PRINCIPE ET TECHNIQUE DE LA CHASSE D'EAU DE MER

Canal d'eau douce en amont du port-chenal

Écluse de chasse du port-chenal

NETTOYAGE DU FOND DU PORT-CHENAL PAR LANCES D’ARROSAGE ET CHASSE D'EAU DE MER

 

CHOIX PRELIMINAIRE

 - Il est indéniable que la boue de sédimentation dans le port est polluée par des éléments chimiques et la présence de germes anaérobies potentiellement nocifs si leur concentration est importante. La proposition de nettoyer cette boue par des lances de lavage secondée par une chasse est soumise à un choix préliminaire: il faut décider si l’on accepte de diluer la pollution du port dans le milieu marin ou si l’on choisit de polluer, avec une grande concentration, un site à terre. Le choix définitif devrait s’appuyer sur une analyse de la boue de sédimentation, permettant de savoir si la dilution par des lances de lavage conduit à un niveau de pollution acceptable, ne perturbant pas le milieu marin. Dans le cas du choix de la dilution, je propose ci-dessous les modalités pratiques permettant sa mise en oeuvre.

Il y a une autre condition dont je n’ai pas la confirmation technique; il faut que le niveau du fond du port ne soit pas inférieur au niveau du chenal de l’Atelier.

DEFINITIONS

- La retenue d’eau de mer du port-chenal est un bassin créé en amont de l’écluse actuelle grâce à la construction d’une digue (1) fermant la partie terminale du canal d’eau douce, la circulation de l’eau douce restant assurée par une canalisation à clapet traversant cette digue. Ce bassin de retenue est destiné à être rempli d’eau de mer dès lors que le besoin de créer une chasse apparaît.

- En ouvrant l’écluse du bassin de retenue, il se crée, dans le port, un courant d’eau  de chasse destiné à entraîner les boues de lavage vers l’aval.

- Le nettoyage à l’aide de lances de lavage consiste à projeter l’eau des lances sur la vase selon un angle oblique, afin de la pousser vers le courant de chasse tout en la délayant.

(1) La digue sera construite en utilisant de la terre provenant du creusement du port.


PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT

- La retenue d’eau de mer est remplie par fort coefficient de marée, en plusieurs fois s’il le faut.

- Ensuite le port est vidé de ses bateaux.

- Puis le port est mis à sec lors d’un coefficient de marée supérieur à 90, nécessaire pour que les eaux de lavage atteignent la Seudre, sans rester bloquées à l’embouchure du chenal par un retrait insuffisant de l’eau de marée.

- Lorsque le fond est à sec, le travail de nettoyage proprement dit peut commencer, en ouvrant la chasse puis en mettant en action les lances de lavage alimentées par une pompe puissante.

- La pression de l’eau projetée sur la vase, selon un angle oblique, la délaye et la pousse, sous forme d’eau boueuse,  jusqu’au centre du bassin où circule l’eau de la chasse qui l’entraîne hors du port.

- Ce qui est décrit ci-dessus s’applique que le fond soit vaseux ou bétonné.


MISE EN ŒUVRE

Les lances de lavage sont raccordées à des robinets avec raccords pompier disposés le long du quai à intervalles réguliers pour que le nettoyage se fasse avec des tuyaux de longueur raisonnable.

Il est indispensable d’avoir mis en place, avant la première mise en eau du port, des plaques de béton disposées sur le fond à l’aplomb de chaque robinet, près du quai ainsi qu’au centre du bassin, pour servir de témoins du niveau initial. Cela donne des repères permettant de ne pas creuser exagérément le fond avec le jet des lances.

La première opération consiste à actionner la chasse puis à creuser, avec le jet des lances, un canal central de 1 à 2 mètres de large dans la vase du fond, depuis l’écluse jusqu’à la sortie du port, créant ainsi un chemin pour le passage de la chasse et l’évacuation de l’eau de lavage. La profondeur de ce canal est déterminée par rapport aux témoins de niveau en béton placés au centre du bassin.

Ensuite, les opérateurs ( 1 ou 2 de chaque côté) poussent la vase de sédimentation depuis les quais vers le canal central, à l’aide des jets d’eau des lances. Ils devront se référer aux témoins de niveau en béton placés à l’aplomb de chaque robinet. Au fur et à mesure de l’avancée du nettoyage, les opérateurs changent les lances de place grâce aux arrivées d’eau munies de robinets à raccords pompier, disposées de distance en distance le long de chaque quai. Un opérateur muni d’un « rouable » (2) pourrait, si nécessaire, aider à l’évacuation de l’eau boueuse.

