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ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE
DE LA REGION DE LA COUBRE




PLAN DE LA PAGE

PRESENTATION DE L'ASSOCIATIONLA VIE DE L'ASSOCIATIONLE LITTORALRONCE LES BAINS

PRESENTATION DE L'ASSOCIATION

Fondée en 1977, l'ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DE LA REGION DE LA COUBRE a pour but de préserver un cadre de vie qui a fait jadis de cette région entre Seudre et Gironde un véritable paradis blotti sous les pins et bercé par le vent du large.

Cette région originale, qui avait su attirer, pour son calme et son pittoresque, un public familial de vacanciers respectueux de la population sédentaire, est aujour'hui l'objet de convoitises et d'agressions multiples qui ont conduit ceux qui l'aiment à se retrouver pour en défendre les caractères traditionnels.

Face au déferlement d'un tourisme de masse mal maîtrisé, à l'égoïsme et au laxisme qui ont conduit à une détérioration chaque année plus sensible de l'ambiance et des paysages, l'association a tenté d'empêcher la poursuite de ce processus tout en œuvrant pour une qualité raisonnée. Elle a ainsi contribué à obtenir depuis sa création de nombreux résultats:Mais ce bilan, positif certes, demeure incomplet. Il reste encore beaucoup à faire pour persuader les responsables d'améliorer notre environnement selon les axes suivants:



Totalement indépendante politiquement, l'action de l'association se veut raisonnable, essayant de combiner les besoins de l'environnement et les nécessités économiques. L'association aura d'autant plus de poids qu'elle comptera plus d'adhérents. Votre soutien sera le bienvenu.

Jacques Chardonnet
Président de l'ASRC

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Merci.
Adhésion: 25 € à l'ordre de ASRC
à adresser à la Trésorière
Madame HARVARD
13, rue du Pertuis d'Antioche
17137 L'HOUMEAU

LA VIE DE L'ASSOCIATION

BILAN 2004/2005

L'assemblée générale de l'ASRC s'est tenue le 30 juillet dernier à Ronce les Bains devant une assistance nombreuse venue s'informer des actions menées et suggérer un certain nombre d'orientations à développer ou à poursuivre. Le président a présenté le bilan de l'année écoulée.

Les bonnes nouvelles de la saison 2004/2005:
  1. D'abord la destruction de l'ancien bâtiment en béton de l'IFREMER.
    Cette horreur des années 1970, abandonnée par l'IFREMER, défoncée et tagguée par les casseurs, était curieusement défendue par les promoteurs d'un port au Mus de Loup qui y voyaient un élément déjà construit de leur ensemble. Défendant l'idée d'une « pollution zéro », ils ne voyaient pas que ce bâtiment en béton constituait en lui-même une pollution visuelle de par son aspect de verrue très voyante dans le paysage, totalement aberrante avec le caractère particulier des cabanes de l'estuaire de la Seudre.
    L'ancien préfet, Christian Leyrit, avait décidé sa destruction. Le nouveau préfet, Bernard Tomasini, alerté par nos soins, ne voulut pas inaugurer son administration dans le département par un heurt: il accorda quelque délai aux tenants du maintien du bâtiment, en même temps que des tractations se développaient entre lui et la mairie. Moyennant quelques concessions sur d'autres secteurs de la commune, il finit par signer le permis de démolir en octobre 2004 et cette horreur devenue une ruine fut effectivement rayée du paysage pour toujours à la fin d'octobre 2004.
  2. La seconde bonne nouvelle est le refus du casino par le ministère de l'intérieur. En matière de casino, la décision reste à l'Etat depuis Napoléon III. Il est certain que, outre la rentabilité d'un casino à Ronce, plus qu'incertaine, ce casino, probablement limité à des "bandits manchots", eût entraîné du bruit dans le quartier du marché, déjà gêné l'été par les sonos des marchands de musique et, le soir venu, par quelques spectacles devant l'école: certains dépités des jeux du hasard, parlant bruyamment au sortir de l'établissement, eussent fait pétarader leurs motos, actionné leurs autoradios ou échangé quelques substances novices et taggué les murs pour le plus grand dam des habitants du secteur.
  3. La troisième bonne nouvelle concerne le réensablement de la plage de la Cèpe. Ce dossier traînait depuis longtemps. Une réunion en mairie le 26 juillet dernier avec tous les intervenants, Conseil Général, maire, DDE maritime, ONF, syndicat des pertuis, Section Régionale de la Conchyliculture, etc... a abouti aux conclusions suivantes: le désensablement des parcs à huîtres de l'Ouest du Banc de Ronce et la restauration de la Coursière des Lézards au pied de la flèche du Galon d'Or seront soumis à enquête publique à la fin de l'été 2005 et les travaux auront lieu pendant l'hiver, le sable retiré (75 000 m3) étant entreposé sur la flèche du Galon d'Or. Un tiers de ce sable sera ensuite transporté par camions sur la plage de la Cèpe pour l'engraisser en altitude et en largeur, soit avant l'été 2006, soit juste après.
    Ce projet présente le gros avantage de renforcer la pointe du Galon d'Or qui est notre rempart contre les grandes vagues de l'océan. Le sable y sera fixé par des palissades de ganivelles et des plantations d'oyats. Il éloignera en partie le spectre d'une érosion du front de mer de Ronce.
    Toutefois, localement, il n'est pas sûr qu'il remplira pleinement son rôle :
    • Il aurait fallu sans doute prévoir, au moyen d'épis en bois, de briser vagues et courants tant à la pointe du Galon d'Or qu'au droit des dernières propriétés privées de Ronce, pour empêcher le sable d'être véhiculé plus à l'Est ;
    • Il aurait fallu reconstituer la pointe sableuse qui séparait jadis la plage de la Cèpe de la plage du Galon d'Or, afin de mieux protéger la plage de la Cèpe des attaques marines venues de l'Ouest ;
    • II est illusoire de penser que du sable installé au pied du brise-lame, à l'Est de la place Brochard, restera sur place : en plein dans l'axe Ouest-Est reliant le Pertuis de Maumusson à la Pointe des Herbes, ce sable a toujours les chances d'être véhiculé par les courants plus à l'Est, en Seudre, et d'être ainsi perdu, voire de gêner certains parcs ostréicoles. Il reste que, ultérieurement, l'entretien régulier de la Coursière des Lézards par drague, serait jumelé avec le rejet du sable dragué sur la côte de la Cèpe par flexibles.
    Sans être parfait, le projet adopté est en grande partie positif.
Les nouvelles regrettables sont cependant nombreuses également: Adhésions de 25 € par chèque à l'ordre de ASRC à adresser à Mme Harvard, 13 rue du Pertuis d'Antioche, 17137 L'Houmeau.


LE LITTORAL


LE BASSIN DE MARENNES CONDAMNE A LA RUINE

Rappel d'un article publié dans le Littoral du 23/11/2001 par M. Jacques CHARDONNET, président de l'ASCR.

"Les Français ont la mémoire courte", dit-on. Cette espèce de proverbe est amplement vérifié en Charente Maritime. Non pas que les habitants aient oublié l'ouragan du 28 décembre 1999, loin de là. Nous vivons quotidiennement dans un paysage dégradé où les forêts n'offrent plus que des cadavres brisés et des squelettes cassés et défeuillés. Il faudra 25 ans au moins pour panser les plaies d'un tel sinistre.

Mais le problème est ailleurs, sur la ligne de côte. Voilà plus de 30 ans que le Sud-Ouest de l'île d'Oléron et la côte de la presqu'île d'Arvert subissent des modifications qui, en moyenne, vont davantage dans le sens de l'érosion que dans celui de l'engraissement. S'est-on préoccupé de cette situation? On vous répond que "des études sont en cours", que "des audits ont été confiés à des cabinets spécialisés", etc...Toujours est-il que l'anonymat joint à la confidentialité se conjuguent avec la lenteur.

Pendant ce temps, la mer ronge. Elle ronge entre la Palmyre et la Grande Côte, elle ronge sur la Grande Plage entre Vertbois et Gatseau, elle ronge sur la côte Sud du Pertuis de Maumusson, elle ronge la plage de Ronce; et ceci est l'action visuelle la plus évidente. Mais il en est d'autres: le comblement de la baie de l'Embellie dans les années 1970 n'a apparemment ameuté personne. Pourtant cette baie d'eaux calmes et chaudes avait son cachet.

Depuis 1995, une plage se forme en avant du brise-lames de Ronce, ce qui, en soi, n'est nullement un malheur, ni esthétiquement ni pour le tourisme. La plage de la Cèpe s'élargit d'ailleurs devant le club Mickey ce qui, à priori , ne gêne personne, mais tend à supprimer la courbe harmonieuse de l'anse de la Cèpe. Mais aussi - les ostréiculteurs le savent - le sable monte sur certains bancs, en particulier devant Ronce, et bien du sable pénètre en Seudre.

Quels enseignements tirer de ces constatations? Essentiellement deux, d'ailleurs en sens contraires, dont rien ne permet de dire s'ils concerneront des actions successives ou concomitantes, et même laquelle des deux actions précédera l'autre. Mais la vérité est là: les choses vont très vite et, si l'apathie des pouvoirs publics demeure, on va tout droit vers la mort économique du bassin de Marennes.

L'érosion d'abord:

Elle concerne 3 secteurs:

La plage de la Cèpe à Ronce où les grandes dunes situées entre la fin du bourg et la "cabane à Isabelle" sont mangées lentement mais sûrement depuis la guerre; le brise-lames de Ronce, parce que le sable arraché plus à l'Ouest tend à créer une ligne de côte continue, en ligne droite, supprimant l'anse de la Cèpe et guidant les vagues qui vont le percuter de plein fouet. La conséquence à terme d'une telle évolution, c'est la destruction des villas du bord de mer, dont beaucoup sont le fleuron "belle époque" de Ronce. Quel paysage lorsqu'il n'y aura plus là que des maisons abandonnées, déséquilibrées, risquant l'effondrement sur les passants, bientôt éventrées et en ruines! Qui osera encore vendre un tel spectacle sur les dépliants touristiques de La Tremblade - Ronce les Bains?

Le second secteur en cours d'érosion est le sud de l'île d'Oléron. Que la Grande Plage d'Oléron recule ne paraît gêner en fin de compte que les impersonnelles finances communales contraintes de reconstruire périodiquement leurs parkings d'accès! Mais en réalité les contribuables de Dolus, de Grand-Village et de Saint-Trojan doivent être conscients qu'ils vont littéralement jeter à la mer leurs impôts locaux. Que la pointe de Gatseau recule ne gêne apparemment que la socièté du petit train de St-Trojan: certes, mais que son directeur écoeuré abandonne, voilà une activité très porteuse et originale de l'île qui aura vécu.

Le troisième secteur enfin: au delà de la mort du petit train, il est inscrit dans le relief de la région, dont les altitudes sont très modestes, passée la dernière dune bordière aujourd'hui très entamée, que l'océan se déversera dans la baie de Gatseau: outre que cet endroit joli disparaîtra, alors on peut tout craindre d'un océan en furie, élargissant ainsi considérablement le Pertuis de Maumusson et faisant pénétrer des masses d'eau bien plus importantes qu'actuellement dans le bassin de Marennes, y accroissant le phénomène des raz de marée et faisant percuter sur les côtes de Saint-Trojan, de Ronce et de Marennes, des vagues plus fortes et dévastatrices que le clapotis de jadis: les bancs d'huîtres seront dérangés par de tels courants et vagues et les côtes, devenues instables, cesseront d'être touristiques pour n'offrir que le spectacle désolé de littoraux urbains dévastés.

L'ensablement:

L'ensablement du bassin est aussi à la clef de cette évolution. Déjà réalisé à l'Embellie, en cours dans l'anse de Gatseau et dans l'anse de la Cèpe, cet ensablement généralisé, provenant des énormes masses que la mer arrache à la côte oléronaise et à Maumusson, va ruiner l'ostréiculture d'abord: ce sera l'estuaire de la Seudre, la zone la plus à l'abri, qui sera peu à peu comblée alors que c'est l'une des zones les meilleures de collectage des naissains et d'alimentation des claires. Mais l'actuelle tendance à l'ensablement des bancs dans le bassin, devant Ronce, devant Saint-Trojan, devant Marennes et Bourcefranc, se généralisera aussi: l'élevage des huîtres ne disposera plus progressivement que d'un recouvrement insuffisant par les eaux. L'ostréiculture mourra et, à terme, l'émersion des bancs transformera le bassin en un immense cloaque marécageux à moustiques et le tourisme mourra.

Les deux piliers de l'activité économique de la région sont menacés et, en face de cette situation, qu'ont fait les pouvoirs publics? Que je sache, M. le Maire de La Tremblade fut à peu près le seul à réagir de façon pratique au printemps 2000 en faisant remonter le sable au bulldozer sur la plage de la Cèpe. M. le Maire de Dolus veut reconstruire un parking: travaux nécessaires mais localisés, qui ne contrarient pas les causes des actions ravageuses de la mer et ne sont donc que des solutions provisoires mais inefficaces à court terme. Que je sache, M. le Maire de La Tremblade s'est battu pour obtenir une subvention de 4 millions de francs pour réensabler la plage de la Cèpe grâce aux sables dragués dans la "coursière des Lézards", solution présentant davantage d'ampleur; mais les travaux ne viennent pas parce que, quelque part, il y a blocage.

J'ai, pour ma part, en tant que géomorphologue, analysé et expliqué la situation et proposé des solutions dès Juin 2000, demandant que des travaux soient programmés dès Septembre-Octobre 2000. Pour ce faire, j'ai adressé mes recherches et mes conclusions à tous les responsables administratifs, élus et professionnels concernés. Le moins que l'on puisse dire est que j'ai récolté au mieux une écoute polie; la plupart du temps, il n'y a pas eu de réponse du tout. Le silence permet de ne pas se mouiller, sans doute en ayant toujours la possibilité de se réfugier dans l'argument que l'on n'a rien reçu...

L'accusé:

L'accusé: les lenteurs, l'absence de responsabité et de compétence, l'incurie généralisée. Depuis l'ouragan, la mer a été gentille, mais les mois qui ont passé ont permis aux responsables de s'endormir dans la fausse certitude du caractère exceptionnel de cet événement. Un tel silence est coupable.

Il ne faut pas des années pour faire des études et des rapports. Il faut aussi utiliser ceux qui peuvent apporter leur concours au bien commun. Il ne faut pas être tétanisés par des règlements sclérosants et inadaptés qui ne deviennent alors que de faux prétextes pour justifier qu'on ne fait rien: on se retrouvera bientôt devant la réalité définitive d'un bassin de Marennes, ce vrai lagon polynésien en terre saintongeaise, transformé en ruine.

Je prends date par cet article car, de même qu'une catastrophe (avalanche, inondation, effondrement de gradins...) conduit la justice à rechercher les responsables qui ont donné les autorisations, de même elle pourrait, le moment venu, rechercher ceux qui, pourvus de l'autorité, ne l'ont exercée que dans la fréquentation des cocktails officiels sans prendre au moment opportun les décisions qui eussent été nécessaires. On peut aussi être responsable et coupable.

