiabilité du projet, estimer les possibles difficultés de sa mise en œuvre et tenter de les prévenir. Bref, cadrer cette affaire avec nos interlocuteurs maliens les habitants du Cercle de Kati au premier chef, mais aussi le président de SOS SAHEL Mali, Almouzar Maïga, son secrétaire général, Filifing Sako, et le coordinateur du projet, Boubacar Diombélé.

République du Mali

- Superficie: 1 241 000 km' (soit un peu plus de 2 fois la France).
- Capitale : Bamako.
- Population : 12 millions d'habitants (estimation).
-Taux de natalité : 47 pour mille.
- Taux d'alphabétisation : 46 %.
- Espérance de vie : 48 ans.
- Principales productions: or, sel, coton, mil, riz, arachides, maïs, élevage et pêche.
- PIB /habitant: 254 €.

L'impossible est possible

Il n'est pas acceptable que les pays du Sahel francophone, anciennes colonies françaises, soient aujourd'hui parmi les plus pauvres de la planète. Il n'est pas acceptable qu'aujourd'hui, au 21ème siècle, des Nigériens, des Maliens et d'autres encore puissent mourir de faim. Il n'est pas acceptable, lorsque ceux-ci survivent, qu'ils doivent se contenter de mendier leur nourriture. Et il n'est pas acceptable que de nombreux pays riches tondent encore, toujours un peu plus, le peu de laine qui reste sur le dos des Sahéliens.

Car, voyez-vous, la cause n'est pas perdue d'avance pour peu que nous regardions un peu plus loin que le bout de notre nez. Ces pays ont un réel potentiel dès lors que l'on accepte d'y investir et que la principale préoccupation des "grands" de ce monde ne soit pas de se protéger contre leurs matières premières, mais qu'au contraire, ils acceptent de laisser à l'agriculture et à l'élevage de ces pays la porte ouverte. La mondialisation ne devrait pas se faire à sens unique.

La désertification, la sécheresse, les famines ne sont pas une fatalité pour peu que nous soyons plus nombreux à le croire et à le vouloir, pour peu que l'on accepte de faire bouger légèrement les lignes du commerce international.

J'entends dire et je lis souvent que l'Afrique est un continent perdu. Qu'il serait impossible de lui redonner sa place dans ce monde.

Non, pour nous l'impossible est possible. A notre échelle, nous l'avons démontré. Avec vous tous, nous l'avons démontré. Nous devons ensemble poursuivre le combat et entraîner d'autres acteurs du développement avec nous.

Merci de votre aide constante et efficace.

Marc FRANCIOLI
Président de SOS SAHEL
International France

PS : Cet éditorial ne serait pas complet sans cette information due aux membres de notre association et aux quelque 25 000 donateurs qui l'accompagnent : mon prédécesseur, Jean-Loïc Baudet, élu le 21 juin 2005, a démissionné le 15 février 2006. A la demande du bureau, j'ai accepté, pour un peu de temps encore, de reprendre du service.

Des erreurs à ne pas commettre

La main sur le cœur et même avec les meilleures intentions du monde, on peut parfois commettre, en Afrique, de gros dégâts.
On se souvient encore, par exemple, à l'ambassade de France au Burkina Faso, comment, il y a trente ans, le maire de Loudun (Vienne), René Monory - bien avant que celui-ci ne devienne président du Sénat - entretint dans le pays, sans le vouloir, un véritable marché noir de la moustiquaire. En toute bonne foi, pour tenter de lutter contre une grave épidémie de paludisme, M. Monory avait fait envoyer 5 000 moustiquaires, dont le prix, de moitié moindre que celui du marché, alimenta ensuite toutes sortes de trafics...

Les ambassades sont tout aussi réticentes à l'envoi, en Afrique, de conteneurs, qui sont souvent des conteneurs-poubelles. Les médicaments, par exemple, envoyés de France pour bien faire, se retrouvent aisément dans les sacs de marchands à la sauvette, qui les bradent, évidemment, sans ordonnance. L'expédition de pupitres ou de tableaux noirs, destinée en principe à lutter contre l'analphabétisme, peut aussi "étouffer le développement de l'artisanat local".