Il serait souhaitable de mettre en action, en même temps, la chasse principale du chenal de La Grève, pour une meilleure évacuation des eaux de lavage jusqu’à la Seudre.

(2) Rouable: outil ostréicole, constitué d’une planchette munie d’un long manche, servant principalement à repousser de la vase molle vers les bords des claires à huîtres, en vue de les réparer.

Si vous désirez obtenir des informations sur l’ostréiculture traditionnelle et son outillage spécifique, consultez le site forum17:   https://forum17.pagesperso-orange.fr/page7.htm
                       

EXPERIMENTATION  INITIALE

Je sais par expérience professionnelle que ce procédé marcherait. Cependant la réticence des responsables à l’égard d’un processus issu de la pratique d’ostréiculteurs est à craindre. De plus, il est soumis à la décision au sujet du choix de la dilution dans le milieu marin ou du stockage à terre.

Seules les premières opérations permettront les mises au point indispensables.

Il faudra apprendre, grâce à l‘expérimentation :

- Quel est le délai permettant de remplir la retenue d’eau de mer au niveau adéquat.

- Quel est le niveau d’eau indispensable dans la retenue d’eau de mer pour disposer du volume d’eau suffisant pour la chasse et le lavage. Il faudra disposer d’une jauge de niveau d’eau dans la retenue.

- Quel est le temps nécessaire pour vider l’eau du port.

- Quel est le temps nécessaire pour nettoyer entièrement le port et avec combien d’opérateurs.

- Vérifier si le fond est assez dur pour que les opérateurs marchent commodément, sinon ils devront chausser des « patins ». (3)

- Connaître la vitesse de sédimentation de l’eau du port.

- Connaître la périodicité la plus adéquate pour un nettoyage efficace. Mettre en œuvre le procédé quand l’épaisseur de boue à évacuer atteint une vingtaine de centimètres paraît un bon critère.

La périodicité de nettoyage de cinq à dix ans évoquée par un technicien lors de la réunion publique du 24 juin 2019 semble très optimiste. Je pense qu’une fois par an est plus réaliste, d’autant plus que l’assainissement consécutif au lavage rend pertinent un traitement annuel.

Malgré l’absence de possibilité de chasse dans cette partie du port, le bassin des Vieux Gréements (prévu dans la «Nouvelle proposition pour l’aménagement d’un port en ville ») pourrait, grâce à ses dimensions modestes, être nettoyé par des lances, l’eau boueuse étant ensuite reprise par la chasse du port-chenal. Le port de la CARA étant trop grand pour pouvoir envisager cette solution; il faudrait  alors avoir recours aux procédures encore incertaines prévues par les autorités du port : moyens mécaniques, aspiration ou autres, avec ensuite un stockage des boues très problématique!

(3) Patin: sorte de raquette permettant  aux ostréiculteurs de marcher sur des sols vaseux et très mous.

Si vous désirez obtenir des informations sur l’ostréiculture traditionnelle et son outillage spécifique, consultez le site forum17:   https://forum17.pagesperso-orange.fr/page7.htm

 

FOURNITURES

- Les opérateurs devront porter des bottes cuissardes et probablement des patins (3) ainsi qu’ un ciré à cause des éclaboussures (facultatif).

- Il serait utile de munir chacun d’eux d’une musette contenant une clé pour raccords pompier, une clé pour resserrer les colliers des tuyaux des lances, des colliers inox de rechange, une bouteille de boisson. L’objectif est d’éviter qu’un incident oblige un opérateur à remonter sur le quai pour se dépanner, ce qui serait une cause de fatigue, une perte de temps inutiles et nuirait à la synchronisation des tâches.

- Il faudra prévoir un rouable (2), pour aider à l‘évacuation de la boue, si l’écoulement est insuffisant.

Il est évident qu’il faudra trouver, en dehors du personnel de la CARA, du personnel compétent et motivé, par exemple parmi les ostréiculteurs ou ex-ostréiculteur.

LORS DE LA CONSTRUCTION

- En construisant les quais, il faudra encastrer, de chaque côté du port, un tuyau d’arrivée d’eau connecté à la pompe, avec des descentes vers les robinets (avec raccords pompier) disposées de  telle sorte que les changements d’emplacement des lances d’arrosage se fassent dans de bonnes conditions. Ces robinets  devront être encastrés dans le quai, à environ 1 mètre du fond, dans des niches afin qu’il n’y ait pas de risque d’accrocher les coques des bateaux.

- Avant la première mise en eau du port, il faudra disposer sur le fond des plaques de béton servant de témoin du niveau initial du fond.

- Une pompe assez puissante pour alimenter 4 lances d’arrosage avec une bonne pression sera installée avec une  aspiration d’eau dans la retenue d’eau de mer.