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Jacques CHARDONNET
Agrégé de géographie
Docteur en Sorbonne


CRI D'ALARME A L'INVASION MARINE

10 Octobre 2003 - Voilà bientôt quatre ans que l'ouragan a eu lieu. Un an et demi avant, nous avertissions déjà un fonctionnaire de la DDE et un maire des inquiétudes que nous nourrissions concernant la plage de la Cèpe à Ronce. Puis, l'ouragan passé, nous élargimes le champ de nos investigations à l'ensemble du bassin de Marennes et à la côte sud-ouest de l'île d'Oléron, comprenant l'interférence des phénomènes et la nécessité d'une gestion globale de la côte.

Car tout vient de là : le sable arraché à la grande plage de Verbois-La Giraudière vient perturber les fonds dans le pertuis de Maumusson, les côtes y changent d'emplacement et, de ce fait, les courants viennent attaquer les côtes du bassin de Marennes ou remblayer selon les lieux et les moments.

Mais nous n'en sommes plus à l'an 2000. Nos prévisions, hélas, se sont révélées exactes. La deuxième grande dune de la côte sud-ouest d'Oléron a été enlevée : attaquée par l'ouragan, elle a été mangée à grande vitesse parce que rien n'a été fait pour la préserver.

A présent l'océan n'a plus devant lui que des espaces de basse altitude, presque à son niveau : dans la forêt de Saint-Trojan, entre le terminus du train touristique et l'anse de Gatseau. Il peut aller très vite dans sa progression quand on se rend compte qu'il a avalé 30 mètres d'épaisseur au moins de bourrelet sableux dunaire, rien qu'entre la Toussaint 2002 et le 31 août 2003. La morsure érosive , calculée par mes soins de façon mathématique, a été de 4 mètres en 2 jours, du 28 au 30 août 2003, par grande marée ordinaire non accompagnée de vent particulièrement fort, donc sans que les vagues fussent attisées par lui! Que serait-ce en cas de tempête? Que sera la vitesse de morsure érosive maintenant qu'il n'y a plus de dune véritable pour faire rempart contre l'océan?

Nous avons averti dès l'été 2000 les autorités diverses, tant responsables techniques et fonctionnaires d'Etat qu'élus locaux : les fonctionnaires et responsables attendent les décisions des élus locaux et ceux-ci - quand ils sont conscients de la gravité de la situation - ne veulent pas engager de crédits en vain. Ce souci de ne pas dilapider l'argent public s'explique évidemment par la crainte des accusations des éternels sceptiques et critiqueurs, toujours à l'affût dès qu'il s'agit de pouvoir lancer un couteau dans le dos. Alors, depuis bientôt quatre ans, on vit dans l'attentisme en attendant les conclusions des commissions et des rapports commandés, dit-on, à des experts qui se font payer fort cher leurs "prestations". Mais l'océan, lui, n'attend pas.

Qu'il est loin le temps où l'ingénieur des Eaux & Forêts Vasselot de Régné défendait la forêt par un opiniâtre travail, utilisant l'huile de coude, la brouette, la pelle et les mulets! C'était un bâtisseur. Mais on travaillait vers 1870, tandis qu'à présent on croit gagner du temps en ne s'engageant pas trop, sauf dans le clinquant des flonflons du tourisme de masse . On ronronne dans les bureaux ou en coupant les rubans des inaugurations : c'était le rôle du Président de la République sous la IIIème, dont on disait qu'il inaugurait les chrysanthèmes.

En fait, il ne reste plus guère de temps si l'on ne veut pas inaugurer les chrysanthèmes du bassin de Marennes, c'est-à-dire, je le répète, la mort de l'ostréiculture dont les parcs seront déstabilisés si l'océan doit s'engouffrer dedans par l'anse de Gatseau; et la mort du tourisme si les vagues viennent détruire la côte à Ronce les Bains, mais aussi à Marennes Plage, et sans doute dans la zone sud de Saint-Trojan, de part et d'autre du marais des Bris, emportant brise-lames, villas et autres installations.

Louis XIV disait :"gouverner c'est prévoir". Attendre n'est pas prévoir mais aboutirait, si l'on devait continuer à ne rien faire, à la ruine des habitants d'une région entière et à la disparition du paysage qui nous est cher.

Des solutions existent, connues depuis longtemps. Qu'on reprenne les travaux de Vasselot de Régné et d'autres, avec des moyens mécaniques plus puissants et plus rapides, pour regagner le temps perdu.

Je ne suis pas un partisan du catastrophisme dans lequel se complaisent certains tenants d'un prétendu angélisme naturel, dont les arrière-pensées sont aisément décryptées. Mais, cette fois-ci, l'affaire est très grave, il faut réagir. Faute de quoi, comme à Vaison-la-Romaine, comme à Bastia (Furiani) ou comme à Nîmes, on n'aura plus que les yeux pour pleurer et des procès pour se défouler et obtenir quelques dédommagements financiers et moraux.

Il faut se mettre au travail tout de suite, au moyen des solutions connues depuis 150 ans et compatibles avec l'écologie et l'esthétique des paysages. Quant à moi, je suis prêt à apporter mon concours aux uns et aux autres, élus et fonctionnaires, administrateurs et ingénieurs, mais le temps n'est plus à atermoyer : c'est dans les semaines qui viennent, avant novembre, qu'il faut engager des travaux.

Veut-on sauver la région de l'invasion des eaux (et des sables)?

Jacques CHARDONNET
Agrégé de géographie
Docteur en Sorbonne


La cèpe: les arbres déracinés par la mer.La dune de Vertbois attaquée par les vagues.
( Pleine mer d'une marée de coefficient
d'environ 90, par beau temps.)

EVOLUTION ET PERSPECTIVES D'AVENIR DE LA COTE ET DE LA MER ENTRE
LE SUD DE L'ILE D'OLERON ET LE NORD DE LA PRESQU'ILE D'ARVERT



par Jacques Chardonnet,
agrégé de géographie,
docteur en Sorbonne,
président de l'Association
pour la Sauvegarde de la
Région de La Coubre

Depuis un siècle au moins, le Bassin de Marennes paraissait inéluctablement s'orienter vers un envasement dont les précédents étaient nombreux dans la région charentaise, en particulier autour de Brouage, arsenal maritime au bord de la mer sous Richelieu, aujourd'hui à plus de 4 km de la mer : le marais des Bais (Saint-Trojan), le Petit Lac (Ronce), et, plus récemment, le colmatage de la Baie de l'Embellie paraissaient confirmer cette tendance longue et naturelle. Le Bassin de Marennes ressemblait plus souvent à un lac d'eaux calmes qu'à une vraie mer et la vase paraissait "monter", formant d'immenses étendues brunes à marée basse entre Ors et Saint-Trojan et devant Bourcefranc et Marennes, la vase étant même colonisée par la végétation aux abords de Marennes ou dans l'anse du Galon-d'Or.

Nul n'imaginait que la situation pût se modifier en sens contraire et l'on envisageait davantage des actions ponctuelles de dragage destinées à sauver les "courreaux" et l'ostréiculture que des actions de protection contre l'érosion. Pourtant, force est de constater que le trait de côte se modifia à partir des années 1970, créant une situation nouvelle et inquiétante. A cette évolution, qui n'est cependant rationnellement pas catastrophique, des solutions existent, qui devraient permettre de limiter les foucades de la mer.

I - Exposé des motifs : modification imprévue, persistante et inquiétante
des contours du Pertuis de Maumusson depuis 1970.


A - Un fait incontestable et inexplicable (fig.1 )

Il avait toujours existé des modifications du trait de côte, mais ces modifications étaient légères depuis un siècle. Or, à partir de 1970, cinq modifications essentielles affectèrent les rivages du Pertuis de Maumusson :
  • au Sud, la Baie de l'Embellie fut comblée en quelques années par une flèche littorale s'avançant de l'Ouest et allant la fermer au pied des blockhaus de la Pointe du Galon d'Or;

  • au Sud-Est, l'ancienne Pointe du Galon d'Or, primitivement orientée SO - NE (en prolongement du rivage de la partie orientale de la Baie de l'Embellie), était érodée au point qu'à une grande marée d'Octobre, l'anse du Galon d'Or parut sur le point d'être remplie directement à la racine de cette pointe par la marée montante. En fait, la flèche du Galon d'Or changea d'orientation, devenant pratiquement Ouest - Est et avançant vers la Coursière des Lézards et le Banc de Ronce;

  • au Sud-Ouest, la côte du Pertuis était vigoureusement attaquée lors des marées de tempête à l'Est de la Pointe Espagnole;

  • au Nord, au contraire, la Pointe de Gatseau "engraissait" en gagnant vers le Sud, au point que le chenal de navigation Nord du Pertuis devenait impraticable;

  • au Nord de Gatseau, la côte sauvage d'Oléron (Grande Plage de Vertbois et de la Giraudière) paraissait atteinte par l'érosion et commençait à reculer.
Tous ces faits paraissaient s'enchaîner : l'érosion du sable sur la côte de Vertbois, dans l'île d'Oléron, permettait d'alimenter en sable la Pointe de Gatseau; l'île d'Oléron gagnant vers le sud, il était normal que, par compensation, la côte fût érodée par déplacement de l'attaque de l'océan vers le rivage méridional du Pertuis, à l'Est de la Pointe Espagnole; dès lors, le sable érodé sur cette côte était fatalement transporté par le flux de marée montante vers l'Est, édifiant la flèche littorale qui devait barrer la Baie de l'Embellie et en entraîner par voie de conséquence le comblement; cette flèche, guidant les vagues et les courants, détermina l'érosion de la Pointe S0-NE du Galon d'Or; mais bientôt, la flèche ayant complètement fermé la Baie de l'Embellie, le sable en excès refaçonna une nouvelle flèche Ouest-Est à partir des blockhaus, dans le prolongement du nouveau tracé linéaire W - E de la côte depuis la Pointe Espagnole. Il est certain que ce sont les surplus de sable véhiculés par le flux qui ensablent le Banc de Ronce et la Coursière des Lézards depuis plusieurs années, qui ont reconstruit une plage au pied du brise-lames des villas de Ronce et entrent en Seudre (Mus de Loup).

Cependant, si tous ces faits s'enchaînent, dont on verra les effets négatifs plus loin (I B), il reste un grand point d'interrogation concernant l'impulsion de départ : pourquoi l'érosion accentuée de la Grande Plage de l'île d'Oléron?

Certes, il existe un grand courant de dérive littorale N - S le long du Golfe de Gascogne, mais il n'est pas plus actif actuellement qu'aux époques précédentes de l'ère quaternaire. On pourrait envisager que l'océan disposerait de moins d'alluvions qu'il y a 50 ou 100 ans. Or, ce stock est constitué essentiellement des apports continentaux de la Loire, de la Gironde, accessoirement de la Charente et de la Sèvre Niortaise, fleuves côtiers ayant un bassin-versant beaucoup moins vaste. Mais aucun de ces quatre cours d'eau n'a fait l'objet de travaux comparables à ceux réalisés sur le Rhône, dont on s'accorde aujourd'hui à reconnaître qu'ils ont réduit le transport d'alluvions jusqu'à la Mer Méditerranée et qu'ils sont une cause, sinon la cause, de certaines érosions marines, sur la côte de Camargue (notamment aux Saintes-Maries-de-la-Mer). L'activité de l'érosion sur la côte SO de l'île d'Oléron ne peut donc être attribuée à une diminution significative des apports de ces fleuves côtiers du Golfe de Gascogne.

L'idée a aussi été avancée que les travaux d'agrandissement du port de La Cotinière pourraient gêner le transit de sable par le courant de dérive littorale. Cette idée est séduisante d'un premier abord, et il est vrai qu'à La Cotinière, du sable s'est accumulé en amont (au Nord) de la jetée qui s'avance en mer, au point que, vers le Nord, la jetée est comme ensablée - ce qui, soit dit en passant, constitue un inconvénient car le vent de noroît fait franchir au sable la jetée et le fait tomber dans le chenal d'accès au port, résultat contraire à l'effet escompté par la construction de la jetée -.

En fait, l'agrandissement du port de La Cotinière ne peut expliquer la modification du trait de côte aux abords du Pertuis de Maumusson pour les raisons suivantes :

  • les modifications survenues de la plage de Vertbois aux rives sud du Pertuis de Maumusson sont bien antérieures aux travaux d'agrandissement du port de La Cotinière ;

  • La Cotinière se trouve sur une côte oléronnaise essentiellement rocheuse depuis Chassiron et le sable bloqué par la jetée de La Cotinière n'a rien à voir en quantité avec la masse de sable arrachée au sud de l'île d'Oléron : cette masse érodée ne peut donc correspondre à une hypothétique compensation du déficit de sable bloqué par la jetée de La Cotinière;

  • la jetée de La Cotinière est d'ailleurs peu longue et ne peut être mise en cause pour bloquer tout le transit alluvial par le courant général de dérive littorale;

  • la jetée de La Cotinière est au surplus bien trop éloignée de la Pointe de Gatseau (une quinzaine de km) pour pouvoir avoir une lointaine influence sur la courantologie de la côte Sud-Ouest de l'île d'Oléron: poussé vers la côte par le vent de secteur Ouest prédominant, le courant de dérive littorale, s'il s'est éloigné un instant de la côte à La Cotinière, en est inévitablement rapproché au bout de quelques centaines de métres. Au demeurant, si la jetée de La Cotinière avait un impact quelconque sur la côte en écartant le courant de dérive littorale, ce serait en réduisant l'érosion antérieure et non pas en l'accentuant!

  • enfin, la direction de la côte oléronnaise change: NO - SE depuis Chassiron jusqu'au droit de Vertbois, elle se courbe jusqu'à devenir presque Nord - Sud. Cette situation permet de penser que, de toute façon, même légèrement écarté de la côte à La Cotinière par la jetée, le courant de dérive littorale vient de toute façon ricocher contre la côte dans la région de Vertbois et prendre alors la direction Nord - Sud qui a façonné le tracé de la côte. Cette circonstance pourrait éventuellement expliquer l'érosion du côté de Vertbois, mais alors le sable arraché devrait s'accumuler plus au Sud, ce qui n'est pas le cas.

On demeure donc dans l'inconnue, pour le moment, à ce stade de la réflexion, pour expliquer la cause (ou les causes) de l'agressivité de la mer à partir de 1970. Cette inconnue est regrettable car, si solutions il y a, elles ne peuvent s'attaquer à la racine du mal, ce qui laisse indubitablement un sentiment d'insatisfaction.

Il reste que l'on ne peut pas attendre de connaître la cause du mal car les .effets négatifs sont devenus bien évidents à la lumière d'une trentaine d'années de constatations qui vont toutes dans le même sens.