Issa Sorgho, l'un des responsables de la Maison de la coopération décentralisée à Ouagadougou, s'explique : "Vos élus ont besoin d'une plaque. Elle indique que leur ville a posé là une case de santé, ici un moulin ou un puits. Mais ils ne se soucient pas assez de la formation des hommes, qui, elle, n'est pas visible. Or, ce dont nous avons besoin, c'est, en dépassant l'humanitaire, de mener des actions structurantes durables, d'aider les acteurs locaux du développement à se prendre eux-mêmes en charge".

Par chance depuis 30 ans, nos élus ont appris à apprendre.

Jean-Louis Saux.

Lettre adressée aux donateurs par l'association

Le 4 AVRIL 2006

Cher donateur,

Si je vous écris, c'est pour vous parler de l'importance de l'eau pour nos frères sahéliens. Vous savez que leurs pays souffrent depuis trop longtemps de sécheresses terribles qui provoquent famine, pauvreté et exode. Au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, il existe pourtant des solutions. Dans certaines zones, les nappes phréatiques sont accessibles.

Mais sans vous, sans nous, les paysans n'ont pas les moyens de creuser des puits pour irriguer leurs champs. Notre but, vous le savez bien, n'est pas de les assister, mais de les épauler pour qu'ils puissent rester vivre dans leur village.

Vous seul, en donnant à SOS SAHEL, pouvez les aider à atteindre cette eau synonyme d'espoir pour leur famille. Regroupés en associations, ils seront ensuite acteurs de leur propre développement. Une activité maraîchère dans un village permet à tous, notamment aux plus jeunes, d'avoir une alimentation saine et suffisante pendant la saison sèche.

Je vous en conjure, ne laissons plus nos frères sahéliens survivre, mais offrons-leur la possibilité d'un développement qui leur rende leur dignité.

Un grand merci à vous

Marc FRANCIOLI
Président de SOS SAHEL
2, avenue Jeanne
92604 Asnières sur Seine Cedex
Courriel: contact@sossahel.org
Site internet: www.sossahel.org
Tél: 01 46 88 93 70
Fax : 01 46 88 70 67




AGRONOMES & VETERINAIRES SANS FRONTIERES

Le commerce équitable


17 juin 2006

Extraits de Habbanae, le journal de Agronomes et Vétérinaires sans frontières

N° 80 - mai 2006

Editorial


Il y a dix ans, personne ne se préoccupait du commerce équitable. Aujourd'hui, alors que sa notoriété atteint 74 %, on assiste à une déferlante de commentaires et de critiques. Il n'est donc pas inutile d'essayer de prendre du recul par rapport à ceux qui affirment que le commerce équitable est irréaliste, qu'il est source d'inégalité entre les producteurs ou qu'il perturbe le sacro-saint marché:

  • les 48 pays les plus pauvres représentent 0,3 % du commerce mondial. C'est dire leur poids dans la fixation des prix des denrées qu'ils produisent ;
  • les cours du café fluctuent dans un rapport de 1 à 6 selon les années. Un prix minimum garanti permet d'éviter que les cycles du marché ne jettent régulièrement des millions de producteurs dans la misère ;
  • au lieu de verser des aides financières aux pays du Sud, on peut tout simplement acheter leurs produits à un prix décent.
Quelques idées simples, qui ne peuvent certes pas s'appliquer à tous, mais qui font du commerce équitable un formidable levier de développement pour cinq millions d'êtres humains.

