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LA PAGE CULTURELLE




S O M M A I R E

22 novembre 2003.
Bibliothèque: un vœu concernant la bibliothèque de La Tremblade.

10 décembre 2003.
Gilbert Chatreau, poète trembladais.

20 décembre 2005.
Ostréa, un poème à la gloire des huîtres, écrit par Henri Gaudin.

14 janvier 2007.
A bâtons rompus: souvenirs, nostalgie et poésie, par HD Gaudin.

BIBLIOTHEQUE

22 Novembre 2003 - Il y a quelques semaines, j'ai demandé à la bibliothécaire s'il était prévu de mettre en ligne, sur le site web de La Tremblade, la liste des livres de la bibliothèque qui est en passe d'être totalement informatisée. Elle m'a répondu: "je vais en parler à la prochaine réunion". J'espère qu'il y aura une suite. Peut-être serait-il possible d'envisager également d'adjoindre au site la possibilité, pour les lecteurs, de proposer en ligne des titres de livres à acheter. Il y a, dans l'équipe municipale, un spécialiste informatique qui devrait pouvoir réaliser cela. Je propose à ceux que cette idée séduirait de se manifester, soit en écrivant au site, soit, si ce n'est déjà fait, directement auprès de la bibliothécaire.

Alain Rouyé


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UN AUTEUR TREMBLADAIS

10 Décembre 2003 - Mr Gilbert Chatreau est un poète trembladais. Ces textes ont paru pendant de longues années dans différents journaux. Il écrit aussi en patois avec un certain humour. Depuis quelques années, nous ne pouvions plus lire ses œuvres qui n'étaient plus publiées pour diverses raisons. Je pense que ses écrits méritent d'être connus et je lui ai demandé de nous confier quelques poèmes. Je le remercie beaucoup d'avoir accepté. Je pense que vous ne serez pas déçus de votre lecture.

M.Chapron


GIGI DANS LES ANNEES 80

~ A deux ~

Vos yeux m'ont inspiré
Ce modeste poème
Et l'aveu spontané
D'un fervent " je Vous aime ".

Mon cœur s'est embrasé.
J'ai l'esprit fou de même
Désireux d'un baiser
Pour le bonheur suprême

D'un amour Partagé.
Oui, mais faut-il quand même
Que ce duo rêvé
Vous soit plaisir extrême.

Gigi
(Oct. 1983)


~ L'envol ~

Pour le bonheur sans trêve
De votre amour uni
Par tant d'étranges choses
Que l'on nomme "destin ",

J'ai pris un peu de rêve
Au ciel de mon Pays
Et la plus belle rose
Au cœur de mon jardin.

Et puis, le long des grèves,
Auprès des tamaris,
J'ai voulu ce qu'on n'ose
Offrir aux lendemains…

Bercer le vent que lève
La mer d'un chant béni
Afin que soit éclose
La fleur de ces quatrains.

Gigi
(Oct. 83)


~ Les clefs d'or ~

Pouvoir le dire. Avec des fleurs.
De jolis mots nimbés d'amour
De bonté d'âme et de couleurs,
Evanescentes aubes du jour.

Savoir l'écrire. Avec ferveur.
Ivre de ciel et de toujours
Si merveilleux, pleins de douceur
Et d'harmonie, parés d'atours.

Enfin l'avouer. Non sans bonheur.
Au fil du temps, malgré son cours,
Conserver toute la fraîcheur
Des chants d'espoir. Avec son cœur.

Gigi
(Sept. 85)


~ Le p'tit bois d'amour ~

A l'orée du bois
Le vent m'a redit
Les regrets amers
Des printemps flétris.

Les oiseaux courtois
Au seuil de leurs nids
M'ont alors offert
- J'en fus tout surpris

Et rempli d'émoi -
Le cœur et l'esprit
D'un joyeux concert
Fait de mille cris

Ce je ne sais quoi
Qui nous rajeunit
Et rend bien plus clairs
Nos rêves mûris.

Gigi
(Oct. 85)


~ Déjà ! ~

Jolie comme un cœur
Au seuil du printemps,
Je te veux la fleur
De nos plus beaux ans
Pour que ton bonheur
N'en soit que plus grand !

Puisse la ferveur
De tes yeux brillants
Garder la candeur
De nos jeux d'enfants
Pour tout le meilleur
De tes sentiments.

Et pour la saveur
Des futurs levants,
Ivre de fraîcheur
Tu seras longtemps…
Jolie comme un cœur
Au seuil des printemps !

Gigi
(avril 87)


GIGI : LES INEDITS


~ Gerbe d’espoirs ~

Pour les matins vermeils
De vos clairs horizons
Ou la chaleur intime
De vos tendres pensées,
J’ai pris un peu de ciel
Au bleu de tous mes rêves
Et beaucoup de soleil
A mes plus chers désirs,
Quelques notes joyeuses
Au carillon des heures…
Pour en faire un bouquet
De sentiments nouveaux
Enivrants et charmeurs
Et vous l’offrir alors
En gage d’affection.