B -Les effets induits des changements survenus dans la zone de Maumusson (fig 2)

I ) Des vagues plus agressives dans le Bassin de Marennes, particulièrement sur la côte ronçoise

a) Deux origines à l'agressivité accrue des vagues
  • L'érosion de la côte Ouest de la Pointe de Gatseau, particulièrement au bout de la ligne du petit train touristique de Saint-Trojan, a pour effet de permettre aux vagues de l'océan de pénétrer plus facilement dans le Bassin. En effet, si la Pointe Sud de Gatseau n'a pour ainsi dire pas changé, la ligne de côte s'est singulièrement oblitérée depuis 20 ans, devenant davantage NO - SE qu'il y a 30 ans, ce qui permet à la houle d'Ouest ou de Noroît, même affaiblie par la faible profondeur du Banc de Gatseau, de propager ses ondes vers l'intérieur du Bassin avec facilité.
  • La côte ayant tendu vers un tracé linéaire de la Pointe Espagnole à la Pointe du Galon d'Or, les vagues du secteur méridional du Pertuis de Maumusson se propagent également beaucoup plus facilement vers l'Est. Autrefois, la houle diffractait dans la Baie de l'Embellie et le restant atténué de cette houle se heurtait à son tour à la Pointe du Galon d'Or alors de direction SO - NE : les vagues tournaient donc autour de cette pointe, devenant fatalement fort atténuées désormais en direction de Ronce.
b) Une érosion accentuée de la côte dans le Bassin de Marennes
Les vagues mieux formées qu'autrefois, offrant d'ailleurs des phénomènes d'interférences directionnelles, sont évidemment bien plus agressives : la côte sableuse de Ronce, à partir de la "Cabane à Isabelle", est érodée chaque hiver un peu plus:
  • si le fond de la plage de la Cèpe, en face du club Mickey, paraît encore relativement préservé, c'est à cause de la survivance fort atténuée d'une sorte de pointe sableuse séparant en deux anses la plage de Ronce , anse de la Cabane à Isabelle à l'Ouest et anse de la Cèpe à l'Est. Mais cette pointe, chaque année, recule vers le Sud, mangée par l'érosion marine, et la côte tend à prendre un tracé linéaire continu de la Cabane à Isabelle au brise-lames de Ronce. Dès lors, même cette section relativement encore à l'abri se trouvera à son tour exposée à l'érosion;
  • légèrement en saillie, le brise-lames de Ronce est directement attaqué par la houle venue du Galon d'Or, d'autant plus qu'il est dans l'axe Ouest-Est de la houle venue du Pertuis de Maumusson;
  • les plages de Marennes et de Bourcefranc, qui ont fait l'objet de travaux de restauration coûteux et intelligents ces dernières années, se trouvent de même exposées à l'érosion de la houle venue directement aussi du Pertuis;
  • enfin, il n'est pas jusqu'à la côte méridionale de Saint-Trojan qui ne se trouve à son tour menacée : c'est que l'érosion de la côte Sud du Pertuis de Maumusson et de la Pointe Espagnole, d'année en année, facilite la propagation de la houle de Sud - Ouest vers Saint-Trojan, cette houle tournant autour de la flèche extrême de Gatseau et étant à même de venir frapper avec assez de violence contre le remblai du petit train touristique.
C'est donc bien tout l'ensemble des côtes du Sud du Bassin de Marennes au Sud d'une ligne Saint-Trojan - Le Chapus qui se trouve fragilisé par cette évolution récente de la mer, et c'est donc bien d'une politique générale concertée, notamment entre les quatre communes concernées, qu'il s'agit.

2) Le danger à terme d'un dépérissement des bancs ostréicoles

Le sable arraché sur la côte SO de l'île d'Oléron et sur la côte Nord de la Presqu'île d'Arvert est emporté à marée montante dans l'Est du Bassin de Marennes, en transitant par les devants de Ronce. Ce faisant, ce sable fait progressivement engraisser les bancs, notamment entre la Pointe du Galon d'Or et le Mus de Loup. A marée basse, repris par le vent (préférentiellement de secteur Ouest), ce sable est aussi emporté vers l'Est. Si la reconstruction d'une plage de sable devant le brise-lames de Ronce est touristiquement une bonne chose, tel n'est pas le cas pour l'ostréiculture. Il y a 40 ans, le banc du Mus de Loup était exploité par les ostréiculteurs : il est aujourd'hui abandonné et il est à craindre que cette accumulation de sable sur les bancs de Ronce, Perquis, Barat et Bourgeois ne gêne progressivement l'élevage des huîtres, d'autant que la généralisation des parcs en élévation facilite la montée du sol.

Il est navrant de constater que ce sable, qui est une gêne pour l'ostréiculture, serait le bienvenu pour le tourisme balnéaire à Ronce, tandis que son érosion actuelle, depuis des années, détériore l'esthétique de la ligne de côte ronçoise et risque de conduire à une généralisation des enrochements protecteurs dont on a pu constater à La Palmyre les effets pervers, la plage ayant disparu pratiquement à leur pied. De là l'idée que le sable s'accumulant dans les bouches de la Seudre et néfaste pour l'ostréiculture serait bien préférablement employé là où il fait défaut, en particulier entre la Pointe du Galon d'Or et le brise-lames de Ronce: le sable arraché ici ne disparaît pas du Bassin: il concourt à son comblement inscrit dans la nature des choses et à sa transformation en marais, donc à la dégradation des deux activités économiques principales: ostréiculture et tourisme.

3) A terme, danger de disparition de la Pointe de Gatseau

Sur la côte Ouest de Gatseau, la dune côtière, artificiellement construite certes, mais autrefois solide par sa largeur et sa hauteur, n'est plus qu'un mince cordon en arrière duquel le terminus du petit train touristique de Saint-Trojan se trouve désormais directement en danger, surtout après la morsure opérée par l'océan lors de l'ouragan de fin décembre 1999.

Or, à l'Est de ce cordon, le relief est assez dépressionnaire et, si le cordon dunaire côtier venait à céder, il est morphologiquement certain que l'océan n'aurait aucune difficulté à creuser les très minces reliefs (toujours moins de 10 mètres d'altitude) du Sud de la Forêt de Saint-Trojan.
Le risque de déversement direct de l'océan dans la Baie de Gatseau est prévisible et, conséquence inéluctable, la Pointe de Gatseau se transformerait en île temporaire qui, érodée par le Sud (Pertuis de Maumusson) et par la nouvelle passe, ne résisterait pas longtemps et disparaîtrait.

Outre la perte de l'agrément de ce secteur côtier sauvage qui est une petite "Bonne Anse" en réduction, la disparition d'environ un kilomètre à un kilomètre et demi d'île d'Oléron aurait pour effet de permettre une pénétration plus large de la houle d'Ouest dans le Bassin, donc tout à la fois d'accentuer l'érosion marine vers Ronce, Marennes et Bourcefranc et, par diffraction sur la plage de Gatseau-Lannelongue et sur la plage du Sud de Saint-Trojan jusqu'à la Pointe de Manson, d'accentuer l'ensablement de l'estuaire de la Seudre et de déranger les parcs à huîtres du Bassin par des vagues encore plus notables et des courants plus forts qu'actuellement.

Laisser la nature poursuivre son œuvre destructrice à Gatseau reviendrait à ignorer que, de l'évolution de ce secteur, dépendent des réactions en chaîne dont les conséquences esthétiques et économiques seraient déplorables.


Somme toute, si l'origine de la modification de l'action de la mer depuis 1970 demeure inconnue, les mécanismes exposés ci-dessus répondent à la logique des lois de la géomorphologie littorale et le catalogue des effets induits sur les paysages côtiers est assez inquiétant pour que, si c'est possible, des aménagements soient réalisés afin de tenter de les empêcher. L'expérience humaine est suffisamment abondante en matière d'aménagements littoraux pour que l'on puisse en envisager un certain nombre à bon escient.

II- Des solutions possibles (fig. 3)

Certes, agir sur la ligne de côte demande réflexion et doigté : les exemples abondent sur le littoral français - et ailleurs - d'aménagements néfastes ayant engendré des réactions tout à fait négatives de la mer. Mais bon nombre de ces exemples sont liés à des calculs personnels pour lesquels on feignait d'ignorer les lois de la géomorphologie littorale ou pour lesquels on avançait l'argument prétentieux et faux que l'homme pouvait se permettre de jouer au plus fort avec la mer. Aléatoire sur les côtes rocheuses, ce genre de comportement devient dangereux sur les côtes de roches molles, particulièrement sableuses, et tout projet se doit d'être soigneusement pesé à l'aune de l'expérience et des lois connues de la géomorphologie littorale.

Les solutions proposées ci-dessous comportent, pour certaines d'entre elles, une part d'incertitude, tant les réactions de la mer sont parfois apparemment imprévisibles parce qu'incompréhensibIes. Mais les solutions qui vont suivre sont du moins sous-tendues par trois paramètres fondamentaux :
  • respecter les lois de la géomorphologie littorale afin d'éviter que ces aménagements ne provoquent des effets-pervers;
  • respecter le plus possible la nature afin que ces aménagements se fondent dans le paysage et portent l'espoir de leur disparition une fois leurs effets escomptés obtenus;
  • respecter le contribuable afin que ces aménagements ne soient pas des monstruosités coûteuses destinées à flatter la mégalomanie de certains responsables.
Deux groupes de travaux côtiers devraient être réalisés, d'une part sur la plage de Ronce, d'autre part aux abords du Pertuis de Maumusson.

A - Travaux sur la plage de Ronce

Ces travaux s'inscriraient dans la continuité de ceux engagés à la mi-avril 2000 par les services techniques de la commune de la Tremblade et qui ont consisté à reprofiler la plage au bulldozer là où la dune côtière avait été le plus mordue par l'érosion due à l'ouragan de décembre 1999. Ces travaux, en écartant le danger immédiat de nouvelles érosions marines de cette dune lors de grandes marées ordinaires, ont permis par ailleurs de cicatriser visuellement la blessure d'une falaise parfois verticale de 4 mètres de hauteur. Mais ce travail, important en soi et fondamental, nécessite des mesures complémentaires d'accompagnement destinées à conforter la réparation effectuée, faute de quoi celle-ci serait gommée par les actions érosives liées à la conjonction de tempêtes et de grandes marées à venir peut-être dès l'automne prochain. Ces travaux devraient être au nombre de 5 principaux :
  1. Renforcer la dune côtière qui aura eu tendance à glisser du fait du piétinement par les touristes et redonner à toute la plage le même profil transversal à l'Ouest et à l'Est des travaux exécutés afin de lui permettre de réagir de façon homogène aux futurs assauts de la mer. Ce travail de finition au bulldozer devrait être programmé dès la saison estivale achevée, donc en septembre 2000 pour éviter que son retard ne vienne télescoper des travaux végétaux de fixation du sable (point 2 ci-dessous).

  2. Planter des oyats sur ce talus dunaire : l'intérêt des oyats est de fixer le sable quand il est transporté par le vent parce qu'ils forment des touffes assez compactes et de monter au fur et à mesure qu'ils sont ensablés, les tiges se transformant à leur tour en racines. L'ONF a pratiqué depuis des lustres ce genre d'action avec bonheur (exemple récent de la Pointe Espagnole).

  3. Placer un grillage continu au pied de la dune, sauf au sortir des propriétés privées dont les titulaires pourraient être invités à placer des portillons d'accès de leurs terrains à la plage, Le but de ce grillage serait d'empêcher les passants de monter sur la dune, donc, par le piétinement anthropique répété, de faire glisser le sable vers le bas et altérer ainsi le profil dunaire reconstitué. Là aussi, les exemples de l'ONF peuvent servir de modèles. Ce grillage (genre grillage à moutons), terminé à la partie supérieure par un fil barbelé, présenterait le second avantage d'autoriser le sable à monter vers le haut de plage, donc à renforcer la dune, en cas de vents du Nord ou du Nord-Est. Cette pose de grillage devrait être complétée par la pose de quelques panneaux explicatifs indiquant que la restauration de la dune est incompatible avec son piétinement.

  4. Construire 2 ou 3 épis en enrochements, perpendiculaires au rivage, là où existait au début de ce siècle une pointe dunaire assez élevée séparant nettement en deux anses la plage de Ronce, plage de la Cèpe à l'Est, plage de la cabane à Isabelle à l'Ouest. Cette pointe se trouvait à l'extrémité de la ligne forestière R - 18. Ces 2 à 3 épis, distants de 30 mètres entre eux environ, devraient s'avancer en mer d'une quarantaine de mètres dans un premier temps. La mer, en venant heurter ces épis, perdrait de sa vigueur et déposerait ses alluvions contre eux. Progressivement la côte prendrait une forme d'avancée assez vaste. Cette avancée, probablement, finirait par émerger, même à marée haute. Au besoin, si les enrochements s'enfonçaient quelque peu, on pourrait les compléter de quelques autres afin de renforcer la structure globale. Dès lors qu'elle serait émergée constamment, celle-ci serait complétée par des palissades de ganivelles destinées à faire monter le sable.

  5. Installer des palissades de ganivelles perpendiculaires au vent dominant d' Ouest donc perpendiculaires au rivage. Ce procédé, utilisé par les Ponts & Chaussées et par l' 0NF' a donné d'excellents résultats: dans l'île d'Oléron, la construction de 7 palissades (fig. 4) depuis 1840 a permis l'élargissement d'un tiers du Sud de l'île d'Olêron en un peu plus d'un siècle. Sur la plage de Ronce, 6 ou 7 palissades perpendiculaires au vent avaient été édifiées du temps de M. Letélié afin de renforcer la plage déjà sujette à l'érosion.

    Le but de ces palissades serait de faire se reconstituer les anciens bourrelets et buttes prédunaires qui existaient avant 1960 afin de protéger la dune côtière proprement dite. Il faudrait donc les faire démarrer du tiers inférieur du talus de la dune côtière et les faire s'avancer en direction de la limite entre le sable blanc sec et le sable marron humide. Distantes d'une quarantaine de mètres les unes des autres, elles devraient, pour qu'elles soient efficaces, être disposées obliquement et non pas perpendiculairement au rivage, donc selon une direction S.SO-N.NE devant les propriétés privées, selon une direction S-N plus à l'Ouest. En effet, cette direction permettrait aux vents de Nord à Nord-Est de pousser le sable vers la dune côtière ainsi qu'il a été montré plus haut au point 3. Ainsi y aurait-il un captage du sable, et par vents d'Ouest et par vents de secteur Nord, ces deux types de vents ayant deux actions complémentaires - édifier des buttes prédunaires (vents d'Ouest), renforcer la dune côtière (vents de Nord).
Les différents travaux ci-dessus concernant la plage de Ronce ne peuvent, malgré leur intérét, être effectués isolément. Il a été démontré plus haut que l'érosion de la plage de Ronce est liée à des modifications de la ligne des rivages plus à l'Ouest et jusque dans l'île d'Oléron. Il faut donc inscrire ces travaux dans une perspective plus vaste destinée à stabiliser autant que faire se peut la zone du Pertuis de Maumusson.

B - Les travaux aux abords du Pertuis de Maumusson
  1. Des épis à la pointe des blockhaus du Galon d'Or.
    Dans les années 1970, les blockhaus ont été déchaussés par la modification des courants due à la fermeture de la Baie de l'Embellie, mais ils ont tout de même résisté aux assauts de la mer et ce sont eux qui, en servant de points d'ancrage aux sables transportés par le vent, ont formé aussi la "racine" de la nouvelle pointe Est - Ouest du Galon d'Or. Ainsi, la Pointe du Galon d'Or n'avait-elle fait que pivoter de 35° autour des blockhaus. Il faudrait aider à se reconstituer l'ancienne pointe SO - NE.