Bertrand Naegelen
Administrateur - AVSF

Notre engagement dans le commerce équitable

Accord AFNOR

Les travaux engagés à la demande de I'État depuis environ trois ans par l'AFNOR ont abouti le 10 janvier 2006.
Résultat d'une concertation entre différents acteurs, l'accord définit trois grands principes:

  • l'équilibre de la relation commerciale entre partenaires ou co-contractants,
  • l'accompagnement des producteurs et des organisations des producteurs engagés dans le commerce équitable,
  • l'information et la sensibilisation du consommateur, du client et, plus globalement, du public au commerce équitable.
Ce texte n'a aucune valeur normative. Il constitue néanmoins un document de référence pouvant servir de base pour des initiatives futures. Le gouvernement devrait publier prochainement un décret qui fixera des critères communs pour le commerce équitable et créera une Commission nationale du commerce équitable.
Affaire à suivre...

PLAIDOYER POUR LE COMMERCE EQUITABLE

Pour AVSF, le commerce équitable est une façon de soutenir l'agriculture paysanne dans les pays du Sud. Nous défendons ce concept et participons à la démarche Max Havelaar.
Les règles actuelles du commerce mondial marginalisent les agricultures paysannes du Sud et font des petits producteurs les grands perdants de la répartition de la richesse produite tout au long de la chaîne. Ainsi par exemple, dans les années 70, une moyenne de 20 % des revenus mondiaux générés par la filière café revenait aux producteurs. Entre 1989 et 1995, cette part a été réduite à 13 %. Dans un tel système, les paysans du Sud s'appauvrissent, tandis que quelques entreprises hégémoniques prospèrent en réalisant des marges importantes. D'autres voies sont possibles, le succès grandissant du commerce équitable le prouve.

Pourquoi nous impliquer dans le commerce équitable?
En offrant un prix minimum garanti et une relation commerciale de long terme, le commerce équitable améliore la rémunération et le niveau de vie des paysans du Sud. Il favorise la structuration d'organisations de producteurs qui, grâce à une prime additionnelle, mettent en œuvre des projets de développement à l'échelle locale. Plus fortes, ces organisations peuvent se positionner dans de meilleures conditions sur les marchés locaux et internationaux et mieux défendre les intérêts des paysans dans leur pays. Le commerce équitable est résolument en cohérence avec notre projet associatif. Sur le terrain, nous sommes témoins de son impact : il contribue à la structuration du milieu rural et à la dynamisation du développement local. Au Nord, il interpelle les acteurs économiques et consommateurs sur les règles injustes du commerce international.

Agir au sud comme au Nord
Co-fondateur en 1993 de Max Havelaar France, nous poursuivons notre engagement pour développer les filières du commerce équitable. Aujourd'hui, nous accompagnons au Sud plus de 45 organisations paysannes qui commercialisent du café, du cacao, des mangues fraîches et du sucre dans les filières du commerce équitable. Il s'agit d'apporter notre appui pour le renforcement institutionnel des coopératives, l'amélioration de la qualité des produits, la durabilité des systèmes de production et la mise en relation avec les acteurs du commerce équitable en France et en Europe.
Parallèlement, nous menons des actions de plaidoyer en faveur du commerce équitable en témoignant de son impact réel sur les familles paysannes du Sud.
Mais n'oublions pas que la notion de commerce équitable est fragile: son cadre n'étant pas encore normé, ni reconnu de façon unanime, certains acteurs peuvent vouloir s'approprier le concept dans une pure logique marketing. C'est pourquoi, nous nous devons d'être vigilants. Nous participons au perfectionnement des dispositifs existants et à la réflexion au niveau français et européen sur la "normalisation" du commerce équitable. De plus, une réflexion s'impose sur la cohérence du concept pour des denrées alimentaires de base comme le riz et pour des produits issus de plantations de grands propriétaires terriens.
Si le commerce équitable montre qu'une autre façon de faire du commerce peut exister, il ne gommera pas seul les iniquités de développement. Pour que le droit à la souveraineté alimentaire soit respecté et les zones marginalisées redynamisées, il faut avant tout que soient mises en place des politiques agricoles et commerciales plus favorables aux agricultures du Sud.

Rédaction collective - AVSF
Habbanae n° 80 - Mai 2006




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