Gigi (Été 90)


~ Autrement dit, j’existe ~

Qui vous dira ma solitude
Ce grand poème inachevé
Et ma terrible certitude
De n’avoir jamais rien été ?

Qui prouvera l’ingratitude
De ceux pour qui j’ai tant œuvré
Ou l’imbécile platitude
Des cœurs à qui j’ai tout donné ?

Je ne vis que par habitude
Et pour toujours désenchanté.
Mes jours ne sont que lassitude.
M’a-t-on, parfois, vraiment aimé ?

Gigi (juil.90)


~ Bain de jouvence ~

Un peu de vent, un peu de pluie,
Un rai de soleil ou d’amour
Et quelques larmes qu’on s’essuie…
Furtivement, au fil des jours.

Mais oui pourtant, c’est ça la vie
Dont malgré nous on suit le cours.
A soixante ans, tout nous convie
A limiter notre parcours.

Un ruban très fort nous relie
Aux souvenirs de ce séjour.
Vivons joyeux, en harmonie
Avec nous-même, et sans détour.

Que ce bouquet de fantaisie
Vous soit dictame et de velours.
Si tout s’en va, rien ne s’oublie.
Depuis longtemps. Et pour toujours.

Gigi (Mai 92)


~ Bouquet d’azur ~

Avec des fleurs et des oiseaux,
Tout plein de mots toujours nouveaux,
Des sentiments encor plus beaux
Et puis mon cœur et ses appeaux,

Mignonnement et sous ses détours,
Je veux chanter la joie d’aimer
Pour mieux rêver au fil des jours…
De bonheur simple se bercer.

Acceptez cet humble cadeau
Fait de petits riens aux tons chauds
Choisis pour vous, sous mon chapeau,
Avec des fleurs et des oiseaux.

Gigi (Nov. 92)


~ A ma Minouche aimée ~

Tu étais mon Amie
Et mon plus bel Amour.
Tu étais, ma Chérie,
Le soleil de mes jours,
Le bonheur de ma vie…
Compagne de toujours.
Et tes câlineries
Allégeaient mon cœur lourd

Ou la tendre ferveur
De tes charmants élans
Apaisait mes rancœurs,
Effaçait mes tourments.

Mais, comble de malheur,
Tu mourus en dormant !
Ton infinie douceur
Me revient tout le temps.

Je te pleure souvent.
Et mon plus vif désir,
C’est de t’aimer longtemps…
Tel un cher souvenir.

Gigi (Nov. 99)

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GIGI ET LE PATOIS

Plusieurs ouvrages disponibles à la bibliothèque peuvent vous aider à comprendre et à apprécier les textes suivants si vous êtes novices (grammaire saintongeaise, glossaires,…) M.C.

La Berouette.
Sû l’ar : Envoi de fleurs.

Ol eit in’ enghin qu’a pas son sembiab’
Et qui m’eit putoût d’in grand avantaghe.
Peur moé, jh’creis mînme qui l’eit indispensab’.
Sans lî, jh’peurris point faire tot moun ouvraghe.

O m’sart à des foés de mouyen d’transport
Et o feurlasse pas coume ine treue-moubile…
O se meune piangh’ment et sous thieu rapport,
Jhe vous aceurtaine que jhe m’fais pas d’bile !

Mînme qu’à thieu sujhet, ol eit pas créyab’ !
Ma balle-mère me dit : « Grand chétit, fan d’vesse !
Qu’à m’berouetter d’mînme, ol eit agréab’…
O m’rappeule in p’tit le temps d’ma jhénesse !

Mais quand o faut s’rende à la fouère d’Soujhon
Anvec la beurgheoèse peur faire des empiettes,
Ol eit ben teurjhou la mînme chanson…
Jhe z’y vas d’mon pied… lé, dans la berouette !

Peur pas m’fatiquer, jhe c’neus l’bon mouyen :
Quand jh’nous en allons anvec thielle berouette,
Jhe trovons teurjhou nout’ seutrâ d’voésin…
Qui nous monte teurtous dans sa gamiounette !

Jh’sais point qui ol eit qu’at oyut l’peurmier
Thielle si boune idée de faire ine berouette,
Mais jh’sais qu’o y a reun peur zou rempyacer
Ni peur zou valoèr sû nout’ pauve pyanète !

Gigi
Paru dans « Le Subiet » avril 1958


~A La Trembyade ~

Moé, jhe seus d’thieu boun endret
Vour o vint d’thiellés Eve
Qu’aimant bader zeu jholi bet
Sus nos piaghes et dans l’éve.

Mînme qu’el eit ithy, zou sais,
Qu’e s’tint, ren qu’peur vous pyaire,
Sus la foê, d’vieux Trembyadais
Les pu bounes heûtes de c’llaires !

Mais jh’ons pas qu’thieu, jh’ons ben mais,
Jh’ons pu biâ, voué, jh’ons-t-encoére
Nout’vieux patoès d’Saintongeais…
Qu’ol eit tot’ine histoère !