    Or, par rapport aux années 1970, la situation a fort changé: les blockhaus sont à nouveau complètement ensablés et, plus qu'avant 1960, précédés par un estran sableux et non plus par une côte en pente forte. Manifestement, l'ensablement actuel est une circonstance favorable à des travaux.

    Il s'agirait de construire juste au Nord des blockhaus 2 ou 3 épis en enrochements qui, comme pour la pointe entre les deux anses de la plage de Ronce, permettraient le dépôt et la fixation des alluvions. Ces épis seraient révisés et renforcés chaque année par élargissement, surhaussement (si nécessaire) et surtout allongement, notamment pour ceux situés le plus à l'Est. Ainsi, la Pointe du Galon d'Or reprendrait-elle peu à peu une direction S0 - NE, ce qui aurait un double avantage :

    - le sable déposé contre cette pointe serait autant de sable en moins à ne pas obstruer la Coursière des Lézards et à ne pas ensabler les parcs ostréicoles du Banc de Ronce;

    - les vagues venues du Pertuis de Maumusson seraient réfléchies avec moins de force vers le centre du Bassin de Marennes et le phénomène de diffraction accentuée autour de la pointe SO - NE reconstituée ne laisserait plus aller en direction de Ronce que des vagues fort atténuées donc moins érosives.

  2. Des palissades de ganivelles à la Pointe Espagnole.

    Le dessin actuel de la Pointe Espagnole accuse encore un angle droit notable, mais cette pointe, située bien au Nord du parking des automobiles (14 km environ), est aujourd'hui en danger car elle n'est plus constituée que de très faibles dunes de quelques mètres de hauteur et de faible épaisseur incapables d'opposer un obstacle vraiment sérieux aux fureurs de l'océan.

    Il faudrait donc reprendre l'œuvre de l'ingénieur Vasselot (XIXème siècle) en faisant monter et épaissir le sable grâce à la pose (facile) de palissades de ganivelles au nombre de 2 ou 3 principales de direction Nord - Sud, depuis le débouché sur la plage du passage pour piétons du parking de la Pointe Espagnole jusqu'à la pointe elle-même, permettant ainsi l'engraissement, donc le renforcement de la Pointe Espagnole. Au besoin, une ou deux palissades complérnentaires pourraient être édifiées sur la plage elle-même dans sa section Nord - Sud située juste au Nord du débouché du parking; plus au NE, d'autres palissades devraient être bâties en arrière (à l'Est), allant jusqu'au contact de la ligne O - E de la côte du Pertuis de Maumusson.

    Ainsi renforcée, la Pointe Espagnole empêcherait les vagues de SO de pénétrer dans le Bassin, donc, notamment, d'éroder la côte de Saint-Trojan. On peut raisonnablement espérer même qu'elle pourrait, à condition que les travaux soient suivis d'année en année, gagner à nouveau vers le Nord et rompre la continuité des vagues qui entrent par le Pertuis en direction du Galon d'Or.

  3. La protection de la Pointe de Gatseau.

    Il s'agit de protéger la Pointe de Gatseau dans son secteurr situé à l'ouest, du côté de l'arrivée du petit train touristique, là où il fait face au plein océan. Dans ce secteur, il va de soi que la violence de la mer répétée chaque hiver implique, si l'on veut vraiment la contrer, des travaux conséquents, car on ne dispose pas ici, à l'inverse de la Pointe Espagnole, d'une vaste surface rectifiable seulement par quelques palissades. L'expérience du sémaphore de La Coubre peut être utilisée et amplifiée.

    • a ) Construction d'épis E - O en enrochements, distants les uns des autres d'une centaine de mètres, dans toute la zone située au Nord et au Sud du terminus du petit train touristique de Saint-Trojan. Ces épis en enrochements ont en effet donné d'excellents résultats au droit du sémaphore de La Coubre et ils permettraient ici en effet:
      - d'une part de servir d'abcès de fixation aux sables éoliens venus de la plage de Vertbois par les vents de noroît;

      - d'autre part de briser les vagues venues du grand large, donc de limiter leur puissance érosive contre la dune côtière;

      - enfin de permettre le dépôt des alluvions, tant celles véhiculées par le courant de dérive littorale venu du Nord que celles mises en mouvement par les vagues elles-mêmes.

      L'estran étant large en ce secteur, on devrait construire des épis d'une centaine de mètres de longueur (afin de faire engraisser la côte largement), et distants les uns des autres d'une centaine de mètres (afin que ce soit bien l'ensemble du secteur qui soit renforcé et non pas seulement un point).

    • b) Si les épis "prennent" en faisant réengraisser la côte (ce qui dépend évidemment d'une suite d'années favorables climatiquement sans ouragan destructeur analogue à celui de décembre 1999), il faudrait faire placer ici aussi des palissades de ganivelles N .- S dans chaque anse délimitée par les épis. En effet, le sable transporté par le vent d'Ouest serait ainsi fixé, la dune côtière progressivement élargie et surhaussée.

Ainsi sauvée, défendue et même renforcée, la Pointe de Gatseau reprendrait son rôle ancien de protecteur du Bassin contre la houle de Noroît et d'Ouest et ne risquerait pas de disparaître (voir ci-dessus I-B-3), hypothèse envisageable vue l'évolution naturelle actuelle, dont les implications seraient catastrophiques pour le Bassin (érosion des côtes, ensablement et dérangement des parcs ostréicoles).

Conclusion

C'est toute une mutation de l'esprit qui est rendue nécessaire par l' évolution de la mer et des côtes depuis 30 ans: on n'a rien fait pendant des dizaines d'années parce que le Bassin de Marennes semblait s'autoprotéger, mais on ne peut plus à présent demeurer les bras croisés. Certes, il ne s'agit pas de céder à la panique suscitée par l'ouragan de décembre 1999 dont le caractère exceptionnel a été souligné tant par les météorologues que par les historiens. Cet ouragan n'a eu pour effet qu'accélérer une tendance trentenaire à l'érosion en effectuant en une seule nuit ce qui aurait de toute façon été détruit par une succession pluriannuelle de tempêtes ordinaires. Il faut donc bien s'engager dans des travaux de défense.

Pour autant, ces travaux ne doivent pas être réalisés à l'aveuglette, sur quelques coups de tête irréfléchis. Ils sont à la fois indispensables, si l'on veut éviter d'autres destructions préjudiciables et demandent du doigté.

  • Il ne faut plus attendre pour les engager: la mer a ses foucades et il ne faut pas s'endormir sur l'illusion, qui serait amère, que l'on peut espérer le retour au calme après l'ouragan exceptionnel de décembre 1999; il n'y aurait rien de plus mauvais comme attitude, car l'ouragan n'a fait qu'accélérer un processus de toute façon inscrit dans l'action de longue durée mais tenace de la mer. C'est donc dès cet automne 2000 qu'il faut entreprendre ces travaux.

  • Ces travaux doivent être concertés, du S0 de l'île d'Oléron à Ronce : c'est toute une chaîne logique d'actions qu'il faut mener, nécessitant l'ardeur, les compétences et l'interactivité d'administrations et de responsabilités complémentaires: un observatoire du Bassin de Marennes gagnerait à être créé pour superviser ces travaux et éviter leur enlisement dans la dilution des responsabilités entre administrations et diverses communes.

  • Ces travaux demandent un suivi. Il s'agit de travaux qui, même accomplis en deux ou trois mois, demanderont à être pendant plusieurs années contrôlés, complétés, renforcés : des réalisations momentanées, abandonnées à elles-mêmes, risqueraient de n'être que de "l'argent jeté à la mer" si elles manquaient de suivi.

  • Enfin, ces travaux ne doivent pas céder à la tentation du grandiose ou du "tape-à-l' œil". Pour être efficaces, ils ne doivent avoir pour but que d'aider la nature à se cicatriser et à retrouver son équilibre.

30 Juin 2000
Jacques Chardonnet


Les paysages que nous aimerions sauvegarder

QUELS TRAVAUX ENTREPRENDRE POUR EMPECHER LA DISPARITION
DE LA POINTE DE GATSEAU (ILE D'OLERON)

Projet proposé début octobre 2003


I - Les motifs d'intervention

Le constat de la situation est plus que préoccupant : l'océan a dévoré, par rapport au trait de côte de 1966, environ 375 mètres de littoral à partir du rivage dans la zone du terminus du petit train touristique de Saint-Trojan. Certes, toute la côte Sud-Ouest de l'Ile d'Oléron est concernée au Sud de La Cotinière, mais c'est en ce secteur que la situation est la plus grave. Du 1er novembre 2002 à début octobre 2003, ce sont 30 à 40 mètres de littoral qui ont disparu; rien qu'entre le 28 août et le 30 août 2003, par marées de coefficients 100 à 107 accompagnées d'une petite brise ordinaire estivale - mais absolument sans grand vent -, 4 mètres sont partis dans la mer en 48 heures.

Une telle rapidité de l'action érosive de la mer se double de perspectives à court terme extrêmement graves : en effet, ce sont les alignements dunaires Nord-Sud les plus épais et les plus élevés qui ont été enlevés par l'océan, ceux "construits" grâce à des "palissades" de branchages et brandes en 1921, 1945 et 1966, alors qu'ils paraissaient opposer un rempart protecteur rassurant à la force mécanique de la houle venue du large. Les autres cordons dunaires, au nombre de quatre, construits par les Ponts & Chaussées et les Eaux & Forêts de 1840 à 1881 ne sont que des rides peu élevées dans le paysage; d'ailleurs, elles n'existent pas au Sud de la ligne du petit train puisque cette zone a été progressivement gagnée sur la mer par décantation des vases et formation de 5 flèches littorales délimitant les formes de l'anse de Gatseau. C'est donc un paysage extrêmement bas en altitude (+ 1 à 2 mètres) que traverse la ligne de chemin de fer en ligne droite Est-Ouest entre la plage de Gatseau et son terminus.

En novembre 2002, le terminus du chemin de fer était encore séparé de la grande plage par la fin du bourrelet dunaire de 1921 qui le dominait: l'océan était caché de la vue quand on arrivait de l'Est par le remblai du train ; à présent, ce rempart n'existe plus et la ligne se termine sur une sorte de plateau sableux à + 3 mètres environ au-dessus du niveau de la grande plage qu'elle domine directement. Rien ne s'oppose donc à ce que l'océan, n'ayant plus aucun rempart devant lui, s'enfonce en forêt de part et d'autre de la ligne du train et aille se déverser directement dans le Bassin de Marennes par l'anse de Gatseau.

Ce seraient alors, par rapport à la situation actuelle, des vagues nettement plus fortes et peut-être aussi un courant de flux bien plus important en vitesse et en quantité d'eau qui pénétreraient dans le Bassin de Marennes que par l'actuel Pertuis de Maumusson dont la courbure actuelle limite les forces mécaniques en les divisant. Les conséquences de cette action renforcée de la mer seraient terribles : les parcs à huîtres seraient balayés par les eaux, dérangés, peut-être éliminés; l'érosion marine attaquerait le front de mer de Ronce et celui de Marennes-Plage, emportant à la mer les villas et semant la désolation dans le paysage côtier; en dépit du phénomène de diffraction dû à l'obliquité entre la direction Ouest-Est des vagues venues de l'océan par l'anse de Gatseau et la direction SO-NE de la côte de Saint-Trojan entre la Plage de Gatseau et la Pointe de Manson, des vagues plus méchantes qu'actuellement éroderaient cette côte, la fragilisant et nécessitant des travaux coûteux de protection.

Ruine de l'ostréiculture, ruine du tourisme, ruine de la spécificité pittoresque des paysages du Bassin et gros débours financiers nécessités par des investissements de protection et de réparation sont donc à la clef de cette évolution prévisible. Si l'on ne fait rien pour empêcher cette évolution, sauf miracle d'une modification de la nature, échappant à toute logique de morphologie littorale, ces conséquences sont inscrites scientifiquement comme une certitude des années à venir. Or, on peut faire quelque chose pour empêcher cet avenir sombre à condition de bien envisager les données du problème.

II - Les données d'une érosion marine accrue

Deux groupes de causes, complémentaires du reste, peuvent rendre compte de la situation actuelle: la force accrue de l'océan et la diminution de la quantité de sable disponible.

A - La force accrue de l'océan peut en théorie avoir trois origines: une force plus violente des vagues, la montée du niveau général des mers et la modification de la direction des courants. Il est évident que, contre ces origines, l'homme se trouve démuni, du moins localement et à court terme. Mais il ne faut pas pour autant arguer de ces explications pour ne rien faire. Du reste, ces explications sont loin d'être probantes.

  1. Pour que les vagues aient une force accrue, il faudrait pouvoir avancer la preuve que les conditions météorologiques se détériorent. Evidemment, l'ouragan de décembre 1999 est trop récent dans les esprits pour ne pas influer sur cette explication. Cependant, depuis lors, la région n'a connu aucun phénomène météorologique de cette ampleur, ni même aucune tempête ordinaire.
    A l'inverse, par le passé, d'autres phénomènes analogues ont eu lieu, en 1879, 1896, 19I9, 1935 et 1957, sans que l'on puisse avancer des explications plausibles, comme on l'a fait pour l'ouragan de 1999 en invoquant une mauvaise maîtrise par l'homme de l'énergie fossile et de l'industrie. Il faut donc admettre une certaine répétition de phénomènes météorologiques exceptionnels, sans que, pour autant, en temps normal, la houle change d'aspect.
  2. La montée générale du niveau des mers est une explication fréquemment invoquée pour rendre compte de l'érosion accrue de la mer sur les côtes. Mais, s'il ne faut pas prendre à la légère cette idée, car l'oscillation du niveau des mers a été une réalité durant l'ère quaternaire, on ne peut l'avancer de façon péremptoire pour expliquer que le Sud-Ouest d'Oléron est attaqué depuis 1966. S' il y a montée du niveau des mers - ce que certains ostréiculteurs réfutent, eux qui ont pour référence le niveau du sol de leurs cabanes par rapport aux niveaux des hautes marées -, il ne s'agit de toute façon que d'une montée très lente, quelques centimètres par siècle, incapable de modifier sensiblement le profil et la position d'une plage, d'autant que d'autres éléments entrent en ligne de compte, notamment l'érosion anthropique, (piétinement des vacanciers, nettoyage des plages par des engins mécaniques) - mais ce n'est pas le cas ici, la fréquentation touristique étant modeste -; surtout, la direction et la force des vents varient d'une année à l'autre, pouvant avoir des conséquences beaucoup plus nettes sur le profil de plage : il est en particulier évident ici que le vent de secteur Est à Nord-Est n'est pas favorable au rechargement de la plage en fin de période hivernale sur la côte Sud-Ouest d'Oléron. Or le profil d'une plage est une fine combinaison entre l'action marine et l'action éolienne. Ordinairement, le vent corrige par engraissement ce que la mer a détérioré pendant les mauvaises marées. Évidemment, si le vent n'est pas au rendez-vous, la correction n'a pas lieu. Or, les années récentes ont connu des vents fréquents de secteurs Est à Nord-Est, parfois constants, gênant l'action de compensation de l'érosion de la mer, sans qu'il faille chercher dans une hypothétique et de toute façon très légère montée du niveau général des mers une explication qui, au surplus, échappe à toute action humaine de correction, au moins localement.

  3. La modification dans la direction des courants locaux est une explication. plus raisonnable. Les photographies aériennes de l'IGN prises depuis la guerre prouvent une constante modification dans la direction des courants locaux. La direction de la dérive littorale Nord.-Sud qui longe la côte oléronnaise interfère avec des houles variées puisque provoquées par des vents très variés au cours de l'année compte tenu de l'origine et du mouvement des dépressions océaniques; il faut aussi, dans cette zone voisine du Pertuis de Maumusson, faire intervenir l'interférence avec des courants de marée qui changent globalement quatre fois en 24 heures de direction et qui changent aussi de force en fonction des coefficients et des vents. Dès lors, il n'y a pas réellement de résultante mais une constante habitude au changement pouvant, sur quelques mois de suite ou quelques années, créer des courants locaux facilitant des apports supplémentaires d'eau momentanément, susceptibles de renforcer alors l'érosion marine.

    Mais ces modifications dans la direction et la force des courants et dans la position des bancs sableux sont essentiellement fluctuantes, donc impossibles à contrecarrer en théorie sur une période donnée dont on ne sait, par essence même, la durée. De toute façon, il faudrait agir loin du rivage, ce qui est matériellement impossible. On est donc conduit à demeurer immobile face à la seule explication ayant effectivement quelque sûreté pour accréditer la force accrue de l'océan ici.

B - La diminution de la quantité de sable disponible
Deux groupes d'explications peuvent rendre compte de la diminution de la quantité de sable disponible : des raisons générales échappant à la région et des raisons locales.

  1. Les raisons générales sont doubles.
    • Une théorie grandiose est que les fleuves auraient terminé de véhiculer les alluvions héritées du réchauffement postwürmien: les débris morainiques auraient tous été évacués vers la mer et les fleuves auraient atteint leurs profils d'équilibre, n'érodant plus beaucoup, ne transportant plus beaucoup, en tout cas moins qu'à l'époque des grands transferts postglaciaires. Il y aurait ainsi une réduction globale des alluvions rejetées à la mer, ce qui entraînerait ipso facto un déficit d'alimentation des rivages par rapport à la force d'érosion mécanique de la mer.

      Il va de soi que, si tel est le cas, l'homme est démuni de toute possibilité de réaction, ne pouvant remplacer artificiellement ce que la nature ne fournit plus : compte tenu des volumes concernés, ce serait un travail titanesque. Cependant, sans rejeter cette théorie à vrai dire séduisante, on peut observer que ce serait vraiment une coïncidence bien malchanceuse que cette étape de réduction alluviale des fleuves se produisant justement à notre époque.
      D'où deux questions : l'homme ne cherche-t-il pas, pour sa satisfaction intellectuelle, à prétendre qu'il est le contemporain d'événements naturels palpitants ? L'homme ne cherche-t-il pas à se dédouaner en trouvant un prétexte pour ne pas réagir en invoquant sa petitesse par rapport à l'ampleur des évènements naturels ?

    • Une seconde explication, beaucoup plus terre à terre, est que le XXème siècle a trouvé commode d'exploiter des gravières naturelles dans les lits des fleuves et le fond des vallées afin de répondre à sa politique d'urbanisation: dès lors, l'homme lui-même aurait asséché l'alimentation en alluvions des mers côtières, les alluvions fluviales n'arrivant plus à la mer et les alluvions marines étant réduites à la seule alimentation des rivages par l'érosion marine elle-même.

      La réalité de cette seconde explication ne fait aucun doute. Toutefois, les pouvoirs publics se sont aperçu des dangers de cette extraction exagérée et les vingt dernières années du XXème siècle ont vu la fermeture de beaucoup de gravières fluviales; leur extinction est programmée à très court terme. Il est donc plus que probable que, si les gravières ont été la cause du déficit alluvial côtier, ce phénomène cessera dans quelques années au fur et à mesure du remblaiement alluvial de leurs lits par les fleuves.

    Ces deux raisons d'ordre général n'ont en tout cas aucune possibilité d'être résolues à l'échelon local. Il faut donc voir s'il y a des pertes locales de sable.
  2. Plusieurs raisons locales du déficit local de sable peuvent être avancées
    • il est vrai que l'allongement de la jetée de La Cotinière vers 1990 a pu entraîner deux conséquences impliquant l'alimentation en sable du Sud-Ouest de l'île d'Oléron.

      En premier lieu, la jetée a eu pour effet de retenir le sable apporté par le courant de dérive littorale Nord-Sud et de faire "engraisser" la plage de La Cotinière. Le gonflement de la plage de La Cotinière a même été tel que la plage a atteint le niveau supérieur de la jetée et que le vent de noroît et même d'Ouest remet ce sable en saltation et le projette dans le chenal d'accès au port, au point qu'il faut le draguer. Autrement dit, une partie du sable qui, avant l'allongement de la jetée, allait alimenter la côte SO d'Oléron, ne peut plus y aller.

      D'autre part, la jetée a pu avoir pour effet de rejeter quelque peu au large la dérive littorale, ce qui peut réduire l'apport en alluvions qu'elle contient.

      Pourtant, ces deux explications ne sont pas pleinement satisfaisantes, d'une part parce que le stock de sable capté en amont de la jetée de La Cotinière est sans commune mesure avec la quantité déficitaire de sable arraché dans le SO de l'île, d'autre part parce que le Sud-Ouest de l'île est tout de même très éloigné de La Cotinière et que la houle générale d'Ouest a sans doute tout le temps, entre La Cotinière et la Pointe de Gatseau, de replaquer la dérive littorale Nord-Sud contre le rivage, d'autant que la côte est courbe et, de NO-SE, vers La Cotinière, devient N-S sensiblement sur la Grande Plage, au Sud de Vertbois-La Giraudière.

    • Une autre explication du déficit de sable peut provenir du fait que, depuis 1966 aucune palissade n'a été édifiée sur la zone côtière. Le résultat évident est que le vent de secteur ouest, qui balaie toute la plage à marée basse et la dessèche, y compris aux fins fonds de l'hiver, provoque la saltation du sable vers l'intérieur, l'étalant dans les zones basses du Sud-Ouest de la Forêt de Saint-Trojan; manifestement, le tenace travail de protection contre les sables et les eaux engagé depuis près de deux siècles par les services forestiers n'a plus été poursuivi depuis 35 ans au moins.
      Peuvent être accusées la transformation de l'administration des Eaux & Forêts en office, les baisses de crédit et, qui sait, la paresse ou l'incompétence, sans doute le rejet des méthodes anciennes au prétexte de leur caractère suranné... La perte de ce sable éolien, participe certainement au déficit du stock de sable, sur des quantités impossibles à évaluer, mais selon des masses certainement considérables.

      De l'ensemble de ces considérations, il résulte les conclusions suivantes:
    • a) La dérive littorale dispose toujours d'alluvions : la partie de plage érodée depuis 1966 est demeurée très horizontale, preuve que, si la dérive Nord-Sud transporte le sable érodé par les vagues, elle en dépose aussi sans créer un chenal parallèle à la côte qu'elle creuserait si sa capacité propre de creusement était supérieure à sa capacité de dépôt.

    • b) Le sable véhiculé depuis la plage par le vent est perdu parce que le travail séculaire de confection des palissades s'est perdu. L'ONF n'assure plus la protection de l'arrière, ce qui était le but de son travail depuis que la dune de l'observatoire avança son front oriental très raide au-dessus de l'actuel bourg de Saint-Trojan au début du XIXème siècle: on dispose donc ici aussi de sable.

    • c) Il existe une capacité d'érosion marine à l'heure actuelle supérieure à la quantité de sable effectivement déposée. Il faut donc inverser la tendance en renforçant le stock sableux disponible et en réduisant la force érosive de la mer.

III - Les actions à mener

La gravité de la situation actuelle résulte de la perspective proche, peut-être très proche, du percement de l'isthme de Gatseau dans la zone du tracé du train de Saint-Trojan entre l'Anse de Gatseau et son terminus. Il faut donc prendre d'abord des mesures d'urgence destinées à inverser immédiatement une tendance extrêmement dangereuse; ces mesures pourraient être complétées et renforcées par la suite si les premières mesures d'urgence ont permis de remporter la première bataille en empêchant la mer de gagner l'Anse de Gatseau.

A - Les trois mesures d'urgence

Freiner l'action mécanique de l'océan et renforcer le bourrelet sableux côtier

Ces deux buts destinés à freiner l'érosion marine peuvent être obtenus par trois types de travaux complémentaires.

  1. Des pieux battus dans la plage destinés à freiner la force des vagues.

    Cette méthode a été inventée naguère pour protéger la digue du Clapet qui séparait le Marais de Bréjat de la Bonne Anse. Une tempête, le 28 octobre 1882, y avait ouvert 32 brèches et le Marais de Bréjat avait été inondé par l'eau salée. Après différents travaux sans efficacité, on battit des pieux en 1898-1899 sur 300 mètres de longueur en avant de la digue puis sur 430 mètres de plus. La situation s'améliora alors. Ce que l'on a réalisé à Vertbois en 2001 est de ce genre, mais les pieux du Clapet étaient sur quatre lignes et non pas sur deux comme à Vertbois, ce qui devait mieux casser la houle.

    L'intérêt de ces lignes de pieux parallèles au rivage, donc perpendiculaires à la houle, est de briser les vagues avant qu'elles n'atteignent le haut de plage. De ce fait, freinée par les pieux, la masse d'eau en mouvement s'avance moins loin sur le haut de plage et les vagues sont réduites à un clapotis beaucoup moins élevé que les rouleaux qui, d'ordinaire, frappent le rivage: la force mécanique de ce clapotis n'a de loin pas la masse ni la vitesse des rouleaux et sa capacité de frappe contre la côte s'en trouve donc réduite d'autant.

    Il est un intérêt complémentaire et sans doute non négligeable: les alluvions en suspension dans les vagues sont obligées de se déposer car la capacité de transport du clapotis est très inférieure à celle des vagues. Mais il demeure du mouvement et il serait illusoire d'admettre que les pieux capteraient toutes les alluvions en suspension dans l'eau. Mais une masse non négligeable de celles-ci ne trouve plus dans le mouvement réduit des eaux la force de leur conservation en suspension. Les pieux peuvent donc participer au captage de sable près du rivage.

    L'expérience réalisée à Vertbois dans ce domaine a donné des résultats: la côte y a moins reculé qu'avant l'installation des pieux. On peut même dire que l'érosion marine s'est calmée dans ce secteur. Pourtant la réussite n'est pas totale. Le niveau de la plage monte ou descend selon les périodes mais il s'agit là d'une évolution naturelle des plages, l'époque des tempêtes hivernales connaissant une érosion accentuée à laquelle succède généralement, à partir du printemps, un engraissement des plages lié au transport éolien plus facile du sable lorsque le sable est moins imbibé d'humidité qu'en hiver. Par ailleurs, l'expérience de Vertbois a le défaut de l'expérience, c'est-à-dire d'une action localisée, sur un linéaire de côte dérisoire par rapport à la longueur de la côte sauvage oléronnaise. Dès lors, ce qui est amélioré grâce aux lignes de pieux est en réalité détérioré par haute marée du fait de la dérive littorale qui, passant en arrière des pieux, remet en suspension les sables qui ont pu s'y déposer. L'autre type de défense, complémentaire, proposé ci-dessous au paragraphe suivant, renforcerait la fixation des alluvions marines en anihilant en grande partie l'érosion du courant de dérive littorale.

  2. Des épis en bois perpendiculaires au rivage

    A peu près Est-Ouest, sur une longueur variable, plus courte au Nord qu'au centre et au Sud, de l'ordre de 25 à 30 mètres au droit du terminus du petit train, ces épis en bois auraient un double but : forcer la dérive littorale à passer plus au large à marée haute, donc la rendre inapte au creusement au pied de la dune bordière; immobiliser le plus possible l'eau située entre eux et l'obliger à décanter ses alluvions.

    Il faudrait que les épis soient assez nombreux, distants d'une cinquantaine de mètres. En effet, sur cette côte à forte dérive, l'installation d'épis peut déterminer une érosion compensatoire à l'aval (au Sud) de chacun d'entre eux. En les mettant assez proches les uns des autres, on transforme de facto l'anse située en aval d'un épi en zone totale de comblement car elle se trouve immédiatement à l'amont de l'épi suivant situé au Sud, surtout si la longueur des épis est assez conséquente pour créer entre eux comme des micro mers bordières de l'océan.

    Les travaux réalisés sur la plage de Mandelieu dans les années 1960-1970 ont été à cet égard couronnés de succés, le Golfe de La Napoule étant lui aussi l'objet d'une dérive marquée. Depuis, les différentes petites plages arquées n'ont pas bougé.

    La masse d'alluvions ainsi piégée serait d'autant plus intéressante qu'elle pourrait d'autant mieux alimenter la reconstitution du bourrelet dunaire côtier.

  3. La reconstitution d'une grande dune littorale
    L'idéal serait que se reforme un véritable rempart dunaire analogue à ceux que les palissades de 192I, 1945 et 1966 avaient façonnés.Ce serait le seul moyen efficace d'empêcher l'océan de se déverser dans le Bassin de Marennes par la dépression et l'Anse de Gatseau à la faveur d'un prochain ouragan ou de tempêtes répétées. Or, s'ils sont exceptionnels, les ouragans ne sont pas inconnus dans la région, avec une périodicité d'une vingtaine d'années. Sans bourrelet dunaire atteignant une vingtaine de mètres de hauteur et une trentaine de mètres d'épaisseur, un ouragan du type de celui de 1999 pourrait permettre à l'océan d'atteindre l'Anse de Gatseau peut-être en une nuit, étant donné que plus aucun relief n'existe aujourd'hui pour protéger cet axe faible Ouest-Est.

    La reconstitution d'un bourrelet dunaire est facile étant donnée l'importance du transfert éolien naturel depuis la plage. Il suffit d'installer sur une trentaine de mètres à partir de la falaise côtière trois lignes de palissades de branchages ou de barrières girondines, parallèles au rivage et donc perpendiculaires aux vents dominants. Il faudrait bien évidemment une surveillance répétée afin d'en reconstruire de nouvelles au-dessus au fur et à mesure que les premières seraient ensablées.
  • L'ensemble de ces trois types de travaux doit être mené concurremment car ils sont complémentaires.

  • Pour être efficaces il faut qu'ils concernent une distance suffisante afin que les résultats positifs ne soient pas "tournés" par l'océan. Il faudrait donc qu'ils débutent au Nord en s'appuyant sur le restant de dune bordière de la Libération qui n'a pas encore disparu et que l'on voit nettement depuis le terminus du petit train comme une sorte de montagne tranchée par la plage: il faudrait notamment que les travaux de palissades commencent non pas au pied méridional de cette dune mais déjà à haute altitude afin qu'entre la nouvelle dune et celle-ci ne se forme pas un col qui, guidant le vent, provoquerait une action de déflation du sable. La pose ces palissades nécessiterait le recul de l'actuel terminus du petit train d'une trentaine de mètres.

    Lignes de pieux, épis et palissades devraient être prolongées au Sud du terminus actuel du train jusqu'à l'endroit où s'amorce le virage à 90° de la Pointe de Gatseau en direction du Bassin de Marennes, donc sur une bonne cinquantaine de mètres encore.