Pis, faut zou dire coume ol eit,
Jh’ons que d’la boune mangheaille.
Et, créyez-me raspet vous deit,
Jh’savons faire la goraille !

Sus thiés bosses de nout’marais,
Souc les pins et sus l’sab’lle
A voér tot thieu, n’en sait jhamei,
En varité, s’ol eit créyab’lle !

L’bounheur eit là, mes bons émits.
V’nez l’qu’rit, ol eit faisab’lle,
Jh’aurens pyaisit à vous l’offrit
Pisque… jh’l’ons sus noute tab’lle !

Gigi


Poèmes de HD Gaudin




Ostréa

ENTRE PERTUIS ET ESTUAIRE
BAIGNEE D’EAU DOUCE
ET D’EAU DE MER
ENTRE NAISSAIN
ET SAVOIR FAIRE
NOURRIE D’AMOUR
ET DE LUMIERE
NAIT L’EXPLOITATION
HUITRIERE
DONT L’ALGUE VERTE
EST LA MARRAINE
A CETTE BELLE
DE MARENNES
DE LA TREMBLADE
ET ENVIRONS
AMIS, A SA SANTE

BUVONS !!!!

HD GAUDIN NOEL 2005

L’Huître

Je suis venu dans le bassin
Où l’huître cueille son naissain
Et je la trouve sans égale
Chaque fois que je m’en régale

L’huître est pour moi un être cher
Enfant nacrée sortie des mers
Qu’elle soit plate ou portugaise
Née au fond ou sur les falaises

Dans sa parure d’écaille ocrée
Se cache une vénus ourlée
Dont la beauté sous le manteau
Ressemble aux nacres des ormeaux

Huître dite aphrodisiaque
Aux coloris paradisiaques
Tes parfums d’iode et de grand large
Nous ramènent à tes doux rivages

A La Tremblade et Ronce les Bains
Où les parcs dès le matin
Voient venir aux premières lueurs
Les hardis ostréiculteurs.

HD GAUDIN Décembre 2005




A bâtons rompus

14 janvier 2007.

Les feuilles des trembles craquent encore faiblement sous les pas des promeneurs de l’automne, et je ne voudrais pas les voir disparaître sans avoir écrit les vives impressions qu’elles m’évoquent pour les partager avec vous comme un trésor caché dans un recoin du temps.

Cela commence par des mots qui se pressent à sortir de la mémoire pour aller se ranger sur cette feuille blanche,« à bâtons rompus » car évoquant les bâtonnets d’apprentissage autour desquels se formaient les caractères laborieusement dessinés à l’école maternelle.

En primaire, les lettres comme par magie s’ordonnaient dans l’ordre du tableau noir. Et voilà d’autres notions qui se forment comme le mental des enfants, l’Ordre devenant clé de toute éducation. Caractère soumis, Ordre, Civisme étaient les maîtres mots et dictaient la conduite des générations sous l’œil attentif des Maîtres et des Prêtres, tous encore de noir ou de gris vêtus .
Pendant ce temps, comme le dit si joliment Jacques PREVERT,  « l’encrier redevient sable, et  le porte-plume redevient oiseau ».

Plus tard, à l’heure du service militaire, ils s’inscriront sous la devise « honneur et patrie, valeur et discipline », au grand dam des inscrits maritimes arrachés pour un temps à leurs huîtres et à leurs chers coureaux.

Combien de ces pas que « la mer efface sur le sable » se sont ici croisés au fil des années et que de nostalgie emmènent les vagues et ramènent inlassablement les marées. L’estran rougeoie aux soleils couchants sur la grève, les parcs à huîtres résonnent du rude labeur des ostréiculteurs trembladais et des cris de mouettes, le jazz des années 50 fait chanter ses trompettes à sourdine.

A Ronce les Bains, le café de Bordeaux et la Chaumière retentissent des rires des soldats américains venus pour libérer la France et qui en repartiront sans comprendre 20 ans après accompagnés par des « US go home »  placardés sur les blockhaus de la Rochelle.

Cela sentait le chewing gum à la cannelle et le parfum de la fumée des Camel qui furent nos premières cigarettes clandestinement achetées par les plus grands que nous. L’air marin de l’Atlantique, filtré par les bois de chênes verts de l’île d’Oléron, l’insula oléum chère aux Romains, parvenait à Ronce dans la douceur des matins de printemps.

Les forêts de pins plantées à grand peine à mains d’hommes, de femmes et d’enfants par les habitants de la presqu’île d’Arvert aux siècles précédents pour fixer les dunes le long du littoral exhalent toujours des parfums de résine, d’œillets maritimes, d’immortelles et en Février l’arôme des mimosas...

Mais aujourd’hui les dunes s’effondrent sous l’action répétée des vents et des courants, et l’écologie oblige à les regarder disparaître, impuissants malgré nos moyens pharaoniques, modernes et sophistiqués.

Henri Dominique GAUDIN
Janvier 2007


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