  • Comme ces travaux ne se feront pas en un jour, il faudrait les débuter par la zone la plus vulnérable, c'est-à-dire précisément celle du terminus du train, qui correspond depuis un an au creux d'une sorte de baie jalonnée au large d'une baïne qui n'existait pas en 2002. Peut-être d'ailleurs le train pourrait-il servir au transport du matériel nécessaire ?

  • Il s'agit de travaux d'extrême urgence, à effectuer immédiatement si possible, dès la décision de principe acquise, en ce début d'hiver 2003-2004, tant la situation est pressante, étant donné que l'océan n'a présentement plus aucun rempart contre son avancée prévisible, possiblement brutale et difficilement réparable ensuite.


B - Les actions à moyen terme

Selon un calendrier qu'il n'est pas possible de prévoir actuellement tant la nature a ses impondérables, il faudrait inscrire ces travaux dans une perspective plus vaste que ceux d'urgence exposés préalablement.

  1. Renforcement des actions à mener sur la côte sauvage de Gatseau

    Les travaux précédemment exposés sont des travaux d'urgence, destinés à parer au plus pressé. Une fois la dune côtière reformée et l'érosion marine réprimée ou du moins réduite, il faudrait :

    • a) fixer la dune selon les méthodes traditionnelles utilisées par les Eaux & Forêts et ayant fait leurs preuves: branchages au sol et plantation de gourbets et chardons;

    • b) empêcher le piétinement de la dune par les touristes en guidant leur cheminement entre des grillages à moutons et en solidifiant l'accès entre le terminus du train et la plage par un escalier de rondins;

    • c) tenter d'élargir la dune reconstituée en la faisant engraisser du côté de la mer. Pour ce faire, il faudrait:
      - capter le sable éolien véhiculé par le vent d'Ouest en l'arrêtant par des palissades Nord-Sud installées en haut de plage si la mer n'y vient plus;

      - avancer le dispositif sur la plage vers la mer en prolongeant les épis dans cette direction et, si besoin est, en recréant de nouvelles lignes de pieux parallèles au rivage plus au large;

      - continuer à procéder ainsi au fur et à mesure de la réussite des travaux.

  2. Extension progressive des travaux vers le Nord

    Certes, il s'agit là d'un programme ambitieux et coûteux du fait de la longueur de la côte jusqu'à l'endroit où commencent les rochers près de Vertbois et où ceux-ci protègent en fait l'arrière pays en fixant le sable. Mais il ne faut pas perdre de vue que l'Ile d'Oléron est potentiellement très vulnérable de Grand-Village à Vertbois car le cordon sableux littoral est bien peu large (guère plus d'un km). L'océan peut percer ce secteur et, atteignant les marais de Grand-Village et d'Ors, couper l'île en deux et se déverser dans le Bassin de Marennes entre Saint-Trojan et le viaduc.

    Une telle perspective n'est pour l'instant qu'une hypothèse, mais la zone sableuse qui sépare la côte des bourgs de Grand-Village et Vertbois a été lotie et, si l'océan continue à éroder les plages de Vertbois et de La Giraudière, la question de la protection de ces secteurs se posera tôt ou tard. Comme il vaut mieux prévenir que guérir, il serait bon, après les travaux d'urgence de Gatseau exposés plus haut, qu'un plan à moyen terme soit envisagé afin d'éviter toute mauvaise surprise dans ce secteur et ne pas être étranglé par une nouvelle situation d'urgence.

  3. Le problème de La Cotinière

    Il est évidemment irréaliste de revenir en arrière. Cependant, même s'ils ne sont pas directement à l'origine des problèmes survenus sur la côte sauvage d'Oléron, les travaux de La Cotinière ont certainement contribué à les amplifier.

    Une gestion intégrée de la défense côtière devrait donc prendre en compte la situation de La Cotinière et comporter les actions suivantes:
    • le renvoi plus au Sud-Est d'une partie du sable capté sur la plage par la jetée afin d'alimenter la Grande Plage sauvage et d'éviter que du sable soit perdu en étant projeté par le vent dans le chenal d'accès au port; de fait, aucune gêne touristique ne résulterait de l'abaissement artificiel de l'actuel niveau de la plage au Nord de la jetée d'autant que celle-ci poursuivrait son rôle de capteur;

    • le rejet des produits de dragage du chenal de La Cotinière sur la Grande Plage au SE, ce qui serait moins coûteux que d'aller les rejeter au large et surtout beaucoup moins stupide puisqu'on a besoin d'alluvions pour alimenter la côte...;

    • la réduction en longueur de la jetée de La Cotinière afin de réduire la déviation du courant de dérive littorale ainsi que la quantité de sable bloqué par la jetée;

    • l'abandon de tout projet d'extension portuaire gagnée sur la mer dont la conséquence automatique serait de perturber un peu plus la courantologie, l'érosion et l'accumulation sur la côte en aval, c'est-à-dire au Sud.


  4. La gestion intégrée de la côte saintongeaise par un organisme unique

    La dispersion actuelle des compétences entre diverses administrations, la dispersion aussi des responsabilités entre l'Etat et les différentes collectivités locales rendent impossible une vision d'ensemble de la côte. Or, de Chassiron et de l'embouchure de la Charente à La Grande Côte, les problèmes se tiennent. On a montré plus haut (chapitre I) comme cette question de l'érosion marine du Sud-Ouest d'Oléron commence à La Cotinière et, de proche en proche, se répercute jusqu'à l'embouchure de la Seudre dans ses incidences, tant en matière d'érosion qu'en matière d'accumulation, avec effets économiques, sociaux et paysagers. Il en est de même plus au Sud où, de La Coubre à La Grande Côte, les phénomènes érosifs interfèrent avec des phénomènes d'accumulation, eux--mêmes liés au tourisme et à l'urbanisation.

    Il serait donc bon que la côte saintongeaise dispose d'un "observatoire" administratif dont le responsable, disposant d'une vision globale de la situation fondée sur des compétences reconnues, puisse réfléchir de façon continue et prévenir ainsi les autorités élues, administratives et techniques de la nécessité d'interventions ou, a contrario, de la nécessité de camper sur le statu quo, afin de ne pas se retrouver à l'avenir devant une situation dramatique et pourtant prévisible depuis plusieurs années, comme celle qui fait l'objet de ce rapport et qui aurait pu être évitée.

Jacques Chardonnet
agrégé de géographie
docteur en Sorbonne

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RONCE LES BAINS


UN ACCES ROUTIER VERS LES PLAGES

Copie d'un article paru dans le journal Le Littoral le 3 Août 2001

La construction de la "route touristique" CD 25 en 1959 a été un non-sens; elle prétendait donner un accès aux plages entre Ronce et La Coubre en desservant au passage la station de Ronce les Bains. Louable pensée qui permettait d'offrir aux Ronçois les plages du Galon d'Or, de l'Embellie et de la Côte Sauvage et d'utiliser l'infrastructure existante de La Tremblade à Ronce, donc, croyait-on, de limiter les frais de construction.

C'était ignorer qu'on allait attirer dans ces parkings proches des plages des milliers d'automobiles venues, non pas seulement de Ronce et de La Tremblade, mais aussi de tout l'arrière-pays; on poussait même d'ailleurs les automobiles à se laisser entraîner à effectuer un parcours circulaire de la presqu'île d'Arvert, immense manège qui fut amplifié lorsque le pont sur la Seudre permit l'évasion des véhicules venant du Nord du département!

Nuisances :

1) Le bruit des véhicules dont certains, assez nombreux, prennent les frêles artères ronçoises pour le circuit des 24 heures du Mans.

2) L'odeur des pots d'échappement, particulièrement tenace lorsque, vers 18 heures, tout le monde revient des plages en même temps et que la circulation, à touche-touche et à vitesse limitée à la première, brûle le carburant en quantité en émettant dans l'air des gaz nauséabonds.

3) Le temps perdu est évident du fait du ralentissement de la circulation dans Ronce, voire de son engorgement généralisé aux heures de pointe. Les trembladais et autres touristes venus d'au-delà ont droit à ne pas affronter la hantise de ces bouchons, fauteurs d'exaspération nerveuse et de détérioration de la santé par suite des gaz d'échappement absorbés d'autant plus que les fenêtres sont baissées en été.

Dangers :

1) Danger d'écrasement pour les piètons, car les rues ronçoises ont été conçues à "la belle époque" pour les charrettes et de rares véhicules très lents; les trottoirs sont peu larges et ne sont pas sûrs si une voiture, ou davantage un autocar ou un camion, passent trop vite et trop près de leurs bords, et les petits enfants ont vite fait de fausser compagnie à leurs aînés.

2) Le piège de l'incendie : chaque voiture est bourrée d'un carburant inflammable et il y en a des milliers dans une forêt elle-même très inflammable; que se passerait-il en cas d'incendie se propageant rapidement dans une forêt sèche un jour de vent? Les voitures s'enflammeraient les unes derrière les autres à la façon d'une traînée de poudre car toutes voudraient au même moment échapper au feu et se retrouveraient bloquées dans les étroites artères de Ronce d'autant que la panique multiplierait les interruptions de trafic ( gens traversant la route n'importe où et n'importe quand, voitures faisant des manoeuvres de demi-tour...)

3) Gêne pour les pompiers à éteindre l'incendie du fait d'un accès par Ronce totalement inadapté du fait de l'étroitesse des routes dans Ronce et de sa saturation de véhicules.

Au moment de la construction de cette route de la forêt, on avait envisagé une déviation de Ronce dont on a encore parlé sporadiquement dans les années 1960, puis elle a été oubliée. Il est temps de reprendre la question et de la faire aboutir.

On se gargarise "d'aménagements"dont certains, pourtant payés par tous, ne servent qu'à quelques-uns. En voici un qui pourtant serait utile à la très grande majorité des gens, utile aux trembladais et autres touristes venus de l'intérieur des terres qui auraient ainsi un accès aux plages direct et aisé, et une possibilité de retour rapide, évitant le piège du feu en cas de sinistre; utile aux ronçois délivrés de l'hypothèque exaspérante et dangereuse d'une circulation totalement inadaptée; utile aux pompiers pour leur permettre un accès rapide en cas d'incendie, donc une bien meilleure efficacité dans la lutte contre le feu; utile aux gendarmes qui pourraient mieux contrôler les flux de circulation et déployer une meilleure efficacité pour la sécurité publique.

Le projet existe. Depuis bientôt deux ans, l'Association pour la Sauvegarde de la Région de la Coubre a mis au point un plan qui, en greffant sur la dérivation de "La Tremblade du côté de la Garde, offrirait par la tranchée des voleurs" un accès direct à la Pointe Espagnole, à l'Embellie et au Galon d'Or; en même temps, cet accès permettrait la reconquête par la nature et le silence de la zone littorale bordière de Ronce au Galon d'Or et au Sud de la tour du Gardour. Il s'agit d'un projet combinant tout à la fois les impératifs de circulation et de prévention et le souci de défense de l'environnement puisque des secteurs seraient reconquis par la qualité et que l'itinéraire proposé ne comporterait pas de destructions d'arbres du fait qu'il est déjà tracé, que la forêt a été récemment exploitée sur ses parages et que l'axe constitue d'ores et déjà une coupure dans le massif forestier.

Le projet a été approuvé par la direction régionale de l'environnement, par l'ONF, par M.Tallieu, maire et conseiller général de La Tremblade. Le temps n'est plus à privilégier je ne sais quel aménagement marginal à intérêt limité. Le moment est venu de soutenir et de promouvoir ce projet parce qu'il constitue un impératif de bon sens du fait de ses implications positives multiples et qu'il intéresse tout le monde.



Jacques CHARDONNET
Président de l'Association
pour la Sauvegarde de la
Région de la Coubre


RISQUES D'INCENDIE EN FORET DE LA COUBRE

22 septembre 2005.

Le 18 août 2005 paraissait dans le "Littoral" un long article, sous le titre ci-dessus, tiré d'une interview réalisée auprès du chef de la brigade de gendarmerie de La Tremblade. "Mieux vaut prévenir que guérir", y disait le major Marcoux, qui expliquait essentiellement dans cet article comment était organisée la brigade de La Tremblade et quelle était sa philosophie. Cet article arrive à point et cadre tout à fait avec les réflexions de l'Association pour la Sauvegarde de la Région de La Coubre dans ce domaine. Mais les gendarmes, même s'il est primordial qu'ils affichent une grosse présence dissuasive, ne constituent cependant que l'aval d'une chaîne: en matière d'incendie, la présence ne suffit pas; il faut que, en amont, les responsables aient déjà pris toutes les dispositions pour que le travail de la gendarmerie s'effectue sur un terrain déjà déblayé du maximum de risques. Le feu ne prend, sauf dans 1% des cas (foudre), qu'à cause des hommes et parce qu'il y a des conditions favorables: prolifération d'une végétation inflammable au sol, vent, sécheresse. Si l'homme est impuissant face au vent, à la sécheresse et, en partie, à la prolifération des essences inflammables, il devient responsable totalement de la mise à feu dès lors qu'il joue avec le feu lui-même et qu'il n'entretient pas la végétation au sol.

I - IL FAUT ELIMINER LA VEGETATION LA PLUS INFLAMMABLE

Le feu ne prend pas en haut des arbres mais au sol. Dans ce domaine, le site forestier de La Coubre est dans un état lamentable.
  • La végétation arbustive au sol (ronces, ajoncs, genêts...) est constituée d'essences qui brûlent très facilement, presque instantanément, surtout quand les aiguilles de pins et les herbes desséchées de l'été sont déjà allumées. La prolifération de cette végétation arbustive résulte souvent de la coupe généralisée des fûtaies: la zone qui vient ainsi d'être déboisée est inondée de lumière et les graines marcottes et reprises de souches la transforment en deux ou trois ans en un inextricable fouillis.

    Tel a été le cas de la zone alors privée entre la piste cyclable et la plage de Ronce, exploitée pour son bois dans les années 1980, devenue inaccessible aux promeneurs et offrant une matière première très favorable au développement du feu, ce qui fut vérifié le 14 juillet dernier.

    La pratique, aujourd'hui périmée semble-t-il, de la "préparation du sol" au bulldozer après exploitation du bois a de même multiplié en forêt domaniale les espaces où, entre les sillons tracés où devaient repousser les nouveaux pins, l'entassement des déchets de nettoyage de ces sillons a favorisé la pousse de cette végétation arbustive inflammable inextricable: les exemples abondent entre Gironde et Seudre.

  • Depuis une quinzaine d'années, on assiste à la confection délibérée d'autres souces de brasiers potentiels : l'abandon sur place du bois mort. Pour justifier cette "technique", on s'abrite derrière les expériences réalisées ailleurs où le bois laissé sur place pourrit et fait de l'humus (donc enrichit le sol) et derrière le coût paraît-il prohibitif de l'élimination du bois mort.
    Cette pratique appelle plusieurs remarques.

    • D'une part, peut-on sérieusement comparer l'économie réalisée par l'abandon sur place du bois mort avec le coût d'un incendie (bois brûlé perdu, biens détruits, usure du matériel, indemnités versées et, tout simplement, coût subjectif mais réel de paysages détruits, voire de morts...)?

    • D'autre part, il existe une réelle incohérence à vouloir "faire le vide" de la petite végétation aux abords des routes, des parkings et de la piste cyclable pour éviter les démarrages de feux et ensuite laisser le bois coupé sur place: il devient du bois mort et le bois mort brûle mieux que le bois vert ... On voudrait fournir aux allumeurs de feux matière à réussir de grands incendies qu'on ne procéderait pas autrement. Dans ce domaine d'ailleurs, certains privés ne se privent pas pour venir "faire du bois", même en plein été, là où leurs véhicules peuvent accéder, emporter ce qui les intéresse et laisser sur place le reste. Les exemples abondent (cabane à Isabelle, Embellie, Bouverie... )

    • Par ailleurs, si le bois pourrit effectivement dans des zones de climat plus humide d'ailleurs générateur d'essences à feuilles caduques moins inflammables, tel n'est pas le cas en forêt de La Coubre. Outre la prolifération des champignons, vers, termites qui résulte d'une telle politique, propre à faciliter la dégradation plus rapide de toutes les forêts (et des maisons) de Charente Maritime, le bois abandonné sur place demeure du bois mort sec non pas pendant un ou deux ans, mais pendant bien plus longtemps, I5-20 ans, voire davantage. Veut-on susciter des incendies avec ce genre de pratique irresponsable?

    • Enfin, il ne faudrait pas gérer toute la forêt de la même manière. Si l'on peut admettre, dans une certaine mesure d'ailleurs, que certaines zones éloignées des itinéraires fréquentés puissent être traitées selon les normes des forêts domaniales ordinaires, tel ne peut pas être le cas ici de la zone côtière et des abords des axes de pénétration (routes, parkings, piste cyclable) envahis par un public qui, la plupart du temps, ignore les dangers d'incendie ou refuse de les prendre en compte.
Conclusion concernant cette végétation inflammable: il serait bon que les responsables forestiers, privés ou publics, locaux ou nationaux, revoient leurs méthodes de gestion de la végétation inflammable; il serait bon également que les responsables, élus ou administratifs, fassent respecter la législation qui existe en matière de débroussaillement et d'élimination du bois mort et coupé.

2- IL FAUT EMPECHER LES MISES A FEU DUES A L'IRRESPONSABILITE

On n'empêchera jamais un pyromane d'agir ni certains départs de feux liés à des accidents imprévus. En revanche - et le rôle des pouvoirs publics est ici irremplaçable en matière de prévention - on peut éviter les idioties aux conséquences désastreuses.

L'exemple du départ de feu du 14 juillet 2005 dans les arrières de Ronce est caractéristique. Notre association avait du reste prévenu la mairie à de nombreuses reprises depuis 25 ans sur les dangers du 14 juillet à Ronce.

  • Il est patent que les fusées tirées ne retombent jamais à la verticale et que la plupart du temps du vent venu de la mer les rabat encore non consumées sur la forêt ou le bourg de Ronce. Combien de fois des habitants, suivant des yeux la retombée des fusées, sont allés éteindre un petit feu naissant d'aiguilles de pins ou d'herbes desséchées ! Il faudrait, à tout le moins, que les chalands d'où sont tirés les feux d'artifice soient ancrés à la limite des parcs à huîtres ou même au delà pour que les fusées aient le temps de s'éteindre avant leur retombée au sol. Il serait bon aussi, maintenant qu'une plage a "repoussé"grâce à de l'apport marin et éolien de sable au pied du brise-lames, que le feu d'artifice soit tiré au large de la place Brochard: dans de nombreux cas, les fusées retomberaient en Seudre au lieu d'être rabattues vers Ronce, au moins en cas de brise d'Ouest. Et puis, tout simplement, ne serait-il pas préférable d'annuler le feu d'artifice à Ronce en cas de sécheresse et de vent de secteur Nord ? N'est-il pas quelque peu puéril de risquer le gros pépin en forêt ou à Ronce pour sacrifier au plaisir de commémorer la chute de la Bastille? De telles décisions incombent à la mairie de La Tremblade dont la responsabilité est engagée dans cette affaire: il y a quelques années, une dame assise sur la plage eut son tricot brûlé par la retombée d'une flammèche; et si ses cheveux avaient pris feu? Et si un bébé avait "chauffé" dans son couffin ?

  • Par ailleurs, et toujours à propos du 14 juillet, le feu d'artifice officiel est complété depuis des années, à partir de la fin de l'après-midi, par l'éclatement de pétards et fusées individuels. Outre qu'il est crispant d'être soumis à ces bruits qui continuent jusque vers une heure du matin et parfois plus tard, il est indéniable que la multiplication et la dissémination de ces jeux puérils multiplient les risques de départs de feux. Car, lorsque l'éclatement d'un pétard ou la retombée d'une fusée s'effectuent en haut de plage, au contact des aiguilles de pins ou des herbes sèches, le danger de propagation du feu, attisé par la brise de mer, n'est pas une simple vue de l'esprit. Et lorsque c'est une fusée de détresse qui est tirée à partir d'un bateau comme ce fut le cas le 14 juillet dernier, l'idiotie devient gravissime car ce genre de fusée, que la réglementation réserve à la détresse véritable en mer faute de quoi il s'agit d'une faute grave passible d'un procès verbal, conserve sa puissance de feu très longtemps et peut donc allumer un feu de végétation une fois retombé.

    La prévention devrait donc passer par l'interdiction de ces feux et pétards privés, la présence des pompiers, de la gendarmerie et de la police municipale munis de haut-parleurs d'avertissement sur plage dès 18 heures et jusqu'à une heure du matin (et non pas seulement durant la demi-heure du feu d'artifice officiel), la possibilité d'intervenir par canot à moteur contre tout plaisancier jouant avec des feux de détresse, l'usage de la persuasion et au besoin, celui du carnet à souches pour verbaliser gravement en cas de répétition de l'infraction. Et qu'on ne vienne pas nous seriner la rangaine de l'état policier: la police est là pour la sécurité, pour la protection de tous et un état policé est destiné à assurer l'harmonie entre tous en faisant comprendre aux "sauvageons", par la persuasion puis, si besoin, par la force, que le respect des autres est impliqué par l'existence de lois et réglements.

  • Une autre source d'incendies provient de l'introduction irresponsable de feux en forêt, apparemment bénins, sans arrière-pensées criminelles, sans désir de nuire, avec souvent le sentiment qu'il s'agit de feux sans conséquence possible: cigarettes bien sûr, mais aussi feux de nique-nique (camping gaz, barbecue), feux de joie ou feux de camp. Chaque nuit et chaque jour d'été, ce sont des dizaines de feux qui sont allumés ainsi notamment sur les plages, mais aussi en forêt, surtout dans les parkings qui deviennent de plus en plus des campings tolérés.

    Là aussi, les rondes des forestiers, des gendarmes et des pompiers devraient être multipliées et leurs interventions effectives à l'égard des contrevenants. Encore faudrait-il que ceux-ci sachent qu'il ne faut pas faire du feu ni fumer, donc que les lieux les plus fréquentés soient dotés de panneaux d'explication et d'interdiction: ceux apposés après les grands incendies des Landes de 1949 ont disparu avec le temps et pratiquement rien n'avertit actuellement les gens du danger du feu. Ensuite et la plupart du temps, il suffirait d'un avertissement oral des services de sécurité, notamment des gendarmes, pour que disparaissent les dangers, à condition que les gendarmes eux-mêmes soient bien conscients de la nécessité d'intervenir en parlant aux fautifs, donc aient la formation nécessaire en matière de connaissance des dangers de propagation des feux et que ces interventions fassent clairement partie de leurs missions. Et enfin, la verbalisation serait le recours en cas de refus d'obtempérer.
    De toute façon, les parkings en forêt devraient chaque nuit être "vidés" de ces camping-cars et caravanes qui s'y installent parfois pour de véritables séjours absolument contraires à l'usage prévu initialement.
L'avertissement du 14 juillet a été clair: c'est aux portes de Ronce que le feu a pris. Heureusement, les services de secours en ont eu raison. Mais qu'eût-ce été si le vent avait soufflé et si l'alerte donnée par un particulier avait été moins prompte ? Veut-on qu'un jour la désolation s'installe pour des dizaines d'années comme ce fut le cas à La Palmyre en 1976, créant un vide que trente années sont loin d'avoir encore comblé ?

Association pour la Sauvegarde
de la Région de la Coubre




RESEAU ROUTIER DANGEREUX

Il faut programmer une déviation routière de Ronce les Bains




30 octobre 2005.

Trois événements de cet été 2005 ont démontré les dangers du statu quo en matière de réseau routier dans le nord-ouest du massif forestier de La Coubre:
  • pour la seconde fois en quelques années une voiture folle a perdu le contrôle de sa direction et défoncé une clôture en dur et son portail;

  • le 14 juillet un début d'incendie provoqué par une fusée de détresse a contraint les services de sécurité à fermer l'avenue de La Cèpe jusqu'à extinction du feu: les riverains auraient pu être piégés si le feu s'était étendu;

  • du 8 au 11 septembre, pendant quatre jours, certaines avenues de Ronce ont été totalement neutralisées, au détriment des riverains ne pouvant plus, pendant plusieurs heures, accéder chez eux ni en sortir, véritables otages du rendez-vous «planétaire» du ski à roulettes...
Est-ce que ce mépris des Ronçois doublé d'une irresponsabilité chronique, va durer encore longtemps ? De l'entrée de Ronce du côté de La Tremblade à sa sortie du côté de la forêt, le gymkhana presque continuel de la circulation offre des effets extrêmement pénibles.

1- Au niveau de la sécurité.

La circulation génère dans Ronce trois effets négatifs récurrents :
  • C'est de jour comme de nuit que des fous de la vitesse se ruent en auto ou à moto à des vitesses fort éloignées des 50km/h réglementaires. Qu'ils renversent un piéton trop lent pour traverser la rue ou un enfant imprudent et c'est le drame.

  • A certaines heures, le flot de la circulation est ininterrompu : traverser la rue, sortir de chez soi en voiture ou y entrer relèvent d'une haute dextérité et provoquent parfois les injures de ceux qui n'admettent pas qu'on puisse interrompre leur progression régulière.

  • Enfin, les trottoirs sont parfois très peu larges, cabossés ou mouvants et les piétons risquent d'être happés par les passages de véhicules, surtout lorsque des autocars ou des camions de billes de bois ajoutent l'appel d'air à la proximité. D'autant que la mode de garer les automobiles à cheval sur le trottoir réduit sa largeur et oblige parfois les piétons à marcher sur la chaussée !
Mais, ce n'est pas tout à propos de la sécurité.
Le passage généralisé de toute la circulation par Ronce a deux autres conséquences qui pourraient être dramatiques.
  • Le succès de la piste cyclable détermine, entre Ronce et le Galon d'Or près de la piste pare-feu M-13, un cisaillement dangereux entre automobiles et bicyclettes. Chacun sait que la limitation de vitesse de la route en forêt n'est nullement respectée et que c'est à fond de train que les automobiles surgissent de la dune en venant du Galon d'Or, qui plus est dans un virage, alors que la visibilité est réduite pour les cyclistes qui, obligés pratiquement de s'arrêter pour couper la route, ne la traversent qu'à vitesse très réduite; c'est un miracle qu'aucun accident grave n'ait eu lieu jusqu'à présent, d'autant que les cyclistes sont souvent des enfants dont la capacité de réaction peut être limitée par la peur en face d'une voiture descendant de la dune à tombeau ouvert dans leur direction.

  • Un autre très grave sujet de préoccupation est l'hypothèse d'un incendie. Les rues de Ronce, particulièrement l'avenue de la Cèpe, unique passage est-ouest à la sortie de Ronce, sont un goulot d'étranglement. Les jours de grande presse la circulation, au retour des plages, le soir, y coule à la vitesse de l'escargot. Que serait-ce si l'incendie, supprimant toute échappatoire vers la Bouverie et La Coubre, entraînait un afflux soudain d'automobiles issues des parkings de la Pointe Espagnole, de l'Embellie et du Galon d'Or ? On frémit à l'idée de la panique qui pourrait s'emparer de milliers d'honnêtes gens coincés dans leur voitures et sentant le feu s'approcher, de l'effet que pourrait provoquer cette suite ininterrompue de réservoirs inflammables explosant et se communiquant le feu les uns aux autres, de l'incapacité de la gendarmerie à remonter la cohorte des voitures prises au piège du fait des embouteillages dans Ronce, de l'impossibilité pour les pompiers pour les mêmes raisons d'aller lutter contre l'incendie.
2 - Au niveau de l'environnement

Du simple point de vue de l'environnement, la situation actuelle est exécrable pour les riverains des artères concernées.
Ce ne sont pas les habitants de Ronce qui fournissent le gros des véhicules qui vont vers les plages et en reviennent; en effet, la route de la forêt est, qu'on le veuille ou non, intégrée dans l'esprit des gens à des itinéraires bien plus vastes incluant toute la Côte de Beauté, la Presqu'île d'Arvert et même le pays de Marennes, le pays rochefortais et l'lle d'Oléron, depuis qu'ont été ouvert le viaduc de la Seudre et supprimé le péage.
Une telle masse de véhicules a d'abord pour effet d'avoir totalement gâché la sérénité de quartiers entiers de Ronce traversés par cet accès routier à la forêt. Jadis réputée pour son calme, Ronce, dans ses secteurs méridional et occidental, subit un bruit de roulement permanent, accentué fréquemment par les nombreux égoïstes qui se croient probablement spirituels de se défouler en faisant ronfler leurs moteurs à tue-tête pour imposer à autrui leur plaisir irrespectueux et décadent de faire du bruit, que ce soient d'ailleurs des automobilistes ou que ce soient des motards.
Couplée avec des vitesses illégales et exagérées dénoncées plus haut, cette attitude justifierait à elle seule des mesures de rétorsion qui ne relèvent que de la stricte application du code de la route.

Si le bruit constitue la gêne la plus évidente, les odeurs émises par une telle circulation ne sont pas négligeables : il suffit d'habiter dans l'axe du vent pour être inondé pendant des heures, parfois des jours par les dégagements des pots d'échappement des automobiles, surtout lorsque le soir, au retour des plages, les voitures sont à touche-touche, en prise en première et consomment beaucoup mais aussi lorsque les égoïstes ci-dessus mentionnés font vrombir leurs moteurs sans le moindre égard pour les riverains, dans le seul but d'affirmer leur petit «moi». Qui dit odeur signifie air pollué aspiré par des poumons, c'est-à-dire, en fin de compte une intoxication au compte gouttes dont la répétition peut aboutir à une maladie dont on ne se remet pas.

Enfin, même s'il s'agit d'une goutte d'eau dans le tonneau des danaïdes, le ralentissement de la circulation aux heures de pointe et des moteurs perpétuellement contraints de redémarrer en première signifie un gaspillage de carburants et, au prix démentiel qu'ils atteignent faute de ressources pétrolières propres à la France depuis la perte du Sahara en 1962, ce gâchis signifie de l'argent perdu pour les automobilistes concernés et l'accroissement du déficit énergétique du pays.

La conclusion est évidente : il faut dévier la circulation routière pour qu'elle cesse de passer par Ronce; on l'a fait à Marennes, à Saujon, à La Tremblade; on l'a fait pour Saint-Palais, pour Etaules et Arvert. Les Ronçois en ont assez d'être des laissés pour compte et de voir leur tranquillité sacrifiée pour permettre à des automobilistes et motards venus d'ailleurs et qui ne paient pas d'impôt à la commune de venir s'étendre voluptueusement sur les plages.

Monsieur le Maire-Conseiller Général, une déviation routière de Ronce serait utile à tous, elle soulagerait Ronce des maux incriminés ci-dessus et fournirait aux Trembladais un accès bien plus rapide aux plages. Il s'agit là d'un projet d'intérêt général propre à emporter l'adhésion du plus grand nombre, et non pas seulement de quelques catégories spécifiques, généralement intéressées par des aménagements ponctuels.
Vous savez que le projet existe, vous l'avez approuvé, vous avez déclaré être prêt à le soutenir. C'est à vous, à présent, à l'engager en haut lieu pour le faire aboutir.

Vous y gagneriez la reconnaissance de vos concitoyens.

Jacques CHARDONNET


PAR OU FAIRE PASSER UNE DEVIATION ROUTIERE DE RONCE ?

15 décembre 2005. (Article paru dans les tribunes libres du Littoral en septembre 2005)

Que la circulation routière ne passe plus dans Ronce signifie automatiquement qu'il lui faudrait traverser le massif forestier à un autre endroit. C'est la raison pour laquelle l'association pour la Sauvegarde de la Région de la Coubre avait été très réticente : couper la forêt par une route pouvait sembler en contradiction avec la philosophie normale d'une association de défense de l'environnement. Ce " coup de poignard dans le dos " du massif forestier eut en effet facilité les pénétrations anarchiques en forêt et gâché l'environnement forestier.

Un projet avait existé, au moment de la construction de la route de la forêt, qui eut permis à la circulation de se brancher, entre l'entrée de Ronce et le Pont des Brandes, sur l'une des allées pénétrant en forêt et d'utiliser ensuite le tracé de la Tranchée des Carreaux pour rejoindre en ligne droite le Galon d'Or. Ce projet n'avait pas abouti à l'époque, sans doute parce qu'il eut flanqué Ronce au sud d'une circulation gâchant le charme des balades en forêt, sans compter qu'il eut été tentant de lotir tout cet espace entre le bourg de Ronce et cette pénétrante. L'administration avait alors refusé, sans prévoir cependant que l'ouverture de cette route de la forêt (1959) serait la porte ouverte à une circulation épuisante pour les habitants du bourg de Ronce.

Mais les conditions ont changé depuis. Un certain nombre de textes ont protégé la forêt contre toute tentation d'urbanisation et la construction d'un viaduc sur la Seudre (1972) puis, récemment, celle de la rocade de La Tremblade tranchant elle-même assez profondément dans le massif forestier ont augmenté lourdement le passage de véhicules dans Ronce en direction des plages du Galon d'Or à la Pointe Espagnole. En même temps, l'ONF, surtout à la lumière de l'incendie de La Palmyre en 1976, a amélioré sa politique de découpage de la forêt face aux risques d'incendie en élargissant certains axes et en les empierrant pour en faire à la fois des coupe-feux plus efficaces en cas de sinistre et y permettre une pénétration plus rapide des voitures de pompiers.

Reste que les raisons qui avaient fait rejeter l'idée d'une déviation routière de Ronce par la Tranchée des Carreaux sont demeurées, d'autant plus que des quartiers nouveaux ont été créés entre le Pont des Brandes et l'Orée du Bois et qu'il est évidemment hors de question d'empoisonner la vie de ces nouveaux habitants par une artère à grand débit en tranchant sur le CD 25 dans ce secteur. Il faut donc chercher plus au sud.

Or, précisément plus au sud, des opportunités extrêmement intéressantes existent. Discrète, une petite route croise la rocade de La Tremblade. Communément dénommée " route de la Garde ", cette pénétrante relie le centre de La Tremblade à la maison forestière des Roseaux où elle se termine par des barrières qui bloquent l'accès aux différents chemins forestiers. Sauf au voisinage même de la ferme des Roseaux cette route n'est pas bordée de grands arbres, la forêt ayant été exploitée dans ce secteur dans les années 1970 et les arbres repoussant n'ayant pas encore ni grande allure ni grande valeur.

Il suffirait d'élargir un peu et de renforcer cette route de la Garde pour en faire aisément et avec fort peu de dégâts le début d'un accès direct aux plages.

A l'ouest de la maison forestière des Roseaux, le tracé d'une nouvelle route est pour ainsi dire évident : l'ONF a transformé en piste DFCI (Défense Forestière Contre l'Incendie) une petite longueur du " chemin des Demoiselles " sur environ 400 mètres, jusqu'à son croisement avec une grande tranchée forestière est-ouest. Cette " Tranchée des Voleurs ", parfaitement rectiligne sur 2,5 km, rejoint la route forestière CD25 de la forêt exactement dans le prolongement de l'accès au parking de la Pointe Espagnole. II suffirait donc de renforcer et de goudronner cet itinéraire déjà tout tracé dans les faits et la population ronçoise se trouverait ainsi soulagée.

Il suffirait en effet, par le jeu de panneaux indicateurs au Pont des Brandes et au croisement de la rocade de La Tremblade et de la route de la Garde de diriger le flux automobile vers ce nouvel axe et, de même, au croisement de la Tranchée des Voleurs et du CD 25, en contrebas du Gardour, de diriger le flux automobile vers l'est par d'autres panneaux en indiquant " La Tremblade direct, Marennes, Rochefort, Ile d'Oléron, Saujon ". Ainsi, Ronce se trouverait protégée de la circulation bruyante, odorante et dangereuse. Au pied nord du Gardour, les voitures seraient dispatchée vers la Pointe Espagnole, l'Embellie et le Galon d'Or, toujours accessibles, bien plus rapidement que par Ronce : gain en parcours variant de 1250 à 3750 mètres selon les cas de figure, gain de temps par la suppression des goulots d'étranglement de Ronce, donc économie de carburant et de frais...
On pourrait même compenser ce dispositif routier nouveau par la réservation du CD25 aux bicyclettes entre Ronce et le Galon d'Or. Ainsi, cette zone littorale de Ronce, aujourd'hui gâchée par le ronflement des moteurs, redeviendrait une zone de silence, quasiment naturelle : véritable reconquête au profit de l'homme du littoral et de ses arrières, cet " échange " de la charge de circulation entre Ronce et la maison forestière des Roseaux saurait corriger la faute commise il y a bientôt un demi-siècle.

On pourrait aussi d'ailleurs " neutraliser " le CD25 entre le Gardour et la Bouverie, protégeant ainsi du bruit et de la pollution 5,5 km de massif forestier du nord au sud, réduisant les risques d'incendie dans cette zone désormais réservée aux amoureux de la marche à pied qui ne seraient plus traqués par le bruit des moteurs dans ce secteur redevenu " réserve naturelle ". Au reste, la situation actuelle dans cette zone ne génère guère d'arrêts (quelques unités) de la part des automobilistes puisque, dans la très grande majorité des cas, ceux qui utilisent cette section du CD25 n'ont d'autre but que de réaliser un circuit automobile circulaire dans le massif forestier, sans autre intérêt que de relier le Pont des Brandes à La Coubre et vice-versa. La liaison des Brandes à La Coubre s'effectuerait alors par La Fouasse.

Quoi qu'il en soit, la déviation routière de Ronce-les-Bains par la maison forestière des Roseaux et la Tranchée des Voleurs, doublée de la fermeture du CD25 permettrait une amélioration bénéfique de la sécurité:

1) En terme d'accidents corporels

Trois points noirs actuels se trouveraient effacés.
  • Dans Ronce même, le danger de la circulation automobile, peu soucieuse des piétons, notamment les enfants dans une station balnéaire avant tout familiale, se trouverait singulièrement réduit.

  • Une autre amélioration considérable se situerait là où, aux alentours de l'extrémité nord de l'allée DFCI M 13, la piste cyclable venant de Ronce croise l'actuel CD25: ce cisaillement, qui s'effectue à l'extrémité d'une section en ligne droite où les automobilistes roulent vite, est au surplus au pied d'une autre section plus montueuse ou sinueuse du CD 25 d'où débouchent parfois rapidement certains véhicules venant du Galon d'Or: lorsque des cyclistes appartiennent à un même groupe cycliste, ils hésitent sur l'attitude à adopter : suivre le reste du groupe ayant déjà traversé la route ou s'arrêter, et cette hésitation peut être gravissime. La disparition de la circulation automobile sur cette section du CD 25 située entre Ronce et le Galon d'Or éliminerait ce danger. Jamais plus, de Ronce à La Palmyre, la piste cyclable ne couperait le CD25, ce qui assurerait une sécurité totale sur 20 km.

  • Enfin, la section du CD 25 située entre la partie NO de Ronce et cet actuel cisaillement pourrait être réservée aux cyclistes venant des quartiers nord de Ronce, voulant aller vers les plages et le reste de la forêt, sans avoir à prendre la piste cyclable à son origine dans le sud de Ronce. Ceux qui s'y aventurent actuellement courent évidemment un danger réel car l'intensité de la circulation automobile à certaines heures réduit la vigilance des conducteurs à l'égard des cyclistes bien petits par rapport aux véhicules.
2) En terme de protection contre les incendies

Le massif forestier de La Coubre (pins, chênes verts, ajoncs, genêts) est éminemment inflammable. L'incendie du Creux de Paunas (1961, 100 hectares) et celui des Combots d'Ansoine (1976, 1200 hectares) doivent demeurer présents à l'esprit des responsables comme des catastrophes renouvelables ne tenant en rien d'une spéculation intellectuelle théorique. Or, les avantages induits de la nouvelle organisation routière proposée dans le nord du massif forestier seraient considérables.
  • a) Une évacuation plus rapide de la forêt.
    Elle serait facilitée par des voies plus directes, alors que, actuellement, les retours des plages, le dimanche soir à partir du printemps et lors des journées les plus chargées de l'été, s'effectuent à touche-touche et avec un extrême ralenti;
    • au nord, la pénétrante par la maison forestière des Roseaux et la Tranchée des Voleurs permettrait une telle évacuation alors qu'actuellement l'exiguïté des rues de Ronce, qui n'avaient pas été conçues pour écouler un tel trafic, constitue un défi au bon sens ;
    • au sud, la pénétrante recalibrée de La Fouasse à la Bouverie permettrait la même amélioration, susceptible d'éviter, avec un dispatching à La Fouasse vers Dirée et vers Les Mathes, l'actuel engorgement de cette route à sa terminaison occidentale à La Fouasse. En outre, la prolifération des campings en lisière de forêt, entre les Etains, La Fouasse et les Mathes, confère à cette zone une acuité toute particulière car la trop importante population de ces campings a entraîné une surcharge de cette route : l'amélioration de la circulation dans ce secteur permettrait d'y réduire, voire d'y empêcher, une panique génératrice de blocage en cas de sinistre attisé par un grand vent ;
    • en cas de danger immédiat, les services de sécurité pourraient faire utiliser les anciennes sections neutralisées du CD25.

  • b) Un accès facilité pour les pompiers.
    Les actuelles routes, tortueuses et encombrées, sont un handicap pour les services de secours. Les aménagements proposés, permettant des accès plus rapides puisque plus directs, donneraient la possibilité d'une meilleure lutte contre le feu parce que les contre-attaques sont bien plus assurées de succès face à des feux naissants que face à des feux ayant déjà pris de l'ampleur. Les départs de feux, depuis la zone surchargée de touristes du Galon d'Or - Embellie - Pointe Espagnole sont activés par les vents d'ouest prédominants qui peuvent les propager très rapidement vers Ronce et les abords de La Tremblade; deux artères d'accès (la nouvelle pénétrante et l'ancien CD25 convertie en piste DFCI) permettraient de prendre un incendie en tenaille : en effet, la section du CD25 interdite à la circulation ordinairement, pourrait être ouverte momentanément en cas de besoin par les services de sécurité (pompiers, gendarmerie, ONF) pour permettre à la lutte contre le feu de se caler sur deux lignes de défense ; ainsi, la protection de la forêt s'en trouverait-elle améliorée et la propagation de l'incendie vers le bourg de Ronce pourrait-elle être évidemment bien mieux contrôlée et contrée.
Il en est de même grâce à la pénétrante de La Fouasse à La Bouverie : elle pourrait constituer un moyen efficace de contrôle de la situation par les pompiers en leur permettant un accès rapide vers la zone très fréquentée de la forêt comprise entre La Bouverie, La Coubre et La Palmyre. Elle leur permettrait, en liaison avec les services de gendarmerie, de ne pas dépendre quasiment uniquement, comme c'est le cas à l'heure actuelle, de la seule route qui va vers La Palmyre, elle aussi saturée aux heures de pointe; elle leur permettrait, selon les besoins, de guider la circulation soit vers l'une soit vers l'autre de ces deux routes, afin de pouvoir lutter efficacement contre le feu sans être gênés par les véhicules des touristes.

3) En terme de lutte contre les délits.

Actuellement, bon nombre de faits répréhensibles sont commis dans les parkings du Galon d'Or, de l'Embellie et de la Pointe Espagnole : les voleurs, allumeurs de feux, rôdeurs divers en quête de méfaits, campeurs sauvages, ont la possibilité de partir dans deux directions en cas d'interpellation prévisible ou réelle, soit vers l'est par Ronce où ils peuvent se perdre dans le dédale du bourg, soit vers le sud par La Bouverie où ils ont le choix de s'évaporer par deux routes. Si le seul accès possible était celui de la Tranchée des Voleurs et de la Route de la Garde, ces " fauteurs " se trouveraient fatalement interceptés à leur arrivée au croisement de la route de la Garde et de la rocade ouest de La Tremblade ; ce dispositif faciliterait grandement l'action de la gendarmerie. Les parkings des plages seraient ainsi une véritable souricière pour ces diverses variétés de délinquants. Très vite, les méfaits se réduiraient en nombre car leurs auteurs sauraient qu'ils n'ont pas d'issue de secours.

Les avantages du plan proposé sont immenses; ils présentent des aspects multiples dont tout le monde profiterait. Il reste donc la nécessité d'une volonté favorable de la part de ceux qui disposent du pouvoir financier. Dans ce dernier domaine, la route étant départementale, la décision incombe au Conseil général. Mais, même si les travaux à effecter ne sont pas énormes, il ne serait pas juste que les dépenses soient inscrites au seul budget du département. Car la fréquentation des plages profite largement aux touristes venus d'ailleurs. Un montage financier comportant, outre le département, la région Poitou-Charentes, l'Etat et l'Union Européenne serait donc rationnel.

M. Tallieu, maire et conseiller général de La Tremblade, m'a dit à plusieurs reprises trouver ce projet intelligent et être prêt à le soutenir. Nous comptons donc beaucoup sur lui pour engager les pourparlers nécessaires avec les divers intervenants potentiels. L'intérêt général est ici évident.

Une telle réalisation de bon sens serait au crédit de ses promoteurs.

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Merci.
Jacques Chardonnet,
président de l'Association pour la
Sauvegarde de la Région de la Coubre
41 ou 84 avenue de la Cèpe
17390 RONCE LES BAINS

Adhésion: 25 euros à l'ordre de ASRC

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